L'émergence de la Chine comme nouvelle puissance économique dans le monde entraîne des bouleversements en Afrique. Jadis contrôlée économiquement et politiquement par l'Occident, de nombreux pays africains nouent aujourd'hui des partenariats économiques avec les puissances émergentes.
La France, qui a longtemps fait de ce continent, essentiellement dans son ancien domaine colonial, une sorte de pré-carré, se trouve en concurrence évidente avec des nouveaux venus. Le contrôle économique du continent noir et l'exploitation de ses ressources naturelles sont devenus un enjeu mettant en opposition les intérêts de grandes puissances.
En accédant à la présidence des Etats-Unis, Barack Obama a annoncé clairement son souhait de faire du continent africain une priorité de sa politique étrangère. La visite en cours de sa Secrétaire d'Etat sur le continent s'inscrit dans l'ordre de cette priorité.
Au moment où de plus en plus de voix s'élèvent pour poser le problème du développement de ce continent et de sa gouvernance, il nous parait important d'analyser les différentes stratégies entreprises par ces puissances conquérantes afin d'en dégager les convergences avec les besoins propres à l'Afrique.
Des stratégies de coopération
Il n'est point besoin de revenir sur le mode opératoire de la France en Afrique. A titre de rappel, on peut souligner que la stratégie française en Afrique s'appuie sur l'aide au développement, la connivence avec les régimes en place et une exploitation incommodante des richesses naturelles.
Quant à la Chine, elle fonde sa stratégie sur deux niveaux : le financement à des conditions intéressantes des gouvernements en place dans les pays où elle s'installe, obtenant en contrepartie la direction des projets d'infrastructures, ou la concession d'exploitation des ressources naturelles à travers ses firmes. Elle affiche le plus souvent une sorte de neutralité sur la gestion interne des Etats par les dirigeants africains.
La stratégie de la nouvelle administration américaine est, quant à elle, en construction. Elle a été énoncée par le président Obama à Accra. La proposition américaine met l'accent sur deux piliers : la démocratisation des Etats africains et leur bonne gouvernance d'une part ; le renforcement des échanges économiques dans le cadre d'un partenariat responsable et respectueux de l'autre.
Bien que leurs stratégies soient différentes, on peut considérer que les puissances opérant en Afrique sont mues par des intérêts économiques propres. Leur participation au développement de ce continent relève du simple discours officiel, d'une simple stratégie d'implantation ou de coopération. C'est une participation incidente et non volontariste.
Il convient donc à l'Afrique d'approuver, du moins sur le plan théorique, la stratégie la plus en phase avec ses propres besoins vitaux, avec son progrès.
L'Afrique face au paternalisme français
Il serait naïf d'aborder cette question sans suggérer de distinguer les intérêts des dirigeants en place en Afrique avec ceux du peuple.
Les premiers ont des intérêts liés à la préservation de leur pouvoir, le développement économique des Nations qu'ils dirigent ne constituant pas, a proprement parler, une priorité.
En revanche, leurs peuples, longtemps opprimés, aspirent tout naturellement à plus de droits, de liberté, de transparence dans la gestion des Etats. Ils aspirent à la démocratie.
L'Afrique veut sortir du joug de la Françafrique et nous avons déjà fait la démonstration de l'inopérabilité, de l'inadéquation de cette Françafrique avec l'instauration de systèmes de gouvernement démocratiques en Afrique.
La question est donc de savoir si la France peut faire converger ses intérêts avec cette sortie et définir les contours d'une nouvelle relation intégrant l'aspiration des africains à la démocratie et à la bonne gouvernance.
Pour l'heure, nous considérons que les mécanismes de coopération offerts par la France sont totalement inadaptés à la demande de l'Afrique. Les africains sont fondés de refuser d'en partager et la philosophie, et la pratique.
Le pragmatisme chinois
Quant à la Chine, elle semble bénéficier d'un accueil favorable en Afrique, notamment auprès des dirigeants africains. L'Afrique a grand besoin des capitaux chinois, de ses investissements mais aussi de son offre de produits « bon marché ».
Seulement, si l'on considère que la transparence, la bonne gouvernance et la démocratie sont pour l'Afrique des facteurs clés du développement, en se faisant le partenaire de systèmes de gouvernement corrompus et non transparents, la démarche chinoise heurte la sensibilité de l'opinion publique africaine, très attachée de nos jours à l'émergence de systèmes de gouvernements responsables, transparents, respectueux des droits et libertés des citoyens.
