bonnes feuilles 02/09/2009 à 23h10

Clearstream : les visites qui tourmentent Villepin (et Chirac)

Frédéric Charpier | Journaliste

Rue89 publie des extraits du livre « Une affaire de fous » qui décrivent comment Villepin a suivi les investigations sur les faux listings.


Dominique de Villepin s’adresse aux médias après un interrogatoire, en juillet 2007 (Benoit Tessier/Reuters)


A quelques jours du procès Clearstream, Frédéric Charpier, journaliste d’investigation, publie ce jeudi matin, chez Seuil « Une histoire de fous », un récit dont le titre n’est pas usurpé.

L’auteur, qui s’appuie sur de nombreux documents exclusifs, ne tranche pas toutes les questions que posent encore cette obscure affaire où se croisent plusieurs services de renseignements, le gotha de l’UMP, et une floppée de barbouzards et aventuriers.

Dominique de Villepin est soupçonné d’avoir poussé Jean-Louis Gergorin (alors numéro deux d’EADS) à transmettre à la justice un faux document (un listing de comptes bancaires mêlant mafieux russes, l’ancien patron de Thomson-CSF, le numéro deux d’Airbus des membres des services secrets... et Nicolas Sarkozy) pour destabiliser son rival Sarkozy.

L’ancien Premier ministre dément et crie son innocence. Il reconnaît avoir reçu le 9 janvier 2004 Jean-Louis Gergorin au Quai d’Orsay, quand il le dirigeait, mais dément tout réunion postérieure.

Gergorin affirme qu’il a continué à rencontrer Villepin à plusieurs reprises jusqu’en juillet 2004, ce que ce dernier nie, mais ce que certains témoignages tendent à confirmer. Rue89 publie ici les pages de l’enquête de Charpier consacrées à ce point, qui sera central lors du procès. Pascal Riché

Une histoire de fous de Frédéric Charpier - éd. du Seuil - 311p. - 20€

Qui assistait aux réunions sur les faux listings ?

Le 9 janvier [2004], lors de la réunion du Quai d’Orsay, d’autres rendez-vous du même type, à trois et au Quai d’Orsay, ou bien une rencontre directe entre Philippe Rondot et le président Jacques Chirac, ont été envisagés, en fonction de l’évolution des recherches et d’éventuelles nouvelles découvertes.

Disons d’emblée que Villepin n’en a aucun souvenir. Pour lui, l’histoire s’arrête le 9 janvier. De ce jour, il n’a plus eu de nouvelles de personne ni entendu parler du fameux réseau de corruption. Il a tout simplement demandé à Rondot de le tenir informé d’éventuelles découvertes qui pourraient avoir une incidence sur la politique internationale de la France. Et c’est tout !

Le 28 janvier, le général Rondot informe officiellement Philippe Marland, le directeur de cabinet de Michèle Alliot-Marie, sans entrer dans les détails, de ce qui a été discuté lors de la réunion du 9 janvier et mentionne l’existence d’une « instruction présidentielle ».

Rondot zappe Alliot-Marie, qui s’en offusque

Philippe Marland avertit alors à son tour sa ministre. Michèle Alliot-Marie, paraît-il, fulmine : « Je n’aime pas beaucoup qu’on empiète sur mon domaine d’activité », dira-t-elle plus tard.

Philippe Marland finit par la convaincre qu’après tout l’affaire des frégates de Taiwan peut aussi concerner le ministre des Affaires étrangères.

Elle admet l’argument mais ne digère pas que Philippe Rondot ne l’ait pas avertie avant de se rendre au Quai d’Orsay. Son dépit semble si fort que le 30 janvier 2004, alors qu’elle vient d’annuler un rendez-vous qu’elle avait avec lui, Rondot écrit dans son journal de marche :

« Elle a très mal pris la décision du PR que je traite en direct cette opération sans lui rendre compte. Je dis à Philippe Marland que j’ai bien envie de quitter mes fonctions. »

Plutôt abattu, le même jour il confie à Jean-Louis Gergorin : « Je pense être débarqué ou je me débarque moi-même. »

Autrement dit : je suis viré ou je démissionne. (Page 140)

Lire la suite : Villepin informé par courrier et téléphone sécurisé

Villepin informé par courrier et téléphone sécurisé

Aussi, lorsque Jean-Louis Gergorin le prévient qu’une nouvelle réunion doit avoir lieu au Quai d’Orsay, Philippe Rondot se défile. L’algarade de la fin janvier lui a suffi. On se passera de lui.

