Parti de Finlande vers l'Algérie avec une cargaison de bois, il s'est évanoui dans l'Atlantique. La Russie s'active pour le retrouver.

Depuis ce mercredi, l'Arctic Sea fait parler de lui et de son mystère. Ce cargo finlandais, d'équipage russe et battant pavillon maltais a disparu il y a deux semaines au large de l'Atlantique. Parti de Pietarsaari en Finlande le 23 juillet, le navire transportait une cargaison de 1,6 millions d'euros de bois de construction et aurait dû rejoindre Béjaïa en Algérie le 4 août. Il n'y est jamais arrivé.
Première étape étrange de son parcours : le 24 juillet, le navire aurait été abordé au large des côtes suédoises par des hommes cagoulés, se présentant comme la police anti-drogue.
D'après les autorités maltaises, les membres de l'équipage auraient été ligotés et le bateau fouillé. Les agresseurs seraient repartis douze heures plus tard sans emporter le moindre butin. Côté suédois, on affirme n'avoir rien à faire avec cet opération.
« Pas de comportement particulier à ces deux étapes de la Manche et d'Ouessant »
Son trajet jusqu'au large des côtes françaises semble par la suite relativement normal. Le 28 juillet, le bateau est entré en contact avec les gardes-côtés britanniques de Douvres. Ces derniers ont déclaré qu'« il ne semblait pas y avoir quoi que ce soit de suspect pendant ce contact ».
Le 29 juillet, il s'engage dans le rail de la Manche vers 6h30, puis se reporte sur le rail d'Ouessant à 22h20. Le relevé effectué par le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) des Affaires maritimes et de la Marine nationale à son passage ne révèle rien à signaler. « Nous n'avons pas noté de comportement particulier à ces deux étapes stratégiques de la Manche et d'Ouessant », indique à Rue89 la préfecture maritime de l'Atlantique.
Le dernier contact remonterait au 31 juillet : une communication téléphonique avec la police suédoise, qui refuse de s'exprimer plus amplement à ce sujet. Le navire était alors au large du Portugal. Depuis, plus de nouvelles. D'après les autorités espagnoles, le cargo n'aurait pas passé le détroit de Gibraltar.
De son côté, Interpol a attendu le 3 août pour lancer un avis de recherche, et se refuse à tout commentaire.
Un premier cas de piraterie en Europe ?
La formulation d'hypothèses va alors bon train. Pour Victor Matroïde, directeur de la compagnie finlandaise Solchart qui a armé le navire, « il est probable que le navire ait été piraté ». Cela serait alors le premier cas de piraterie dans les eaux européennes. Une rupture en terme de sécurité maritime.
Mais les experts sont plus que réservés à ce sujet. La marchandise ne représente pas de valeur particulière, et le cargo lui même est plutôt vieillissant (l'Arctic Sea a été construit en 1991). Par ailleurs, aucune rançon n'a été réclamée.
Patrick Rondeau, du syndicat des Armateurs de France, cité par Le Monde, privilégie la piste de la « baraterie » : ce serait l'équipage lui-même qui se serait saisi du bateau. Cependant, pour Kari Naumanen, directeur-général de RETS Timber, qui a vendu le bois, il est « difficile de croire que l'équipage ferait une telle chose, alors ce doit être d'autres personnes ». L'armateur, qui travaille avec cet équipage depuis plusieurs années, abonde dans le même sens.
Un litige commercial ou un problème lié à un trafic d'armes ou de stupéfiants semblent privilégiés. Un différent entre organisations criminelles russes pourrait être une des pistes les plus crédibles.
Très réactive, la Russie mobilise navires et sous-marins
La Russie a été très réactive dans les recherches du cargo disparu. Moscou a annoncé que des navires de guerre ainsi que des sous-marins étaient mobilisés.
Le président Dimitri Medvedev a en effet enjoint mercredi au ministre de la Défense Anatoli Serdioukov de prendre toutes les mesures nécessaires pour retrouver le cargo et ses 15 marins.
