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255 blessés lors d'une émeute dans une prison : Chino récidive

Une émeute a éclaté samedi soir dans la prison de Chino, en Californie, faisant 255 blessés. L'insurrection, qui pourrait avoir des origines raciales, n'est pas la première du genre dans les centres de détention surpeuplés de Californie.

Les gardiens de la California Institution for Men (CIM), une prison pour hommes non loin de Los Angeles, ont eu affaire à une violente émeute de détenus qui a duré près de 12 heures, dans la nuit de samedi à dimanche. Tout est rentré dans l'ordre vers 7 heures du matin, heure locale. (Voir la vidéo)


L'agitation a débuté dans un secteur de « Sécurité Moyenne », qui compte environ 1300 détenus. Ils y étaient hébergés dans des dortoirs de 200 places, sans véritable périmètre de sécurité. Au total, 255 prisonniers ont été blessés dont 55 ont du être transférés à l'hôpital.

Si une enquête est en cours pour déterminer les raisons de l'émeute, le lieutenant Mark Hargrove, porte-parole de la prison, a estimé fort probable que des tensions entre prisonniers noirs et hispaniques en soient à l'origine. La prison de Chino a en effet la particularité aux Etats-Unis de ne pas pratiquer de ségrégation raciale.

Une insécurité permanente

Dans la prison de Chino, la question de la sécurité se pose depuis longtemps déjà. En août 1996, le journal canadien « The Press-Enterprise » indiquait que les enseignants prenant en charge les mineurs de la prison pour enfants ne se sentaient pas en sûreté. Après le meurtre d'un avocat, ils estimaient dangereux de devoir accompagner les jeunes détenus en-dehors des salles de cours.

A la prisons pour hommes, où ont eu lieu les émeutes de ce week-end, un employé juridique est poignardé en mars 2005. Là encore, des failles dans la sécurité interne sont évoquées. Le détenu suspecté du meurtre aurait dû, comme bien d'autres, être placé sous haute surveillance. En outre, les protocoles de sécurité auraient été inconnus des surveillants présents, qui ne les auraient donc pas appliqués. Des armes auraient de ce fait été accessibles aux détenus.

A la CIM et à son équivalent féminin (California Institution for Women), des projets d'unités spéciales pour les détenus souffrant de déficiences mentales ont été présentés par l'Etat de Californie en 2005 et 2007. L'administration locale s'y est opposée.

Tensions raciales et émeutes à répétition

Un scénario analogue à celui de samedi s'était produit le 23 février 2000 dans la prison de Pelican Bay, connue pour abriter les plus dangereux détenus de l'Etat de Californie. Les détenus hispaniques y ont lancé une attaque contre les Noirs. C'est finalement l'usage de flash-balls qui a permis de disperser les émeutiers, après une demi-heure de lutte. (Voir la vidéo, en anglais)

Le 22 septembre 2005, une émeute à la CIM implique 200 détenus pendant « un chaos organisé » de 4 heures, aux dires d'un surveillant. Le lendemain, le lieutenant Tim Shirlock fait part de ses réflexions à la presse :

« On ne sait pas encore très bien ce qui a causé l'incident. On sait que c'était un affrontement racial entre Noirs et Hispaniques, mais notre équipe d'investigation en recherche toujours les causes directes. »

Beaucoup plus importants sont les troubles de fin décembre 2006, au cours desquels 800 détenus sont impliqués. Là aussi, le combat a débuté entre un Noir et un Hispanique. Pour autant, le motif racial n'est pas le seul retenu : la surpopulation et les tensions entre gangs y ont sans doute participé. (Voir la vidéo, en anglais)

Une nouvelle émeute a lieu le 4 avril 2008 au matin, toujours à la CIM de Chino. Cette fois, ce sont des Hispaniques et des Blancs qui y prennent part. Les interrogations suscitées sur le rôle de la surpopulation restent les mêmes. (Voir la vidéo, en anglais)

2 commentaires sélectionnés

Portrait de Graham

De Graham

Etudiant | 20H01 | 10/08/2009 | Permalien

Ces problèmes ne sont pas bien nouveaux, comme l'a démontré l'article. Los Angeles est quand même une ville qui gonfle chaque année à cause (ou grâce ? ) aux immigrations hispaniques, afro-américaines, asiatiques et j'en passe.

On se retrouve à avoir plusieurs villes dans Los Angeles : les quartiers hispaniques côtoient les quartiers afro-américains, qui côtoient eux aussi des quartiers asiatiques, etc. Les différentes communautés ne cohabitent que rarement, et c'est ainsi tout à fait prévisible qu'au vu de cette ségrégation territoriale (tous ne sont pas logés de la même façon et ne jouissent de la même qualité de vie), des émeutes éclatent.

Los Angeles est un bel exemple (qui touche les extrêmes) de la cité multiculturelle.

Portrait de Fraggeur

De Fraggeur

under construction | 00H56 | 11/08/2009 | Permalien

Il ne s'agit pas de segmenter les prisons en zone raciale, pour avoir la paix sociale.
Le problème est que les prisons américaines accueillent des taulards qui se connaissaient bien avant leurs condamnations, tous les membres d'un gang (ou gangs rivaux) sont parfois regroupés dans le même établissement.
Si ce n'est pas une émeute raciale, c'est une guerre des gangs.

Pour limiter la casse, il faudrait casser tout ce qui lie les prisonniers entre-eux, c'est-à-dire les isolés les uns des autres.

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