Enquête

L'album, espèce menacée (2/2) : l'expérience numérique totale

les membres du groupe Bon Jovi, récompensés pour les ventes d'un de leurs albums.

En partenariat avec LesInrocks.comLa question secoue le monde de la musique. Le bon vieil album serait-il en train de doucement se dissoudre dans un univers de buzz et de single ?

Au-delà de la Crise de l'industrie du disque, c'est une façon de penser l'œuvre musicale qui vacille. Rue89 et les Inrocks.com s'associent pour une enquête en deux volets sur la mort du format album.

L'album, un format dépassé ? La révolution serait déjà amorcée. Paul Karlinsky travaille dans le département stratégie d'un grand groupe de distribution culturelle. Il souhaite garder l'anonymat et utilise un pseudonyme. Le sujet est trop sensible et sa position trop tranchée.

Il prédit purement et simplement la fin de l'album et de son format « contraignant » et « archaïque » au profit d'un univers artistique numérique :

« Aujourd'hui, le format numérique libère les artistes. Ce qui reste, c'est le besoin d'un univers structuré. Le format numérique offre la possibilité de proposer une expérience totale en fédérant une communauté à travers un univers visuel et évènementiel beaucoup plus riche, une signature esthétique. »

Le format numérique « libère les artistes »

33 tours, 45 tours ou CD, jusqu'ici, les artistes ont toujours dû s'adapter aux contraintes et aux limites de leurs supports. Le marché de la musique s'est construit sur les ventes de disques. Cependant pour Paul Karlinski, ce n'est finalement qu'un hasard lié à une simple contrainte industrielle.

Selon lui, les artistes ont bien plus à proposer qu'un simple album par an suivi de quelques concerts. La musique est entrée dans l'air de la révolution numérique. Les barrières de la diffusion et de la création sont renversées. Les artistes peuvent offrir à leurs fans une expérience totale. Développer leur univers pour s'y exprimer librement.

Un album numérique pour sauver les majors

C'est un peu l'idée à la base du CMX, sorte d'album numérique total que seraient en train de finaliser, à en croire un récent article du Times online, Sony, Universal EMI et Warner. Il ne s'agit pas simplement de regrouper dix morceaux, mais de proposer des vidéos, textes, illustrations…

Le CMX devrait être disponible en novembre pour quelques albums, notamment celui de U2. Apple, qui aurait refusé le projet de ces majors il y a quelques mois, serait aujourd'hui en train de travailler sur son propre projet, qui pourrait voir le jour d'ici deux mois. En attendant, majors et musiciens tentent d'occuper le terrain sur le Net pour maintenir les ventes de CD.

Nine Inch Nails, l'archétype du groupe 2.0.

Groupe de rock industriel américain créé en 1988, Nine Inch Nails revendique plus de 300 000 membres sur son site Internet et 140 000 sur son Facebook. Forums de discussion, vidéos et photos des derniers concerts et bien sûr nouveaux morceaux en ligne. Il possède même une application iPhone.

Les fans sont invités à proposer leurs propres remix. Ils partagent la vie du groupe jusqu'à suivre les tribulations quotidiennes de son leader, Trent Reznor, sur son Twitter. Pourtant, en dépit d'un univers numérique particulièrement riche, le groupe continue malgré tout de sortir des albums. Un événement toujours très attendu par les fans.