Dans les Etats d'Afrique comme le Ghana, le Liberia, l'Afrique du Sud, où l'expérience démocratique tend à s'enraciner, le partenariat chinois est intéressant. Par contre il l'est moins, pour l'intérêt des populations, dans les nombreux Etats où règnent encore des régimes autocratiques corrompus.
Le volontarisme américain
La nouvelle doctrine du « partenariat responsable » énoncée par les autorités américaines semble aller dans le sens d'une implication transcendant la simple exploitation des ressources naturelles, le simple financement ou la seule exécution des projets d'infrastructures.
En déclarant que « le développement dépend de la bonne gouvernance… En ce XXIe siècle, des institutions capables, fiables et transparentes sont la clé du succès », le président américain avait annoncé la couleur de ce que les régimes de gouvernement devaient évoluer vers plus de transparence et de démocratie en Afrique.
Cette incursion du discours américain sur le terrain des politiques intérieures des Etats africains est à notre avis l'apport majeur qui distingue la démarche américaine de celles des autres acteurs. D'ailleurs elle ne serait pas sans lien avec le soutien que recueille l'Amérique auprès des peuples d'Afrique, au regard des sondages les plus récents publiés sur le sujet.
Conformes à leur pragmatisme économique habituel, les Etats-Unis soulignent donc la nécessité d'un échange « gagnant-gagnant » avec leurs partenaires africains dans un « new deal » en construction, appuyé sur une exigence de bonne gouvernance des Etats
C'est, à notre avis, la seule offre de partenariat crédible et globale à ce jour.
Cette démarche ne manque pas d'intérêt. Elle constitue une différence notable entre les différents acteurs en œuvre sur le continent africain.
Elle est d'autant plus importante que seul un environnement démocratisé peut offrir le cadre d'un partenariat sérieux et responsable.
En attendant de passer du discours à la réalité.





















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De Yvon le Zébulon
L'homme d'esprit n'est jamais seul ... | 12H18 | 10/08/2009 |
Il est certain que la France a perdu pied en Afrique, et que sa crédibilité est désormais mise à rude épreuve.
- L'arrivée de la Chine sur le terrain de la coopération avec le continent Africain, semble se présenter sous les meilleurs auspices. La conscience politique des Chinois est à comparer à celle de la France sur le terrain.
* La France a toujours maintenu au pouvoir (au besoin par la force de sa propre armée) des dictateurs ou des potentats locaux qui confondaient leur compte en banque perso avec celui du Pays. Financièrement, sur les minerais ou sur l'exploitation forestière ou pétrolière, la France prenait pratiquement tout !
* La Chine s'y prend autrement, en associant une avancée technologique apportée aux citoyens (sous forme d'infrastructures) - adduction d'eau, électricité, téléphonie, routes, égouts, cablages ou canalisations diverses, puits - …
…en échange des ressources naturelles du pays convoité.
En gros :
- La France échangeait les richesses du pays contre du fric aux dictateurs véreux.
- La Chine troque l'exploitation des mêmes richesses contre un plus de confort aux peuples.
¤ Il me semble que cela fait une sacrée différence !
SURTOUT QU'EN PRIME : La Chine s'interdit toute ingérance politique dans le pays.
à Yvon le Zébulon
De realchange
(auteur)
Indépendant | 12H30 | 10/08/2009 |
Bonjour à vous,
Votre dernière phrase me gêne : « SURTOUT QU'EN PRIME : La Chine s'interdit toute ingérance politique dans le pays. »
En effet, en s'interdisant toute ingérence politique dans les Etats, la Chine semble apporter une caution économique et politique à des dirigeants et à des systèmes inefficaces.
En même temps je conçois que cela ne relève pas de préoccupations chinoises. Et c'est là tout le problème pour faire sauter les verrous de la dictature ou de la non-transparence.
Je ne peux vous cacher que cela me pose problème.
Bonne lecture.
Realchange
à Yvon le Zébulon
De inuit
grand nord | 16H44 | 10/08/2009 |
Je vous trouve bien peu sévère avec la méthode chinoise.
