tribune 06/08/2009 à 18h20

« Scandale » des bonus : pourquoi la BNP a raison


BNP Paribas s'apprêterait à verser un milliard d'euros de bonus à ses traders : cette « révélation » de Libération agite le web. L'histoire est loin d'être aussi simple. Dans leur empressement à taper sur les banquiers, les médias ont oublié quelques faits. Non seulement la BNP ne va pas forcément verser un milliard de bonus, mais son attitude va précisément dans le sens d'une « moralisation » de la finance.

Un bonus, en tant que tel, n'est qu'une forme de rémunération variable liée à la performance, comme les commissions de n'importe quel commercial. En soi, que quelqu'un qui rapporte plus d'argent à son entreprise touche une gratification supplémentaire, ça ne choque personne.

Ce qui choque, nous dit-on, ce ne sont pas les bonus eux-mêmes, mais leur montant et la manière dont ils sont attribués. Et c'est là que le bât blesse.

Rendre les traders moins myopes

On nous rappelle depuis le début de la crise que les bonus encouragent le court-termisme et la prise de risque inconsidérée. Les traders touchent un gros bonus à la fin de l'année en cas de bons résultats, mais ne perdent pas grand-chose en cas de grosses pertes, ou si leurs stratégies se révèlent juteuses à court-terme mais destructrices à long terme.

On nous déclare encore que le meilleur moyen de les faire travailler pour le long terme est de bloquer leurs bonus pendant plusieurs années, et de n'en verser la majorité qu'après une longue période, histoire de les rendre moins myopes.

Très bien. Le seul problème, c'est que c'est précisément ce que la BNP fait avec cette provision.

Comme l'admet -avec une naïveté délicieuse- l'article de Libé, il ne s'agit pas d'un milliard versé, mais d'un milliard provisionné. Les provisions, nous dit Wikipédia (et le programme de comptabilité de première année de BTS), sont « des charges probables (et pas seulement éventuellse) qu'il convient de rattacher à l'exercice comptable au cours duquel elles sont apparues afin de dégager un résultat aussi fidèle que possible ».

Faire une provision, ça ne veut pas dire qu'on verse de l'argent, ça veut dire qu'il est probable qu'on devra le verser à l'avenir. Oui, me direz-vous, mais ça ne change rien à l'affaire. Qu'elle le verse aujourd'hui ou demain, la BNP a quand même l'intention de verser un milliard à ses traders.

Principe de prudence

Peut-être, sauf qu'une des règles de la comptabilité d'entreprise est le principe de prudence. On n'enregistre un produit (de l'argent qui va rentrer) que lorsqu'il est certain, alors qu'on enregistre une provision (de l'argent qui doit peut être sortir) dès qu'elle est probable. On se prépare au pire pour espérer le meilleur.

Ce que la BNP dit avec cette provision, c'est en somme : « On ne sait pas encore comment on va rémunérer nos traders parce qu'on n'a pas encore évalué complètement leur performance, mais dans le “pire” des cas il faudra qu'on leur verse tant. »

Autrement dit, ils font exactement ce que tous les moralisateurs de la finance demandent aux banques depuis le début de la crise financière.

D'ailleurs, le refus de passer des provisions importantes était l'une des causes de l'effondrement d'Enron en 2001. Depuis, presque tous les pays développés ont adopté des lois très dures sur les provisions, comme la France avec la loi sur les nouvelles régulations économiques.

Les entreprises cotées ne rigolent plus du tout avec ça. Si la BNP n'avait pas passé cette provision, ses dirigeants et les auditeurs qui contrôlent l'entreprise auraient commis un délit passible de prison.

La « manip » que la presse n'a pas vue

Réfléchissez-y. Vous dirigez une grosse banque. Vous voulez rémunérer vos traders à long terme, mais au semestre passé ils ont effectué de bonnes performances. Vous savez que, s'ils continuent sur la même lancée, vous devrez leur verser tant de variable.

