Le 14 juillet, Orelsan devait jouer aux 25e Francofolies de la Rochelle. Le rappeur était annoncé sur les affiches du festival, les billets étaient en vente sur le site de la Fnac, et les invitations des programmateurs reçues depuis des lustres. Mais voilà, Ségolène Royal ne l'a pas entendu de cette oreille.
La présidente de la région Poitou-Charentes est intervenue auprès des programmateurs de l'évènement pour s'assurer de la déprogrammation d'Orlesan. Déprogrammation que les organisateurs ont ensuite essayer de masquer, sans véritable succès.
Les Inrocks.com se sont en effet procuré les confirmations de programmation envoyées à Orelsan, et pour la direction des Francofolies de la Rochelle, qui n'a eu de cesse d'affirmer que le rappeur n'a jamais été prévu au programme, les preuves sont tout simplement accablantes.
Cali, Olivia Ruiz et Jean-Louis Foulquier condamnent la décision du festival
Le procédé pousse autant à s'interroger sur le courage des programmateurs que sur l'interventionnisme de Ségolène Royal. Orelsan, lui, n'entend pas se laisser faire. Après avoir failli être interdit de Printemps de Bourges, et juste après s'être fait retirer des bibliothèques parisiennes, le rappeur caennais ne souhaite pas en rester là.
Ce week-end à La Rochelle, ou le festival à débuté, il a reçu le soutien de plusieurs artistes qui ont publiquement pris sa défense. Il s'agit d'Olivia Ruiz, qui lui a dédié son concert, mais aussi de Cali, qui n'a pas épargné le festival, et qui a annoncé son intention de boycotter désormais les Francofolies.
« Avec cette décision, le festival se discrédite totalement. Pour ma part, je boycotterais avec tristesse mais convictions tous ces lieux muselés », a déclaré le chanteur, qui on le constatera prend ainsi aussi ses distances d'avec Ségolène Royal.
Fondateur des Francofolies de la Rochelle, Jean-Louis Foulquier a lui aussi de son côté stigmatisé l'interventionnisme de Ségolène Royal, affirmant que celle-ci était « l'instigatrice » de cette affaire, et qu'elle avait joué un rôle de « maître chanteuse ».
« Je ne voulais pas d'un concert avec des cars et des CRS »
Foulquier a également demandé à Gérard Pont, actuel directeur des Francos, a dire la vérité afin de ne pas « porter le chapeau pour les autres ». Gérard Pont reste pour l'instant fidèle à sa version, publiée le 4 juillet dans un communiqué :
« Comme je ne voulais pas d'un concert avec des cars et des CRS, j'ai préféré annuler le spectacle. J'ai pris seul cette décision, sans aucune pression de la part de Ségolène Royal. J'assume ce choix qui n'a rien à voir avec de la censure. »
Ségolène Royal, elle, est bien intervenu auprès des programmateurs. Dans un e-mail qu'elle a envoyé à une association féministe qui l'a contactée, la présidente de Région écrit ceci :
« Bien évidemment, je souscris totalement à votre point de vue sur le caractère inadmissible des paroles de nombre des chansons d'Orelsan, et pas seulement de celle ayant déclenché la polémique au moment du Printemps de Bourges.
J'avais été alertée, en mars dernier sur une possible programmation de ce rappeur aux Francofolies de La Rochelle et j'avais interrogé les organisateurs qui m'avaient rassurée sur la non-présence d'Orelsan aux Francofolies.
Suite à votre lettre ouverte et aux informations transmises par la presse locale, j'ai repris contact avec les organisateurs qui m'indiquent qu'Orelsan n'a jamais été programmé (aucun contrat n'a été signé avec lui) et ne le sera pas. Vous avez bien fait d'exercer votre vigilance. Croyez bien que je la partage. »
« Est-ce que les financiers ont un droit de regard sur la programmation ? »
Manager d'Orelsan, Vincent Demarthe s'étonne lui sur L'Express.fr de l'attitude de Ségolène Royal :
« La vraie question est : quelle est aujourd'hui l'indépendance des programmateurs de salle et des festivals dont le financement repose sur les collectivités locales ?