Le plus de confort apporté est bien sûr de la poudre aux yeux… c'est un laissé passer… leur méthode consiste à assécher, préssuriser les richesses et la polpulation pour leur propre consommation et enrichissementl et repartir quand il n'y aura plus rien à prendre… et laisser mourir les africains.
Comme les européens mais avec moins de scrupules, d'hypocrisie et à plus grande échelle. L'absence de critique de leur population ou de leurs législations ne les oblige pas à la retenue ou à se cacher.
Et ça fait déjà quelques années que ça dure, ce n'est pas nouveau, comme semble l'indiquer l'article.
à Yvon le Zébulon
De kazhkoad
- | 18H54 | 10/08/2009 |
« L'arrivée de la Chine sur le terrain de la coopération avec le continent Africain »
« La Chine troque l'exploitation des mêmes richesses contre un plus de confort aux peuples. »
c'est pas franchement l'idée que j'en ai !
les asiatiques (Chinois mais aussi Malais) n'utilisent pas la main d'oeuvre locale et jouent de la corruption à un niveau bien supérieur que les Européens (pour les PME)
Les exploitants forestiers Européens ont apporté aux citoyens des infrastructures comme vous dites que les Chinois font… (et ce n'est pas toujours forcément un bon signe car c'est parfois autant d'impôts payés en moins)
Demandez aux Africains si ils préfèrent les Chinois ou les Européens…
à kazhkoad
De Yvon le Zébulon
L'homme d'esprit n'est jamais seul ... | 06H53 | 11/08/2009 |
« Demandez aux Africains s'ils préfèrent les Chinois ou les Européens. »
° C'est précisément ce que j'ai fait, mais malheureusement avec mes propres amis africains qui sont sur le territoire Français depuis assez longtemps.
- Auront-ils alors perdu contact trop longtemps avec leurs pays, ou sont-ils mal informés par leurs familles restées là bas ? …
(ne lire que la Presse Française n'est pas une garanti d'info)
…toujours est-il qu'ils disent en avoir plus que marre de la présence Française qui selon eux, maintient de force certains de leurs dictateurs au pouvoir, au détriment des peuples.
- Ils n'ont pas tant de hargne lorsqu'ils parlent des chinois.
à Yvon le Zébulon
De inuit
grand nord | 10H49 | 11/08/2009 |
C'est vrai, ils en sont à l'écoeurement de voir la france donner des leçons de démocratie et faire le contraire sur place en semant la misère et la corruption grande échelle. En un mot, ils disent aux français : dégagez !
Pour les chinois, ils n'ont pas encore vu les conséquences à long terme… ça permet de voir partir les occidentaux, c'est déjà ça.
à inuit
De Yvon le Zébulon
L'homme d'esprit n'est jamais seul ... | 11H38 | 11/08/2009 |
Les Chinois ne sont pas les seuls à convoiter les territoires d'Afrique…si riches par leur sous sol, leur démographie (jeune) et l'immensité des espaces encore exploitables à leurs yeux.
¤ Les USA avancent leurs pions…et les Russes semblent interrogatifs !
à Yvon le Zébulon
De kazhkoad
- | 11H53 | 11/08/2009 |
Essayer de reposer la question à ceux qui vivent en Afrique (et pas seulement les « élites ») notamment les gens qui vivent à proximité d'entreprises asiatiques qui font venir d'Asie tous les employés…
Ce « marre de la présence française » n'est pas ressenti dans les zones rurales !
à kazhkoad
De inuit
grand nord | 15H19 | 12/08/2009 |
si, dans les zones rurales ET urbaines où il y a autant de misère
à Yvon le Zébulon
De realchange
(auteur)
Indépendant | 13H05 | 11/08/2009 |
Salut,
Tu peux bien nous aider à parler des chinois de façon plus véhémente. Notre but n'est pas de protéger un pays, ou un système.
Notre but est de parler de cette Afrique que nous aimons autant toi, autant que ceux qui y vivent et qui, malheureusement, sont victimes de dictatures, de famine, d'oppression, de pauvreté…
Dommage, pour notre belle Afrique !
Realchange
à realchange
De Yvon le Zébulon
L'homme d'esprit n'est jamais seul ... | 18H13 | 11/08/2009 |
Ton message est inspiré par de bons sentiments…
Mais n'oublie tout de même pas qu'il ne s'agit pas de « Ton Afrique ».
