24 co-accusés ont écopé de peines allant de six mois avec sursis à 18 ans de réclusion. Deux autres accusés ont été acquités.

13 février 2006. Un jeune homme est retrouvé agonisant le long d'une voie ferrée à Sainte Geneviève des Bois. Trois ans après, ce sont 27 personnes qui ont été jugées deux mois durant pour le meurtre raciste d'Ilan Halimi.
A l'issue de ce procès, le chef du « gang des barbares », Youssouf Fofana, a été condamné vendredi soir à la réclusion à perpétuité avec une peine de suretê de 22 ans, soit la peine demandée par l'avocat général. Une peine que le jeune homme de 28 ans a accueillie par des petits applaudissements sourds en regardant les parties civiles.
Pour les 26 autres accusés, des peines de six mois avec sursis à 18 ans ont été prononcées. Ainsi que deux acquitements. Samir Aït Abdelmalek, 30 ans, et Jean-Christophe Soumbou, 23 ans, ont été condamnés à 15 et 18 ans de réclusion. « L'appât », une jeune fille mineure au moment des faits, a écopé de neuf ans de réclusion criminelle.
« Les forces de l'ordre ont demandé à ma cliente de ne pas sortir de la salle d'audience », nous a confié Me Laure Heinich, avocate d'une des deux acquités. A 23h30, le calme régnait pourtant à l'éxtérieur du palais selon un autre avocat présent sur place. Les avocats doivent encore plaider les intérêts civils qui seront accordés aux parties civiles.
Après le prononcé du verdict, l'avocat des parents d'Ilan Halimi, Maître Francis Spziner, a regretté la « bienveillance » du jury pour six des accusés et réclame en conséquence un nouveau procès.
Le procès du « gang des barbares » aura d'abord été celui de Youssouf Fofana et de ses complices directs. Mais il a aussi permis d'interroger les autres, ceux qui savaient mais n'ont rien dit de la séquestration. Retour sur les temps forts de ces deux mois et demi d'audience.
29 avril 2009 : Youssouf Fofana nargue la cour
De l'ouverture du procès jusqu'à sa fin, Youssouf Fofana a tenu un unique discours : haineux, antisémite, incohérent la plupart du temps.
Le 29 avril, premier jour de procès, il lance « Allah Akbar » en entrant dans la salle d'audience. Lorsque le président du tribunal l'interroge sur son état civil, Youssouf Fofana décline :
« Mon nom c'est arabe, mon prénom c'est africaine barbare armée révolte salafiste. Ma date de naissance, le 13 février 2006 à Sainte-Geneviève-des-Bois (la date et l'endroit où a été retrouvé Ilan Halimi, ndlr). »
20 mai : Fofana récuse son avocate, « soupçonnée d'être juive
Youssouf Fofana continue, jour après jour, à jouer avec les nerfs de l'auditoire. Insultes adressées à la famille de la victime, magistrats menacés… Dès qu'il prend la parole, le cerveau du “gang des barbares” déraille.
Il ne se défend guère du crime dont il est accusé et récuse même ses avocats. Elsa Vigoureux, du Nouvel Observateur, rapporte qu'Isabelle Coutant-Peyre a été récusée parce que “soupçonnée” d'être juive :
“Coutant-Peyre… Peyre, c'est juif, non ? ”, se serait-il interrogé, avant de poursuivre : “On veut déjà me tuer… Donc, je ne vais pas m'entourer de gens comme ça.”
27 mai : La mère d'Ilan parle, les accusés prennent conscience
Tous les avocats interrogés sur ce procès répondent que le moment le plus fort fut celui de la déposition de la mère d'Ilan Halimi.
Romain Boulet, avocat de Jean-Christophe S., raconte un basculement :
“A ce moment là, tous (sauf Fofana) prennent conscience de ce qui s'est passé. Lorsqu'ils voient les photos de l'autopsie, on assiste également à cela. Ils sont tous livides. La mort d'Ilan Halimi n'est plus une idée, c'est un corps, ça s'est réellement passé. Tous sont dans le repentir.”
Clothilde Lepetit, avocate d'une jeune fille dont la voisine de chambre a servi d'appât, a également été marquée par l'intervention de la famille Halimi :
“Enfin, les accusés prenaient conscience de l'autre. Une prise de conscience terrible parce que tardive.”
