
Il souffle un mauvais vent sur la corporation des journalistes dans la sous-région ouest africaine. Le Bénin, le Togo et le Niger sont les pays où il n'est pas bon de se déclarer journaliste.
Les ennemis de la vérité sont aux aguets et sont prêts à tout pour en découdre avec tout homme des médias qui entend faire son métier honnêtement.
Les différents actes perpétrés contre les porte-voix de toutes les couches de la société sont plus éloquents
Au Bénin : c'est ça la démocratie modèle ?
Les journalistes sont au coeur de la tourmente depuis l'avènement du renouveau démocratique au Bénin. Les intimidations et autres attaques se succèdent au point qu'on peut suspecter un plan savamment orchestré.
D'abord, c'est par des appels téléphoniques anonymes ou à partir de numéros cachés que certains journalistes sont interpellés après des écrits, pour leur faire comprendre qu'ils étaient dans un mauvais rôle en ne s'alignant pas dans les rangs du changement.
De cette technique, l'un des chroniqueurs de La Nouvelle Tribune a été victime. Il s'agit de l'écrivain Florent Couao-Zotti. Selon ses propos, il a reçu un appel au cours duquel son interlocuteur lui dit affirme appeler de la présidence de la République.
Celui-ci lui fait comprendre qu'il ne perdait rien pour attendre avec ses écrits et qu'il en paierait de sa vie. Loin d'avoir été intimidé, le chroniqueur a, comme l'exige la loi, fait une déposition dans un commissariat de la place.
Un prétendu agent de la présidence invective les journalistes
Le week-end écoulé, une équipe de reportage de l'Office de radiodiffusion et de télévision du Bénin (ORTB), conduite par le confrère Wabi Boukary et qui prenait des images dans un marché d'une localité du département des Collines, a été invectivée par un individu se présentant comme un agent de la présidence.
La manière peu courtoise, à la limite grossière du prétendu agent, permet de comprendre qu'il portait une certaine aversion pour les hommes de la plume et du micro.
Après l'étape des coups de fil, c'est désormais, est-on tenté de dire, la phase d'attaque physique des journalistes. En effet, dans la semaine écoulée, c'est le journaliste Sulpice Oscar Gbaguidi de la chaîne de télévision Canal 3, dont les chroniques ne sont pas toujours des plus tendres qui a été agressé alors qu'il rentrait chez lui.
Un acte barbare dont les auteurs ont disparu dans la nature. N'ayant pas cherché à emporter son véhicule ni autre objet lui appartenant, on ne peut s'empêcher de penser à un règlement de comptes.
De cette obscurité qui entoure encore l'agression de notre confrère de Canal 3 et les vrais ou faux appels et agents du service de renseignement de la présidence, on ne peut s'empêcher d'avoir des inquiétudes sur le sort des journalistes dans le « pays-laboratoire » de la démocratie en Afrique.
Au Togo : chassez le naturel, il revient au galop
Le 23 juillet, une marche des journalistes togolais contre l'agression d'un journaliste de Radio Métropolys a été dispersée par les gendarmes. Au motif que le pays n'appartient pas aux journalistes seuls, le directeur de la gendarmerie a demandé à ses hommes de charger les manifestants dès qu'ils vont parcourir une distance de 5 mètres.
Toute chose qui contraste avec la volonté prônée par le président de ce pays de restaurer l'Etat de droit longtemps mis en veilleuse par une son feu père. Sinon, comment expliquer qu'un pays dont les délits de presse ne sont plus sanctionnés de privation des libertés individuelles, soit encore à réprimer des marches pacifiques de ceux-là qui ont pourtant œuvré à ce que le Togo soit mieux vu par les organismes internationaux ?
On a tout simplement l'impression que certains responsables militaires togolais sont encore nostalgiques de leur passé « glorieux ».
Au Niger : la loi de l'omerta
C'est connu de tous que le président nigérien, Mamadou Tandja a étalé au grand jour ses velléités de prédateur des libertés et de la démocratie. Dans son noir et lugubre désir de demeurer au pouvoir en assassinant la démocratie, rien apparemment ne l'arrête.
Il n'a pas hésité à dissoudre toutes les institutions républicaines qui n'ont point épousé son projet. Le parlement, la Cour constitutionnelle et bien d'autres ne sont plus que des souvenirs pour les Nigériens. Après ces institutions, c'est le tour des journalistes de subir la loi de l'omerta.
