
Il y a quelques jours, Rue89 reprenait l'interview d'un homosexuel qui s'était vu refuser le droit au don de moelle osseuse réalisée par notre partenaire Tetu. Au fil des (nombreux) commentaires suscités par l'article, il est apparu que plusieurs riverains volontaires pour donner leur sang ont eux aussi essuyé un refus, pour des raisons diverses. Voici leurs témoignages, avec les réactions de Bernard David, médecin à l'Etablissement français du sang (EFS).
► Jean-Luc, 48 ans, était donneur depuis sa majorité quand il a « avoué » un jour avoir été transfusé à l'âge de 13 ans, sans réaliser les conséquences de cet aveu :
« Depuis, interdiction de donner mon sang (O négatif en plus). Raison invoquée par le médecin : je pourrais héberger un virus encore indétectable… J'étais donneur de moelle osseuse.
Contacté par l'EFS pour prélèvement (receveur compatible), j'avoue prendre un petit traitement pour une légère hypertension. Radié des listes, jugé inopérable même avec signature de décharge. Je suis toujours donneur d'organes, mais j'aurais peut-être le tort d'être mort pour des prélèvements ? »
La réponse de Bernard David. « Excellent exemple de l'application du principe de précaution : au moment de la crise de la vache folle, on ne savait pas quelles étaient les modalités de transmission de la maladie. Il a donc été décidé de mettre en place de manière stricte le principe de précaution pour rompre la chaîne de transmission.
On a notamment exclu des donneurs les gens ayant subi une transfusion, mais aussi ceux ayant vécu en Angleterre [c'était le cas de Esgalduin, ndlr] à cette période. C'était une décision très préventive et très précoce, qui s'applique toujours.
Mais l'épidemie de vache folle étant en voie de disparition, la question est posée de revenir en partie sur cette exclusion. Elle n'est pas tranchée pour l'instant. »
► Joson a été exclu de la liste des donneurs après vingt-et-une années de don, en raison d'un risque pour le donneur -c'est-à-dire pour lui-même et non pour le receveur :
« J'ai fait un épisode d'arythmie cardiaque, sans aucune conséquence et sans rapport avec un comportement à risque (je ne fume pas, suis sportif, n'ai pas de cholesterol et je suis “ jeune ”). Un don risque de mal se passer “ statistiquement ”. »
La réponse de Bernard David. « Ce donneur a fait un petit accident cardiaque. Je n'ai pas tous les éléments pour pouvoir juger de la gravité de son état. Un petit malaise n'est pas une contre-indication définitive dans tous les cas, mais peut être révélateur d'une maladie plus grave.
Il faut faire une exploration complète pour le savoir, c'est une affaire de spécialiste. Or le médecin de collecte n'est pas spécialiste. S'il a un doute, il peut refuser. On ne doit prendre aucun risque, ni pour le receveur, ni pour le donneur. »
► Tentrain, lui, s'est fait signifier par l'EFS qu'il n'était « pas fiable » à cause de sa dépression :
« Je me pose encore la question de ce que cela peut recouvrir… Je m'en suis ouvert auprès de mon psychiatre (et de mon généraliste) qui a été quelque peu surpris et, surtout, m'a assuré que mon traitement ne gênait en rien le don de moelle.
Je suis retourné à l'ESF un an plus tard sur l'air de “ tout va bien madame la Marquise ”, que cette période était révolue, je suis inscrit comme donneur potentiel de moëlle et je donne tous les mois ce dont ils ont besoin. Et je suis toujours sous traitement ».
La réponse de Bernard David. »Un état dépressif peut être très sévère et pas visible à l'oeil nu. Le don de moëlle s'effectue sous anesthésie générale. C'est donc une intervention lourde, pour laquelle on prend toutes les précautions. Le principe de précaution s'applique aussi bien pour les receveurs que pour les donneurs.
Si le patient nous dit qu'il est plus équilibré, qu'il va mieux, c'est logique que l'on accepte de le reprendre sur la liste des donneurs. Notre objectif, c'est d'avoir des donneurs en bonne santé, pour lesquels on ne prend aucun risque. »
► Autre cause d'exclusion souvent mal vécue, l'interdiction de don du sang pour cause de « relation homosexuelle passagère ». Salocin en a fait l'expérience. Depuis, bien qu'il soit en couple hétérosexuel, il n'essaie plus de donner pour ne pas revivre le « choc » du refus.
La réponse de Bernard David. « Passagère ou non, une relation homosexuelle est reconnue comme présentant un risque. Les données épidémiologiques observées par l'Institut de veille sanitaire et par nous-mêmes montrent que pour l'instant, les homosexuels masculins ont encore une prévalence de VIH très très largement supérieure à la population hétérosexuelle.
Nous n'avons pas le droit de prendre un risque. Le don n'est pas un droit, mais une faculté. »




















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De bleuet1
espère malgré tout | 18H27 | 25/08/2009 |
Je ne peux pas non plus donner mon sang, mais pour des raisons purement physiologiques : je suis trop légère, moins de 50 kg.