Créer le buzz pour assurer les ventes

Pour Vincent Demarthe, manager de Rhoff et d'OrelSan, il est encore trop tôt pour parier sur la fin de l'album. Le numérique bouleverse la manière de penser et de vendre la musique. Cependant il considère que ni le public, ni les artistes, ni même les maisons de disque ne sont encore prêts à abandonner ce format :

« Toute l'industrie du disque est basée sur l'album. Les artistes ne signent pas en durée d'engagement, mais en nombre de sortie d'albums. Ce sont les formats longs qui permettent de rentabiliser l'investissement fait sur un artiste. Aujourd'hui, le marché du numérique représente moins de 15% des ventes de musique en France et tout juste 30% aux Etats-Unis. Il s'adresse encore à un public limité. »

Membre du groupe TTC, Cuiziner explique lui de son côté qu'Internet joue le rôle des mixtapes ou des streetCD, il créé du buzz :

« Le numérique permet de rester présent entre deux albums et de garder la main. Il faut donner des choses aux fans, ils l'attendent. »

Tester la réaction du public et entretenir une relation plus personnelle avec ses fans, donc. Les artistes sont constamment sur le devant de la scène, mais ce n'est qu'un « jeu » pour faire patienter jusqu'à la sortie du prochain disque.

« Buzz » contre album ?

Encore loin de remplacer l'album, l'univers numérique et le buzz collaborent au contraire à son succès. Ils participent à la création du mythe qui assurera le boom des ventes. Le jeune rappeur OrelSan s'est fait connaître en créant l'événement sur Internet :

« J'ai été contacté parce que je proposais tout un univers. De la musique, de la vidéo et déjà un public. »

A une époque où les maisons de disque rechignent à signer de nouveaux artistes, un premier succès sur Internet fonctionne comme une garantie. « Une fois qu'ils sont signés, les nouveaux artistes rentrent dans le schéma traditionnel de l'album », remarque Vincent Demarthe, son manager. Pour les jeunes artistes, l'album fait encore office d'examen de passage.

Un format qui prend la mesure de son époque ?

La montée en puissance du single et des buzz ne serait finalement qu'un mirage qui fait croire à la fin de l'album. Dans les années 1960-1970, les 45 tours se vendaient bien mieux que les 33 tours. Pourtant, loin de disparaître, les albums sont restés jusqu'à aujourd'hui le format de référence.

Selon Chryde de La Blogothèque, malgré le changement des habitudes de consommation, le format album a encore de beaux jours devant lui :

« On pourrait croire qu'il est menacé, mais il tient encore bien la route. Les groupes continuent à en faire, et les maisons de disques à penser que c'est “le format”. En revanche, c'est du côté de l'écoute que ça change car l'auditeur peut faire ce qu'il veut.

Mais si on regarde bien, le public continue d'attendre le nouvel album. La chose qui change vraiment c'est qu'une fois qu'il l'a, il n'en garde que ce qui lui plait dans son baladeur MP3. »

Enfin, pour Hamé de la Rumeur, la pérennité du format album n'est finalement qu'une question accessoire. L'industrie de la musique n'est pas la seule à traverser une crise. C'est l'ensemble des secteurs sociaux et économiques qui sont touchés :

« Ce qui compte, c'est la capacité de la nouvelle génération d'artistes à prendre la mesure de son époque. Les contextes de crise sont propices à la création artistique. Elle a besoin d'espace et la question du format se résoudra d'elle-même. »

Photo : Bon Jovi récompensés pour les ventes d'un de leurs albums (Savita Kirloskar/Reuters)

En partenariat avec LesInrocks.com

En partenariat avec LesInrocks.com

37 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de marjorie

De marjorie

riveraine occasionnelle de plus en ... | 14H58 | 17/08/2009 | Permalien

Vous n'avez même pas cité les propos récents de Thom Yorke… qui pourtant est en plein dans le débat….

Portrait de Arnaud Aubron

à marjorie Portrait de marjorie De Arnaud Aubron

Rue89 | 15H15 | 17/08/2009 | Permalien

C'est très vrai, mais à la décharge de Mael, il a écrit son papier il y a longtemps déjà et nos partentaires des Inrocks ont déjà consacré un article aux déclarations de Radiohead :

http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/t/1249998540/article/r…

J'aurais dû le remettre à jour, mais heureusement vous êtes là pour le faire, c'est l'avantage d'un site participatif.