Vous faites quoi ? Vous passez une provision et vous attendez de voir la suite. C'est de la bonne gestion et de toute manière, la loi vous y oblige. En revanche, vous prenez deux Eferalgan quand vous lisez la presse le lendemain.

Le plus rigolo dans cette affaire, c'est que dans ces comptes publiés par la BNP, il y a une vraie « manip », complètement obscurcie par l'obnubilation sur les bonus : le « goodwill » négatif de 815 millions d'euros lié à l'acquisition de Fortis.

Le « goodwill », ou écart d'acquisition, c'est, pour faire vite, la différence entre la valeur théorique d'une entité acquise et le prix qu'on a payé. Il peut exister pour des raisons parfaitement légitimes (par exemple, les actifs d'une société valent davantage sur le marché que leur valeur amortie au bilan), mais aussi pour des raisons moins légitimes (typiquement, les valorisations de la bulle Internet).

Le « goodwill » impacte directement le résultat comptable, même s'il ne correspond qu'à un résultat « théorique ». En l'occurence, la BNP a inscrit un « goodwill » négatif sur son acquisition de Fortis. Autrement dit, elle déclare que Fortis vaut en fait 815 millions de plus que ce qu'elle a payé.

Il faut un vrai journalisme financier

Ces 815 millions se retrouvent au résultat, alors qu'ils ne correspondent à aucune rentrée d'argent. Au passage, cela permet de faire passer, comme par hasard maintenant, plein de « goodwills » positifs sur d'autres acquisitions moins judicieuses, sans plomber le résultat.

Rien d'illégal ou même d'immoral, mais un petit tour de passe-passe comptable qui permet de faire passer aux oubliettes quelques erreurs passées et de gonfler un peu le résultat.

Bref, le genre d'histoire qui aurait mérité d'être mise en lumière par un vrai journalisme financier, avec de vraies compétences en gestion et une volonté de chercher un peu plus loin les faits intéressants. Mais il est tellement plus facile de taper sur de prétendus bonus.

(Pour info : un de mes anciens profs travaille chez BNP Paribas, j'ai aussi mon Livret A chez eux et ma conseillère est très gentille. En revanche, je déteste leurs pubs avec Eric et Ramzy.)


Le retour des bonus chez les traders (Chimulus)

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  • onapatouvu
    • Posté à 18h35 le 06/08/2009

    Nicolas et le gouvernement ont fait beaucoup de tapage sur les banquiers malhonnêtes et sur les rémunérations « scandaleuses » des traders et certains dirigeants d'entreprises.
    Concrètement, qu'ont-ils fait ? RIEN, comme d'hab. Lorsqu'ils auraient pu profiter de la signature des conventions, accordant des prêts (ou autres aides ) à certaines banques, pour mettre en place un minimum d'information (ou de contrôle) de l'Etat sur celles-ci, rien n'a été prévu. D'autres pays l'ont fait, qui sont pourtant contre l'interventionnisme de l'Etat, par tradition. Alors, qu'ils arrêtent de nous prendre pour des imbéciles. Si Paribas respecte la réglementation, il n'y a rien à dire ; sauf que nos grands dirigeants à l'âme pure n'ont strictement rien changé.
    Et le fameux G20, il a donné quoi concrètement ?

  • loique
    loique répond à Gmbrox
    • Posté à 19h12 le 06/08/2009

    « Si le mec est bon, tu lui verse une prime sinon il va voir ailleurs. » 100 % d'accord avec la prime c'est juste le montant qui me pose problème... Et me parler pas de niveau de qualification car ça n'a rien d'extraordinaire ni de responsabilité car ni les traders ni les banques n'en ont aucune. Le seul responsable depuis quelques mois c'est le contribuable.

