Ben Moubamba, candidat au Gabon : « Non à la continuité dynastique »
Bruno Ben Moubamba, candidat indépendant issu de la société civile à l’élection présidentielle gabonaise du 30 août, qui observe une grève de la faim depuis onze jours pour réclamer le report du scrutin, nous a adressé une tribune dans laquelle il lance des accusations -non confirmées, nous devons le préciser- concernant des préparatifs militaires. Mais surtout, il lance un appel à la France pour qu’elle rompe réellement avec la politique de la Françafrique.
J’ai appris d’une source que je juge fiable que des cargaisons d’armes étaient arrivées à l’aéroport de Libreville pour être livrées aux gardes républicaines.
Par ailleurs, des mercenaires du continent européen seraient en route vers le Gabon. La France a de surcroît renforcé ses contingents militaires.
De plus en plus plane sur la population gabonaise l’angoisse de revivre les évènements de 1990 suite à l’assassinat de Rendjambé. Que s’est-il passé à ce moment-là ?
Joseph Rendjambé était considéré par le peuple gabonais comme un des seuls opposants crédibles et fut assassiné. Le lendemain de sa mort, la population se soulevait, Omar Bongo était sur le départ mais parvint à rester au pouvoir grâce au soutien des réseaux françafricains.
Nous vivons dans un pays qui possède malheureusement une tradition d’assassinats politiques. Citons par exemple les meurtres de l’opposant Germain Mba (1970), du poète contestataire Ndouna Lepenaud (1977), de l’opposant Joseph Rendjambé (1990), hommes innocents dont le seul « défaut » était de contester le pouvoir en place.
Les Européens ont-ils tiré les leçons du passé ?
J’ai appelé de mes vœux, à plusieurs reprises, à un nouveau partenariat entre l’Afrique et l’Occident. 2009 sera-t-il l’année de sa naissance ? Les gouvernements européens auront-ils tiré les leçons du passé ?
Tout pousse à croire que les réseaux occultes, affairistes et mafieux, se remettent en place au service d’un candidat dont le peuple conteste la légitimité, car il ne représente que la continuité dynastique [Ali Bongo, ndlr].
Nicolas Sarkozy a annoncé la fin de la Françafrique, pourtant Me Robert Bourgi, qui a appuyé auprès de l’Elysée le départ d’un secrétaire d’Etat qui appliquait le programme de rupture du président français, ne se prive pas de clamer haut et fort son soutien à M. Ali Bongo Ondimba [fils du défunt président et candidat à l’élection présidentielle du 30 août, ndlr].
La France ne doit pas couvrir la violation des droits du peuple gabonais
Je suis profondément francophile, j’apprécie la culture et les valeurs françaises. Mais je ne saurai rester silencieux si la France venait à couvrir la violation des droits du peuple gabonais.
Je présume que les décideurs français sont mal ou sous-informés sur ce qui se passe réellement ici. Et que c’est ce qui explique leur silence assourdissant face à l’irrégularité et à l’inconstitutionnalité du vote.
La France, pays des grands principes qui font sa gloire et son honneur, patrie des droits de l’homme, tombera-t-elle dans le piège d’une telle erreur historique ?
La rupture avec l’ancien système servira autant les intérêts des Africains que des Européens ou des Américains. Car la dictature au contraire favorise l’immigration et renforce les misères de toutes sortes.
La création d’un marché performant ouvrirait de nouveaux débouchés, permettrait des investissements fructueux, serait un pari gagnant-gagnant.
Qu’avec nous, Gabonais, qu’avec nous, Africains, les gouvernements du Nord construisent les bases de la paix économique, sociale et psychologique. Qu’ils se détournent des recettes obsolètes qui n’auront qu’une conséquence : accroître les sentiments d’hostilité à l’égard de l’étranger et de la France en particulier.
Ensemble, nous pouvons prendre la voie de la démocratisation dans l’enrichissement réciproque de tous les Africains et des pays occidentaux.
- Sur Rue89Gabon : la campagne électorale lancée, la France est-elle neutre ?
- Sur Rue89Omar Bongo, Elf et la France : le pacte de corruption
- Sur moubamba.comLe site de Bruno Ben Moubamba
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Consultant
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En voici un autre, de salaud, qui prend des vessies pour des lanternes et veut « côte-d’ivoiriser » un pays stable comme le Gabon et en faire un autre Congo-Kinshasa. J’emprunte ici le mot salaud à Alpha Blondy qui, dans sa chanson Les Salauds, parle de « journalistes pyromanes » et de « politiciens mythomanes ». Et ce faux jeton de Ben Moubamba m’a tout l’air d’un salaud alpha-blondyen doublé d’un politicien mythomane.
Moubamba a donc appris d’une « source » qu’il « juge fiable » que des « cargaisons d’armes » blablabla...
Même les politiciens mythomanes du Congo-Kinshasa ont au moins la décence d’employer le mode conditionnel dans leurs affabulations grotesques.
Les gardes républicaines gabonaises ont des armes et des munitions sur place, que je sache. Quelle est la terrible rébellion armée à laquelle elles auraient fait face et qui auraient ainsi occasionné la soudaine diminution de leurs munitions ou l’obsolescence de leurs armes. Soyons sérieux, quand même !
Où est le programme politique de ce triste luron, à part le conte à dormir debout de sa théorie du complot décaféinée.
Je fais partie de ceux qui vilipendaient Omar Bongo de son vivant. Mais sa mort m’a prouvé qu’il était un grand homme d’Etat qui a su mettre en place des mécanismes institutionnels pour gérer sa succession. Pas de travestie de « monarchie élective » à la congolaise ou à la togolaise où des fils de chefs d’Etat ont automatiquement remplacé leurs pères. Ou des successions par coups d’Etat à répétition comme en Guinée.
Si c’est Ali Bongo qui doit remplacer son père par les urnes, grand bien lui fasse ! Son parcours est crédible et l’homme intelligent. Mais rien de bon ne viendra de ce salaud de Moubamba qui, comme pour se moquer des musulmans gabonais qui sont en plein Ramadan, prétend qu’il fait la grève de la faim. Comme Bobby Sands ! Quel culot ! ... Eh bien, qu’il casse la pipe de sa grève de la faim dans la tranquillité de sa chaumière et qu’il laisse les Gabonais élire paisiblement leur nouveau président.




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