Voilà, ma conclusion : Radiohead confirme qu'on a eu la bonne intuition en faisant cette grande enquête. Merci Tom ; -)

Portrait de marjorie

à Arnaud Aubron Portrait de Arnaud Aubron De marjorie

riveraine occasionnelle de plus en ... | 15H20 | 17/08/2009 | Permalien

Le site participatif je suis en plein dedans, vu que je suis en charge de radiohead.fr…. et j'imaginais déjà les mails (souvent critiques envers les inrocks….) que j'aurais reçus d'où mon anticipation… merci d'avoir répondu donc !

Portrait de FabiendeMénilmontant

à marjorie Portrait de marjorie De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 18H09 | 17/08/2009 | Permalien

En lisant l'autre jour la réponse à ceci :

http://www.rue89.com/2009/08/14/lalbum-espece-menacee-12-la-musique-en-m…

je n'avais pas compris le « on »…

maintenant, je pige mieux.

En effet, une mise à jour n'aurait pas pu faire de mal…

Portrait de H0me_r

De H0me_r

Penseur en activité.... | 15H14 | 17/08/2009 | Permalien

« Ce qui compte, c'est la capacité de la nouvelle génération d'artistes à prendre la mesure de son époque ». On a tellement bien construit notre mode de vie qu'on en est complètement dépendant. Même les artistes y ont droit. Et moi qui pensait que c'était une profession complètement écartée du pouvoir de l'argent….
A mon avis, art ne rimera jamais avec consommation. Tant qu'on aura pas compris ça, c'est toute la musique qui est morte.

Portrait de shillom

à H0me_r Portrait de H0me_r De shillom

15H19 | 17/08/2009 | Permalien

Je ne saurais que vous conseiller la lecture de « La société du spectacle » de Debord.

Portrait de pablico

à H0me_r Portrait de H0me_r De pablico

15H35 | 17/08/2009 | Permalien

entièrement d'accord. l'art doit être un cri, une révolte, une vue nouvelle..sinon on retombe dans l'art académique.

c'est la différence entre un artisan et un artiste.

leurs œuvres sont aussi belles, mais dans celles de l'artiste il doit y avoir quelque chose de nouveau, de créatif, de « révolutionnaire », de dérangeant….donc un truc où l'argent vient bien après…

Portrait de Flore Balthazar

à pablico Portrait de pablico De Flore Balthazar

auteur de bédés | 07H33 | 18/08/2009 | Permalien

Vous oubliez un détail mesquin mais indispensable : pour pousser son cri, l'artiste doit en général être en vie, donc relativement nourri.

Les plus grands artistes de l'histoire n'étaient pas des crève-la-faim créant dans la fièvre et dans une mansarde mal éclairée. Cela, c'est la vision romantique, fausse en très grande partie.

Jean-Sébastien Bach était maître de chapelle, Michel-Ange était grassement payé, notamment par les Médicis, Picasso a rarement été dans le besoin… Frank Capra disait « Je ne pense qu'à l'art, moyennant finances ».
Si l'argent, ou du moins un moyen de subsistance, n'est pas une finalité, il est du moins une nécessité incontournable, comme pour tout un chacun.

Si je vous cite Bach et son poste de maître de chapelle, vous me rétorquerez : « Et Mozart, alors, hein ? ». Certes, Mozart a vécu la fin de sa vie dans la misère pour ne point être esclave d'un quelconque prince-archevêque. Mais il est mort en regrettant que sa vie se termine justement au moment où il retrouvait une stabilité financière qui lui permettrait de « créer enfin » ! (on est en droit de regretter ne pas savoir ce que signifiait pour Mozart « créer enfin »).

Pour rémunérer les artistes, plusieurs systèmes ont existé, du mécénat à la rémunération d'état en Union Soviétique, en passant par le droit d'auteur. Aucun n'est idéal, certes, mais il serait encore plus dommage de laisser les artistes crever sous prétexte qu'ils ne doivent penser qu'à l'art. Avez-vous déjà essayé de ne penser qu'à l'art le ventre vide et l'angoisse au coeur à l'idée de ne pouvoir trouver de moyen de subsistance ?