Il ne prend même pas la peine de prévenir Jean-Louis Gergorin ni l’assistante de Dominique de Villepin qu’il n’assistera pas à la réunion. Il informe en revanche le directeur de cabinet de MAM, Philippe Marland, qu’il a refusé de participer à une autre réunion au Quai d’Orsay. Rondot, semble-t-il, joue la carte d’une loyauté sans faille.

S’il refuse de se rendre à la réunion organisée secrètement au Quai d’Orsay, Rondot continue néanmoins de suivre l’affaire. Imad Lahoud lui fournit les mêmes renseignements qu’il transmet simultanément à Jean-Louis Gergorin.

Ainsi sait-il à la mi-février 2004 que de nouvelles informations signaleraient des transactions financières impliquant le journaliste Bernard Guetta et les frères Lasteyrie du Saillant. Ou encore, qu’est apparu un compte dont l’ayant-droit économique pourrait être Brice Hortefeux, le plus fidèle des compagnons de Nicolas Sarkozy. Cela fait plus de vingt ans que ces deux amis sont inséparables.

Des billets sous pli fermé et un Blackberry nommé « Madrid »

L’irruption de Brice Hortefeux sur la liste pousse Jean-Louis Gergorin à réclamer cette nouvelle rencontre au Quai d’Orsay à laquelle Rondot ne se rendra pas. Toutefois, Gergorin le tiendra au courant de ses contacts avec Villepin en lui laissant des billets sous pli fermé au poste de garde de la rue Saint-Dominique ou en lui adressant des messages sur son portable sécurisé Blackberry.

Tous ceux qui ont été concernés d’une façon ou d’une autre par ces investigations secrètes seront à un moment donné équipés du même appareil (...) Tous auront comme pseudonyme le nom d’une ville, ainsi celui de l’assistante de Villepin sera « Madrid ».

La première de ces réunions qui, pour Villepin, n’a jamais eu lieu (n’oublions pas qu’en ce qui le concerne tout s’arrête le 9 janvier) se déroule à la mi-février, au Quai d’Orsay, dans le bureau du ministre des Affaires étrangères.

Jean-Louis Gergorin, qui se retrouve en tête à tête avec lui, se sent, dit-il, un peu gêné de l’absence du général Rondot, celui-ci ayant été investi d’une mission par le président alors que lui-même ne remplit qu’un rôle de soutien logistique auprès de la source.

Un mystérieux CD-ROM avec les données « les plus spécifiques »

En substance, voici ce qui se serait dit ce jour-là. Selon Gergorin, en guise de préambule, Villepin rappelle que Jacques Chirac suit avec attention les investigations en cours et lui intime jusqu’à nouvel ordre de ne pas informer les dirigeants d’EADS.

Jean-Louis Gergorin regrette une nouvelle fois que la DGSE ne soit pas encore saisie, puis il rend compte des dernières découvertes, notamment celles qui concernent le compte 80082 Bpb.HOR dont le bénéficiaire serait Brice Hortefeux. Mais il précise toutefois qu’à ce stade rien n’est encore définitif. Il n’est pas « établi » avec certitude que Brice Hortefeux en soit bien le bénéficiaire.

Après avoir été encouragé, dit-il, à poursuivre les investigations, Jean-Louis Gergorin se retire. Il devra lors de la prochaine réunion apporter un CD-ROM contenant « les données Clearstream les plus spécifiques », ce qui sera fait début mars.

