A la une 16/07/2009 à 18h45

Anti-cumul cumulard, Arnaud Montebourg lâcherait un mandat

Julien Martin | Ex-Rue89


Arnaud Montebourg à l’université d’été de la Rochelle en août 2008 (Audrey Cerdan/Rue89).

Député et président du conseil général de Saône-et-Loire : un mandat de trop, selon Arnaud Montebourg. Longtemps chantre du combat contre le cumul des mandats, l’élu socialiste avait fini par craquer aux cantonales de 2008. Lundi, il dira qu’il va prochainement renoncer à l’un de ses deux mandats, sans préciser lequel.

Le résultat d’une réflexion donnée au cours de la nouvelle émission de France Info, enregistrée à l’avance et présentée par Philippe Vandel, « Tout sauf évident », dont Rue89 a obtenu l’extrait. Arnaud Montebourg explique sa décision :

« Un an après mon expérience qui a mis fin à onze ans de mandat unique, je reste convaincu qu’il faut mettre fin à ce système généralisé. (...) Je n’ai pas l’intention de poursuivre cette expérience de cumul de mandat. » (Ecouter le son)


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2009_07_16_Montebourg.mp3

Celui qui est également secrétaire national à la Rénovation au Parti socialiste laisse d’abord à penser qu’il quittera son poste de président de conseil général, en affirmant qu’il y a « aujourd’hui un étranglement financier de nos collectivités locales », ainsi qu’une « stratégie politique de coulage par le pouvoir des contre-pouvoirs locaux ».

Mais aussitôt, à la question de savoir s’il pourrait abandonner son siège de député, il répond sans ambages : « Parfaitement ! Ou l’inverse... » Quoi qu’il en soit, « la question se posera rapidement ».

« Ne considérez pas cela comme annonce »

Contacté un peu plus tard par Rue89, Arnaud Montebourg « ne retire rien de ses propos » sur France Info, mais indique : « Ne considérez pas cela comme annonce, j’ai seulement donné mon état d’esprit. » Début de rétropédalage ? Non, assure-t-il :

« Au bout d’un an d’expérience de cumul des mandats, je crois qu’il y a un problème. Mais je déciderai en temps voulu. En tout cas, la question est posée, et il faudra vite y répondre. Mais il n’y a ni calendrier ni choix entre les mandats. Cela dépendra aussi du Parti socialiste, j’en ai par-dessus la tête en ce moment... »

Ce choix, entre la multiplication des pouvoirs et le respect des ses convictions, s’était déjà posé à l’élu socialiste fin 2007. Le 18 décembre de cette année, il avait fait publier dans les quotidiens locaux une lettre, révélée la veille par Rue89, pour annoncer son ambition : se présenter aux élections cantonales de mars 2008 et prendre la tête du conseil général.

« Une Assemblée émasculée par le sarkozysme »

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Après avoir effectué un sondage sur son blog pour mesurer la popularité d’une telle décision, le déjà député se justifiait tout au long de cette lettre de trois pages, rejetant la faute sur le système sarkozyste surpuissant par rapport à la faiblesse du Parti socialiste :

« Il s’agit de ma part d’un choix lié à la situation du pays, aux graves bouleversements qui se préparent. (...) Cette candidature est d’abord un acte de résistance à la montée de l’absolutisme sarkozyste.

“En 2012, la gauche aura été pendant dix longues années dans l’opposition. (...) Pour ma part, j’aurai 49 ans et accumulé quinze années de vie publique, après huit années de vie professionnelle. On me demandera alors des preuves de ce que j’aurai fait et concrètement assumé. Il ne sera pas possible d’avoir exclusivement vécu dans l’exercice tribunicien pur, au sein d’une Assemblée nationale émasculée par le sarkozysme.”

Pari réussi quelques mois plus tard : il remportait dans les urnes à la fois un poste de conseiller général et la présidence de l’assemblée départementale. Un pari qu’il semble donc en passe de remettre en cause aujourd’hui, même si la situation politique du pays n’a guère évolué.

Photo : Arnaud Montebourg à l’université d’été de la Rochelle en août 2008 (Audrey Cerdan/Rue89).

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  • Cataphractaire
    Cataphractaire
    Keodedour ar bed
    • Posté à 19h06 le 16/07/2009
    • Internaute 58787
      Keodedour ar bed

    Il démontre aux citoyens qu’il est impossible d’avoir un double mandat. c’est un pied de nez majeur envers ceux qui prétendent mieux accomplir leur fonctions en ayant plusieurs charges.
    Montebourg a une vision consciencieuse de la politique.
    Bravo pour ton courage citoyen élu.

  • emile-sabords
    emile-sabords
    commerçant
    • Posté à 19h08 le 16/07/2009
    • Internaute 79270
      commerçant

    En voila une bonne info, et une bonne chose...L’Arnaud était redescendu bien bas dans mon estime après avoir rempilé aux législatives et s’être attelé aux cantonales...pis, prendre la présidence du Conseil Régional : « hou ! Les cornes ! ».
    Car il est bien sûr qu’il n’y a personne ayant le don d’ubiquité pour s’atteler à tous les postes (ou fonctions) pour faire correctement « les boulots ». On arguera qu’il est possible de déléguer, d’accord. Mais c’est alors à ceux qui ont délégation, qui font donc le boulot, de toucher les indemnités. Non mais.
    Mais le capital estime est bien rogné envers Arnaud...il faudra quelques temps et quelques belles actions pour faire remonter la température.

  • MonsieurB
    MonsieurB
    Journaleux neurasthénique
    • Posté à 19h13 le 16/07/2009
    • Internaute 83872
      Journaleux neurasthénique

    compliqué
    lacher le siege de deputé lui ferait perdre une visibilité nationale

    et d’un autre coté Montebourg me semble attaché à la gestion d’un territoire ( malgré les difficultés que cela implique)

    ses electeurs font faire grise mine

  • ZonZon la MouChe
    ZonZon la MouChe
    ni dieu ni maître !
    • Posté à 19h15 le 16/07/2009
    • Internaute 53182
      ni dieu ni maître !

    En France, 85% des parlementaires assument plusieurs responsabilités locales contre moins de 16% dans la plupart des pays d’Europe. Si c’est possible en dehors, ça devrait être possible en France ...

    Le fait de cumuler c’est de l’immobilisme politicien. Le cumul, ça sclérose le représentation parlementaire en bloquant l’arrivée de nouveaux venus de tous bords (mixité sociale, plus de jeunes, plus de disparité des sexes, mélange de professions, plus d’ouvriers et d’employés etc).

    Se pose aussi le problème des députés godillots, qui arrivent en fin de lecture pour faire leur quota de présence ou juste pour voter alors qu’ils n’ont pas écouté les débats, étant retenus par leurs mandats locaux par ailleurs.

    Sans parler de la retraite qu’ils toucheront à plein temps pour des mandats qu’ils auront occupés à mi temps ou quart de temps...

    Un seul mandat par personne et non renouvelable ! épicétout.

  • ApollonduRéverbère
    • Posté à 19h40 le 16/07/2009
    • Internaute 15757

    Je comprends qu’il en ait marre vu l’état de la direction du PS !
    Qu’il parte donc en vacances, il fera jour en septembre pour parler de tout ceci.

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