Cette notion de propriété qui aura tout de même fait que la plupart de ces pays d'Afrique (les peuples eux même) nous ont fichu à la porte de chez eux à coups de pieds au cul !
- Tu ne t'en souviens pas ?
…parce que tu continues à dire « notre Afrique » comme si elle n'appartenait à personne d'autre qu'à ceux qui l'avait colonisée.
De David from normandy
j'ai encore un taf. youpi | 13H38 | 10/08/2009 |
Je pense que la France, vis à vis de l'Afrique, est incapable de sortir d'une logique de prédation économique. Ce comportement fait partie intégrante de notre civilisation triomphante.
Mais cette civilisation étant désormais mondiale, les américains et même les chinois en font partie aussi. Alors leur approche est-elle vraiment différente de celle des français, ou est-ce que c'est juste la même chose avec un habillage tout neuf ?
Comme dit l'auteur, « En attendant de passer du discours à la réalité. »
à David from normandy
De realchange
(auteur)
Indépendant | 14H53 | 10/08/2009 |
Effectivement le discours américain ne peut être suffisant pour apprécier les changements qu'ils voudraient apporter aux problèmes africains. Je note seulement que l'approche est différente et assez pragmatique. On ne peut être sérieux avec un partenaire qui ne l'est pas.
Plus personne n'a intérêt à entretenir la cacophonie qui existe actuellement dans les relations entre les puissances économiques et les pays pauvres.
Nos opinions publiques respectives montrent aujourd'hui des signes de préoccupation quant à l'exploitation de la misère dans les pays du sud. C'est un facteur déterminant pour l'optimisme que j'affiche face au discours de l'administration américaine.
En attendant de passer du discours à la réalité.
Realchange.
De Joson
Savoyard des plaines | 15H43 | 10/08/2009 |
J'ai eu l'occasion de constater les différences de perception de la France, des U.S.A et de la Chine par des Camerounais et des Maliens ; c'était au cours d'une mission de réhabilitation d'un laboratoire « de brousse ».
Très schématiquement et vu par des amis locaux, ce qui ressortait de la micro-coopération entre les locaux et les étrangers était que :
- « Les chinois » sont très efficaces mais ne partagent pas leur savoir faire (construction de batiment notamment à Bamako, Mali).
- « Les américains » arrivent avec du super matériel de laboratoire, très high tech, pour une étude limitée dans le temps, interressée pour eux et lorsqu'ils repartent ils ne laissent rien sur place en ayant eu le moins de contact possible avec la population (sud Cameroun).
- « Les français » sont bien gentils (ONG) sont souvent des faux-blancs (pas d'argent) aident bien, forment bien, laissent peu de matériel et aimeraient qu'on se débrouille tout seul, qu'on devienne autonomes (facile à dire vu de France).
C'est le petit bout de la lorgnette, c'est caricatural mais je le reporte tel que je l'ai entendu, de plusieurs personnes impliquées ou pas dans nos projets…
à Joson
De realchange
(auteur)
Indépendant | 16H30 | 10/08/2009 |
Ce sont là des réalités de terrain. Elles traduisent bien les insuffisances de cette coopération longtemps entreprise en Afrique. Elle a laissé des séquelles.
Je parle au passé par optimisme au présent. Car ce sont là des perceptions à changer par de nouvelles actions.
Aucune entreprise sérieuse ne voudrait laisser ou donner une telle image d'elle même.
En tant que français, c'est là une source de méditation sur les différentes approches possibles en Afrique. J'espère que chacun travaillera à s'améliorer.
Merci encore
Realchange
De Chamaco
Dans l'ombre | 15H56 | 10/08/2009 |
Les Etats-Unis seraient donc les sauveurs… Tout cela serait crédible si l'on n'avait aucune mémoire : « les états-unis n'ont pas d'amis, seulement des intérêts ».
La démocratie apportée par les Etats-Unis ? C'est le faux-nez véhiculé depuis deux décennies.
Cela empruntera-t-il la stratégie utilisée en Asie du Sud-Est, celle appliquée en Amérique Latine avec les dictatures, ou la guerre mensongère et « humaniste » d'Irak ? Toutes ces « tentatives » ont échoué.