Gravé par Imad Lahoud à la demande de Gergorin, ce CD-ROM aurait contenu « l’annuaire de novembre 2003 », ainsi que toutes les données personnelles que Lahoud a déjà transmises au général Rondot lors d’une visite dans son bureau, en téléchargeant sur son ordinateur le contenu de sa clé USB biométrique.

Ce CD-ROM que Lahoud nie avoir gravé et que Villepin dément avoir reçu ni même réclamé n’a jamais été retrouvé lors des différentes perquisitions. (Page 142)

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« Nagy » et « Bocsa » font leur apparition

Ce mois de mars marque un nouveau tournant. (...) Pour la première fois, dans un nouveau listing Clearstream, apparaît sous une forme altérée, le patronyme complet de Nicolas, Paul, Stéphane, Sarkozy de Nagy Bocsa, sous les noms recomposés de « Stéphane Bocsa » et de « Paul de Nagy », Paul étant, précisons-le, le prénom de son père (...) .

L’irruption de Sarkozy dans les listings donne une tout autre dimension à l’affaire. Jean-Louis Gergorin transmet alors à Dominique de Villepin ces dernières découvertes.

Il confirme que Brice Hortefeux, l’homme de confiance de Nicolas Sarkozy, a bien deux comptes, l’un à Bergame en Italie à la Banca Popolare, l’autre à la Citibank de Buenos Aires. Surtout, il ajoute que Sarkozy en a deux lui aussi à la Banca Popolare de Sondrio (...)

De nouvelles connexions politiques qui compliquent les investigations

Après avoir relaté ses découvertes, Gergorin revient une fois de plus sur la nécessité de faire intervenir les services techniques de la DGSE et presse Villepin d’user de son influence.

Mais le ministre des Affaires étrangères se montre perplexe. Ces nouvelles connexions politiques risquent de rendre plus difficiles encore d’éventuelles investigations des services de renseignement.

Selon Gergorin, Dominique de Villepin laisse alors entendre qu’elles ne pourront progresser qu’avec un juge d’instruction, mais il n’insiste pas.

Pour Villepin, tout cela n’est qu’un tissu d’inventions qu’il nie, une fois encore, en bloc ! L’instruction ne permettra pas de départager les deux hommes. (Page 145)

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Les gardes du corps confirment les visites

Dominique de Villepin quitte quai d’Orsay et, le 31 mars 2004, emménage place Beauvau. Le voilà ministre de l’Intérieur. Rien ne change et tout continue comme avant, d’après Jean-Louis Gergorin. Les réunions prennent simplement désormais un tour encore plus clandestin, pour ne pas dire rocambolesque.

Le témoignage
de l’assistante

Le 22 juillet 2007, Nadine Izard était interrogée par la PJ sur les visites supposées de Gergorin à Villepin. Extraits.

« Je ne me souviens pas de ces visites de M. Gergorin à M. de Villepin au Quai d’Orsay entre janvier et mars 2004. Il y a pu en avoir mais je ne me souviens pas des dates. (...)

Pour moi, M. Gergorin est un visiteur comme un autre (...) il faisait partie de l’ensemble des visiteurs que rencontraient M. de Villepin. (...)

Je me souviens que M.Gergorin venait souvent voir M. Bruno Le Maire, un conseiller de M. de Villepin au ministère de l’intérieur, dont le bureau était voisin immédiatement de celui de M.de Villepin.

Il avait en charge la lutte contre le terrorisme, entre autre. A cette occasion, il est possible qu’il est (sic) rendu visite à M.de Villepin. »

L’assistante de Villepin qui, à partir du 14 avril, dispose d’un Blackberry et du nom de code « Madrid », envoie une voiture du ministère de l’Intérieur récupérer Gergorin à un endroit fixé à l’avance et compatible avec l’emploi du temps de la journée du vice-président d’EADS.

Conduite par un des agents du service de protection des
hautes personnalités affectés auprès de Dominique de Villepin, le véhicule franchit la grille du ministère, place Beauvau.

Ni vu ni connu, Jean-Louis Gergorin n’a plus qu’à gravir discrètement quelques marches avant de se faufiler telle une ombre furtive dans le secrétariat du ministre et y attendre que ce dernier le reçoive.

