Frédéric Pecharman s'est installé depuis deux semaines devant la Maison du don, allées Jean-Jaurès à Toulouse, pour protester contre ce qu'il préfère appeler « une absurdité » plutôt qu'une discrimination.
L'Etablissement français de greffe (EFG) lui a en effet signifié son exclusion du registre des donneurs de moelle osseuse en raison de son homosexualité, alors qu'un receveur compatible pouvait bénéficier d'une greffe.
Il vient de recevoir le soutien d'Alexandre Marcel, un Gardois exclu du don du sang pour la même raison. Très affaibli par son jeûne et par la chaleur, il explique sa démarche.
Comment avez-vous appris votre exclusion du don de moelle osseuse ?
Le 15 mai, l'Etablissement français de greffe (EFG) m'a contacté par téléphone, me demandant si j'étais volontaire pour un prélèvement destiné à un receveur compatible. Je savais que le don du sang excluait les homosexuels, j'ai donc prévenu le médecin que j'avais des pratiques homosexuelles depuis quelques mois.
Elle m'a alors expliqué son obligation de me radier des fichiers, où je m'étais inscrit en 1995, à l'âge de 21 ans, en tant que donneur de sang -le don de moelle étant assujetti au don du sang.
Je pense que cette attitude relève de non assistance à personne en danger car je suis un des rares à pouvoir sauver cette personne atteinte d'une leucémie. On préfère la laisser mourir, puisqu'il existe un réel manque de donneur.
Quelle est votre demande ?
J'ai entamé un jeûne le 28 juillet pour provoquer un débat et sensibiliser l'opinion publique. Je ne demande rien, je ne suis pas dans une logique de grève de la faim pour réclamer la démission de la ministre par exemple. J'espère tenir un minimum de trente jours, peut-être quarante.
Ma présence ici est symbolique, je souhaite obtenir un débat public avec un simple médecin de l'Etablissement français du sang (EFS) pour défendre mon point de vue. Il n'y a pas davantage de contamination au Portugal qui accepte que les homosexuels donnent leur sang.
En France, il y a un vrai problème depuis l'affaire du sang contaminé : plus aucun ministre ne veut assumer une telle responsabilité. Ils renvoient leur avis aux experts. Tant que l'opinion sera contaminée par l'idée du principe de précaution, les homosexuels ne pourront pas donner.
Un collectif est-il en cours d'élaboration ?
Déjà présent sur Facebook, un collectif regroupant des individus et des associations va se développer sous l'appellation « Homodonneur ».
Dans un premier temps, nous envisageons le recensement de tous les homosexuels souhaitant donner leur sang pour souligner le fait qu'en période de pénurie, comme c'est le cas au mois d'août, beaucoup de personnes sont en fait susceptibles de donner.





















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De dmz
expat | 14H35 | 20/08/2009 |
Je suis O- (donc potentiellement donneur universel) mais au Japon, je ne peux pas donner mon sang. Pas parce que je serais homosexuel. Parce que je suis francais (et que j'etais resident en France a l'epoque de l'affaire du sang contamine sans doute).
Quand je vois un camion de la croix rouge japonaise, ma copine me retient d'y aller ; elle sait qu'en face d el'inevitable refus, je ne peux pas m'empecher de leur dire : « pensez a moi le jour ou un type crevera parce que vous manquez de sang. » C'est con, mais ca soulage.
De Jean_Luc
aide-soignant | 15H10 | 20/08/2009 |
J'ai 48 ans, marié depuis 25 ans et fidèle ! , j'étais donneur de sang depuis l'âge de 18 ans,jusqu'au jour ou j'ai « avoué » avoir été transfusé à 13 ans. Depuis ce jour, interdiction de donner mon sang (O négatif en plus). Raison invoquée par le médecin : je pourrais héberger un virus encore indétectable…J'étais donneur de moelle osseuse. Contacté par l'EFG pour prélèvement (receveur compatible), j'avoue prendre un petit traitement pour une légère hypertension. Radié des listes, jugé inopérable même avec signature de décharge. Je suis toujours donneur d'organes, mais j'aurais peut-être le tort d'être mort pour des prélèvements ?