Apporter la démocratie à condition que celle-ci soit sous la poigne et les dollars des Etats-Unis, avec les marionnettes aux ordres de Washington.
Le chemin est abrupt si l'on en juge ne serait-ce que par la difficulté rencontrée par Washington pour implanter son Centre Africom…
Quant aux Chinois, s'ils sont bien accueillis par les gouvernements, il n'en est pas de même avec les peuples. Pour s'en convaincre il suffit de relire ce qui s'est passé en Algérie la semaine dernière.
à Chamaco
De realchange
(auteur)
Indépendant | 16H50 | 10/08/2009 |
« Les Etats n'ont pas d'amis, seulement des intérêts. » C'est vrai. Ce qui ne veut pas dire qu'on ne peut travailler sur des convergences entre ces intérêts.
Pour ce qui concerne la Chine, j'ai bien dit que certains aspects de sa stratégie en Afrique posaient problème. Je ne voudrais pas d'une Chine caution économique ou politique des dictateurs africains.
En même temps, il faut éviter d'instrumentaliser ou de mener une campagne critique de l'action chinoise en Afrique pour donner bonne conscience à la France.
Les problèmes sont multiples, les enjeux évidents, les marges de manoeuvres étroites pour toutes les parties.
Sans tomber dans l'angélisme ou dans l'utopie, je pense qu'on peut parvenir à une interconnexion de tous les intérêts en présence. Cela demande de l'engagement, de la volonté, de la clairvoyance. Et c'est pas ce que l'humain a de moins à partager.
Votre remarque contribue beaucoup à notre réflexion et je vous en remercie.
Bien à vous.
Realchange
à realchange
De inuit
grand nord | 17H01 | 10/08/2009 |
j'ai en mémoire l'exemple d'un état africain (je ne sais plus lequel) ayant céder l'exploitation de ses fonds marins à une société chinoise qui exploite et vide de ses poissons les côtes avec d'immenses bateaux (contre promesse d'embauches de locaux non tenue, la quasi totalité des employés sont chinois).
Les villages côtiers sont donc privés de poissons, leurs ressources alimentaires et commerciales principales. On devine bien sûr la corruption en arrière plan.
Un exemple que quelqu'un pourra peut-être confirmer et développer.
à inuit
De realchange
(auteur)
Indépendant | 17H20 | 10/08/2009 |
Déjà entendu parler de cet exemple et il y en bien d'autres encore. Cela relève bien plus de l'irresponsabilité des dirigeants africains.
Un cadre étatique normal ne devrait pas laisser de place à de telles pratiques.
Malheureusement il n'y a pas encore cet espace de contrôle des opérateurs sur le terrain. Ceux-ci agissent parfois en joint-venture avec les généraux et autres notables locaux. Imaginez alors l'impunité dont ils bénéficient. Voilà sûrement un autre aspect de la complexité du problème.
Mais je persiste à croire que la non-démocratie est bien le terreau de ces pratiques et qu'il faut oeuvrer pour l'émergence de systèmes de gouvernement transparents en Afrique.
Merci pour la lecture
Realchange
à realchange
De Un compte supprime
nc | 07H39 | 11/08/2009 |
De toute facon, il n'y a aura bientot plus de poissons nulle part.
Et je persiste moi a croire que l'emmergence de l'integrisme religieux et politique (Kadafe) en Afrique et dans le monde a coincide curieusement et de facon tres opportune, vers la fin des annees 80, avec la prise de conscience reelle des populations europeenne, alors encore +/- democratiquement informee et dirigee, du probleme africain et des solutions urgentes qu'il fallait alors proposer.
Quand on veut tuer son chien, on lui inocule la rage…
à inuit
De Alfary
Ronchon | 20H09 | 10/08/2009 |
En fait, deux pays, la Mauritanie et le Sénégal, relèvent de votre « exemple » pour leur ressources halieutiques, à ma connaissance.
Dans les deux cas, il s'agit plutôt d'une concession des droits de pêche à des navires européens (espagnoles, français) et ukrainiens et russes. Chine, pas concernée.