  • bonbon rose
    bonbon rose
    à croquer
    • Posté à 19h31 le 06/08/2009
    • Internaute
      à croquer

    Sous prétexte que la loi de la concurrence offre aux Traders la possibilité d'aller exercer leurs talents sous d'autres cieux, on leur « provisionne » des bonus.
    Parallèlement on explique aux salariés qu'il est impossible d'augmenter les salaires puisque la loi sur la concurrence permet de trouver des salariés moins payés sur d'autres continents !
    Si c'est pas du foutage de gueule ça.

  • Gwenfromtahiti
    Gwenfromtahiti
    dans la finance bien sûr
    • Posté à 21h41 le 06/08/2009
    • Internaute
      dans la finance bien sûr

    Il a raison le jeune HEC, compte tenu des règles comptables toujours en cours, la BNP doit provisionner ce milliard.
    Ça ne sert à rien de taper sur les banques. Elles ne font que s'engouffrer dans une brèche grande comme la ligne droite de Longchamp. Il ne faut pas oublier que les entreprises ne sont par essence pas des révolutionnaires. Tant que l'on ne les oblige pas à changer leur mode de gestion, elles ne changeront pas d'un iota leur stratégie. La solution qui s'impose est donc : légiférer. Le problème c'est qu'il faut légiférer au niveau mondial et ça c'est pas facile facile.

  • Saheyus
    Saheyus répond à Pas lolo
    • Posté à 21h47 le 06/08/2009

    Les traders ne créent rien, c'est la base du métier.

    Mais quand bien même ! Depuis quand une personne peut-elle être dix fois plus forte, dix fois plus rapide, dix fois plus intelligente que la moyenne ? J'émets de sévère doute sur l'existence d'une telle chose.
    Surtout concernant des milliers de personnes dans une seule boîte.

    Et quand bien même BNP regrouperait autant de petits génies aux dons inimaginables, ont-ils besoin d'autant d'argent pour vivre ? Que peuvent-ils bien en faire ? D'autres personnes n'en ont-elles pas plus besoin ?

  • Frédéric Vincent
    Frédéric Vincent
    Doctorant en astrophysique (UC (...)
    • Posté à 22h41 le 06/08/2009
    • Internaute
      Doctorant en astrophysique (UC (...)

    Etre étudiant à HEC ne protège pas de l'ignorance et de la mauvaise foi.

    L'auteur de cette tribune semble oublier que la BNP a bénéficié d'un prêt de l'Etat (5.1 milliards d'euros). Les contribuables français ont donc apporté à travers leurs impôts un soutien non négligeable au groupe BNP.

    Il ne faut pas oublier que certaines entreprises font faillite car les banques refusent de leur prêter de l'argent. Le montant des bonus (1 milliard d'euros) est indécent, surtout que les profits ont été générés par de la spéculation.

    La spéculation est un rique « casino », complètement artificiel, rien à voir avec le risque que prend l'entrepreneur. La spéculation ne crée pas de richesses. Donc il est bien normal qu'il y ait des réactions d'indignation et des controverses.

    Le cas de la BNP est semblable à Goldman Sachs (GS), qui avait aussi bénéficié d'un prêt du gouvernement, et qui a annoncé une large distribution de bonus après avoir fait quelques profits. Les américains, qui ne sont pas spécialement anticapitalistes, étaient furieux dans leur ensemble (sauf ceux de GS, évidemment). Même le Wall Street Journal, pas franchement communiste, a aussi pris position contre GS.
    ( Lien )

    Dans les deux cas, les banques recoivent de l'argent du contribuable mais ne font pas leur travail qui est de prêter aux particuliers et aux entreprises. Au lieu de ça, elles vont spéculer sur des marchés financiers complètement déconnectés de la réalité.