De multiples témoignages confirment l’existence de cette procédure. Notamment ceux des gardes du corps alors affectés par EADS à la protection de Gergorin, qui tiennent à jour une sorte de journal de bord où sont consignées ces mystérieuses expéditions.

Gergorin caché dans des 607 aux vitres teintées

Ainsi, l’un d’eux, Thierry Deprez, certifie ainsi qu’il a bien accompagné à plusieurs reprises Jean-Louis Gergorin au ministère de l’Intérieur, précisant comment cela se déroulait :

« M. Gergorin nous disait je vais à Beauvau, en nous indiquant qu’une voiture du ministère de l’Intérieur allait le récupérer. Cette récupération s’effectuait à l’angle des avenues Gabriel et Marigny côté rue du Cirque à Paris.

C’est lui qui nous a dit de faire comme cela. La voiture du ministère était une 607 grise aux vitres teintées, et il y en a eu aussi une bleu nuit.

Au début de la mission nous étions en moto pour effectuer des contre-filatures et pour cette raison, quand cette procédure était effectuée, nous attendions que la voiture du ministère descende l’avenue Marigny et vienne se stationner (sic) avenue Gabriel.

Nous interrogions alors le conducteur pour vérifier qu’il attendait M. Gergorin. Ensuite, nous constations que le véhicule entrait place Beauvau au ministère. Nous patientions au point de récupération et M. Gergorin revenait selon le même procédé, il était déposé par le même véhicule.

Je pense qu’il y a eu environ trois ou quatre récupérations de M. Gergorin dans ces conditions qui se passaient en fin de journée ou en soirée. Cela lui permettait de pénétrer au ministère discrètement, c’est-à-dire sans passer par l’accueil. »

La première de ces réunions place Beauvau, qui se seraient échelonnées d’avril à juillet 2004, se déroule peu avant le 14 avril, en fin d’après-midi.

D’après Gergorin, une « instruction » de Jacques Chirac

Si la réunion ne dure guère plus de vingt minutes, une décision lourde de conséquences y aurait été prise. D’après Gergorin, Villepin prend un ton solennel et, d’une voix sèche, il laisse tomber : « Maintenant, c’est clair, il n’y a pas d’autre issue que d’informer ou de saisir un juge », précisant même qu’il s’agit d’une « instruction du président de la République ».

Ce ton inhabituel chez son ami Villepin, à la fois empreint de fermeté et de gravité, impressionne Jean-Louis Gergorin. L’ordre vient du sommet de l’État, comment pourrait-il alors ne pas l’exécuter et s’y soumettre ?

Il n’y a que Gergorin pour témoigner de ce qui s’est dit ce jour-là. Villepin récuse cette version. Il n’y a eu ni rencontre ni instruction présidentielle.

Pourtant, en quittant la place Beauvau, Gergorin se sent missionné. Pour lui, tout est clair. Aux juges, il dit : « J’ai estimé que la seule façon de procéder était de rencontrer face à face M. Van Ruymbeke, ce dont j’ai fait seul le choix », choix d’« un juge compétent en la matière » qui devra « vérifier et enquêter sur les informations recueillies sur le système Clearstream », ce qu’il décide de faire le 14 avril 2004. (Page 152)

Lire la suite : Les prouesses informatiques d’Imad Lahoud

Les prouesses informatiques d’Imad Lahoud

Le 19 mai, Jean-Louis Gergorin reprend ses visites vaudevillesques et se fait conduire aux angles des rues Gabriel et Marigny où il s’engouffre dans une voiture du ministère et se faufile un peu plus tard dans le bureau de Dominique de Villepin, une rencontre que ce dernier nie, comme les précédentes.

Jean-Louis Gergorin lui relate alors de quelle façon il s’est entendu avec le juge Van Ruymbeke et lui détaille le contenu de l’envoi anonyme.