Lorsqu'ils s'adressent à la mère d'Ilan, les accusés demandent pardon. Christophe M., mineur à l'époque des faits et accusé d'avoir torturé Ilan Halimi, dit à Ruth Halimi :
“ Dans vos mots, c'est comme si j'avais ma mère en face de moi (…) J'ai appris que la tombe d'Ilan était en Israël. J'aurais souhaité m'y recueillir. Si je sors un jour, je le ferai. ”
28 mai : Fofana reconnaît avoir tué seul Ilan Halimi
Pour la première fois, Youssous Fofana avoue le meurtre d'Ilan Halimi. Il endosse toute la responsabilité de ce crime et admet avoir torturé le jeune homme :
“Oui c'est moi qui l'ai fait, vous savez bien que je l'ai fait ! ”
Il n'éprouve aucun regret. Il est “fier” de son crime. Il le justifie en évoquant les drames africains et palestiniens.
11 juin : Chaussures lancées, Fofana renvoyé
Ce procès, déjà très dur, devient de plus en plus éprouvant. Quand il ne refuse pas de parler, Youssouf Fofana refuse de se rendre à l'audience. Ce 11 juin, il se laisse conduire au box avant de se lever de jeter une chaussure à travers la pièce. Elle retombe sans toucher personne. L'accusé parle d'un “attentat” contre ses “ennemis, les juifs de France” :
“Il y a tous les juifs du monde dans le box, ce sont mes ennemis. C'est un attentat arabe à la chaussure piégée.”
Ces paroles spectaculaires et provocatrices, Youssouf Fofana les a tenues durant tout le procès, mais maître Romain Boulet souligne que son attitude a été surtout celle d'un accusé qui ne se défend pas :
“Il n'a pas gêné le travail judiciaire. Il a même plutôt joué le jeu en ne perturbant pas les audiences. Il prenait la parole quand on la lui donnait, tenait ses propos dégoûtants mais s'interrompait quand on lui demandait d'arrêter.”
12 juin : Le dernier avocat de Youssouf Fofana récusé
Après l'épisode des chaussures lancées sur les bancs des parties civiles, Me Emmanuel Ludot a recommandé à son client de changer d'attitude. Lequel a récusé l'avocat dans une lettre écrite à la présidente du tribunal. Me Ludot n'a pas paru étonné :
“La récusation, c'est un outil de défense, ça fait partie de sa stratégie de rupture. Il veut finir ce procès dans la solitude.”
8 juillet : Ultime provocation
Refusant toute défense les derniers jours du procès, Youssouf Fofana a pris la parole pour consterner à nouveau l'assemblée :
“Il vaut mieux vivre un jour comme un lion que 100 jours comme un mouton.”
Les autres accusés ont pris la parole pour reconnaître leur responsabilité et demander pardon. Ce dernier jour constitue pour maître Lepetit, un moment fort :
“Ma cliente, une jeune fille accusée de non-dénonciation de crime, lui a répondu ‘J'ai été un mouton mais je me battrai comme un lion pour ne plus être un mouton.’ Elle a conscience de ce qui s'est produit.”
10 juillet : attente sous tension
Ce vendredi soir, un important dispositif de sécurité entoure le palais de justice de Paris. Au début du procès, des incidents avaient eu lieu aux abords du tribunal : des militants juifs radicaux avaient agressé la mère de Youssouf Fofana.
On craint de nouveaux dérapages autour du palais, d'autant que des appels à manifester ont été lancés par différents groupes. Le Crif a tenu à rappeller officiellement “son attachement et sa confiance dans le fonctionnement régulier de la Justice. Il n'entend faire aucun commentaire jusqu'au prononcé du verdict et réprouve toute démarche qui pourrait dans cet intervalle attenter à la sérénité des débats”, selon le Nouvel Observateur.
Le verdict devrait être prononcé après 21h00. En raison du shabbat, la famille d'Ilan Halimi a annoncé qu'elle n'assisterait vraissemblablement pas à sa lecture.
Arnaud Aubron et Zineb Dryef
► Mis à jour le 10/07/2009 à 23h30 après l'énoncé du verdict et les réactions des avocats.



