    Il faut vraiment avoir perdu contact avec le réel pour oser soutenir que la BNP puisse avoir raison.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 23h01 le 06/08/2009
    • Internaute
      Chroniqueur Grolandais

    Faire une explication rigoureuse sur la « réalité » comptable d'une provision est indispensable. Par contre les 5.7 milliards d'Euros qui ont été versé à la BNP par le contribuable Français n'est pas une éventualité. . La probalité que cet argent ait servi a refaire la trésorerie du « casino » BNP est de 100%.
    J'espère qu'au titre des « provisions », le remboursements de la dette publique, qui est une certitude, tient une bonne place dans le business plan

  • Menfeser
    • Posté à 23h55 le 06/08/2009

    Cet article est un parfait cours de comptabilité illustrée de faits d'actualité. Très bien. Le soucis c'est qu'il manque « délicieusement » l'essentiel : le problème, ce n'est pas que les types à la tête de la BNP font leur métier selon les règles.

    Le vrai problème, c'est que lesdites règles ne font rien contre les rémunérations extravagantes des traders. Je m'explique. Individuellement, chaque établissement financier est tenu de verser les primes mirobolantes, pour s'assurer que le bon trader ne préfère pas aller voir ailleurs, motivé qu'il est par les comissions de tout commercial, comme c'est bien légitime.

    Collectivement, tout le monde aurait intérêt à ce que les traders soient moins payés : les banquiers feraient un bénéfice plus gros, les usagers des banques profiteraient d'une banque plus solide de ce fait. Qu'on ne me dise pas que les traders, moins motivés par un million que par trois, se décourageraient de bien travailler ! Les rémunérations d'aujourd'hui sont une illustration caricaturale du problème principal/agent (comme souligné dans un autre commentaire, ses revenus personnels sont proportionnel à ses gains pour la boite, mais il ne perd rien s'il dilapide le capital qu'il gère si magnanimement). Notre ami d'HEC connait cela mieux que moi (pure rhétorique hein), lui que le monde financier passionne. (Il a de ce fait déjà lu l'excellente explication qu'on peut trouver ici : Lien )

    Des banques qui individuellement sont incitées a payer trop, une collectivité qui a tout intérêt à ce que les rémunérations soient adaptées. La solution est du niveau d'un L1 d'économie : il faut des nouvelles règles imposées par la collectivité, qui encadre la rémunération.

    Et ça, mon estimé pascal Emmanuel, c'est ce qu'un homme de haut rang pourrait proposer dans un débat public. En faisant usage de son capital cul'. Sans s'arrêter avec fausse naïveté sur le respect de la procédure, mais en réfléchissant au bien fondé de la rocédure. Et sans cracher sur les journalistes.

  • The_Reaper
    • Posté à 09h29 le 07/08/2009

    J'ai oublié de rajouter une chose dans mon précédent post (perdu au milieu des autres) : ce que vous dites est probablement juste, mais le problème n'est pas tellement de savoir s'ils ont le droit légal ou moral de donner des primes à leurs meilleurs traders. Là, je pense que tout le monde est d'accord ; la prime au mérite est suffisamment réclamée dans tous les domaines pour que ça soit justifié.

    Non, le problème est de savoir si, moralement, une entreprise qui a été largement aidée par l'Etat (donc le contribuable) parce qu'elle avait fait de mauvaises affaires et avait mis les pieds dans le plat de certains « junk bonds », a le droit de rétribuer ses salariés à un tel degré de rémunération, dans la mesure où les chiffres n'auraient pas été aussi bons si la France n'avait pas injecté plusieurs milliards dans la BNP pour l'aider à surmonter l'épreuve de la crise des subprimes.

    Et là, la question est quand même plus complexe, notamment quand le Gouvernement actuel a une tendance à faire disparaitre les prélèvements obligatoires, que l'Etat est en déficit et que la crise économique (et non plus financière) fait des ravages dans le pays. Doit-on accepter qu'une entreprise rémunère quelques centaines d'employés avec l'argent que l'Etat lui a prêté sans contrepartie contraignante alors qu'il n'y a soi-disant pas d'argent pour aider les millions de personnes au chômage ?

    Reconnaitre la valeur des traders et la qualité de la finance française est une chose, mais en une époque aussi trouble que celle de cette crise mondiale, il y a 2 poids, 2 mesures assez souvent catastrophique.