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 15H29 | 20/08/2009 |
Le pire, c'est que le mec n'est même pas homo, il a juste eu des pratiques homosexuelles.
Moralité, si un jour on prend une bite dans le cul, on n'a plus jamais le droit de donner de la moelle.
En tout cas, moi je prends ça du bon côté. J'ai maintenant une très bonne excuse pour ne pas donner de sang, et encore moins de la moelle.
Par contre, je me pose une question. Si tenait tant que ça à filer sa moelle, pourquoi a-t-il dit qu'il était homo, surtout s'il savait que c'était un motif de refus ?
C'est un peu comme répondre qu'on est un drogué sur le formulaire pour rentrer aux USA…
De ducatel
15H51 | 20/08/2009 |
je pense que lorsque l'on parle du principe de précaution tout le monde applaudit et quand on l'applique ce n'est plus pareil … Sans tomber dans un quelconque travers réactionnaire, les études statistiques de population indiquent qu'il y a statistiquement plus de porteurs du vih dans la population homosexuelle. Il n'y a aucun parti pris dans cet élémént c'est malheureusement juste un fait.
De Sevan
en transition | 16H45 | 20/08/2009 |
Je pense que l'indignation peut mener à se dire « c'est des cons, tant pis, je ne donne plus (pas) mon sang ! »
C'est un risque.
En revanche, l'action de Frédéric n'est à mon sens pas inutile : personnellement, j'ai déjà donné mon sang plusieurs fois, mais jamais la question « avez-vous eu des pratiques homosexuelles ? » ne m'avait interpelé ! C'est son action et le relais médiatique qui m'a amené à considérer la situation et me rendre compte qu'il s'agit d'une discrimination.
D'une façon plus générale, les articles de Têtu sur Rue89 m'amènent souvent à voir les choses différemment.
De salocin
17H08 | 20/08/2009 |
bonjour, j'ai eu il y a qq années un refus du médecin d'accepter mon don de sang sous prétexte que j'avais eu une relation homosexuelle passagère qq mois auparavant. J'étais resté sous le choc et n'ai plus donné depuis bien qu'étant en couple hétérosexuel.
Pour donner il faut être un hétérosexuel avec une relation régulière ou sans relation du tout…c'est triste.
La démarche du don est à priori une démarche responsable. Je me protège et dit la vérité au médecin, ce qui n'engage que moi.
Je suis de tout coeur avec la personne qui jeûne et éspère que les choses bougeront un jour
De Tentrain
Rigolo | 17H55 | 20/08/2009 |
Bonjour.
Je comprends tout à fait la légitime colère de Frédéric.
J'ai été moi-même pour de toutes autres raisons mis au ban de l'ESF.
Je fais en effet partie de la grande famille de ce qu'on les appelle les « dépressifs ».
En remplissant le questionnaire, j'ai répondu tout à fait honnêtement au fait que j'étais suivi par un psychiatre et recevait un traitement pour cette dépression. De fait, j'ai été immédiatement exclu sous prétexte que je n'étais pas « fiable ». Je me pose encore la question de ce que ce mot peut recouvrir….
Je m'en suis ouvert auprès de mon psychiatre (et de mon généraliste) qui a été quelque peu surpris et surtout m'a assuré que mon traitement ne gênait en rien le don de sang/plasma/plaquette et moelle.
Je suis retourné à l'ESF un an plus tard sur l'air de « tout va bien madame la Marquise », que cette période était révolue, je suis inscrit comme donneur potentiel de moelle et je donne tous les mois ce dont ils ont besoin.
Et je suis toujours sous traitement.
Quelle belle société que voilà où la délation est encouragée et le don de soi entravé….