à inuit
De zorbek
06H25 | 11/08/2009 |
Je ne sais pas si les Européens sous traitent la pèche côtière en Afrique de l'Ouest aux Chinois, mais ce qui est certain, c'est qu'un accord scandaleux sur la pêche en Afrique de l'ouest a été promu par l'Europe (France, Espagne) : alors que le poisson est la source de protéine nr 1 pour toutes les populations côtières, pour quelques millions d'euros saupoudrés à des plénipotentiaires africains, le pillage des ressources piscicoles est désormais inscrit dans un accord commercial.
C'est à peu près ce que l'on pouvait faire de pire, et l'Europe y est parvenue. Je n'exclus pas que les Chinois aient pu signer de tels accords, mais avant de les critiquer nous pourrions balayer devant nos portes…
à zorbek
De Un compte supprime
nc | 07H32 | 11/08/2009 |
Vive l'europe ! ! ! (hymne a la joie en musique de fond). Il se trouve que les populations europeennes surgavees de proteines se balancent completement de savoir si les africains bouffent ou pas a leur faim et se fassent rouler dans la farine par nos amis dictateurs. Non, ce qui les interesse, c'est que, manquant ou non de proetines, il n'y en ait pas plus en europe que le nombre suffisant pour trimbaler nos ordures. Vogue la galere.
à zorbek
De inuit
grand nord | 10H42 | 11/08/2009 |
nulle envie de ne pas balayer devant notre porte… les occidentaux ont créé ce phénomène, mis en place les conditions, le font perdurer, donnent l'exemple, ouvrent les brèches dans lesquelles s'engoufrent à leur tour d'autres pays
Il faut raisonner mondial et ne pas se cantonner à notre porte il me semble… sinon, on ne dénonce pas grand chose.
Maintenant, c'est sûr, si notre gouvernement s'en plaignait, on pourrait lui répondre cela.
De mauser
16H11 | 10/08/2009 |
Rassurez vous les hommes étant ce qu'ils sont les chinois ne tarderont pas à soutenir le dictateur en place tant que le pétrole coulerat
à mauser
De realchange
(auteur)
Indépendant | 17H02 | 10/08/2009 |
Le soutien aux dictateurs n'étanche pas la soif de liberté. Et je pense que cette soif est au africains ce qu'elle était aux français en 1789.
Je n'ose pas imaginer à quel prix cela se fera en Afrique. Je partage avec vous un simple optimisme fondé sur mon observation de cette société.
Je pense que la liberté ne demeurera l'otage du pétrole en Afrique. Pas plus que le pétrole n'empêchera la convergence des intérêts.
Attendons de voir !
Merci
Realchange.
à mauser
De zorbek
06H48 | 11/08/2009 |
Comme le dit explicitement l'article, les Chinois évitent généralement un soutien actif et direct aux régimes en place. Nous, on a une présence militaire sur place, un savoir faire inégalé dans la vente d'armes à travers un réseau d'influence qui remonte à de Gaulle (jusqu'au fils Mitterand qui s'est illustré en vendant des armes en Angola, pays ravagé par une guerre civile épouvantable) et en cas de doutes sur le vainqueur potentiel dans une guerre fratricide, il nous est arrivé d'armer les deux camps opposés (par ex Congo Brazzaville via Elf). Une stratégie « gagnant-gagnant » en quelque sorte. Je doute que ce soit la bonne à long terme.
J'ai trouvé cet article très intéressant par son coté pragmatique, qui change un peu du discours traditionnel qui voit la misère africaine comme conséquence du libéralisme (sous entendu anglosaxon, cad une façon à peine voilée d'occulter nos propres aspirations hégémoniques), en ignorant complètement tout le reste (comme le franc CFA et ce qu'il implique, par exemple).
à zorbek
De Un compte supprime
nc | 06H53 | 11/08/2009 |
Grace a toi, je suis fier d'etre Francais ! Allonzenfant… on va pas se laisser bouffer par les chinois et les ricains nom de nom.
De Alfary
Ronchon | 17H21 | 10/08/2009 |
Bonjour,
Le titre (l'Afrique, passive, terrain de jeu des trois pays) ne reflète pas le contenu (l'Afrique bénéficaire de la compétition). Tant mieux. Sujet compliqué, en tous cas.
La Chine et les USA n'ont aucun intérêt à un conflit frontal. Pékin a besoin du marché américain et européen pour soutenir sa croissance, qui lui permet d'investir dans ses moyens militaires (on estime que 15% seulement est à niveau).