Est-ce que cet argent sous entend que les financiers doivent avoir un droit de regard sur la programmation en fonction de leurs lignes de pensée ? »
Le manager du rappeur a également rappelé qu'Orelsan ne jouerait pas aux Francos tant que l'organisation ne tiendrait pas un message clair :
« Dans cette histoire, quelqu'un ment. Nous avons la certitude que Ségolène Royal a répondu à des organisations féministes et leur a dit qu'elle avait demandé la déprogrammation d'Orelsan. Par ailleurs nous n'avons jusqu'à maintenant eu aucun contact direct avec Gérard Pont. »
« Ce n'est pas Royal qui arrangera mon cas, j'aimerais rencontrer Mitterrand »
Aux Francofolies, sous l'impulsion de Jean-Louis Foulquier, l'idée d'une re-programmation symbolique d'Orelsan a fait son chemin. Elle semble aujourd'hui peu probable.
Le rappeur lui, qui avait déjà évoqué par voix de presse la possibilité de rencontrer Ségolène, s'est directement adressé au ministre de la Culture. Le 13 juillet sur Europe 1, il a déclaré :
« Ce n'est pas Ségolène Royal qui arrangera mon cas. J'aimerais peut-être mieux rencontrer Frédéric Mitterrand, qui, lui, est chargé de ça. »
La balle est désormais dans le camp du nouveau ministre de la Culture, qui ne pourra pas se contenter de rester muet sur le sujet.
► Addendum le 14/7 à 16h50. Interrogé par RTL à la garden party de l'Elysée, Frédéric Mitterrand a finalement réagi à la déprogrammation d'Orelsan :
« Orelsan exprime le dépit amoureux avec des termes qui ne sont pas les miens mais il a le droit de l'exprimer, je ne trouve rien de choquant ni de répréhensible à la manière dont il le chante (…) Rimbaud a écrit des choses bien plus violentes (…) Il a le droit de chanter sa chanson où il veut.

























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De Xa_chan
(nippon ni mauvais) | 11H35 | 14/07/2009 |
Orelsan a bien raison. Ségo et la direction des Francos ont été assez stupides pour créer cette polémique sur fond de bien-pensance, Orelsan peut et doit maintenant en profiter, c'est le jeu médiatique.
Qu'on aime ou pas Orelsan (perso, je n'aime pas ce qu'il fait), toute tentative de censure est inadmissible. Surtout pour une chanson qu'il ne joue plus en public et qui n'est pas éditée sur son album. Mais de toutes façons par principe, la censure artistique ne doit pas exister
J'attends maintenant la déferlante des « chiennes de garde » : j'ai dit qu'Orelsan avait raison de son action et que la censure ne doit pas exister. Vous pensez bien qu'ils et elles vont s'en donner à coeur joie.
De Liger
liger.amsud.net | 11H49 | 14/07/2009 |
Une bonne fois pour toutes, faites vous votre propre opinion sur l'objet du délit :
http://videos.nouvelobs.com/video/iLyROoafJPb-.html
La bien-pensance, celle-la même qui confond éducation et dressage, est en marche.
- Plus droit au cahier de brouillon : une mauvaise chanson justifie la fin d'un artiste,
- Plus droit à la jeunesse : être dans la rue, c'est être une racaille
- Plus droit à l'adolescence, ni à l'enfance : les enfants ne doivent plus être éduqués, mais sont passibles des mêmes sanctions qu'un adulte
- Plus droit à la personnalité : un enfant« vivant » est un hyperactif, que l'on standardise par une camisole chimique
- Plus droit à évacuer sa colère verbalement : traitez une ministre de menteuse, criez « Sarko je te vois » et vous ferez la une des infos
Après Vals et Dray, c'est Ségolène elle-même qui se crame. Le royalisme est-il mort ?