Par ailleurs, la distinction entre artiste et artisan sur la base uniquement de l'intérêt pour l'argent me semble très rhétorique : il me serait tout à fait possible de vous citer des artistes incontournables, ayant bouleversé leur époque et sa manière de penser, et qui étaient d'autre part des gens très intéressés, voire cupides.

Portrait de InSitu

à Flore Balthazar Portrait de Flore Balthazar De InSitu

12H37 | 19/08/2009 | Permalien

Notes :
Les périodes bleue et rose de Picasso, c'était parce qu'il aimait bien cette couleur ?
Capra faisait des films, ce qui nécessite bien plus d'argent.

Portrait de shillom

De shillom

15H20 | 17/08/2009 | Permalien

Mais non !
Le format disons transportable type mp3 a son intérêt, mais le disque en a un aussi. Toucher cette galette, la glisser dans (sur) le lecteur, et appuyer sur play est quand même plus sympa que fouiller son disque dur ou selectionner un morceau dans son logiciel de lecture favori.

Je copie toujours mes cds en mp3 ou en ogg, je les lis sur mon lecteur nomade, parfois chez moi, c'est pratique pour ne pas chercher un nouveau disque toutes les heures, mais si je suis seul, je prend mon cd sur l'étagère et j'apprécie.

J'espère que les éditeurs ne feront pas cette bêtise… J'ai pas envie de passer ma vie devant un écran, fut-ce pour y retrouver les informations d'un livret de CD…

D'ailleurs, notez comme 20 ans après l'esplosion du CD ils se mettent à rééditer des vinyls… vont-ils nous refaire la même ? Les formats peuvent cohabiter, il faudrait peut être se poser la bonne question. Une piste, pourquoi je peux acheter un CD à 10€ directement auprès de mon label favori, et que je le trouve à 18 à la FNAC ?

Portrait de Arnaud Aubron

à shillom Portrait de shillom De Arnaud Aubron

Rue89 | 15H37 | 17/08/2009 | Permalien

Entièrement d'accord. Juste un détail : nous ne parlons pas ici de support physique ou numérique (bien que ce soit lié), mais du format album (c'est-à-dire une douzaine de chansons avec intro et outro) par rapport à la sortie de singles sans liens les uns aux autres, comme se propose désormais de faire Radiohead.

Portrait de shillom

à Arnaud Aubron Portrait de Arnaud Aubron De shillom

13H16 | 18/08/2009 | Permalien

Effectivement j'ai un peu détourné le sujet.

Sans album la création musicale se tournerait résolument vers le modèle tubes-kleenex qui semble adopté par de nombreux producteurs dès qu'il s'agit de toucher un large public. Qu'en serait-il des musiques moins populaires ? J'ai du mal à imaginer un Truffaz, un Romane ou des mecs comme ceux qui composent le groupe Midnite (5 ou 6 albums par an…) enregistrant un titre à la fois, plutôt que de profiter d'un studio loué à la semaine ou au mois pour inviter d'autres musiciens, tester des possibilités, faire intervenir tel instrument sur telle composition, profiter d'une session jam…
Ca serait limiter la musique à son commerce en somme… Rentabiliser au maximum un titre avant d'en sortir un nouveau, couper les musiciens de leur public en décomposant la musique, et s'éloigner terriblement de la créativité.

Portrait de toots

De toots

void | 16H01 | 17/08/2009 | Permalien

C'est un peu dommage de construire l'article autour d'un story-telling sur la prétendue disparition du format album. Au final ce n'est qu'un détail qui n'a pas autant d'importance que celle qui lui est consacré dans l'article je pense.

