à débattre 16/07/2009 à 11h52

Hypios, le premier marché aux solutions sur Internet


Un marché aux solutions, voilà ce que proposent les jeunes fondateurs d'Hypios, un site internet où vous publiez votre problème et résolvez celui d'autres contre rémunération.

L'idée d'un marché aux solutions

L'idée est sortie de jeunes cerveaux, suite à la rencontre entre un entrepreneur de 23 ans et un groupe d'étudiants. Une première version de leur site Internet a été lancée en juin 2009. Le concept du site découle d'une série de constats.

  • Des personnes, ou des entreprises, se trouvent face à des problèmes et ne parviennent pas à les résoudre. D'autres personnes, ailleurs dans le monde, ont les capacités pour les résoudre. Seulement, ces personnes ne sont pas en contact et n'ont pas connaissance des besoins et compétences des uns et des autres. De plus, certaines entreprises n'ont pas accès aux services d'un expert, pour des raisons financières comme techniques.
  • Le constat n°1 dit que le monde regorge de problèmes, mais aussi d'intelligence. Mais pour des raisons de communication et de coordination, cette intelligence est en partie inexploitée et les problèmes irrésolus. C'est d'autant plus dommage que les personnes qui ont des problèmes seraient prêtes à mettre de l'argent pour les voir résolus. Et que les personnes qui pourraient apporter une solution peuvent avoir envie de relever le défi et ainsi gagner de l'argent.
  • Les réseaux sociaux sur Internet peuvent très rapidement mettre en relation des personnes se trouvant à l'un et l'autre bout du monde et communiquer de l'information de manière ciblée et efficiente.


C'est au terme de cet enchainement de constats que les fondateurs d'Hypios ont conçu leur site Internet. Sur Hypios, vous pouvez être « seeker », c'est-à-dire publier un problème et sa description, ou « solver », c'est-à-dire tenter de résoudre un problème au choix parmi tous les problèmes publiés.

En mettant en contact « seekers » et « solvers » et en donnant lieu à un échange d'idées, les fondateurs entendent désenclaver la connaissance, permettre un meilleur accès aux compétences et aux techniques et ainsi améliorer le partage du savoir au niveau global. Rue89 a interviewé Klaus Speidel, délégué à la communication de Hypios, et Stéphane Lambert, attaché de presse : (Voir la vidéo)

Concrètement, comment ça marche ?

Le site est une plate-forme où le « solver » a un profil, un ou des réseau(x) et où il peut rechercher les problèmes par catégorie ou par mot-clé. Le « seeker », quant à lui, publie une description rapide de son problème ponctuel, attache un fichier le présentant précisément, et précise le montant qu'il donnera à l'inventeur dont il appliquera la solution, ainsi qu'une date d'échéance pour le dépôt des solutions.

A cette date, le « seeker » consulte les solutions à son problème et en classe cinq. Hypios rémunère le « solver » de la première solution dont il obtient un droit exclusif et rémunère dans une moindre mesure les quatre suivantes, sur lesquels il obtient une licence. Pour les « seekers » comme pour les « solvers », l'inscription est gratuite.

Les types de problèmes posés et l'échelle de prix qui leur est associée sont aujourd'hui les grandes inconnues de l'aventure, la seule contrainte étant un tarif minimal de 1500 dollars (1000 euros). Les fondateurs annoncent pour septembre des problèmes en droit, design et informatique notamment, mais avouent ne pas pouvoir prédire quels seront les choix des utilisateurs.

Le site est encore en version bêta. Chose amusante, la société Hypios est la première à jouer le jeu en publiant ses propres problèmes, notamment ceux concernant le fonctionnement du site. Hypios voudrait par exemple pouvoir rediriger un « solver » qui a résolu un problème vers un problème similaire, même si les deux problèmes ne relèvent pas du même secteur. Si vous vous sentez de trouver l'algorithme qui résoudra leur problème, vous savez désormais ce qu'il vous reste à faire. (Voir la vidéo)

Les sites de solutions déjà existants

On trouve déjà sur le Net des plates-formes qui invitent les utilisateurs à l'échange d'idées et de solutions. Dans le domaine de l'informatique, le site Commentçamarche se présente comme une « communauté informatique » pour « se dépanner, se faire aider, se former à l'informatique et aux nouvelles technologies ». L'inscription et l'échange y sont gratuits. Davantage centré sur la création et mettant l'utilisateur à contribution, Crowdspirit invite l'utilisateur à concevoir de nouveaux produits électroniques sur sa « place de marché à l'innovation ». L'idée découle du « crowd sourcing » (le fait d'inviter la « foule » au développement d'idées et de produits) et les utilisateurs du site sont rémunérés en fonction du développement du produit qu'ils ont conçu par un fabricant et de la commercialisation de leur innovation.

Mis à jour le 16/7 à 15 : 38. Dernier paragraphe.

