En pleines vacances, une dizaine d'étudiants stéphanois de l'université Jean-Monnet, meneurs des mouvements de grève de cette année, ont eu la bonne surprise de recevoir un courrier recommandé avec accusé de réception daté du 21 juillet leur signifiant une convocation en section disciplinaire du conseil d'administration.
Il leur est reproché d'avoir « porté atteinte à l'ordre et au bon fonctionnement de l'université », d'une part en ayant « perturbé la cérémonie du 24 juin relative à la pose de la première pierre de la future Maison de l'Université - Maison des étudiants », d'autre part en occupant « des locaux du Site Tréfilerie, la nuit du 30 juin au 1er juillet 2009 au-delà de l'autorisation accordée par le Président de l'Université ».
Des plaintes nominatives ont également été déposées à l'encontre de ces étudiants.
Première répression a posteriori
D'après Denis Aguiton, secrétaire fédéral de Sud Etudiant :
« C'est la première répression à posteriori du mouvement de cette année. Cela rappelle un peu l'affaire du lycée Ravel. Il y a de plus en plus une affirmation dans les universités d'un refus des mouvements de grève. »
D'après lui, cette action estivale a pour but de préparer la rentrée : « Il y a des inquiétudes que les mouvement de grève puissent se perpétuer, car le malaise ne s'est pas arrêté. »
C'est aussi le sentiment des étudiants incriminés : « Ils s'y sont pris pendant les vacances, pour déstabiliser le mouvement en septembre. »
Un engagement non respecté ?
Car pour eux, le président n'a pas tenu ses engagements. Comme l'a écrit un chercheur élu au conseil scientifique dans un e-mail à Khaled Bouabdallah, président de l'université :
« Nous avions eu l'engagement du vice-président recherche devant tous les élus lors de l'avant-dernier conseil scientifique qu'il n'y aurait aucune action nominative de la présidence notamment contre des étudiants qui ont participé aux mouvements sociaux. »
Contacté par Rue89, Khaled Bouabdallah analyse la situation différemment :
« Une chose est certaine, c'est que tout cela n'a rien avoir avec les événements du premier semestre. Hormis que cela concerne les même personnes.
Le mouvement a particulièrement été long et suivi à Saint-Etienne. Après des dégradations, des plaintes contre X et nominatives avaient étaient déposées. Je les ai entièrement retirées par soucis d'apaisement au mois de juin. Mais ont eu lieu par la suite deux événements qui n'ont rien à voir.
L'engagement correspond à ce qui s'est passé avant et concernait le premier mouvement. Je n'ai jamais dit qu'il n'y aurait plus de plaintes pour la nuit des temps. »
Le conseil d'administration a en effet rendu le 6 juillet une déclaration à l'unanimité interpellant le président :
« Le conseil d'administration met en garde l'ensemble de la communauté universitaire contre toute dérive minoritaire et demande au président de mettre en œuvre toutes les mesures et actions qui permettront un bon déroulement de la prochaine année universitaire. »
Le 17 juillet, Khaled Bouabdallah saisit donc par courrier Gilles Jacoud, président de la section disciplinaire du conseil d'administration. Pour l'un des étudiants incriminés :
« C'est encore l'excuse de la minorité, mais les deux actions visées faisaient partie du mouvement au même titre que le reste. La soirée du 30 juin était la soirée de clôture de l'Université solidaire, qui faisait partie du mouvement. Des enseignants étaient même présents. »
Concernant la cérémonie de la pose de la première pierre, elle considère l'action comme symbolique : « Toutes les personnes contre le mouvement étaient là : le maire, le recteur… »
L'image de l'université en jeu
Pour un des étudiants poursuivis, le véritable enjeu de ces poursuites c'est l'image de l'université Jean-Monnet :
« Tout cela a lieu dans le contexte de construction du Pôle de recherche et d'enseignement supérieur, l'université veut se faire une place dans le pôle régional ».
Une autre étudiante confirme :
« C'est surtout l'action à la pose de la première pierre qui leur pose problème. Nous nous sommes invités au cocktail, et nous avons boycotté les discours. »
Un problème d'image que ne nie pas Khaled Bouabdallah :
« J'ai eu la honte de ma vie. Ils ont empêché la tenue des discours et insulté les élus de la République. Ils mettent en l'air l'image de l'université. »
Les étudiants passeront en conseil de discipline le 10 septembre. Cherchant à s'organiser collectivement, ils appellent à un rassemblement le 1er septembre à la Bourse du travail. De son côté, un enseignant élu au conseil scientifique a demandé de mettre l'annulation de cette décision à l'ordre du jour de leur première réunion de l'année.




