Ceci dit c'est un très bon article, j'ai bien aimé lire les différentes idées qui se dégagent petit à petit.

A noter enfin que les technologies modernes n'ont pas que comme effet de pousser vers l'avant, il y a aussi des phénomènes de retour en arrière. En particulier le « marché » des disques vinyl est en forte augmentation ces dernières années. Pas de quoi remplacer le CD certes, mais un phénomène palpable.

… et pour le coup, ce sont des albums qui se vendent en vinyls, et souvent des disques d'occas de vieux groupes ! : -)

Portrait de Gilles.de.rays

De Gilles.de.rays

éducateur | 16H04 | 17/08/2009 | Permalien

Un collaborateur de grand groupe qui ose prononcer le mot « archaïsme », c'est un peu l'hôpital qui se fout de la charité à l'heure d » HADOPI.

Portrait de dahubahu

De dahubahu

ouvrier | 16H40 | 17/08/2009 | Permalien

il n ont pas vu le vent tourner tellement qu ils se faisaient du fric se sont les majors qui coulent les artistes et toute une industrie dérriere

Portrait de Autist Reading

De Autist Reading

Plombier/Electricien | 17H13 | 17/08/2009 | Permalien

Les majors vont passer au CMX, l'album sera réservé aux petits labels, comme le vinyl aujourd'hui.
Internet permet à chacun de balancer un travail inachevé, ou sans soutien pro, en téléchargement libre, et c'est génial.

Mais on prend du plaisir à lire un bouquin, même si on aime aussi profiter de la pensée du vulgum pecus sur interneuneute.

PS : l'apprenti journaliste qui cite Hamé de La Rumeur va pas se faire que des amis chez les grands de ce monde. Faudra gazer à l'écrit, parce qu'à l'oral ils vous reconnaîtront.

Portrait de Un vieux

De Un vieux

retraité | 17H24 | 17/08/2009 | Permalien

Les albums disparaitront lorsque les majors l'auront décidé… c'est le format le plus rentable, et il permet de passer en douce les nanars qui ne se seraient jamais vendus en single…

Les industriels du disque font et défont les modes, comme les grands couturiers, et, après avoir déformé les oreilles pour passer aux CD's, plus payants que les vinyles, ils passeront au format qu'ils auront décidé comme rapportant le plus de fric… On peut compter sur eux pour mettre toute la vaseline nécessaire à nous le faire passer…

Portrait de Keldan

De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 17H34 | 17/08/2009 | Permalien

Je vois pas ce que vient faire les buzz la dedans. Un buzz ça se fume ; un album ça s'écoute : D

Portrait de jmc06

De jmc06

retraite | 17H43 | 17/08/2009 | Permalien

vinyl , cd ,asteur la clé usb, et demain ?

Portrait de Liger

De Liger

liger.amsud.net | 17H46 | 17/08/2009 | Permalien

Ce qui est évident, c'est que les Majors ont compris que la guerre était une guerre d'occupation de notre temps : tout le temps que vous passez avec un artiste, vous ne l'utilisez pas pour ceux de la concurrence. Et si chacun a des centaines de titres MP3 en attente d'écoute, c'est bien le temps qui est précieux.
Alors ils veulent occuper le terrain, en proposant une production ininterrompue de petites crottes en rapport avec l'artiste. Et provoquer un comportement addictif.
J'aime bien l'argumentaire visant à satisfaire les fans. Dans ces discours, remplacez « fan » par « couillon » et vous aurez tout compris.