Le CSA local a perdu toute indépendance
En effet, début juillet, le président Tandja a donné plein pouvoir au président du Conseil supérieur de la communication (CSC) afin qu'il sanctionne sans préavis tout organe de presse qui publierait ou diffuserait des informations susceptibles de troubler l'ordre public ou de porter atteinte à la sûreté de l'Etat. Alors que par le passé, le président du CSC et ses pairs ont toujours délibéré par consensus.
Certains organes ont déjà mis fin à une partie de leurs émissions portant sur la politique nationale parce que des invités sont arrêtés dès qu'ils sortent de studio. On se rappelle encore l'arrestation arbitraire de Moussa Kaka il y a quelques mois, ce n'est donc pas pour autant une situation nouvelle. Cependant, on ne saurait admettre le fait.
La liberté de la presse, baromètre de la démocratie
Paradoxalement les trois pays sont limitrophes. Mieux, il se profile à l'horizon l'élection présidentielle dans ces pays. Déjà en décembre, ce sera le tour du Niger qui est en proie à un tripatouillage de la Constitution. L'année prochaine, les Togolais vont aux urnes pendant que les Béninois attendront 2011.
Dans les trois cas, plus personne ne doute de la volonté des présidents de rempiler. Ce qui amène à conclure que pour rester au pouvoir, ces chefs d'Etat seront prêts à faire feu de tout bois.
Si le doute n'est plus permis dans le cas du Nigérien, on se souvient que le Togolais avait déjà démontré ses capacités à remporter une élection par tous les moyens. Même à faire enlever les urnes par les soldats.
Quant à Boni Yayi, pris en pitié et porté en triomphe par les différentes couches de la société béninoise pour avoir été visé par une loi sur la résidence sur le territoire national, est aujourd'hui en proie à une contestation sans nulle autre pareille.
Il faut que les déclarations d'amour à la presse se concrétisent
Mieux, les scandales se succèdent et mettent à mal sa profession de foi de bonne gouvernance et de champion touts catégories contre la corruption.
Alors, le fait que les journalistes qui ont été les vrais acteurs de son accession au pouvoir, relaient aujourd'hui ses déboires, suffit-il que ces derniers soient devenus des persona non grata ? Ou tout ce qui se passe, serait-il le fait de collaborateurs zélés ? Toujours est-il que ces actes ne grandissent pas la démocratie.
Désormais, que les vœux pieux et autres déclarations d'amour à l'endroit de la presse se concrétisent. La presse étant le baromètre de toute démocratie, la muselée ou l'empêcher d'exercer en toute liberté, ne serait qu'un acte négatif que l'histoire se chargera de retenir et de communiquer à la postérité.
En partenariat avec La Nouvelle Tribune

Photo : Moussa Kaka, correspondant de RFI lors d'un reportage au Niger en 2005, emprisonné pendant un an (RFI).




















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De blablablaetblablabli
patati et patata | 17H35 | 01/08/2009 |
Il doit surtout manquer des dentistes la bas !
à blablablaetblablabli
De ysengrimus
21H56 | 01/08/2009 |
Et de l'autonomie pécuniaire…
http://ysengrimus.wordpress.com/2008/04/30/cfa-continuite-coloniale-fran…
La faute à qui ?
Paul Laurendeau
à blablablaetblablabli
De Tyloui
06H24 | 02/08/2009 |
vraiment super drôle : -(
à blablablaetblablabli
De spouny_boy
Lynchez moi j'aime ça !! Mais gaf a... | 10H33 | 03/08/2009 |
Grave ! ! c'est pas le premier truc qui me vient a l'esprit perso.
De jyeden
khmer vert ( age des caverne, bougi... | 18H30 | 01/08/2009 |
heureusement qu'on est en France ! ! !
là, la presse est libre
et pas menacée du tout
il faut dire qu'elle est presque totalement aux ordres du pouvoir
pour la presse africaine, si la presse du cameroun manque d'argent son président peut donner des subsides au journal le monde par le biais de la pub
à jyeden
De Martin.Albert
Lycéen | 19H11 | 01/08/2009 |
« là, la presse est libre »
Ah bon ?
De umff
... | 18H55 | 01/08/2009 |
…
De Tigerbill
retraité en CDI en charente-maritim... | 19H15 | 01/08/2009 |
Si c'est au Bénin, c'est pas grave, forcément.
à Tigerbill
De John Lénine
20H12 | 01/08/2009 |
Tu reprendras du gateau Go .