Mais il apporte aussi avec lui une nouvelle stupéfiante. Le 12 mai, Imad Lahoud s’est aperçu que Clearstream a changé ses « pare-feu » -ses défenses contre d’éventuelles intrusions-, il ne peut donc plus utiliser son « cheval de Troie ».

Mais, ayant plus d’un tour dans son sac, il est finalement parvenu à contourner l’obstacle et, de nouveau, il a pu pénétrer le système. C’est alors qu’il a fait cette surprenante découverte : le 15 ou le 16 mai, 895 comptes de Clearstream ont été clôturés, soit une semaine après la perquisition effectuée au siège de Clearstream au Luxembourg, suite à la commission rogatoire internationale du juge français.

Or, ces comptes sont justement ceux sur lesquels, en étroite collaboration avec Rondot et Gergorin, il menait ses investigations depuis novembre 2003. Parmi les comptes clôturés précipitamment figuraient notamment ceux attribués à Sarkozy et à Hortefeux.

D’après Gergorin, seul témoin de cette rencontre, Dominique de Villepin aurait paru à cet instant « très satisfait que Van Ruymbeke ait lancé une enquête vigoureuse », tout en s’inquiétant que son rôle puisse apparaître dans cette affaire et implicitement celui du Président.

Il aurait en conséquence incité Jean-Louis Gergorin à la plus grande prudence (...) Quant à Gergorin, plus décidé que jamais, il prend à nouveau la plume du corbeau. Ainsi, le 14 juin, Renaud Van Ruymbeke reçoit un nouvel envoi anonyme. Trois jours après la parution des articles du Point sur l’affaire... (Page 170)

Lire la suite : Chirac mouche Sarkozy... sûr qu’il va chuter ?

Chirac mouche Sarkozy... sûr qu’il va chuter ?

Le 11 juillet, alors que la rumeur l’accuse déjà, Jean-Louis Gergorin se rend comme à l’accoutumée place Beauvau, où il se faufile selon la procédure habituelle. Voici le récit qu’il fait de ce rendez-vous -imaginaire selon Villepin, rappelons-le.

D’après ce que lui dit le ministre de l’Intérieur, l’affaire des listings fait du bruit et suscite des inquiétudes. Villepin l’informe aussi qu’il vient de saisir la DST et qu’il s’inquiète plus que jamais pour la sécurité de Gergorin. Une rumeur qui circule dans les médias le présente comme l’auteur du premier envoi.

Aussi Villepin lui demande-t-il de récupérer le Blackberry qu’il a confié à son assistante et lui suggère que leurs prochaines rencontres aient désormais lieu en marge de celles que Gergorin a officiellement avec son conseiller Bruno Lemaire, dans le cadre de la création d’une base de données consacrée au terrorisme international. (...) L’entretien n’a duré qu’une demi heure, tout au plus.

Le Président est cruel : « Je décide, il exécute »

Trois jours plus tard, le 14 juillet, à l’Elysée, Jacques Chirac fait une sortie brutale et cassante à l’encontre de Nicolas Sarkozy. Est-elle le signe d’un début d’exploitation politique de l’affaire comme certains le pensent ? Sûr de lui et dominateur, Jacques Chirac se montre inutilement blessant et cruel.

Evoquant face aux caméras de télévision l’autonomie de Nicolas Sarkozy au sein du gouvernement, il le mouche avec son désormais célèbre : « Je décide, il exécute. » Nicolas Sarkozy est-il sur le point d’être mis au pas ? (Page 184)

Les intertitres ont été ajoutés par Rue89.

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  • a déménagé le 04 juin 2012
    • Posté à 23h59 le 02/09/2009
    • Internaute 32905
      non connue

    Cette histoire de dupes ne doit pas nous faire oublier la Véritable affaire Clearstream. Car dans nos démocratures, il est difficile de s’écarter de la meute. Denis Robert en sait quelque chose.

  • Alfary
    Alfary
    La forme Ronchonchon
    • Posté à 01h23 le 03/09/2009
    • Internaute 9751
      La forme Ronchonchon

    J’ai lu. Et regrette d’avoir lu.