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De Compte supprimé le 5 septembre
nc | 19H51 | 10/07/2009 |
« Coutant-Peyre… Peyre, c'est juif, non ? »
Pas vraiment, non. C'est même l'épouse de Carlos (le terroriste) et l'ex-avocate de Garaudy. Gageons que l'ingratitude de Fofana à son égard a dû profondémément l'affecter.
De Iv
Roboticien utopiste | 20H04 | 10/07/2009 |
La volonté de puissance, la hierarchie de la meute, les mécanismes de la dominance. Si on expliquait tout cela au Collège ou au Lycée, on n'empêcherait peut-être pas des gens comme Fofana d'agir, mais on l'empêcherait de recruter ses complices « moutons », découvrant dans un box d'accusés qu'ils se sont fait avoir par de bas et méprisables instincts.
à Iv
De gerard2
flicaillon retraité | 07H17 | 11/07/2009 |
Si c'était enseigné quelque part, ça se saurait… On n'aurait pas de Sarko au pouvoir…
à gerard2
De Iv
Roboticien utopiste | 10H51 | 11/07/2009 |
Chuuut ! Faites comme moi ! prétendez que c'est pour contrer des malfrats et la majorité sera d'accord avec vous…
De jpouille
expatrie en Angleterre | 22H24 | 10/07/2009 |
Son liberalisme ? Sa liberte ?
tss tss tss
abre los ojos ! !
De Erg
Citoyen malgré lui | 12H33 | 11/07/2009 |
Edit : Commentaire en rapport à un commentaire supprimé.
J'ai bien peur que le meurtre violent et la bêtise soit des denrées exceptionnellement bien répartie parmi l'humanité… quelque sois la concentration des divers pigments corporels. Mais c'est bien noble d'en avoir pris, visiblement, une bonne part pour vous.
A moins bien sûr que vous considériez, par pur exemple simpliste pour votre compréhension, cette nouvelle mode de violer ses enfants dans sa cave pendant 20 ans comme moins barbare qu'un meurtre avec séquestration, puisque du fait d'individus libérales, démocrates, libres, caucasiens (puisque c'est bien le sens que votre politiquement correcte « occidentalisme » prend), aimant « leurs » coutumes ; dont l'appartenance est marqué uniquement par le hasard géographique de la naissance.
Si la « France de demain » (comme si le monde allait cessé de tourner si un pays changeait encore une fois de visage) aurait été composée de gens comme vous, cela aurait été un plaisir de nourrir mes barbecue de drapeaux tricolores en mangeant avec les mains mon tajine, chantant à mes enfants des comptines chinoise, buvant ma cervesas à l'honneur de mon quelconque pays d'accueil.
De PierreAdrien06
20H14 | 10/07/2009 |
Pour ce bonhomme, je ressortirais la guillotine.
à PierreAdrien06
De padiran
Chroniqueur mondain | 22H26 | 10/07/2009 |
Il est bien connu que la peine de mort est dissuasive, à tel point qu'aux Etats Unis les délits, crimes et autres atrocités ne sont plus que de mazuvais souvenirs dans les Etats qui continus à l'appliquer
La peine capitale n'a jamais été un outil de prévention des délits, elle est surtout un instrument « politique »
En France, elle ne peut être mise en application pour deux raisons
1) Il existe un traité Européen que la France A signé et quI s'interdit de remettre la peine de mort dans le pays
2) L'abolition de la peine de mort est inscrit dans la constittion
Toute évocation de le (re)mise en place de cette peine archaïque ne fait partie que de l'élucubration ou du fantasme à usage purement politique
à padiran
De RENO98
Dir informatique | 05H08 | 11/07/2009 |
La peine de mort n'est pas dissuasive, soit. Elle a au moins le mérite d'éviter la récidive.
Valable dans ce cas comme dans bien d'autres…..
à RENO98
De zorbek
06H22 | 11/07/2009 |
« Elle a au moins le mérite d'éviter la récidive. »
C'est un argument de poids, car personnellement cela me choque qu'un type pareil puisse un jour sortir de prison.
Ce qui n'empêche pas que je reste contre la peine de mort, principalement parce que le risque de tuer un innocent est inacceptable : entre 5 à 10 % des condamnés à mort aux US n'ont pas commis le crime qu'on leur impute, je trouve ça monstrueux et indigne d'un pays prétendument civilisé : imaginez-vous un seul instant dans la peau du type qui se fait condamner à mort pour un crime odieux qu'il n'a pas commis…
à RENO98
De Avril
10H34 | 11/07/2009 |
Quelle récidive ?