Portrait de glafouk

De glafouk

17H58 | 17/08/2009 | Permalien

Ah les joies du format… De bonnes cases qu'on y rentre dedans…
C'est étonnant d'voir ainsi la mort donc du format « album », c'est presque être ultra optimiste en l'humain et à sa prétendue capacité à changer…
Le cinema lui aussi vie soit disant sa révolution numérique, pourtant un docu ça fait toujours 52 minutes (sag warum ? ? ? heu… « c'est comme ça, lalala lala ! »), un film « de base » c'est 1h30 (grosso dans modo, après certains osent le 2h voir 3h30 mais c'est rare) ; Les divers gouvernements en font voir masse de couleur à l'éducation de la nation, mais la rédac » c'est toujours introduction/développement/conclusion. Donc le dit « album » a de forte chance de continuer sa vie, qu'il soit une vraie histoire (avec in et outro) ou une simple collection de divers morceaux…
Le CMX d'après ce que ça raconte là, bah c'est juste un « album » avec des goodies en plus, mais ça reste le même principe… Sauf qu'au lieu de tout donner d'un coup, on vendra l'truc avec du teasing à base de « ouais, demain le prochain titre de polka hardcore de JM Morandini, ne zappez pas, restez connectés, cliquez nos bannières ! ! ! Et n'oubliez pas d'aller voir la vidéo où on le vois répéter dans son jardin [images exclusives, enfin qu'on retrouvera sur youtube par ailleurs mais bon…]. En attendant le prochain morceau, amusez vous avec les 2 déjà sortis et lisez donc son billet d'humeur à propos du tenia… ». Et puis ils vont bien nous remettre une petite louche de 2.0 avec des « vous aussi payez pour décider si on met plus de basse dans le prochain mix ». Et après tout ce barnum en longueur, bah m'sieur l'artiste il aura peut être envie d'un repos bien mérité pour retrouver des idées (a moins que comme le sculpteur César, il ai l'inspiration pour couler un nouveau bronze tous les matins, mais j'doute) donc y'aura une période de « vide » qu'on se fera un plaisir d'animer avec des « votez pour votre version de la reprise du titre numéro 7 » et autres… Et on nous diras « regardez, c'est du jamais vu ! », waouw…

Portrait de chapolin

De chapolin

chapolin.fr | 18H16 | 17/08/2009 | Permalien

NON l'album n'est pas une espèce menacée et loin de là.

Aujourd'hui on fait même un album beaucoup plus facilement qu'hier et tous les artistes y ont accès. Alors les albums ne sont pas prêt de s'éteindre.
Aujourd'hui l'album est une chose obligée pour tout nouveau groupe, ce qui n'empèche pas le numérique bien au contraire. Mais avec les moyens actuels les albums se distribuent directement de la main à la main sur les lieux de concerts par exemple et par les artistes eux-même. Là ou un artiste gagnait sur son album en moyenne 5 cts d'euros, il gagne maintenant la totalité des gains de l'album. Le calcul est vite fait pour un groupe qui joue souvent et qui à chaque fois vendra quelques albums. De plus avoir un album à laisser pour demarcher est une chose obligée.

Pour un musicien c'est aussi un objet mythique. Le rêve de tous : faire un album.

Pour une somme modique on peut avoir son studio à la maison et çà va encore se démocratiser. Il va donc y avoir de plus en plus d'albums mais qui ne passeront pas par les grands studios de toute façon inaccessibles.

Par contre ce qui est menacé ce sont les majors ou plutôt je dirais leur monopole. Allez par exemple sur le site Jamendo et découvrez 23 000 albums en téléchargement libre.

En même temps cet acces au monde musical de plus en plus démocratique, libre et gratuit, sous des licences légales qui protègent le partage, augmente logiquement l'acces aux différentes cultures pour un public de plus en plus large. Inversement les barrières dues aux dictats stylistiques des majors tendent à s'éroder et tomber. C'est indéniablement un progrès humain.

Portrait de roberto.roberto

De roberto.roberto

Charmant garçon | 19H04 | 17/08/2009 | Permalien

J'ai fait un rêve :

Il n'y avait que des artistes « pauvres », les gens du show plus « business » l'étaient également.

mais bizarrement, la qualité de la production artistique n'avait pas chuté !

Le fric n'aurait donc pas d'impact sur l'art ?