Outre la nationalité de l'équipage, cet activisme peut s'expliquer par le montage financier autour du bateau : l'armateur Solchart Management est finlandais, mais appartient au russe Solchart Arkhangelsk.
« Quatre bâtiments de guerre rattachés à la flotte russe de la mer Noire font actuellement route dans la région de Gibraltar. Dans quelques jours ils passeront au large des côtes portugaises », a indiqué une source de l'état-major de la Marine russe à l'agence RIA Novosti.
Concernant les sous-marins, le porte-parole du ministère de la défense russe, le colonel Alexeï Kouznetsov, a refusé de s'exprimer : « Ces missions, de même que l'emplacement des sous-marins ne peuvent faire l'objet d'aucun commentaire », a-t-il déclaré à RIA Novosti.
Le bâtiment transformé en bâteau fantôme ?
La mer Baltique est une voie très empruntée par le trafic d'armes et de stupéfiants. L'équipage aurait pu être contraint de transporter une cargaison illégale. Le navire serait ainsi transformé en « bateau fantôme », obtenant une nouvelle identité grâce à de faux documents.
Cette hypothèse pourrait expliquer le premier abordage au large de la Suède. Rien ne permet d'affirmer que personne n'est resté à bord, usurpant l'identité de l'équipage lors des divers contacts et contrôles. D'après Mark Clarks, porte-parole de l'Agence maritime et des gardes-côtes (MCA), « un agresseur aurait très bien pu les faire parler sous la contrainte, en leur pointant un pistolet sur la tempe ».
Cyrus Mody, du Bureau maritime international, cité par Times Online, a cependant déclaré que « les possibilités sont presque infinies, car il peut être très facile pour un navire de disparaître ».
Photo : le cargo Arctic Sea (Sovfracht/Reuters)





















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De Bicket du Val
étudiant | 16H19 | 13/08/2009 |
Pour que les services secrets russes se mettent en branle de cette façon, en faisant appel à la marine russe, ce cargo ne devait sûrement pas transporter que du bois…..
Vous avez dit que la destination finale était l » Algérie ? .. Curieux autant qu » étrange. Peut-être la Syrie ?
La Russie a vendu depuis quelques années des avions de combat trés sophistiqués à l » Algérie. Des missiles sol-air, des missiles air-sol, etc… Il ne leur manque que quelques ogives nucléaires que le gouvernement russe a refusé de livrer. Officiellement.
Le gouvernement, certainement.. Mais la mafia russe ? ..
Quand on sait que ces petits engins se baladent allègrement en toute tranquillité entre la Biélo-Russie, l » Ukraine et le Kazakstan….
On comprendra mieux le stress qui agite le gouvernement russe dans le cas ou l » on retrouve le cargo avec quelques petites bombinettes à l » intérieur.
De mauser
17H08 | 13/08/2009 |
Les SR russe demandent l'appui de la flotte je veux bien mais si jamais la piste d'un trafique très chaud entre la Russie et l'Algérie pays d'arrivé du navire était vrai vous croyez qu'ils auraient attendu après le soit disant abordage au large des pays scandinaves.
Deux attendre le 13 août pour déclencher la sonnette d'alarme alors que le navire devait être en Algérie le 4. D'ailleurs une autre alarme aurait du retentir le passage du détroit de Gibraltar
Tout cela sent l'incohérence à plein nez sauf que la flotte russe de mer noire en profite pour venir se dégourdir les jambes en Atlantique si j'ai bien compris
En plus un SNA en chasse je veux bien mais ce genre de bestiole n'a aucune arme pour arraisonner un navire rempli de pirates il va lui tirer une torpille dans la coque point.
Comme elles sont généralement réglée pour cibler la salle des machines qui dans ce genre de bâtiment se situe juste en dessous des locaux de l'équipage je vous laisse deviner la suite.
La solution de la baraterie me plaît bien ou alors un montage retord pour entrouvrir un peu plus les détroits à la marine russe.