L'AS Saint-Etienne vient de porter plainte contre RMC après la tenue par Vincent Moscato, le 22 août, de propos qualifiés par le club « d'injures raciales » à l'encontre de Vincent Tong Cuong, directeur général du club de football. L'affaire ne fait pas grand bruit : dans l'échelle de l'indignation, certains racismes pèsent moins lourd que d'autres.
Au cours de l'émission « Les paris de RMC », le 22 août dernier, en direct sur l'antenne, un auditeur provoque l'hilarité en ironisant sur les origines de Vincent Tong Cuong : « Comment il s'appelle l'autre là, le Chinois ? Chong-Chong ? . »
Ni une ni deux, l'ancien rugbyman reconverti en animateur réplique sur le même ton : « Ils ont recruté un Chinois ? Non, c'est pas possible ! (…) On aura tout vu dans ce championnat ! ». Avant d'enchaîner les « blagues » sur les délocalisations et le travail des enfants.
L'ex-rugbyman s'est mollement excusé quelques jours plus tard à l'antenne d'avoir « froissé des personnes ». Mais bon, c'était vraiment pour rigoler : « Des fois on a un peu d'enthousiasme, faut pas le prendre mal. » (Ecouter le son, monté par Le Post)
« Parler du travail des enfants va au-delà de l'humour potache »
Si l'affaire n'enflamme pas le débat national, elle met Felix Wu hors de lui. Le président de l'association pour la promotion et la défense des cultures asiatiques et ancien candidat aux municipales de 2008 dans le XIIIe arrondissement de Paris fulmine :
« Parler de délocalisations et de travail des enfants va bien au-delà de l'humour potache. Cela montre que ce genre de préjugés racistes est intégré et partagé par l'ensemble de la population française.
Les Chinois forment une communauté très discrète, sujette à toutes les attaques, et ce d'autant plus qu'elle réussit relativement bien notamment dans le petit commerce.
Ce sont les boucs émissaires nécessaires pour une population qui n'arrive pas à trouver de solutions aux échecs des politiques menées en France.
Quand on interroge des ouvriers au fin fond d'une usine, c'est tout de suite : “On a peur parce que les Chinois vont nous bouffer.” On ne parle pas du Brésil ou de l'Inde, qui est une puissance extrêmement importante, avec un taux de croissance similaire à la Chine. »
Le racisme anti-asiatique est sous-médiatisé
Le seuil de tolérance envers le racisme anti-asiatique est-il plus élevé que pour celui des autres communautés ? Pour Dominique Sopo, président de l'association SOS-racisme, cela ne fait aucun doute :
« Il n'y a pas de contentieux colonial entre Français et Asiatiques comme il peut y en avoir entre la population française et les Noirs ou les Arabes. Le racisme anti-noir ou anti-juif est assimilé, souvent à raison d'ailleurs, à une résurgence d'un passé lourd. »
Le très faible nombre de plaintes de gens qui se disent victimes de propos racistes participe également à une sous-médiatisation du phénomène « anti-chinois » pourtant bien réel.
« C'est dur pour les associations de se substituer aux victimes. “L'affaire Moscato” fait du bruit parce que quelqu'un s'est manifesté. »
On est encore loin du buzz, mais Félix Wu veut lui aussi penser que ces propos ont quelque-chose de « salvateur » :
« Finalement c'est presque une bonne chose que quelqu'un comme Moscato dise tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Ça va peut-être permettre une prise de conscience.
Il faut que les communautés asiatiques s'organisent, comme le Conseil représentatif des associations noires (Cran) ou le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) l'ont fait. »
Illustration : pochette du single de Vincent Moscato, « Moscadanse ».



















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De Buzhidao
Carte de presse n°343-F (oui, je sa... | 18H55 | 28/08/2009 |
Partagé par tout le monde, je ne crois pas, mais discret et ravageur, le racisme anti-chinois, oui.
Pour avoir étudié en Chine et connu des étudiants chinois en France, je comprends la nationalisme qui apparait comme une réponse aux attaques dont est victime la Chine.
Mais plus que les imitations à la « chong-chong » ou les moqueries, ce qui fait mal est le dénigrement systématique de ce qui est fait en Chine, avec tous les clichés : mauvaise qualité, ouvriers serviles, fourmis (vous savez une armée de gens qui ne pensent qu'à travailler), copieurs sans imagination. Tous dans le même sac. En oubliant trop souvent que les Occidentaux puisent souvent sans ménagement dans les innovations chinoises (faites des recherches dans l'architecture ou le design, vous verrez).
