Décryptage 15/08/2009 à 20h15

BNP Paribas : 50 millions pour les dix cadres les mieux payés

François Krug | Journaliste Rue89

Des chiffres révélés par Le Monde apportent un éclairage nouveau sur la rémunération des banquiers. Les dix cadres de BNP Paribas les mieux payés ont touché au total 112 millions d'euros en 2007, avant la crise, et près de 50 millions l'année suivante, en pleine débâcle financière. La banque promet d'être plus raisonnable cette année. Mais peut-on la croire ?

Citant « un document interne de BNP Paribas », Le Monde dévoile le total des dix plus grosses rémunérations du groupe :

  • 2006 : 86,9 millions d'euros
  • 2007 : 112,3 millions
  • 2008 : 49,9 millions

Première surprise : ces chiffres sont nettement plus élevés que ceux figurant dans le bilan social de BNP Paribas, un document public et disponible en ligne :

  • 2006 : 25,8 millions d'euros
  • 2007 : 28,7 millions
  • 2008 : 27,7 millions

Principale explication : les sommes révélées par Le Monde prennent en compte le solde des indemnités et des participations versées aux principaux cadres de PAI Partners, un fonds d'investissement cédé en 2003.

Des patrons moins bien payés que certains traders

La rémunération des « mandataires sociaux » - les dirigeants du groupe, présents au conseil d'administration - est également comptabilisée à part.

C'est justement là que se situe la seconde surprise. Les grands patrons de BNP Paribas semblent moins bien payés que les dirigeants d'une filiale comme PAI Partners ou que les meilleurs traders.

Comme l'avait montré le décompte effectué par Eco89, le directeur général de BNP Paribas, Baudouin Prot, a touché au total 3,3 millions d'euros en 2007, et 1,07 million d'euros l'année suivante, son bonus ayant été annulé en contrepartie de l'aide financière de l'Etat.

Le « big boss » de BNP Paribas est moins gâté que certains de ses collaborateurs puisque, d'après les chiffres du Monde, les dix cadres les mieux payés ont touché en moyenne 11,2 millions d'euros en 2007, puis 4,9 millions en 2008.

6,8 fois plus que le salarié moyen

Une moyenne à comparer à celle fournie par le bilan social de BNP Paribas : un salarié du groupe touchait un peu plus de 49 500 euros en 2007 et 50 550 euros en 2008.

L'écart est impressionnant. Mais il ne s'est cependant pas creusé ces dernières années, pourra plaider la banque. Les 10% les mieux payés ont touché 6,7 fois plus que les 10% les moins bien payés en 2006 et 2007, et 6,8 fois plus l'an dernier.

D'ailleurs, assure au Monde un porte-parole de BNP Paribas, l'enveloppe des dix plus gros salaires du groupe ne devrait plus représenter que 15 à 16 millions d'euros en 2009.

Mais il faudra attendre l'année prochaine pour s'en assurer. Les bonus étant versés avec une année de décalage, les fiches de paye de 2009 ne suffiront pas à démontrer la bonne foi de la banque.

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  • Propergol
    • Posté à 20h33 le 15/08/2009

    Ils ont fait quoi de si extraordinaire pour mériter ça ?

    Ils ont permis à des familles pauvres de manger à leur faim ? Ils ont permis de faire avancer le progrès en terme de lutte contre le cancer, contre le SIDA.. ?

  • N.MARECHAL
    • Posté à 10h00 le 16/08/2009

    Tout ce foin pour 11,2 millions d'euros de salaire pour 1 an.

    Ca nous fait moins de 1 million par mois ca.

    Ben c'est comme moi, je gagne moins d'1 million par mois et je peux le prouver en plus !

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    A déménagé le 02-02-2012-2 répond à Enzo M.
    non connue
    • Posté à 10h11 le 16/08/2009
    • Internaute
      non connue

    Ce que j'illustre, c'est le fait que la récompense pour un trader responsable d'une bonne affaire est énorme, car cette récompense est calculée à partir de la bonne affaire.
    Mais lorsque le trader se plante, il ne « doit » presque rien, et même si ses revenus baissent un peu, ce manque à gagner est insignifiant par rapport aux pertes.
    C'est bien là que le système est fou :
    Un trader a intérêt à miser des sommes énormes (notre argent), car quoi qu'il arrive, il sort gagnant. S'il gagne, il gagne beaucoup, et s'il perd, il perd peu et pourra se « refaire » au prochain coup.
    C'est à cause de ce principe que le système financier a dérivé, amenant les « parieurs » à des risques énormes, qu'ils ne peuvent assumer.

    Dans un tel système, l'espérance de gain d'un trader (à titre personnel) est toujours positive (elle devrait être théoriquement nulle), et en compensation l'espérance de gain de la banque est négative.
    Ce qui est arrivé (crise financière) n'est pas un accident. C'est juste le déroulement normal dans un tel système.
    Et ça continue...