
Où l'on reparle de Marwan Barghouti… Ce dirigeant du mouvement palestinien Fatah, emprisonné en Israël depuis sept ans pour « terrorisme », fait régulièrement l'objet de rumeurs de libération. Voilà qu'au lendemain de son élection au Comité central du Fatah cette semaine, un membre du gouvernement le plus à droite de l'histoire d'Israël propose de le relâcher.
Le ministre des Minorités (sic), Avishai Braverman, est certes membre du parti travailliste, l'« aîle gauche » de la coalition dirigée par Benyamin Netanyahou, et sa déclaration n'est pas nécessairement le signe d'une évolution du pouvoir actuel en Israël.
Néanmoins, ses propos rejoignent une position agitée depuis plusieurs années déjà par une partie de l'establishment israélien, qui voit en Barghouti une possible planche de salut pour sortir le conflit israélo-palestinien de l'impasse.
Libéré, Barghouti pourrait renforcer le camp des modérés
Le paradoxe est immense : voilà un homme emprisonné avec cinq condamnations à la prison à vie pour « terrorisme » sur le dos, mais qui est décrit comme un « modéré » par un membre du gouvernement israélien. Pour Avishai Braverman, selon le site Haaretz.com,
« Il nous faut évaluer la possibilité de le libérer pour favoriser l'émergence d'une direction politique palestinienne forte et modérée. (…)
Barghouti peut, visiblement, faire ce qu'il dit, et renforcer les modérés qui veulent une solution diplomatique et un accord avec l'Etat d'Israël ».
L'« option Barghouti » a repris du service après l'élection de cet homme charismatique de 50 ans au sein du Comité central du mouvement Fatah, qui tenait ces dernies jours son premier congrès depuis vingt ans.
Le renouvellement des 18 membres du Comité central par le vote des militants a permis de faire dégager plusieurs membres de la vieille garde nationaliste, et de faire monter la génération suivante, celle de l'Intifada, incarnée par des hommes aussi différents que Barghouti, ou le deux anciens chefs de la sécurité de l'époque Arafat, Jibril Rajoub et Mohamed Dahlan.
La composition actuelle du gouvernement israélien laisse peu d'espoirs
La crédibilité de Marwan Barghouti auprès des Palestiniens est liée à la fois à son passé de cadre de l'intifada, à son action en tant que fondateur des Tanzim, un groupe affilié au Fatah auquel Israël attribue plusieurs attentats meurtriers, mais aussi à sa réputation d'intégrité, une denrée rare parmi les héritiers de Yasser Arafat.
Il a aussi le mérite d'avoir tenté, en prison, une médiation entre les deux grandes familles politiques palestiniennes, celle du Fatah nationaliste et laique, et celle du Hamas islamiste.
Les atouts de Marwan Barghouti seraient considérés comme des points positifs par Israël si l'actuel gouvernement de l'Etat hébreu était réellement à la recherche d'une solution négociée avec les Palestiniens. Or la composition actuelle du cabinet -qui pourrait changer si le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, chef de file de l'extrême droite, était inculpé de corruption- et ses positions sur des questions-clé comme la colonisation, ne laissent guère d'espoir.
Il n'empêche, le simple fait que ce « recours » existe, et qu'il y ait eu une voix au sein même de ce gouvernement israélien-là pour le dire, mérite d'être signalé.
Une option déjà envisagée quand Olmert était Premier ministre
En attendant, il n'est pas inutile de remonter deux ans en arrière, lorsquel l'« option Barghouti » avait déjà été évoquée, dans un autre contexte politique, celui du gouvernement « centriste » d'Ehud Olmert, et du processus dit d'Annapolis, qui ne mena nulle part.
Voyez ce reportage de la chaîne de télévision arabe Al Jazira, provoqué par la diffusion d'une lettre du prisonnier palestinien : les termes de l'équation n'ont guère changé. (Cliquez pour voir la vidéo, en anglais).
Dans un article consacré à ce débat resté sans suites, un contributeur de Rue89 avait alors cité une déclaration de Marwan Barghouti, l'homme aux cinq condamnations à la prison à vie, à un journal israélien : « Je sais que je serai libéré, ce n'est qu'une histoire de temps. » Certains dirigeants israéliens en sont également convaincus.
Photo : le leader du Fatah Marawan Barghouti lors de son procès en 2002 (Eitan Hess-Ashkenazi/Reuters)



















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De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 18H42 | 11/08/2009 |
Ce qui est sûr, c'est qu'il faudra coté palestinien, un homme qui dispose de la confiance des Palestiniens.
Et cela semble bien être le cas de « Nelson » Barghouti : -))
Allez, on demande la libération de Bargouti, de Salah Hamouri et de Guilad Shalit !
Ça ira !
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 19H09 | 11/08/2009 |
Dès la capture de Barghouti, certaines voix avaient fait remarquer que ce n'était peut-être pas très futé de le capturer et de le condamner, quels que soient les reproches qu'Israël pouvait avoir contre lui. Ce n'était pas parce qu'on pouvait le faire que c'était intelligent de le faire. Après tout, si on devait disqualifier tous les anciens terroristes dans l'histoire d'Israël et de la Palestine, il ne resterait plus grand monde !