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De Direvrai
Etudiant | 15H40 | 07/08/2009 |
Ce n'est que de la désinformation ! ! ! ! Ces leaders n'ont cessé de provoquer et détruire l'université Jean Monnet tout au long du mouvement. Le mouvement étudiant n'a rien à voir la dedans. J'ai fait partie du mouvement et je ne m'identifie pas dans ce groupuscule radical qui s'autorise de faire n'importe quoi au nom du mouvement. Il y avait des accords et ces derniers les ont rompus.
La Maison de l'université est à destination des étudiants, c'est du sabotage. Il est trop facile de se cacher derrière le mouvement. Je pense qu'il est temps de prendre ses responsabilités.
J'ai honte de lire cet article qui est complètement erroné. C'est à se demander si cet article a été rédigé par un journaliste ? On peut aussi s'interroger sur le journaliste car celui-ci devait surement faire parti de ce groupuscule !
De Christophe Payet (auteur)
Journaliste | 15H55 | 07/08/2009 |
Cher Direvraiétudiant,
le journaliste qui « devait surement faire partie de ce groupuscule » s'adresse à toi. Puisque cette affirmation s'appelle de la diffamation. Je ne fais pas partie de ce « groupuscule », et ne suis même pas de Saint-Etienne. Je travaille tout le mois d'août pour Rue89, et c'est ainsi l'ensemble de notre titre que tu insultes.
Peux-tu par ailleurs m'expliquer en quoi cette article est erroné ? Il faudrait que l'on t'explique ce qu'est un article journalistique où tous les partis s'expriment, y compris ceux que tu considères comme des casseurs (qui ont le droit de se défendre quand j'écris sur eux).
Relis mieux l'article et tu constateras que s'expriment aussi bien la présidence (qui s'explique) que les étudiants concernés (qui se justifient).
Ecrire un commentaire anonyme d'attaques gratuites est évidemment plus facile que réaliser un article…
Si tu as fais partie de ce mouvement, comme tu l'affirmes, et que tu as un témoignage à ce sujet, alors tu n'as qu'à me contacter. Mais éviter de sortir des grands mots, comme « désinformation », quand il est erroné de dire cela…
De AJ.
volontaire | 16H32 | 07/08/2009 |
Ces étudiants, force même de reflexion, futurs dirigeants, se laissent aller aux actions faciles de contestations, actions qui ne fonctionnent plus. Il faut être plus intelligent, réussir des coups d'éclats, des coups de gueules sans tout casser.
Pas évident, c'est tellement plus simple d'aller crier dans la rue et de tout bloquer, et pour d'autres, on suit le mouvement, celui qui aime crier, se montrer, c'est toujours ça de gagner sur le temps de reflexion.
J'ai été étudiant, j'en ai soutenu des mouvements (mon dernier fut la grande histoire du CPE, formidable défaite d'un mouvement qui n'a pas réfléchi très longtemps), je suis les actions et des élus et des manifestants. Je comprends le malaise, je cherche toujours à comprendre le problème de fond.
Pourquoi les étudiants, qui sont formés à réflechir, qui sont dans ce bain au jour le jour, ne se poseraient pas 5 min pour proposer, des choses intelligentes… et cohérentes ? Trop épuisant quand t'as 23 ans ? C'est pas leur boulot ?
De Nomys_Tempar
étudiant | 16H44 | 07/08/2009 |
Pour être de Saint Etienne et avoir un peu (pas beaucoup du tout) participé aux mouvements ces dernières années (CEP et autres…), je pense que les les élus devraient se réjouir d'avoir des étudiants qui se bougent le cul et qui fassent des actions pour se faire entendre, et que c'est une piètre manière de récompenser leur civisme que de les attaquer ainsi pendant les mois de vacances.
Après les étudiants sont des petits bourgeois par nature (je m'inclue). Que penser de tout ceux grace auxquels les débats lors des AG se résument à la poursuite du blocage ou non. facile après de taxé les bloqueurs de ne pas s'attaquer aux questions de fond.
Mais les étudiants sont victime d'eux-même, et oui il y a des étudiants qui ont voté pour Sarkozy et pour qui le broyage de l'ensemble du système éducatif français est une bonne chose.
De loin on a l'impression que ça a été un mouvement massif, mais pas du tout.
Un groupe d'étudiants à fait honte au président de l'université ? !
j'ai envie de dire LOL (j'ai la larme à l'oeil), un président d'université devrait soutenir ses étudiants, ça serait la moindre des choses.
Ce que je vois c'est la répression et la menace, ni plus ni moins et au bout du chemin la mort.