De extralucide
retraite | 20H46 | 01/08/2009 |
Pourquoi ? Ca existe encore « les journalistes » ? Y'en a à Rue89 ?
Ca se saurait
En Afrique ou ailleurs y'a beaucoup d'agents secrets qui se disent journalistes et comme je l'ai dis, le vrai journaliste est en voie de disparition, alors les autorités se méfient même que parfois, ils les mettent au frais pour les protéger
De jokerson
professeur des écoles en disponibil... | 22H56 | 01/08/2009 |
pourtant, ces trois pays ne sont pas trop mal classé dans le classment annuel de RSF …
Celui ci serait il bidon ?
à jokerson
De Utilisateur désinscrit à sa demande
nc | 13H59 | 02/08/2009 |
Peut-être simplement que la situation a évolué depuis la dernière publication de ce classement…
C'est ce que semble indiquer cet article.
De sul
00H44 | 02/08/2009 |
Une fois de plus la presse française met sur le même plan le Bénin (démocratique) qui a connu de légères intimidations dont on ne peut pas être sûr qu'elles sont orchestrées par le pouvoir et les problèmes connus au Niger et au Togo (dictatures) ou il n'est pas
la peine de se poser la question.
L'Afrique est composé d'une multitude de peuples ! ! ! ! ! !
à sul
De Innsa1
09H04 | 02/08/2009 |
En effet, il ne faut pas mélanger les choses : Le Togo est une dictatures « monarchique » (50 ans avec le papa, le fils a pris la relève).
Pour le Niger également, il s'agit d'une dictature qui ne se cache pas. (Actuellement toutes les institutions ont été dissoutes pour que le dictateur puisse rester au pouvoir)
Le Bénin est un des rare pays d'Afrique de l'Ouest avec le Mali ou le président est élu démocratiquement (sans violences et sans bourrage des urnes)
Mettre sur le même pied d'égalité des dictatures affichées et un des seuls pays « démocratique » de la sous région est dangereux.
Vous auriez pu parler du Burkina, de la Cote d'Ivoire, du Tchad, de la Centrafrique, de la Mauritanie, du Cameroun, du Gabon, du Congo etc ou sévissent les pires dictateurs et ou les journalistes sont tout simplement assassinés lorsqu'ils ne vont pas dans la direction du pouvoir.
à sul
De rp74
enseignant | 01H08 | 03/08/2009 |
M'enfin, pourquoi parlez-vous de la presse française ? L'auteur, B. Metonou, écrit dans La Nouvelle Tribune !
De Tyloui
06H23 | 02/08/2009 |
Article très intéressant, mais tellement mal écrit et bourré de fautes d'orthographe.
De la vigilante
scandaleuse | 08H14 | 02/08/2009 |
Avant de nous parler de la diffusion de l'information en Afrrique……………….
En France, en revanche les Journalistes sont tellement Inféodés au pouvoir que l'on a l'impression vue d'ici (d'Argenteuil ou de derriére nos écrans) qu'ils sont tous secrétaire d'état à la propagande alors au lieu de regarder au Benin ou que sais je encore parlez nous de votre travail auprès du ministère de la propagande à nous Français expliquez pourquoi votre métier, une bonne partie des rédactions d'information ce sont transformés en service de propagande du gouvernement ou des pipoles…ben ouais
De Lucien_de_Rubempré
Splendeur et misère des court-disan... | 08H34 | 02/08/2009 |
« Les ennemis de la vérité » : -) Ici on aimerait bien que « les amis de la vérité » soient les journalistes aux-mêmes, mais ils appartiennent plutôt au premier groupe malheureusement.
De ninaneux
retraité | 09H26 | 02/08/2009 |
Il ne faut rien n'attendre de la part de notre Présidence Française, lorsque l'on connait le contrat scandaleux qui a été signé avec areva pour extraire l'uranium du pays !
Contrat de 35 ans. Ce guignol de Tandja a encore de l'avenir ! !
J'espère que la population va réagir,et elle va réagir… mais cela sera dur ! dur ! des morts, toujours des morts !
Extraire de ce pays à un prix dérisoire 83% de l'uranium pour faire fonctionner nos centrales nucléaires, alors que ce peuple est l'un des plus pauvres du monde. Quel paradoxe.
Mais voila, il y aura surement de belles résidences en France sur la cote ou a Paris pour ce Monsieur Tandja et toute sa progéniture à recevoir la mondanité Française .Honte à la France.