De Xa_chan
(nippon ni mauvais) | 11H57 | 14/07/2009 |
Je vous rappelle que l'affaire a déjà été abordée sur Rue89 avec entre autres la citation du texte incriminé.
Oui, ce texte est violent, parle de meurtre et donne une image dégradante de la femme. Mais ce texte est une fiction, Orelsan ne parle pas pour lui mais se met dans la peau d'un gars dont « l'arsenal » émotionnel est si limité qu'il ne voit que cette solution à « l'affront » qui lui a été fait.
Bien évidemment, lu au premier degré, en se basant sur le fait qu'Orelsan pense ce qu'il écrit, c'est un texte révoltant. Mais voilà, c'ets une oeuvre de fiction.
Si on se met à interdire ce genre de fiction, dites adieux donc à de grands pans de cinéma, d'art et de littérature. C'est ça qui est dangereux, en définitive et pas le devenir d'un artiste tel qu'Orelsan que je trouve soit dit en passant très médiocre.
Mais ce n'est que mon avis et il ne me viendrait pas à l'idée de l'imposer à d'autres.
De Michael A.
apprenti-chercheur (futur chômeur) | 12H05 | 14/07/2009 |
Attendez, aux Eurockéennes, cette année, un groupe nommé Cypress Hill a joué.
Avez-vous la moindre idée de ce que donne la traduction française de leurs textes ? Hum ?
En exagérant à peine, c'est du genre « je vais te crever sale p***, prends mon gun dans ton c** je vais tirer » etc etc.
La question n'est pas de savoir s'ils ont le droit ou non de dire cela, mais de s'interroger sur leur public : est-il nécessairement formé de hors la loi dangereux, adepte des armes, de la violences des gangs etc. ? Et bien non, de toute évidence.
Il se pourrait que ce genre de groupe joue un rôle tout simplement DISTRAYANT (oulala quel gros mot ! ).
Pour autant je me réjouis qu'ils aient la liberté de jouer tranquille. Je rappelle qu'un musicien, ou artiste de scène, CE N EST PAS UN HOMME POLITIQUE. Le contenu de son œuvre doit jouir de la liberté d'expression dans le sens maximal du terme, car on doit laisser le bénéfice du doute quant à l'usage du 2ème degré ou plus dans la compréhension de ce qu'il dit.
Un peu de tolérance, que diable !
Alors le cas orelsan, ben franchement c'est assez pitoyable non pas qu'on cherche à lui barrer la route (ça peut se comprendre que certains essaient), mais tout simplement que l'interdit soit effectif (il a été déprogrammé).
Bientôt les gros mots et le « mauvais esprit » interdits sous peine de prison ? ?
Molière (et bien d'autres) doit se retourner dans sa tombe…
De dideix
12H13 | 14/07/2009 |
je penses que vous y etes aussis border line ,en acceptant les mots d'ORSELANE c'est ta mére qu'il traite de pute ,ou la mere d'une autre personne ou une soeur ou une fille ,que trouvez vous de bien dans des paroles avalisante et discriminatoire envers certains groupes de la population,il est la le fachisme ecouter et ne pas comprendre ,ecouter et tout betement ce faire lobotomiser et pour certain ecouter et ce sentir deculpâbilisé et passer a l'acte
De elisa33
12H17 | 14/07/2009 |
une association de défense des femmes soutient Ségolène Royal/ L'association des Elu-e-s contre les violences faites aux femmes (ECVF) a soutenu lundi la position « courageuse et honnête » de Ségolène Royal, qui en tant que présidente de région avait souhaité que le rappeur controversé Orelsan ne se produise pas aux Francofolies de La Rochelle.
« Nous soutenons Ségolène Royal, dont nous estimons la position courageuse et politiquement honnête », indique l'ECVF dans un communiqué.
« Courageuse, car le combat contre le sexisme paie peu en termes de reconnaissance médiatique, politique ou sociale. Honnête, car (…) Ségolène Royal est engagée depuis une quinzaine d'années contre les violences faites aux femmes », précise l'association « qui rassemble des élus de tous les partis politiques républicains de gauche comme de droite ».