Je me suis réveillé (pas en sueur quand même ! ) et j'ai ri, tout cela n'existera jamais

Quoique…

Portrait de Liger

à roberto.roberto Portrait de roberto.roberto De Liger

liger.amsud.net | 19H30 | 17/08/2009 | Permalien

(Mal)heureusement, ça existe pour pas mal d'artistes, noyés dans tout ce qui est produit aujourd'hui.

Portrait de Carlito_Gaucho

De Carlito_Gaucho

employé | 20H54 | 17/08/2009 | Permalien

le support musical n'est qu'une question commercial
vous notez Mr Yorke comme figure de proue dans la lutte opposant les artistes aux majors, vous semblez oublier celui qui a revolutionné la diffusion de ses oeuvres, a savoir Mr Prince.
L'un des plus gros vendeurs des années 80 a meme ete oblige de changer son nom de scene a l'opposé de son eternel rival Mr Jackson.

La scene reste l'unique endroit ou l'artiste, sous entendu le vrai artiste, jouit de son entiere integrité et authenticité musicale car l'album doit se conformer au carcan souhaite par les majors
Ainsi, Prince qui souhaitait sortir plus d'un album par an, n'a pas pu le faire au moment ou il le voulait ( il a pu se realiser comme il l'entendait en autoproduction d'album, puis par telechargement )
Aussi, pour l'artiste moderne, le support constitue un moyen pour attirer l'auditeur a son concert

Pour les autres artistes, vous devez acheter un album formaté, ou 90% du prix que vous payer va dans la poche de personne qui n'ont strictement rien a voir avec la musique, ce qui est dans mon cas totalement impensable ( je suis pas fetichiste je n'accorde pas d'importance au contenant, mais bel et bien au contenu )
Sinon vous attendez 100ans qu'il tombe dans le domaine publique, et dieu sait que vous perdrez en culture.
Alors, vous savez ce qu'il vous reste a faire, c'est a dire etre a l'affut des dates qui vous importe ( et puis rien ne remplace le contact direct entre l'artiste et son fan )

Portrait de mick69

De mick69

20H50 | 17/08/2009 | Permalien

Dans l'histoire de la peinture et de la musique, les plus grands artistes sont aussi bien pauvres (Mozart, Van Gogh) que richissimes (Lully, Dali). Ca n'a pas de rapport.

Certains musiciens ont besoin de beaucoup d'argent pour faire leur truc. Par exemple, Stockhausen et son morceau pour 4 hélicoptères ! Autre exemple, les premiers samplers numériques (Synclavier et Fairlight) coutaient 1 million de francs vers 1980. Ce sont donc des stars très riches qui ont défriché ce domaine sonore (Peter Gabriel, Trevor Horn, Zappa…)

Tout ça pour dire que la production gratos sur internet n'est pas une fin en soi pour tous les musiciens