Résistons a ce pouvoir Français qui en utilisant l'esclavage industrielle, repart dans ces conquêtes à la colonisation financière
.
Résistons
De Yvon
21H31 | 02/08/2009 |
J'ai regardé la chaine parlementaire pour la première fois….et j'ai vu Florence Aubenas parler des médias dans l'affaire d'Outreau. Il n'y avait aucune preuve…et TOUS les journaleux, pisse-copie et autres salauds ont trainé dans la boue les « accusés ». Entendre la boulangère dire…« Si j'en avais eu un devant moi, je l'aurais tué ! » ( de journaliste ) c'est comprendre toute la souffrance vécue par cette dame à cause des horreurs de la justice et des journalistes !
à Yvon
De la vigilante
scandaleuse | 05H45 | 04/08/2009 |
j'ai vue l'intervention d'Aubenas qui a aussi évoquée la charte des « journalistes“mais par appât du gain, de notoritè ou de propagande il semble qu” ils l'ont tout simplement zappés , c'est certainement pour cela que lorsque les journalistes de certaines rédactions ce déplacent en zone sensible (la banlieue donc) ils se font escorter par la police.Résultat la population française est méfiante ! et semble avoir les même rapports avec les médias qu'avec sa milice pardon police
De foghusa
Etudiant | 01H14 | 03/08/2009 |
Bonjour, je m'appelle Gerald Obama, fils de Barack Obama (Tiens le president americain a un fils, diffusons l'information). Cela fait une annee que je lis les infos sur votre site et c'est la premiere fois que je lis un article aussi pourri sans fondements, que des affirmations, aucune preuve. Un homme appelle et dit qu'il est de la presidence, paf le gouvernement menace les journalistes …. Voyons … soyons serieux une seconde. Les journalistes beninois doivent savoir que leur metier exige beaucoup de responsabilite et ils ne sont pas moins libres que leurs confreres etrangers … Rue89 devrait par ailleurs cesser de diffuser ce genre d'articles. Denoncer oui, mais au moins avec des preuves. Merci
à foghusa
De ydcl
11H30 | 03/08/2009 |
Hz abruti, heureusement tu as le droit de sortir des c……… pareilles ! Malheureusement, les gens de ton acabit, sont incapables de voir les preuves, même devant ton nez ! Etant d'origine angolaise, j'en ai marre, que les africains de l'Ouest, jouent les victimes ! Petit rappel, Angola : Record de couvre-feu, pays décimé par l'esclavage (10 millions, pour2,5 fois la France ! Vous avez des séquelles de la Françafrique, avec des présidents, parfaitement éduqués dans nos écoles colonisiatrices ! Et vous osez mettre en cause, la probité des journalistes ! Pauvre tanche !
P.S : Je suis trop blanc, pourles noirs, et trop bronzé, pour les flics !
Je ne vous salue pas
à ydcl
De la vigilante
scandaleuse | 15H12 | 04/08/2009 |
a bon !
à ydcl
De la vigilante
scandaleuse | 15H11 | 04/08/2009 |
P.S : Je suis trop blanc, pourles noirs, et trop bronzé, pour les flics !
Rachid ? ,-)))))))))) je sors !
à foghusa
De LienRag
12H04 | 03/08/2009 |
Je suis relativement d'accord avec la conclusion…
Il y a de bons journalistes en Afrique, mais aussi beaucoup d'opportunistes, notamment depuis que la coopération française « aide la démocratie » par des aides à la presse sans besoin de passer par la case déontologie.
Quand on voit cet article et surtout le précédent (sur la Côte-d'Ivoire) on se dit que Rue 89 n'aide pas vraiment ni la presse ni les peuples d'Afrique en passant des partenariats sans exigence de qualité.
à LienRag
De ydcl
22H47 | 03/08/2009 |
Selon toi, rue 89 devrait faire quoi ?
De Pierrrrre
19H37 | 03/08/2009 |
To go au Niger,
c'est pas vraiment bénin.
De Nicolala
Artist | 23H53 | 04/08/2009 |
Les reves de L'AFRIQUE sont tres loin…
ne pas aller au Togo
ni au Benin
ni au Niger
jusqu'a ce que le temps redevienne beau pour les journalistes
et la population…
African Queen
nicolala
De Nicolala
Artist | 23H54 | 04/08/2009 |
Les reves de L'AFRIQUE sont tres loin…
ne pas aller au Togo
ni au Benin
ni au Niger
jusqu'a ce que le temps redevienne beau pour les journalistes
et la population…
African Queen
nicolala