En France, le nombre d'écoutes a quadruplé en sept ans
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Le Figaro lance une bombinette dans la mare en relayant ce mardi une étude de Claudine Guerrier, enseignante et chercheuse à l'école Télécom et management Sud-Paris.
Publiée en janvier mais passée inaperçue à l'époque, elle montre que les écoutes légales ont explosé en France ces dernières années.
Il faut distinguer deux types d'écoutes (ou interceptions) légales. Les écoutes judiciaires sont diligentées par un juge d'instruction. Depuis la loi Perben 2 en 2004, il est également possible pour le procureur (avec l'accord du juge des libertés et de la détention) d'y recourir dans une enquête préliminaire sur des affaires de terrorisme, blanchiment, torture, enlèvement, trafic de drogue et délinquance en bande organisée.
Claudine Guerrier avance le chiffre de 5 845 interceptions de ce type en 2001, contre 26 000 en 2008. C'est beaucoup mais, toujours selon cette étude, « quinze fois moins que l'Italie, douze fois moins que les Pays-Bas et trois fois moins qu'en Allemagne ».
Ecouter coûte cher : 497 euros (fixe) ou 88 euros (mobile) chaque interception
Philippe Madelin, spécialiste des questions de renseignement et blogueur sur Rue89, considère que cette pratique est limitée en France pour des questions de coût et d'habitude :
« Aux Etats-Unis, les écoutes sont une pratique très ancienne, liée à la corruption et au gangstérisme. En France, les procureurs calment les magistrats trop demandeurs. »
Il existe un autre type d'interceptions : les écoutes administratives (ou de sécurité), un peu moins de 6 000 en 2008. Celles-ci sont réalisées à l'initiative des services de renseignements, de douane ou de l'anti-terrorisme, avec autorisation du Premier ministre, dans les sous-sols des Invalides.
Ces écoutes coûtent cher : les opérateurs de téléphonie facturent 497 euros (hors taxe) chaque interception sur une ligne fixe et 88 euros (toujours hors taxe) pour un portable.
« Ecouter, souvent, ne suffit pas à comprendre »
Pour dégager 45 millions d'euros d'économies, l'étude explique qu'une plate-forme nationale d'interceptions judiciaires a été mise en place en 2007. Avec l'objectif de regrouper les différents sites d'écoutes judiciaires disséminés sur tout le territoire en un seul point, tenu secret mais qui se situerait en région parisienne.
« C'est une facilité très dangereuse », estime Philippe Madelin :
« Ecouter, souvent, ne suffit pas à comprendre. Les écoutes ne sont jamais qu'un élément dans un système plus général de surveillance. »
Parmi les moyens pour les écoutés de contourner le dispositif : ne rien dire de compromettant au téléphone (évidemment), utiliser des codes (sachant que la plupart du temps, l'écoute se déclenche en fonction de mots-clés), téléphoner dans une voiture (ce qui complique l'interception), changer fréquemment de puce de téléphone portable.
Etant donné que les écoutes ne sont soumises à aucun contrôle émanant d'un organisme indépendant, Claudine Guerrier estime qu'elles représentent « une menace pour la vie privée ».
Difficiles à chiffrer par ailleurs, les écoutes illégales ou sauvages ne sont pas abordées par l'étude. On estime qu'elles atteindraient un nombre dix fois supérieur aux écoutes légales, soit plus de 200 000 chaque année.
? Modifié le 29/7 à 11h49. Paragraphe sur les différents types d'écoutes précisé.
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Jardinateur
Jardinateur
L'étude est très détaillée, trop sans doute pour la comprendre sereinement.
Quant à l'article, il survole mais, on en attendait pas plus.
par exemple, il fantasme avec des systèmes d'écoute qui se déclenchent sur des mots clés.
Il doit y avoir confusion avec les SMS.
NON, quand une écoute et faite, l'opérateur enregistre tout (à l heure de la compression mp3 ça fait pas grande différence)
en revanche, ceux qui les analyses utilisent probablement leur bon sens pour aller directement à ce qui les intéresse
Globalement on parle des interceptions judiciaire, qui regroupent
- les écoutes téléphoniques au sens propre
(typiquement celles que Mitterand avait fait faire pour protéger les fuites sur sa fille Mazarine)
- les requêtes judiciaires qui représentent en fait 99% des cas.
que représente un requête judiciaire :
depuis l'arrivée des portables, les téléphones ont une composante personnelle qui permet de plus une localisation ;
typiquement les types de requètes sont du genre :
d'ou (*) et à quel(s) numéro(s) le n°06xxxxxxx a t-il téléphoné dans la nuit du 25 au 26 dec...
(*) la localisation étant donné à l'émetteur près (donc à 1 ou 10 km près selon la densité du réseau)
Les écoutes téléphoniques sont aussi possibles, bien que beaucoup plus onéreuses pour le ministère de la justice.
Elles sont réservés pour les cas hyper sensibles (terrorisme, mafia, etc) et relativement inefficaces car ça fait belle lurette que le grand banditisme sait pertinemment qu'il faut utiliser des prépayés anonymes et les changer régulièrement.
dans ce type de banditisme, Il n'est pas rare d'arrêter des gens et trouver plus d'une dizaine de téléphones différents chez eux (et pas forcément sur des opérateurs français)




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