De plus, j'ai senti se mettre en place un sentiment de ras-le-bol, des gens qui se sentent submergés, envahis par les Chinois et qui déversent les ressentiment sur le premier représentant de la communauté venu, s'il a le malheur d'avoir les cheveux noirs et les yeux bridés.
Mais la plupart du temps personne ne dit rien, on le disait tous « chinetoque » à la récré, c'était pas méchant, c'était pas comme bougnoule, bicot ou nègre ? ah si en fait, mais personne ne vous l'a dit ?
De Jamé 203
Ouvrier, en voie d'extinction ? | 19H47 | 28/08/2009 |
Personne n'échappe aux effets de la généralisation.
Monsieur Félix Wu, président de l'association pour la promotion et la défense des cultures asiatiques, généralise peut-être un peu vite lorsqu'il parle « des ouvriers au fin fond d'une usine, c'est tout de suite : “On a peur parce que les Chinois vont nous bouffer.” »
Cette caricature des ouvriers est pour le moins dommageable.
Le monde ouvrier que l'on dit depuis longtemps disparu est mis à mal par tous ces clichés qui sont véhiculés par les classes moyennes, notamment les petits commerçant, qui trouvent là une occasion pour exorciser la hantise qui est la leur de connaître un jour ce qui est conçu comme un déclassement et une déchéance.
Halte au racisme anti-ouvrier dans les publications de rue89 !
De lapinot
chômiste | 20H44 | 28/08/2009 |
les asiatiques sont très sous-représentés dans les mouvements anti-racistes comme le mrap, sos racisme, etc… pourtant les préjugés dont sont victimes non seulement les chinois mais aussi les vietnamiens, cambodgiens, japonais, etc sont tout aussi nombreux que pour d'autres nationalités… souvenons nous d'une premier ministre de gauche qui comparait les japonais à des fourmis ! et le film Taxi 3, je crois, ou on a du « face de citron » à longueur de dialogue… je ne suis pas sûr que d'autres communautés aurait accepter ça sans protester, on imagine déjà la polémique…
Maintenant de la part de Moscato, ancien candidat à loft story ou un jeux à la con du genre, faut pas s'attendre non plus à autre chose… ; -)
De pek
20H46 | 28/08/2009 |
Moscato ne dénonce rien, il enfile les clichés en se marrant comme une baleine.
Et avant de parler des usines, y a un
« Ils nous ont mis un chinois. Alors là, on aura tout vu dans ce championnat ! »
qui passe assez mal chez moi. J'ai du mal à rire avec lui.
De Hélène Quénot
vavoirailleurs.blog.lemonde.fr | 20H46 | 28/08/2009 |
Raccourci d'autant plus fort que M. Tong Cuong n'est pas, si je ne dis pas de bêtises, d'origine chinoise mais vietnamienne.
Quand on est d'origine chinoise, j'imagine que c'est pénible de se faire renvoyer régulièrement dans la tête le travail des enfants ou le Tibet. Mais quand, en plus, sous prétexte de patronyme et/ou de physique, on se trouve assimilé à un pays avec lequel on a rien à voir, ça doit faire sérieusement enrager.
De ElDesdichado
Citoyen | 21H00 | 28/08/2009 |
Franchement, c'est du n'importe quoi cet article.
Il est quand même plus que probable que Vincent Moscato aie voulu faire de l'humour, en reprenant pour s'en moquer les propos de son auditeur.
Il ne mérite rien de pire que quelqu'un qui a fait une blague de mauvais goût, et qui surtout s'en est excusé.
Et puis c'est sur RMC, qui écoutait vraiment RMC à se moment-là et viendrait s'en vanter ici ?
Bref, encore une belle plainte vouée à un classement sans suite…
Le problème du racisme est trop important pour ne s'en saisir que das ce genre de cas purement anecdotique….
De chengyang
09H37 | 29/08/2009 |
A propos de la couverture de la Chine par les média français, je ne parlerais pas de « mensonges » mais plutôt de « myopie sélective »…
Les raisons de cette situation sont complexes : d'abord, sans doute, la barrière de la langue et de l'écriture, peu de nos journalistes (si ce n'est aucun) ne maîtrise le mandarin, ce qui n'aide pas à la compréhension de ce qui se passe là-bas ; des raisons aussi historiques et culturelles (voir mes post plus haut) qui entretiennent une assez grande méfiance entre Français et Chinois. Enfin, le fait que le régime à Pékin soit toujours officiellement communiste (j'insiste sur l'adverbe « officiellement »…) qui rajoute au « brouillage » général.
Vous mélangez le tout, vous secouez bien et vous obtenez le souffre douleur idéal sur lequel chacun peut projeter toutes ses peurs et ses fantasmes !