    Ces bonnes feuilles sont à charge pour M. de Villepin. En toute logique, étant donnée la transparence des sources de M. Charpier et la thèse implicite soutenue (duplicité de M. de Villepin, malgré les précautions de style) et le timing de publication, l’auteur de l’ouvrage (sinon avec d’autres) s’invite au procès, du côté de l’accusation.

    Si je peux comprendre que mon site préféré d’information fasse quelques « bons coups » éditoriaux, je n’en suis pas moins troublé pour une fois. J’eusse préféré me tenir à distance prophylactique des histoires de basse police. Trop tard, j’ai lu. Ailleurs, je ne me serai pas laisser (sur)prendre.

    C’est bien chagrin.

    addendum : le long passage de M. Gergorin au CAP du Quai d’Orsay n’a pas laissé le souvenir d’un perdreau de l’année. Plusieurs des autres protagonistes à charge ne sont pas non plus des « débutants ». D’où malaise sur la fiabilité des sources de l’investigateur... indépendant de la procédure judiciaire (entre autres institutions).

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 09h58 le 03/09/2009
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Dans cette affaire, il ne faut surtout pas oublier qu’elle a été traité par deux juges d’instruction, Jean-Marie d’Huy et Henri Pons.
    Dans le cadre de la suppression du juge d’instruction, elle aurait été traité directement par un procureur.
    Une « expérience » de ce type a été tenté en 2008/2009 avec « l’afffaire » Dray, dirigé par un proc. On a vu ce que cela donnait.
    Interrogatoires arbitraires, exfiltration dans la presse de morceaux choisis de l’enquête et finalement pas de jugement explicite.
    Si l’affaire clearstream avait été traité de cette façon, la justice aurait été plus expéditive, mais elle n’aurait certainement pas fait apparaitre tous les aspects malsains des politiciens en courses pour l’Elysée.

  • yassine84
    yassine84
    citoyen
    • Posté à 12h38 le 03/09/2009
    • Internaute 88943
      citoyen

    Bof ! Tous ces éléments rapportés ici n’apportent guère de certitudes car ils reposent pour la plupart sur les témoignages de M. Gergorin qui n’a aucune raison d’être plus crédible que les autres protagonistes.
    Par ailleurs, l’allusion finale qui rapproche la petite phrase assassine de Chirac avec cette affaire est vraiment sujette à caution. N’oublions pas qu’à cette époque en 2004, Sarkozy alors ministre de l’Economie se sentait pousser des ailes et faisait une OPA sur l’UMP que Chirac prédestinait évidemment à Juppé. Il n’y avait donc pas besoin de l’affaire Clearstream pour provoquer une telle réaction du Président de l’époque.

  • nobrist
    nobrist
    Etudiant
    • Posté à 21h10 le 03/09/2009
    • Internaute 89247
      Etudiant

    Récapitulons :
    De deux choses l’une,

    Soit DDV dit la vérité. Je remarque quand même que le livre défend bien mal sa thèse ! Personne ne peut vraiment confirmer que Gergorin ait rencontré DDV après janvier (à part lui-même bien sûr). Aucune preuve matérielle ne vient le prouver, le fameux CD so-disant gravé par Lahoud a disparu dans la nature, la secrétaire de DDV n’a pas de souvenirs de ces soit-disants RDV mais pourtant, l’auteur balaye tout cela d’un revers de manche sur la base d’UN témoignage...

    Soit DDV ment, ces réunions ont bien eu lieu. Mais même dans ce cas, je ne vois rien que l’on puisse reprocher à l’ancien 1er ministre dans ce qui est dit plus haut. Si je résume, on obtient : « enquêter davantage » puis quand il voit que l’affaire peut prendre de l’ampleur, il demande à ce que la justice soit saisie ! Alors que lui reproche-ton au juste ? ? ? de ne pas avoir informer MAM ou Sarkozy ? Et pour quoi faire ? et en quoi est-ce illégale ?

    Cette affaire est ridicule, que d’argent perdu dans cette procédure !

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