Gang des barbares : Me Szpiner se lâche sur Bilger et les avocats
L'avocat des Halimi aurait traité le premier de « traitre génétique » et les seconds de « connards de bobos de gauche ».
A la demande du procureur général Laurent Le Mesle, le batonnier de l'ordre des avocats Charrière-Bournazel a ouvert une enquête à l'encontre de Me Francis Szpiner, l'avocat de la famille Halimi dans le procès du « gang des barbares », pour des propos rapportés dans un article du Nouvel Observateur le 23 juillet.
Selon le magazine, Me Szpiner, ancien avocat de Jacques Chirac et d'Alain Juppé, y qualifiait les avocats de la défense de « connards de bobos de gauche » et l'avocat général Bilger de « traître génétique », n'hésitant pas à rappeler que son père avait été condamné pour collaboration pendant la guerre. Ambiance.
A l'issue du procès, l'avocat général Bilger avait qualifié le verdict à l'encontre de Fofana et de ses 26 co-accusés « d'exemplaire ». A l'inverse, Me Szpiner avait regretté la « bienveillance » du jury et demandé en conséquence un nouveau procès, public cette fois. Quelques jours plus tard, la ministre de la Justice demandait effectivement au Parquet de faire appel.
Le 15 juin, 24 des avocats de la défense avaient signé un texte dénonçant la politisation du débat par Me Szpiner :
« Comment admettre qu'un examen aussi attentif, qu'une décision prise en conscience par douze juges, soit ainsi foulée au pied par le Garde des Sceaux sur la seule pression d'un avocat de Partie civile transformé en accusateur public, et d'associations ignorantes du dossier ?
Comment admettre qu'au moment où la Cour se retirait pour délibérer Maître Francis Szpiner ait annoncé que, quel que soit le verdict, il obtiendrait du Garde des Sceaux un appel ? »
« On sait Francis Szpiner capable de pêter les plombs »
Contacté par Rue89, Philippe Bilger n'a pas souhaité réagir « autrement que par la réaction officielle mise en oeuvre par le parquet : une demande d'enquête disciplinaire. En tant qu'avocat général, je n'ai pas failli à ma mission ».
Pour Gaëlle Dumont, avocate d'un des prévenus :
« Ces propos sont à prendre avec précaution puisqu'ils sont rapportés. Mais si Me Szpiner a réellement tenu de tels propos, c'est inacceptable. Il y a des règles de courtoisie et de politesse à respecter, notamment quand on fait le serment d'avocat. On sait Francis Szpiner capable de “ péter les plombs ”. Mais ce qui est rapporté sur Philippe Bilger est encore plus choquant. »
Gilles Antonowicz, avocat d'une des jeunes-filles ayant servi d'appât, partage cet avis :
« Ce qu'il a dit, notamment à l'égard de monsieur Bilger, est scandaleux. Ce n'est pas parce qu'on est l'avocat d'une famille qui a souffert qu'on peut se permettre d'insulter les gens. Pour moi Szpiner, c'est l'avocat des coups tordus.
Il n'a pas obtenu ce qu'il voulait pendant le procès alors il a mené une campagne contre l'avocat général qu'il accusait de complaisance (accusation infondée par ailleurs puisque la peine est inférieure à celle requise par Me Bilger). Il a donc fait jouer ses réseaux pour obtenir un appel invraissemblable. »
« Connards et avocats bobos de gauche étaient deux propos séparés »
Dans une interview à lexpress.fr aujourd'hui, Francis Spiner dit n'avoir « rien à se reprocher » et explique que ses propos ont été « sortis du contexte ». Il reste « serein » quant à la procédure engagée contre lui :
« J'ai souligné, tout au long du procès, l'importance des droits de la défense. “Connards” et “avocats bobos de gauche” étaient deux propos séparés (...) Pendant le procès, des blogueurs tenaient sur leurs plates-formes des propos au sujet de la banlieue et de l'affaire Halimi en général que j'ai trouvé effrayants. C'est eux, et certains commentateurs, qui ont raconté des choses inexactes sur la banlieue, que je désignais par le terme de “connards” ».
Concernant Me Bilger, il se justifie de cette façon :
« Ce n'est pas moi qui ai rendu publique la condamnation du père de M. Bilger, mais lui-même dans un article publié dans Paris Match. J'ai toujours dit et pensé que les enfants ne sont pas responsables des actes de leurs parents. “Traître génétique” faisait référence à ce que j'estime être les trahisons à répétition de M. Bilger. (...) J'ai parlé de “trahison” vis-à-vis du procureur général lorsque M. Bilger a dit publiquement qu'il ne fallait pas faire appel. »
- Sur Rue89Procès Fofana : « on veut faire un nouveau procès de Nuremberg »
- Sur Rue89Youssouf Fofana condamné à la perpétuité avec 22 ans de sûreté
- Sur Rue89Procès du « gang des barbares » : Youssouf Fofana va faire appel
- Sur nouvelobs.comArticle du Nouvel Observateur
- Sur lexpress.frInterview de lexpress.fr
- Sur wikipedia.orgLa fiche Wikipedia sur Francis Szpiner
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L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
° Richard Prasquier, Président du CRIF (Conseil représentatif des institutions Juives de France) n'a toujours pas digéré le procès Fofana. C'est son droit le plus strict, mais ce n'est pas une raison pour traîner dans la boue l'Avocat Général Philippe Bilger, comme il l'a fait dans un entretien accordé à Médiapart.
Le Président du CRIF commence par la méthode « Tel père tel fils » et il affirme :
- « Je ne m'exprimerais pas sur le passé collaborationniste de son père, que Philippe Bilger a lui même évoqué dans un récent livre...
On n'est pas responsable de ses parents, et ce serait parfaitement honteux d'utiliser cela comme argument. »
° Rappeler ce passé à propos d'une affaire d'antisémitisme, ne peut que conduire à un raccourci diabolique.
En fait, Phillipe Bilger n'est que le fils de son père, autrement dit un antisémites inconscient, refoulé ou masqué.
En précisant qu'il serait « honteux » de dire ce qu'il vient de dire, Prasquier ne fait qu'ajouter une dose d'hypocrisie à sa plaidoirie douteuse.
* Le Président du CRIF utilise ensuite la technique de la suggestion hypothétique. A en croire les Avocats, explique-t-il, Bilger aurait dit à Fofana :
- « Par votre comportement, vous rendez vous compte que vous allez rendre l'antisémitisme odieux ! »
Et il précise :
« Si cette phrase a été prononcée, cela disqualifie totalement M. Bilger ! ».
° En somme, Prasquier ne sait pas si la phrase incriminée a été prononcée ou non, mais il fait comme si elle l'avait été, afin de corroborer la piste d'un antisémitisme génétique précédemment évoqué.
¤ De telles méthodes sont à l'éthique ce que la chasse aux sorcière est à la Justice.
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Source : JD / Journal Marianne N° 640
° En réalité, Maître Szpiner reprend à son compte la version hypothétique du Président du CRIF, et charge l'Avocat Général.




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