à RENO98
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 13H03 | 11/07/2009 |
@ reno 98
Il faudrait penser prioritairement sécurité. Pas vengeance, pas punition, pas réhabilitation. Sécurité
http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/05/01/le-gang-des-barbares/
Pierre JC Allard
à padiran
De Hers Vel Gr
globule bleu | 11H38 | 11/07/2009 |
ce n'est pas tout à fait vrai, les serial killers quand il se font attraper ne reconnaissent jamais leurs forfaits dans les états où l'on pratique encore la peine capital.
à padiran
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 12H55 | 11/07/2009 |
La peine de mort ne change rien ; ce débat est déjà clos. Si on exécute ce n'est que pour satisfaire la vindicte publique. Cela dit, il faut protéger la population en mettant hors d'état de nuire les récidivistes.
Comme présumer que l'individu récidivera en s'appuyant sur des stats ou des analyses est inacceptable dans notre société, la solution est de renvoyer à l'arrière plan les notions de culpabilité et de châtiment et de voir toute violence comme une PATHOLOGIE.
Cette approche règle parfaitement la dimension sociale du problème.
http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/10/118-innocente-homolka/
Pierre JC Allard
De Yvon le Zébulon
Retraité | 20H38 | 10/07/2009 |
Les insultes à mon sens pourront pleuvoir sur ce type qui ne mérite même pas l'appellation d'être humain. C'est un Tueur froid, sans conscience et sans la moindre réflexion digne de ce nom.
* Je suggère que dans ce débat qui permettra à chacun de dire tout ce que l'on peut penser d'un tel connard, les internautes évitent d'utiliser le mot « cerveau »…même de façon ironique…
- Car de cerveau, il n'y en a point ici !
à Yvon le Zébulon
De Mon-Al
roturière :-) | 22H02 | 10/07/2009 |
Bien dit ! ! « soir Yvon
à Yvon le Zébulon
De deprav
ou l'ambivalence de la misanthropie | 03H22 | 11/07/2009 |
Tu te trompes Yvon, il ne faut surtout pas oublier qu'il a un cerveau et qu'il est humain. Il en représente la pire partie mais c'est justement celle qu'il ne faut jamais oublier.
Ce n'est même pas un connard, c'est juste un gars vide. Et contrairement à ce que voudrait nous faire croire les Pierrrrre et autres c'est leur libéralisme chéri poussé à son paroxysme qui nous déshumanise décennies après décennies. Et les plus faibles deviennent des gens vides incapables de réflexion, de compréhension, de projection de soi et de sentiments.
Et ainsi va l'humain qui perd la raison.
à deprav
De zorbek
06H08 | 11/07/2009 |
Le libéralisme n'a strictement rien à voir avec ce crime ignoble, le mettre la dedans c'est juste une explication bouche trou pour mieux ne pas voir que le racisme est en réalité au fond de nous, bien avant d'être justifié (ou occulté) par un système politique ou une idéologie. Pour prendre un exemple concret, le racisme russe existait déjà aux temps soviétiques, et n'est pas d'aujourd'hui, même si c'est aujourd'hui qu'il apparait au grand jour, et qu'il peut être combattu parce que reconnu.
La peur, la haine, l'intolérance vis à vis de l'autre, de l'étranger, du gars pas d'ici, est un arc-reflexe qui vient de loin et qui se retrouve dans toutes les cultures, toutes les races…La déshumanisation dont vous parlez est de manière ultime un choix personnel, individuel, moral. On peut certes s'en exorciser en plaquant des idéologies dessus, mais le problème est à la base en nous, pas seulement chez l » Autre.
à zorbek
De Aloïs
Etudiant | 16H06 | 11/07/2009 |
N'importe quoi, mas vraiment n'importe quoi. Pour le coup je veux bien croire que le racisme soit ancré en vous car vous parlez de races. Or le racisme c'est justement considérer qu'il y a différentes races, et que l'une d'elles est supérieures aux autres. Ce qui anthropologiquement ne tient pas la route. Je vous renvoie à Race et Histoire de C.L-S.