Portrait de arseneth

De arseneth

Intermittent tv et Webmaster | 20H53 | 17/08/2009 | Permalien

La solution pour les artistes serait de sortir un titre tous les mois sur leur site web (myspace/facebook/itunes/site officiel…) avec, pourquoi pas, du contenu divers l'accompagnant : illustration, article, clip, actualité.
Un peu comme « La chanson du dimanche », et les buzz réguliers qui suivent l'actualité (ou pas) : « Coup de boule », les Bratisla Boys, Make the girl dance (Baby Baby)…
Ce titre serait proposé gratuitement en écoute afin qu'il soit diffusé et partagé dans la communauté internet.
L'accès aux anciens titres serait lui par contre payant, mais à très faible coût (50cts max) et facilement payable (itunes, paypal).
Cette politique de « singueulisation » permet de fidéliser l'auditeur et de créer une actualité permanente sur un artiste. On peut même imaginer qu'en concert des titres inédits soient joués et qu'on puisse accéder à un live du concert à partir du site web.
Personnellement je pense qu'internet est devenu le meilleur moyen pour la musique de se faire connaitre. Les téléchargements avec emule c'est terminé : Adopi c'est mort-né. Pour écouter un titre, les gens utilisent deezer ou youtube. Tous les clips sur youtube contabilisent des millions et des millions de visionnages.
Il y a aussi tout un aspect technique à développé sur internet. Les webmasters des artistes doivent donner la possibilité à leurs clients de pouvoir administrer leur site : ajouter une vidéo youtube, un lecteur mp3, du texte, des images… Myspace a vampirisé les sites officiels. En rendant facile la possibilité d'administrer son image, les myspace sont devenu un gros bordel avec énormément de contenu et tout un tas de bidouilles pour rendre son site un peu moins similaire aux autres. Les artistes ont espéré un espace à eux et finalement ils ont encore eu plus besoin d'un « webmaster myspace » tellement chaque modification de leur page pouvait tout rendre illisible sans comprendre pourquoi.
Avec les outils actuels : le langage Ajax, la base du web 2.0, et les systèmes de blog de type WordPress, il est très simple de donner aux artistes la possibilité d'administrer leur image sur leur site officiel. Facebook est en train de préparer le terrain en proposant des solutions de ce type, en ajoutant l'intéraction avec le public sous forme de commentaires.
Donc ceci est un appel aux artistes et aux professionnels de la musique : Ne passez pas à côté de cette évolution numérique.
Je suis webmaster mais aussi public, j'ai besoin de cette musique et de nouveautés en permanence. Le téléchargement illégal n'a pas tué la création, il a tué la communication et la diffusion. Il n'y a jamais eu autant de création depuis l'entrée sur internet des artistes. Et en même temps toute cette création, personne ne l'a entendue, les gens ont encore l'impression d'écouter toujours la même soupe. Seuls quelques artistes squattent le top 50 depuis des années. Hého les maisons de disques, investissez dans vos chasseurs de tête sur internet, les internautes ne vont pas toujours faire le boulot à votre place pour vous sortir des Grégoire et des Ok Go.
Allez hop, au boulot là dedans.

Portrait de sinclair

De sinclair

20H57 | 17/08/2009 | Permalien

Pourquoi ne pas appeler cela de son nom, recueil ou compil ou moyen de faire passer quelques navets avec un ou deux tubes.

Ce format est moribond depuis longtemps il agonise. A part les collectionneurs et les fans qui va acheter ce genre de truc ?

Une simple clef USB à 2 ou 3 € permet de compiler et changer a l'envie dans l'ordre choisi plusieurs centaines de chansons ou musique en MP3 pour écoute sur auto radio ou chaine ou tout ce que vous voudrez.

Portrait de Un vieux

à sinclair Portrait de sinclair De Un vieux

retraité | 22H01 | 17/08/2009 | Permalien

Je le sens mal… Je ne me vois pas prendre l'album de Deep Purple au Royal Albert Hall, d'en changer l'ordre, de le compiler, et, surtout, le coder en .mp3… De plus, il dépasse largement les 40 mns…

Quant à Pink Flloyd, quand je pose le bras de la Thorens sur l'album « Meedle », casque Böse branché sur les Mc Intosh, le seul moment que je maudits est le changement de face de la galette… Mais je n'y changerais une croche pour rien au monde… Du vent qui se lève, aux échos d'un autre monde où la Starcacadémie n'a pas sa place…

Un artiste se remet toujours en question et cherche toujours mieux ne tenant que très peu compte de l'argent… Les friqués, eux, se contentent de surfer sur la vague qui rapporte, artistes ou pas…

Portrait de Ritonhue

à sinclair Portrait de sinclair De Ritonhue

Technicien Acousticien | 10H38 | 18/08/2009 | Permalien

Privilégier la quantité à la qualité, bravo Monsieur ! J'applaudis haut et fort…

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code