43 chambres et 42 000 € par jour pour les vacances de Paul Biya
Le président camerounais aime la thalasso à La Baule. Facture estimée pour trois semaines de détente : près d’un million d’euros.
Après les biens mal acquis, voici les vacances à tout prix ! France Inter et Radio Fidélité Nantes ont révélé vendredi matin que le président du Cameroun se repose dans un palace de La Baule. Paul Biya et sa suite : soit 43 chambres occupées pour un montant journalier de 42 000 euros. Mieux que les vacances de Sarkozy, Bush et Obama réunis.
La chic clientèle des habitués de La Baule connaît bien les deux palaces. L’Hermitage, un cinq étoiles en bord de mer avec ses colombages normands et le Royal, juste quatre étoiles, mais une thalassothérapie à vous déstresser n’importe quel chef d’Etat surmené. En fait, Paul Biya a découvert La Baule grâce à une amie qui y possède un appartement et il y revient pour la qualité des soins thalassos...
Comme en 2006, Paul Biya et sa suite ont donc pris le chemin de la station balnéaire, le 15 août, pour prendre leur quartier dans ces deux hôtels du groupe Lucien Barrière, dont le PDG, Dominique Desseigne, est un ami de Nicolas Sarkozy.
Honoré par la médaille de la ville
Paul Biya n’est pas venu seul : d’après France Inter, sa suite occupe 43 chambres dans les deux établissements, pour un montant global estimé à 42 000 euros par jour. Soit une facture totale qui devrait approcher le million d’euros, puisque la délégation présidentielle reste trois semaines sur place.
A 13h, le président Biya, son épouse Chantal et quinze personnes de la délégation ont fait leur apparition à l’hôtel de ville. Discours, échange de cadeaux (une statue africaine contre un livre illustré sur le partrimoine architectural et arboré de la ville). Devant quelques journalistes de la presse locale, Paul Biya a assuré :
« Votre ville est très confortable. Je reviendrais sans doute. »
Pourquoi Paul Biya aurait-il hésité ? Il a reçu le meilleur accueil des autorités locales. A commencer par le maire UMP de La Baule, Yves Metaireau, qui ce vendredi a décoré en personne son présidentiel touriste de la médaille d’honneur de la ville en tant que « nouveau résident secondaire ».
Le maire, comme tous les commerçants du coin, apprécient ces généreux touristes qui ne lésinent pas à la dépense. Pas négligeable en temps de crise.
Evidemment, pas question à la Baule de rapprocher cette information de la crise sociale et économique qui ravage le Cameroun ces dernières années. Inutile de rappeler que les émeutes de Douala, en février 2008, avait démarré suite à la baisse jugée trop faible (un centime d’euro) du litre d’essence...
D’autres présidents africains ont senti le vent tourner
Paul Biya serait-il devenu une exception parmi les dictateurs africains ? Ces deux dernières années, le défunt président gabonais Omar Bongo comme le président congolais Denis Sassou N’guesso et l’équato-guinéen Téodoro Obiang boycottent la France.
Tout trois ont pour point commun d’avoir été la cible de l’enquête sur les biens mal acquis, réalisée par les limiers de l’Office central de lutte contre la grande délinquance financière. Hôtels particuliers, châteaux, appartements et belles voitures : tout le patrimoine de ces chefs d’Etat et de leurs proches a été répertorié.
Résultat : ils s’arrêtent désormais au Maroc, où le soleil est plus chaud et les palaces tout aussi confortables.
- Sur Rue89Biens mal acquis africains, nouvelle plainte
- Sur Rue89Aide à l'Afrique : « moins de Bono, plus de Moyo » ?
- Sur lefigaro.frRécit des dernières émeutes au Cameroun dans Le Figaro
- Sur cellulefrancafrique.orgQuand Bolloré utilise les médias, récit de la cellule Françafrique
- Sur ouest-france.frLe président camerounais en vacances à La Baule : des dépenses de plusieurs millions
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perdu pour la science
perdu pour la science
Pris sur le site du ministère des affaires étrangères :
« Le Cameroun a atteint le Point d’achèvement de l’initiative PPTE le 28 avril 2006. À compter de ce point, les échéances dues par le Cameroun à la France sont re-financées par des dons. Ces échéances constituent les ressources du C2D le plus important jamais signé en Afrique (537M € sur 5 ans, de 2006 à 2010). Les cinq points d’affectation principaux de notre C2D sont : santé et lutte contre le SIDA, éducation de base, infrastructures, développement agricole et sécurité alimentaire, environnement. La bonne gestion des fonds est contrôlée par des organes paritaires.
Le DCP (Document Cadre de Partenariat) 2006-2010 concentre les efforts français autour de 4 pôles, au titre des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) : santé et lutte contre le SIDA, infrastructures, éducation de base, agriculture et sécurité alimentaire, ainsi que sur trois priorités transversales : l’enseignement et la recherche, la promotion de la diversité culturelle, la veille et la prospective. D’un montant de 713M€, le DCP s’appuie très largement sur les financements du C2D. »
Vous avez la réponse, mauvaise langue...




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