Le racisme n'a rien d'inné (s'il est au fond de nous), c'est une production. Production qui repose sur le sentiment d'insécurité, de peur. Il n'est en rien infondé, il est justement fondé sur des choses réelles. Sauf que ces choses sont systématisées, grossies…et s'imposent comme une réalité absolue. Elles passes de la particularité à la généralité.
Vous dîtes que la déshumanisation est un choix personnel, individuel, moral. Faux. On se réveille pas un matin en se disant, bon allez zou, aujourd'hui marre d'être humaine je vais allez massacré un juif. C'est un processus légèrement plus complexe. De plus je réfute totalement l'idée de déshumanisation. Ca ne veut rien dire. On est humain ou non (dans ce cas animal, ou un homme élevé par des animaux). Il n'y a pas de transition possible. Après, sur un plan moral, la différence se pose là.
Qu'est ce qui fait que Youssouf Fofana ait pu commettre ce crime ? On peut répondre stupidement : « il est pas humain ». Ainsi on ne répond à rien. Dans ce cas je répondrai, « pourquoi n'est-il pas humain ? »
Youssouf Fofana est aussi humain que vous et moi, il est un moi plus un autre moi. Il me ressemble en tant qu'homme, et se distingue en tant qu'individu. C'est du côté de l'éducation de Youssouf qu'il faut creuser. C'est surement beaucoup plus compliqué que le fait que ce soir une bête cruelle. La cruauté n'est pas gratuite, elle ne nait pas ex-nihilo. A moins que vous rejoigniez sarkozy sur une transmission de gènes de la criminalité, de la pédophilie… Encore une fois, prouvez ce que vous dîtes.
Bref, comprendre fofana c'est le boulot d'un psy. Moi je n'accepte pas ce qu'il fait, mais je ne lui retirerai jamais son humanité.
Par ce qu'il est le produit de deux humains, il est, au même titre que vous et moi, un homme.
à Aloïs
De deprav
ou l'ambivalence de la misanthropie | 18H07 | 11/07/2009 |
Aloïs >>>>
Il y a beaucoup de chose avec lesquelles je suis d'accord dans ton commentaire, mais quand je parle de déshumanisation je ne parle pas de « ne plus être un être humain ». On sera toujours « le produit de deux humains », mais étant une espèce politique incapable de faire autrement que de vivre en société, si nous perdons notre faculté à avoir conscience de l'autre et de la porté nos actes envers les autres, nous perdons une partie de notre faculté à être humain. Voilà ce que j'entends par « déshumanisation ». : )
Et voilà pourquoi j'évoque le libéralisme plus haut, celui qui nous pousse à un individualisme exacerbé, catalyseur de la déshumanisation rampante qui parcours le monde et touche surement chacun d'entre nous. Nous apprenons à vivre en ayant seulement conscience soi, mais nous oublions une chose fondamentale : on ne peut avoir conscience de soi qu'en ayant conscience de l'autre, et on ne peut avoir conscience de l'autre qu'en ayant conscience de soi.
à zorbek
De deprav
ou l'ambivalence de la misanthropie | 18H33 | 11/07/2009 |
Zorbek>>>>
Je ne dit pas que le libéralisme est une cause directe de ce crime ignoble, mais que la déshumanisation générale est en partie causée depuis un certain temps par ce libéralisme extrême, et la même déshumanisation est la cause de ce type de crimes ignobles et incompréhensibles.
Et ton idée préconçue sur le racisme ne tient pas debout, le racisme n'a jamais été en chacun de nous comme quelque chose de naturel, Aloïs au-dessus l'explique très bien, mais je voudrais rajouter mon petit grain de sel : )
Bien entendu il a toujours été là, mais appelé avant « xénophobie », la peur de l'autre, les préjugés qui s'en dégagés étaient juste des prétextes pour justifier cette peur de l'inconnu, ou pour l'alimenter.
Le racisme actuel n'a plus rien à voir avec la xénophobie, puisqu'il peut s'appliquer à son voisin, il n'a donc plus rien de la peur qui s'appliquait jadis aux « peuples inconnus des contrés lointaines » : ). C'est maintenant un racisme politique de lobotomie et de préjugés alimentés, nous n'avons plus aucune raison de craindre l'autre qui n'est même plus « l'autre » puisque nous savons qu'il n'y a aucune distinction de « race » ou autre.
