Un code de conduite pour les combattants en Afghanistan et au Pakistan est distribué depuis le mois de mai au sein des moudjahidines.
Al Jazeera a eu accès au contenu de cette brochure de 37 pages à la couverture bleue. Cette mince charte de l'Emirat islamique d'Afghanistan pour les Moudjahidines vise à donner de grandes directions aux combattants islamistes. (Voir la vidéo, en anglais)
Ces nouvelles lois seraient directement dictées par le mollah Omar. Un article paru dans le Wall Street Journal en juin 2009, révélait que l'ex-chef suprême des talibans afghans avait repris le commandement des bataillons talibans en Afghanistan depuis la ville de Quetta, au Pakistan.
Jusque-là, les commandements locaux décidaient eux-mêmes des attaques à mener contre les forces de la coalition dirigée par les Etats-Unis. Il est désormais interdit aux soldats du jihad de se regrouper en petits groupes non officiels :
« Si des bataillons irréguliers existants refusent de rejoindre la structure officielle, il faut les démanteler. »
« Les combattants doivent éviter de défigurer les gens »
La règle la plus frappante impose aux talibans de limiter les attentats-suicide :
« Les attentats-suicide ne doivent toucher que des cibles importantes. Il faut faire tous les efforts possibles pour éviter les victimes civiles car un fils courageux de l'islam ne doit pas être sacrifié pour des cibles inutiles ou d'intérêt moindre.
Tous les combattants doivent veiller à minimiser la mort des personnes innocentes et les atteintes à leurs propriétés.
Les combattants doivent éviter de défigurer les gens et de les toucher aux oreilles, au nez et aux lèvres. »
Les prises d'otages sont également sujettes à révolution puisque le nouveau règlement interdit l'enlèvement contre rançon :
« La condamnation à mort d'un prisonnier ne peut être prononcée que par l'imam suprême (le mollah Omar, ndlr) ou l'un de ses collaborateurs. »
L'objectif non dissimulé de cet ouvrage, « gagner les coeurs des civils
musulmans », est dénoncé par les Américains et par les responsables du
gouvernement afghan. Interrogée par CNN, Christine Sidenstricker, porte-parole de l'armée américaine à Kaboul, a noté que chacune des actions « au jour le jour » des talibans était en contradiction avec ce code de bonne conduite.
Selon elle, plus de 60% des victimes civiles en Afghanistan ont été tuées par les talibans. Depuis janvier, plus de 450 civils afghans ont été tués et plus de 1000 ont été blessés.
Un précédent en 2006
Ce n'est pas la première fois qu'un tel texte fait son apparition dans les milieux des moudjahidines. En 2006, une « layeha », le livret militaire des talibans, avait été distribuée à tous les talibans. A l'époque, Newsweek avait publié l'intégralité du texte. Lequel interdisait déjà les enlèvements contre rançon, la vente d'armes et les bataillons non officiels.
En revanche, notait le journaliste, « la terreur et l'intimidation font partie prenante de leur stratégie, notamment avec les ONG. Les écoles et les enseignants sont une cible importante. Ils sont censés être menacés une première fois puis éliminés ».
Des interdictions (la cigarette, la fréquentation de jeunes garçons) apparaissent également dans la brochure de 2006. Il y est explicitement écrit que les moudjahidines ont besoin du soutien de la population. Pour l'obtenir, les soldats du jihad sont invités à ne pas pas voler les gens et à avoir un comportement exemplaire.
Présenter « l'armée » du mollah comme une structure organisée
Comme en 2006, ce nouveau document tombe à pic et n'a évidemment pas comme objectif de discipliner les moudjahidines. Le 31 juillet, les talibans ont ainsi officiellement appelé les Afghans à boycotter les élections présidentielle et provinciales du 20 août et à « rejoindre les rangs du jihad » pour libérer leur pays.
Ce texte sert donc à réaffirmer l'autorité du Mollah Omar et à présenter son armée comme une structure organisée luttant pour le « bien » et non plus comme une simple bande de terroristes et preneurs d'otages.
Le soutien recherché au sein de la population sera difficile à trouver. Au Pakistan, près de 200 enfants, âgés de 6 à 13 ans, prêts à servir de kamikazes pour le compte des talibans, ont été découverts par l'armée pakistanaise dans le Malakand. L'explication : les talibans ont aujourd'hui plus de difficultés à recruter des candidats au suicide d'âge adulte
► Le documentaire intégral d'Al-Jazeera (23 minutes, en anglais) :





















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De lorem-ipsum
empereur de transpatagonie | 18H22 | 03/08/2009 |
« L'objectif non dissimulé de cet ouvrage, “ gagner les coeurs des civils musulmans ”, est dénoncé par les Américains et par les responsables du gouvernement afghan. »
Voilà qui est ironique en somme, puisque, si ma mémoire est bonne, gagner les coeurs des civils était un des principes fondamentaux de la politique étatsunienne en Iraq et en Afghanistan. Les États-unis y ont lamentablement --- et comiquement --- échoué ; nous verrons si les soldats du Mollah Omar seront plus habiles.
De i-blis
ethnologue | 19H17 | 03/08/2009 |
> Al Jazeera a eu accès au contenu de cette brochure de 37 pages à la couverture bleue.
C'est effectivement ce que dit le reportage. Le texte (en pashto) est bien entendu disponible sur internet (http://www.shahamat.org/pigham-0208-2009.html) ; est-ce un effet du reportage de Al Jazeera : le texte n'est apparu, semble-t-il, sur le site officiel de « l'Émirat islamique d'Afghanistan », l'organisation de (Mollah) Mohammad Omar que le 2 Août.