La question que je me pose, c'est évidemment (comme d'habitude, serais-je tenté de dire ! ), c'est si les Israéliens ne réagissent pas un peu tard (et encore, on n'en est qu'au début ! ) en envisageant la libération de Barghouti. Certes Barghouti est écouté et respecté aussi bien par le Fatah que le Hamas, certes il a (contrairement à un Dahlan, dont on ne parle d'ailleurs plus guère) une épine dorsale politique, mais en 7 ans beaucoup de choses ont changé en Palestine.
Concombre signalait, il y a quelques jours, un éditorial de Haaretz se réjouissant qu'Israël ait à présent un partenaire pour la paix, selon la formule israélienne consacrée. Je me demande si c'est si vrai que ça et s'il n'est pas tout simplement trop tard pour se décider à donner quelque chose de consistant au Fatah. Et puis, du côté israélien toujours, il ne faudrait tout de même pas se faire d'illusions : si le Fatah peut négocier quelque chose, il ne pourra le faire qu'avec l'assentiment du Hamas. (Sans compter que rien n'indique qu'Israël soit prêt à lâcher du consistant ! )
De caro
délinquante avérée | 19H13 | 11/08/2009 |
malgré son emprisonnement et les conditions très dures, certainement, de son incarcération, Marwan Barghouti a toujours oeuvré pour la paix entre israéliens et palestiniens, entre fatah et hamas.
Il avait écrit une lettre à Shalom Archav pour les 30 ans de son existence
http://www.shalomarchav.be/article.php3 ? id_article=1526
dans laquelle il pose les bases d'un accord qui serait soumis à référendum.
Il serait paradoxal qu'un gouvernement à majorité d'extrême droite libère Marwan Barghouti, mais il est tellement empêtré dans « les affaires », que s'il veut redorer son blason … pourquoi pas ? Je ne crois pas qu'il faille analyser le gouvernement israélien avec notre esprit occidental, alors … je croise les doigts.
De toots
void | 19H19 | 11/08/2009 |
Personellement j'ai surtout le sentiment que Israel voudrait décider des personnes devant diriger les Palestiniens.
Quelque soit les idées politiques, l'accession à une vrai souveraineté pour le peuple Palestinien passe avant tout par le libre choix de ses gouvernants.
Ils ont tenté deja le coup à plusieurs reprises et cela n'a eu comme effet que de discréditer le Fatah, en particulier avec beaucoup de corruption.
Lorsque les Palestiniens ont souhaité changer de dirigeants, la réponse immédiate d'Israel et de la communauté internationale en général a été de ne pas l'accepter.
On ne peux pas prétendre qu'Israel est un état démocratique, ce qui est vrai, et en même temps vouloir décider de qui doit diriger le peuple Palestinien.
Ceci sans aucune considération politique, il s'agit juste d'une position de principe.
De Tarawa
nc | 07H53 | 12/08/2009 |
Une prise de position bien plus significative que celle de Braverman en faveur de la liberation de Marwan Barghouti est celle du ministre de l'Industrie Binyamin (« Fouad ») Ben Eliezer, un militaire, ancient chef du Parti travailliste, « poids lourd » du gouvernement et un proche d'Ehud Barak :
http://www.haaretz.com/hasen/spages/907190.html
Au Likoud, on n'a pas encore intégré l'avantage pour Israël de faire de Barghouti son partenaire à la négociation mais ça viendra ; Netanyahou est un pragmatique. Pour ce faire, il devra au préalable virer de sa coalition les partis Shas et Israel Beitenou et accepter un partenariat avec Kadima (avec le principe de la rotation au poste de Premier ministre qu'exige Tzipi Livni).
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 08H18 | 12/08/2009 |
Netanyahou pragmatique, il me semble que c'est pour le moment (au mieux) une pétition de principe. Son précédent passage au poste de premier ministre n'offre aucune indication allant dans ce sens et, pour ce qui concerne les relations avec les Palestiniens, on ne voit pour le moment rien qui indique qu'il se soit « pragmatisé ».
Pour paraphraser votre conclusion, on pourrait aller jusqu'à soutenir que le Likoud, pas plus qu'Israël du reste, n'a intégré l'avantage qu'il y aurait à prendre les Palestiniens et leurs représentants comme ils sont. (Ce à quoi Arafat puis Abbas se sont, de leur côté et bon gré mal gré, résolus,…)
De nestor38
inséré ? | 08H52 | 12/08/2009 |
Je rejoins d'autres avis exprimés ici, même si la libération de Barghouti serait une bonne nouvelle (chaque fois que je l'ai entendu parlé, il m'a semblé être quelqu'un d'intelligent et subtil) mais on ne pourra pas dire qu'il y a un progrès tant qu'Israël décidera avec qui ils doivent discuter, tant qu'Israël sera dans cette logique de contrainte et de domination.
Arafat, Abbas et autres ne choisissent pas les leaders israéliens avec qui négocier. Israêl doit négocier avec les représentants au pouvoir en Palestine. Qu'ils soient du Fatah, du Hamas, du Fplp, etc.
Tout cela ressemble plutôt à de l'agitation médiatique, je ne pense pas non plus que le pouvoir israélien ait une quelconque envie de faire la paix, de céder sur quoi que ce soit… alors autant parler de cette libération pour calmer la nouvelle administration américaine… S'ils veulent donner des gages de bonne volonté, qu'ils démantèlent les colonies pour commencer.