  • 18599 visites
  • 59 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Iv
    Iv répond à mrmeuble
    Roboticien utopiste
    • Posté à 13h29 le 16/07/2009
    • Internaute
      Roboticien utopiste

    Et c'était comme ça, parce que ce qu'ils proposent, le travail à la prime, ce ne rentre pas dans le petit cadre légal Français. Je me demande quel statut ont les solvers...

  • Dave Feng
    • Posté à 14h24 le 16/07/2009
    • Internaute

    Certains comparent cette expérience à une reformulation du consulting. Mais, à certains égards, il me semble que les créateurs de cette organisation s'efforcent justement de contourner les problèmes classiques de l'expertise en s'appuyant, comme le fait RUE89 (par exemple), sur la « richesse des réseaux ».

    Cela dit, les livres sur la richesse des réseaux (exemple : Yochai Benkler, Wealth of Networks) soulignent souvent que les réseaux qui fonctionnent sont ceux dont l'interface est modifiée par les agents du réseau (mais peut-être que les jeunes gens ont perçu cela et que c'est en tenant compte de ce point qu'ils proposent à la résolution leurs propres difficultés).

    Enfin, d'autres riverains regrettent la rémunération... mais je ne suis pas sûr que l'absence de rémunération soit une excellente chose. En effet, participer à un réseau, surtout quand les tâches deviennent complexes (comme ici), prend du temps. ce qui signifie, par exemple, que rentré de son travail alimentaire, l'agent donne du temps de travail en plus - ne serait-il pas intéressant que les agents, au lieu d'avoir un travail alimentaire qu'ils méprisent et un travail bénévole qu'ils apprécient, se mettent à avoir pour source de revenu quelque chose qui les stimule effectivement ?

    Et, plus généralement, beaucoup de réseau ne fonctionnent que sur le bénévolat - mais reversent de bons revenus à leurs propriétaires. Que, pour une fois, le travail de coopération soit reconnu et que la répartition de ses revenus se fasse plus équitablement me semble juste et contrer cette impression d'économie de Sierra Madre que donne souvent le Web.

    Suivons l'affaire !

  • Dave Feng
    Dave Feng répond à Iv
    • Posté à 14h29 le 16/07/2009
    • Internaute

    Je ne vois pas en quoi cela ne rentre pas dans le cadre du travail en France. C'est une vente de service. Libre aux solvers de déterminer le statut fiscal qu'ils donnent à cette entrée d'argent - en l'intégrant dans leur revenu de manière brute, ou en créant une disposition (exemple : autoentreprise) qui permet de payer diverses cotisations sur ce revenu.

    Quand vous vendez des trucs sur Ebay, ce n'est pas sous le radar de la loi (a moins, bien sûr, que vous ne le dissimuliez aux impôts...).

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 14h35 le 16/07/2009
    • Internaute
      Now future & karpe diem

    En fait, c'est pas l'idée qui est originale, mais l'outil.

    L'idée, c'est du sur réchauffé. Rien que maintenant tout de suite, c'est ce que propose les forums corporatifs (par exemple sur la programmation, les maths ou l'écriture) mais aussi les sociétés d'interims (besoin d'un maçon, ok en voila un pour 10% de comm) et les SSI et même les gouvernements (besoin d'un conseiller militaire, en voilà un... ha non, il s'est fait kidnapper : D).

    Par contre, l'outil me semble plus évolué que ce qui existe actuellement. Certes il existe des portails de consultants où l'on peut chercher un mercenaire, version améliorée de la petit annonce, en consultant des profils, mais je suis pas sûr que ça pousse le vice jusqu'à exposer les problèmes, les trier par catégorie et faire des associations avec les profils disponibles.

    Mais bon, si la théorie me semble sympathique, je reste dubitatif quant à la pratique...
    Si je requiert les services d'un développeur indonésien que je paye 1000€ pour revendre son code 10000€ à un de mes clients, ça peut le faire.
    Mais si j'ai besoin d'un peintre pour refaire mon appart, difficile de faire bosser le mec de Jakarta... parce que pour trouver un travail au noir, ça va être dur vu que le fisc risque de regarder ce site de très près : D

  • FredP
    FredP répond à nasnous
    Ingénieur à la Défense - (...)
    • Posté à 14h52 le 16/07/2009
    • Internaute
      Ingénieur à la Défense - (...)

    Certes il y a crowdspirit mais ce n'est pas le seul.....

    ekotekoo (Lien) vient de lancer sa plateforme de co-développement (Lien). L'idée est toujours aussi simple : il y a plein de personnes qui cherchent et plein de personnes qui pourraient les aider à trouver, pourquoi ne pas les mettre en face les unes des autres.

    Ekotekoo a choisi de se spécialiser dans le domaine des énergies mais c'est la même idée à la base !