établir le racisme comme quelque chose de naturel est complètement stupide, cela voudrait dire que si par exemple étant blanc, j'étais élevé par une mère asiatique et un père renoi, et bien j'en arriverai à ne pas les aimer parce que la distinction de ce que vous appelez « race » est en moi.
Et non la déshumanisation n'est pas un choix personnel, c'est une conséquence de la connerie qui voudrait nous faire croire que certains comportements ou façons de penser sont « naturels » et « innés ».
Le plus gros défaut de l'homme serait d'oublier qu'il n'est à sa naissance qu'une surface vierge et que ces comportement et réflexions qui arrivent bien plus tard ne sont que le fruit de son éducation et de son expérience personnelle.
« nous ne sommes que le fruit de nos expérience passées ». Et ça s'applique à tout, que ce soit en tant que individu, ou nos systèmes politique, ou même notre façon de penser qui évolue à chaque génération. ce ne sont tous que la somme de nos expériences passées à plus ou moins grande échelle, à laquelle vient s'ajouter notre faculté d'analyse qui permet de les repenser. c'est l'évolution quoi.
à deprav
De Aloïs
Etudiant | 18H53 | 11/07/2009 |
L'existence précède la conscience.
à Aloïs
De Cataphractaire
Asen | 22H04 | 11/07/2009 |
La conscience d'un groupe peut précéder l'existence d'un individu.
à Cataphractaire
De Aloïs
Etudiant | 22H13 | 11/07/2009 |
Non car la conscience d'un groupe n'est que le résultat de l'existence d'un individu. Vous naissez et existez avant d'avoir conscience de vous et des autres.
à Aloïs
De deprav
ou l'ambivalence de la misanthropie | 19H09 | 12/07/2009 |
oui, mais parfois l'existence peut-être longue avant d'acquérir la conscience de soi et de l'autre, certains même ne l'auront surement jamais, et c'est triste.
à deprav
De Aloïs
Etudiant | 21H11 | 12/07/2009 |
Faux, à moins de vire en papouasie nouvelle guinée dans une tribu, là où le groupe prime sur l'individu. Sinon il y a toujours une conscience de soi, sinon comment se construire une identité ?
A partir du moment où il y a un je, il y a une conscience de soi. Car on met un mot sur soi. On sait qu'on existe, et on le sait par nous même. A travers le regard que les autres nous renvoie quand on est enfant, on trouve sa propre place.
à Aloïs
De deprav
ou l'ambivalence de la misanthropie | 22H12 | 12/07/2009 |
en partie d'accord mais pas entièrement. J'appellerai ça une « demi-conscience de soi » dans le sens où on peut avoir conscience de son existence, de ses propres besoins, envies etc… sans avoir conscience de sa propre place, non pas en tant qu'individu dans une société mais en tant qu'être d'une espèce vivante. Une société pouvant avoir des principes de bases erronés, avoir conscience de soi dans une société n'implique pas d'avoir une conscience de soi juste de façon plus large, en s'en tenant uniquement aux « lois naturelles ». (oui c'est assez peu clair, j'ai beaucoup de mal à l'exprimer : D)
En gros je pense que les papous de nouvelle guinée ont une conscience d'eux-même et des autres bien plus aigüe que la notre. penses-tu qu'un papou n'a pas d'identité propre ou qu'il ne peut pas se différencier de son voisin ?
On prend conscience de soi en s'identifiant à l'autre au sein d'un groupe, et on prend à la foi conscience de l'autre en ayant conscience soi, c'est ce qui fait de nous des « animaux politiques », il n'y aurai pas possibilité d'interaction sociale si la conscience ne marchait que dans un sens. Je crois que mettre l'individu au dessus du groupe est une erreur. On ne peut parler d'individualité ou d'identité que s'il y a notion de groupe.
Mais je crois que maintenant on fait l'amalgame entre individualisme et identité.
à deprav
De Yvon le Zébulon
Retraité | 06H55 | 11/07/2009 |
Vous êtes trop bon, mon bon monsieur !
° Prêtre ou Pasteur…ou bon samaritain, peut-être ?
à Yvon le Zébulon
De deprav
ou l'ambivalence de la misanthropie | 18H51 | 11/07/2009 |
non, drogué gentil : )
à deprav
De deprav
ou l'ambivalence de la misanthropie | 18H31 | 11/07/2009 |
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