
Après les violents heurts de la semaine dernière, ayant fait une trentaine de blessés parmi les gendarmes et les manifestants, plus de 20 000 personnes ont défilé mercredi à Nouméa pour promouvoir « la construction d'un destin commun » et condamner le retour des violences.
Rassemblant près de 10 % de la population de l'archipel, ce cortège est l'un des plus grands depuis les années 1980, une décennie marquée par les affrontements brutaux entre indépendantistes kanaks et loyalistes.
Bien que soutenue par le gouvernement local et les partis de droite, la marche lancée par un collectif citoyen se voulait apolitique. De nombreux commerçants et entreprises ont fermé leurs portes, sans suspension de salaire, afin de permettre à leurs salariés d'être présents au rassemblement.
Les manifestants sont partis de Baie de la Moselle pour rejoindre la province Sud, où se situent le Congrès et le Haut-commissariat. Un parcours réalisé dans le calme (voir vidéo).
Citoyen_calédonien, un riverain de Rue89, nous a fait part de son témoignage :
« Le mot d'ordre des organisateurs de cette manifestation était : “Pas de drapeaux, pas de banderoles” “Si y'a pas toi, y'a pas moi ! ”, un seul objectif “un destin commun”.
Le nombre des participants devait être un message fort adressé aux autorités de la volonté de la population calédonienne, qui par son travail, sa diversité ethnique et culturelle crée la richesse de la Nouvelle Calédonie, de préparer un avenir de paix pour ses enfants dans ce pays en devenir.
Les valeurs de tolérance et de solidarité ayant été bafouées par un petit nombre d'extrémistes, pour ne pas dire de voyous, sous couvert d'un conflit relevant du droit du travail, uniquement dans le but d'alimenter les vieilles polémiques raciales qui n'ont plus court depuis les accords de Nouméa.
Le mouvement spontané des citoyens calédoniens de ce matin a montré par son succès que la grande majorité des calédoniens rejette la violence et à la ferme volonté de construire un avenir ensemble ».
De son côté, le syndicat USTKE (Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités) entend maintenir la pression, pour faire libérer son président, Gérard Jodar, condamné à un an de prison depuis fin juin. Les syndicalistes appellent donc à une nouvelle mobilisation le 22 août.
Une décolonisation inachevée
Depuis l'installation des premiers colons missionnaires en 1841, les relations entre kanaks et blancs sont marquées par des tensions, notamment autour de la répartition des terres, comme l'explique ce documentaire d'Antenne 2 qui date de 1988. (Voir la vidéo)
Dans les années 1980, le conflit entre les deux « légitimités » de l'île dégénère. La décennie est marquée par la violence et le terrorisme. Le paroxysme est atteint en 1988, lors de la prise d'otages d'Ouvéa.
A deux jours de l'élection présidentielle, des membres du FLNKS (Front de libération national kanak et socialiste) attaquent une gendarmerie. Quatre gendarmes sont tués, 27 séquestrés dans une grotte. Lors de l'assaut de l'armée, 19 militant kanaks sont tués, ainsi que deux militaires. (Voir vidéo)
Depuis, le spectre de la violence revient régulièrement, comme en janvier 2008, où un conflit du travail avait également dégénéré en affrontements faisant des dizaines de blessés.
Loin d'être réglée, la situation de la Nouvelle-Calédonie est fondé sur le compromis précaire des accord de Matignon signés en 1988, puis de Nouméa, en 1998. Un compromis contesté par les indépendantistes radicaux, qui connaissent un nouveau dynamisme politique.
Le Parti travailliste, fondé par l'USTKE l'année dernière, a obtenu de bons résultats aux élections locales. Le processus de décolonisation devrait aboutir sur un référendum d'autodétermination entre 2014 et 2018.
Photo : manifestation à Nouméa le 12 août 2009 (R. Ratiman/SCSI)


















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De eelisa
Délinquante au coin de la rue | 16H28 | 12/08/2009 |
Je recommande le film « Retour à Ouvéa » de Mehdi Lallaoui.
Je ne sais pas si l'on peut le trouver en dvd, mais c'est un film important pour comprendre et éviter les idées toutes faites.
De padiran
Chroniqueur mondain | 21H07 | 12/08/2009 |
Pour comprendre les convulsions successives en Nouvelle Calédonie, il faut faire un peu d'histoire.
Contrairement aux autres territoires « ultra marin », cette île est un véritable « bijou minéral »
La Nouvelle-Calédonie est au 4 ème rang des producteurs mondiaux de nickel et dispose du quart des réserves mondiales
Le nickel et ses alliages sont utilisés dans des domaines aussi divers que le nucléaire, l'agro alimentaire, les batteries électriques et tout ce qui concerne les développements technologiques du futur
Dans le cadre des accords de Matignon de 1988 et 1998, chaque « province », il y en a trois, devait avoir son site d'exploitation minière, alors que jusqu'ici seul Eramet exploite l'un des sites.
Les projets avec Falconbridge, entreprise canadienne, pour l'exploitation de la « province du nord » et le groupe canadien Inco pour la province du sud sont en retard. Seul le projet d'extension de l'usine pyrométallurgique Société Le Nickel ( SLN) de Doniambo est fini.
La SLN via Eramet est détenue, entres autres, par l'actionnaire historique, la Famille Duval avec 37,07 % et par Areva (géant du nucléaire) avec 26 %,
Ces quelques rappels n'ont pour objet que d'eclairer les évèments récurents en Nouvelle Calédonie.
De YASH F8
étudiant | 10H59 | 13/08/2009 |
Cette marche est un merveilleux symbole pour la Nouvelle-Calédonie. Cependant, je tenais à donner mon opinion et à clarifier certaines choses.
Le parti syndicaliste de l'Ustke n'a absolument rien avoir avec des recrudescences de polémique raciale. Je ne suis en aucun cas affilier à ce parti, mais des actes racistes, il y en a toujours eu en Nouvelle-Calédonie (syndicats ou pas). Le mouvement de protestation qui a donné lieu à cette marche, s'est crée face à une avalanche d'évènements. Cependant, ces évènements touchaient essentiellement la sphère économique pour ne pas dire la sphère occupé majoritairement par la communauté blanche du pays ! ! ! !
Lors des affrontements de Saint-Louis, lorsqu'il y a quelques mois un jeune homme d'origine wallisienne ce faisait tabasser à mort sur la place des cocotiers, lorsque qu'il y a deux mois un homme de race blanche abatté de sang froid un jeune kanak qu'il « présumé » vouloir le voler … Il n'y a pas eu un tel mouvement. Au contraire, certains même de ces actes ont été instrumentaliser à des fins politiques.
On peut se demander si cette marche citoyenne fut réellement représentative car, Oui, il y a eu foule. Cependant, cette foule était-elle représentative de la diversité ethnique de la Nouvelle-Calédonie ? La question est ouverte.
Je tenais seulement à souligner que le problème est bien plus compliqué et qu'il faut arrêter de ce voiler la face en croyant que cette manifestation est de toute bonne foi. Le système moteur (l'économie) de la Province sud a été ébranlé et c'est pour cela que des gens ont manifesté. je veux bien croire qu'une majorité de personne veulent améliorer le climat social, mais attachons nous à analyser les questions de fonds et non celles qui nous touchent à court terme ; Attachons-nous à comprendre les causes pour pouvoir y répondre et non pas à dénoncer sans réelle volonté de changer les choses.