Il y a quelques années, même avec ce poids je pouvais donner. Je ne comprenais pas pourquoi ils n'acceptaient plus mon sang, car ma corpulence est normale compte tenu de ce poids (je mesure 1m53).
On m'a répondu que la quantité de sang prélevée avait été standardisée depuis (450 ml si je ne dis pas de bêtise), et que vu ma corpulence je ne le supporterais pas.
Je trouve ça dommage, surtout que je suis A-, donc une donneuse potentiellement très intéressante car ça ne court pas les rues.
Je trouve même cela frustrant à l'heure où l'EFS n'arrête pas de crier à la pénurie. Mais bon, je me suis fait une raison, et je ne vais pas prendre 2 kgs uniquement pour leur faire plaisir.
De michel 13
| 18H34 | 25/08/2009 |
Je donnais régulièrement mon sang depuis 1968. Puis, en 2007 (soit des dons pendant 39 ans) lors d'un « interrogatoire » précédent le don j'ai avoué avoir été hospitalisé en 1950 ( bien 1950) suite à un brûlure, mais sans aucune opération ni transfusion sanguine, simplement des soins. Le médecin de service, très irrité par cet aveu, m'a déclaré « vous vous rendez compte de ce que vous avez fait, il va falloir que je vérifie tous vos dons ». Grosse surprise de ma part, et le médecin enchaîne « à partir de maintenant vous ne pourrez plus donner ».
Alors quand je vois les appels aux donateurs je me demande qui marche sur la tête ?
De Jean de Lille
18H41 | 25/08/2009 |
Il y a quand même une vaste hypocrisie du médecin qui commente ; non que ce qu'il dit soit complètement dénué de sens mais il y a une impasse énorme sur la pénurie de produit sanguin par manque de donneur qui conduit à des importations de sang en provenance de pays dont la traçabilité n'est pas forcément fiable. Ces produits sont ensuite en principe traités ( au temps du sang contaminé on les chauffait pour détruire le virus VIH). Le scandale de l'époque, c'est que pour des raison de rationalisation économique l'AFS avait refusé de chauffer le sang. On ne voit donc pas pourquoi le sang des personnes dites à risque ne pourrait pas servir à faire des produits dérivés dont on a largement aussi besoin que du sang pour transfusion.
De rahaan
situation | 19H47 | 25/08/2009 |
c'est préférable de prendre toutes lesrécautions necessaires pour garantir aux malades une intervention avec moins de risques
Les medecins ont une responsabilité enorme ( c'est enfoncer un porte ouverte que de le dire) sur ce sujet
Apres , ca peut etre frustrant de vouloir contribuer et de ne pas pouvoir
Mais il faut l'accepter et ranger son amour propre dans ce cas
De MikMax
Bzh | 21H57 | 25/08/2009 |
j'ai 23 ans , je suis en excellente santé , sportif , séroneg , en couple monogame depuis presque 6 ans ; je suis O+ .
Ma copine a 23 ans , en excellente santé , sportive , séroneg , tout comme moi monogame ; O- .
Lorsque nous sommes allés faire le don du sang à nos 18 ans , après avoir refait des tests IST ( ttes négatives) nous nous sommes fais recalés, et pas gentiment par le médecin car en fait ma copine est un garçon. A l'acceuil l'infirmière très souriante heureuse de voir deux jeunes s'investirent. Vient l'entretien , médecin souriant , pis vient les questions et là je décide d'être honnête (je voyais pas le mal^^) PAF , jeté , et pas poliment , on nous reproche d'avoir fait perdre du temps, personne dans la salle d'attente à part mon, copain … Bravo la psychologie ( pas facile de s'assumer quand on est jeune pour certains , je les imagine si ils se prennent un tel acceuil où le discours est non pas que vous avez des pratiques à risques , mais que vous êtes un séropositif en puissance)
Si je ne les approuve pas , je peux comprendre que ces règles aient pu être nécessaires , mais refusé un couple monogame sous prétexte que les partenaires soient deux hommes … si moi ou mon copain avions pris le moindre risque , pourquoi iraient on proposés notre sang … la parole d'un homo vaut elle moins que celle d'un hétéro ?
C'est dommage , nous qui souhaitions ( et souhaitons toujours ) nous proposer en donneur d'organes … ce que j'aimerais savoir si un jour l'un de nous a un accident , et que nous soyons intercompatibles , ou un membre de notre famille , aurions nous la possibilité de sauver la vie d'un des être que nous aimons ? Ou devons nous regarder l'autre attendre et risquer sa vie sous prétexte que nous sommes gays ? (la situation serait comique :
- non vous ne pouvez pas lui donner d'organe , vous risquez de le contaminer , comprenez vous êtes une population à risques…
-enfin je couche avec lui depuis 6 ans maintenant et on a dépassé le touche pipi : p « )