  • Florent Latrive
    Florent Latrive
    Journaliste
    • Posté à 11h47 le 07/08/2009
    • Journaliste
      Journaliste

    Eh bien voilà qui ne manque pas de panache ! Pascal-Emmanuel Gobry vient à la rescousse de la banque BNP-Paribas, injustement attaquée par les « révélations » (notez les guillemets) d'un pseudo journaliste financier.

    Merci à Pascal-Emmanuel de ce petit cours sur la notion de provisions, fort instructif, je vois que les cours dispensés à HEC sont à la hauteur de leur réputation. Mais vous passez à côté du sujet : si BNP provisionne, c'est bien qu'elle envisage de payer cette somme, qu'elle trouve cela légitime et que cela fait partie de sa politique. Que ce soit obligatoire ou non de l'écrire dans ses comptes n'a rien à voir avec ce fait. Et il se trouve justement que ses bonus sont accusés d'inciter à des prises de risques excessives, celles-là mêmes qui ont provoqué la crise. Vous savez, la crise qui fait flamber le taux de chômage partout dans le monde...

    Au passage, vous évacuez un « détail » de la « révélation » de Libé : il ne s'agit pas de verser un milliard de bonus aux traders, mais un milliard DE PLUS en 2009 qu'en 2008. C'est Lien, dans le papier où Nicolas Cori fait ses premières « révélations ».

    Un milliard de plus, cela signifie donc que BNP compte verser PLUS d'argent -et pas qu'un peu- à ses traders. Donc la BNP continue non seulement à verser des bonus, mais elle en verse de plus gras encore. Mais ce n'est pas grave, dites-vous, car ce qui compte c'est cette affaire de 815 millions d'euros de décôte sur Fortis, que bien sûr les pseudo journalistes financiers n'avaient pas vu... Quelle blague ! (Lien, par exemple).

    Décidément, les lecteurs de Rue et d'Eco89 ont bien de la chance d'avoir un chroniqueur tel que vous. Le monde financier n'aura plus de secret pour eux.

    Vous appelez de vos voeux à un « vrai journalisme financier ». Et de « vrais diplômés d'HEC », c'est pour quand ?

    Florent Latrive, journaliste à Libération

    PS : j'écris ce texte sous le coup de la colère, car j'ai trouvé absolument injuste l'article de Pascal-Emmanuel Gobry. Nicolas Cori, le journaliste de Libé à l'origine des « révélations » (dixit Gobry) sur BNP n'est pas au courant, ne cautionne pas, et désapprouverait certainement ma démarche ; =)

  • francois sergent
    francois sergent
    journaliste
    • Posté à 19h30 le 09/08/2009
    • Journaliste
      journaliste

    Monsieur Gobry,

    Je suis directeur adjoint de la rédaction de Libération et je suis très surpris du ton, arrogant, et du fond,inexact, de votre contribution.
    Libre à vous, étudiant à HEC, de défendre les bonus, c'est votre fond de commerce.Je ne partagerai pas votre enthousiasme pour la rémunération à la commission. Le trader qui faisait beaucoup de sub primes gagnait beaucoup d'argent, sa banque aussi. Pendant un temps. On a vu le résultat de ce mécanisme pervers. C'est vrai que l'Etat c'est à dire nous les contribuables est en cas de problème toujours derrière ces chasseurs de prime et autres Kerviel.
    Sur la forme, vous vous trompez aussi.Si vous aviez lu Libération, vous auriez vu que le mécanisme des provisions était compris même par de simples journalistes. De même, si vous nous aviez lu, vous auriez vu que notre journaliste avait remarqué que la BNP avait gagné 800 millions avec Fortis. C'est vrai que ni lui ni moi n'avons fait HEC. Sur ce point et sur ce point seulement, vous avez heureusement raison.
    Bien à vous
    François Sergent