La déprogrammation du rappeur Orelsan des Francofolies a pris un tour politique, les critiques se concentrant sur la présidente socialiste de Poitou-Charentes. Si le festival a nié toute pression, celle-ci n'avait pas caché sa satisfaction après la déprogrammation du rappeur.
« Depuis qu'Orelsan a été déprogrammé des Francofolies, Ségolène Royal est prise pour cible », déplorent ces élus, faisant valoir que « d'autres personnalités politiques de différents partis ont aussi dénoncé le caractère inadmissible des paroles d'Orelsan, sans s'attirer autant d'animosité », citant notamment Dominique Bussereau (UMP), Christine Albanel (UMP), la députée Marie George Buffet (PC), le président de la région Centre François Bonneau (PS), ou l'adjoint au Maire de Paris Christophe Girard (PS).
« Pourquoi n'agite-t-on l'épouvantail de la censure que lorsqu'il s'agit de sexisme ? », interroge l'association, qui demande « une prise de conscience politique de la dangerosité du sexisme et du machisme érigés en culture ».
« Presque tout le répertoire du chanteur, et non seulement la chanson +Sale Pute+, fait l'apologie des violences sexistes et sexuelles », assure l'association, qui cite la chanson « Suce ma bite pour la Saint-Valentin ».
Pour ECVF, la liberté d'expression « connaît des limites : l'appel à la haine et au meurtre », et estimant que « Orelsan a dépassé toutes ces limites ».
http://www.lepoint.fr/actualites-politique/2009-07-13/orelsan-une-associ…
De elisa33
12H46 | 14/07/2009 |
Dans un communiqué de presse adressé aux médias ce mardi 14 juillet, Ségolène Royal réagit à la déprogrammation du rappeur Orelsan -qui s'exprimait ce matin dans Sud Ouest- du festival des Francofolies.Pour Ségolène Royal, « toutes les affirmations de menace pour obtenir la déprogrammation du rappeur, de même que toutes les allégations de chantage à la subvention sont fausses et diffamatoires'. En revanche, l'ancienne candidate à la présidence de la République “assume avoir sollicité des informations auprès des organisateurs des Francofolies après avoir été saisie par des associations de lutte contre les violences faites aux femmes, et avoir exprimé sa satisfaction à l'annonce de la déprogrammation du rappeur d'un des plus importants festivals de la région qu'elle préside”.
Dans son communiqué, Ségolène Royal n'hésite pas à reprendre les termes de la chanson “Sale Pute” d'Orelsan, à l'origine de la polémique actuelle : “Est-il en tolérable qu'un chanteur appelle au meurtre et à la violence contre les femmes, pas seulement dans une chanson mais dans plusieurs, qu'il menace de les ‘ marie-trintigner ’, de les ‘ avorter à opinel ’ ? ”
En conclusion, ajoute Ségolène Royal, “tous ceux qui se sont déclarés solidaires de ce rappeur, messieurs Lefevre et Paillé de l'UMP, mais aussi Lang ont perdu une occasion de se taire”.
Une réaction qui ne devrait pas manquer de soulever de nouveaux débats sur le vieux port de la Rochelle où se dérouleront ce mardi soir les derniers concerts des Francofolies 2009. http://www.lepost.fr/article/2009/07/14/1619560_segolene-royal-reagit-a-…
De Tigerbill
retraité en CDI en charente-maritim... | 13H05 | 14/07/2009 |
Il ya des limites à la liberté d'expression
Ehh, oui…
Définies par la LOI.
Pas par les pressions de qui que ce soit.
Tordez les faits dans tous les sens, vous ne pouvez pas échapper à ça.
Le jour où quelqu'un vous fera fermer votre gueule au nom de ses principes qui ne sont pas les votres, sans décision de justice pour le faire, vous verrez.
De skalpa
actif et militant ? | 14H37 | 14/07/2009 |
ORELSAN A LA VILLA MEDICIS !

Voilà une vraie revendication !
Et tant pis si Frédéric n'y est plus !
; -)
http://kprodukt.blogspot.com/