Au plus, les capacités de projections chinoises sont limitées à son proche voisinage. Elle développe des capacités balistiques, bien sûr, mais la doctrine (cf le livre blanc) insiste sur des capacités défensives et une indépendance technologique. A l'horizon 2016, en retenant l'hypothèse haute (32% des dépenses militaires mondiales, Asie 1ère zone), leur budget « officiel » de défense restera modeste relativement aux USA.
Si vous prenez les tableaux d'investissements chinois en Afrique, vous vous apercevez, schématiquement :
- sur les ressources énergétiques (pétrole, gaz, uranium), les trois pays sont en compétition, la Russie en lisière.
- sur les minerais (fer, bauxite, aluminium) la Chine est au coude-à-coude avec un autre acteur, l'Inde (ArcelorMittal). France et USA sont quasi absents (mondialement et délocalisation l'explique facilement).
L'essentiel des matières premières stratégiques étant là, on ne parlera pas des bois précieux, l'or etc. Ceci pour envisager l'énorme marge d'action disponible pour les pays africains.
A titre de complément. Les ventes d'armes, les grands travaux d'infrastructure et l'industrie pétrolière sont les principales sources de corruption dans le monde, d'après l'OCDE et Transparency International. Si la Chine est très active sur les Infrastructures, je vous laisse faire les rapprochements et les conclusions pour la vente d'armes et les produits pétroliers. Au reste, des travaux conjoints Sipri-Oxfam, tendent à montrer que 20-25% environ de la dette des pays pauvres ressort de leurs achats de systèmes d'armement. En regardant les chiffres 2008 sur les ventes d'armes, il n'est pas certain que l'Afrique tire le meilleur parti de ses ressources naturelles. De surcroit, en regardant les tableaux croisés budget de défense-budget éducation-budget santé, on s'aperçoit que le premier absorbe des ressources disproportionnées, dans les pays d'Afrique.
L'absence d'une politique de défense (cas général en Afrique) et de bonne gouvernance se traduit directement par de la gabegie, du népotisme et de la corruption. Ce point est intéressant et valide l'approche d'Obama, qui insiste sur la stabilité démocratique. Les États-unis ont une conception globale de la sécurité, prennent en considération l'environnement social et politique de leurs partenaires.
La Chine, fidèle à un principe qui date de Mao (non-ingérence), procède différemment. Ce qui fait, vous avez raison de le souligner, l'affaire des dirigeants.
à Alfary
De realchange
(auteur)
Indépendant | 20H10 | 10/08/2009 |
Bonjour,
D'emblée je ne peux vous cacher mon accord sur de nombreux points évoqués dans votre commentaire : l'interdépendance économique entre Pékin et les autres puissances économiques (France et USA notamment), les ambitions militaires de la Chine…
Je n'ai pas très bien compris la phrase suivante : « L'essentiel des matières premières stratégiques étant là, on ne parlera pas des bois précieux, l'or etc. Ceci pour envisager l'énorme marge d'action disponible pour les pays africains ».
S'agit-il là de miettes réservées à la souveraineté nationale, de richesses subsidiaires à concéder aux prétendants, ou d'un ensemble de richesses ouvrant droit à une marge de négociation économique et stratégique importante pour les pays africains ?
Quant à la corruption, je considère qu'elle profite bien du terreau du désordre institutionnel, de la fragilité des Etats, des liens opaques que les dirigeants africains entretiennent avec des intermédiaires douteux pour se livrer de façon souveraine à divers types d'opération…Les schémas, les montages, les zones de domiciliation internationales…tout cela est bien connu.
Effectivement la démarche chinoise fait abstraction de cette dimension dans sa stratégie de coopération avec les dirigeants africains. Cette limite constitue le contre-pied de la stratégie américaine.
Enfin les problèmes liés aux armements ou aux armées ne sont pas détachables de ce contexte de désordre institutionnel, d'omnipotence des souverains dictateurs qui, lorsqu'ils ne sont pas instrumentalisés pour faire la guerre à une rébellion avec les conseils d'assistants techniques douteux, souvent dans des régions riches en ressources naturelles, utilisent le budget de l'armée aux fins de préservation du pouvoir.
Bref, malgré les bonnes intentions d'Obama, on peut affirmer que la messe n'est pas encore dite.
Comme vous le voyez, je reste optimiste et réaliste.