Firminy, en banlieue de Saint-Etienne, dans la Loire, a connu une troisième nuit d'affrontements entre jeunes et forces de l'ordre dans la nuit de jeudi à vendredi, deux jours après le décès de Mohammed Benmouna à l'hôpital.
La famille du jeune homme de 21 ans a porté plainte contre X, alors que l'enquête commence sur les circonstances exactes de sa mort. Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur, a confirmé que l'IGPN avait été saisie, et attend ses conclusions pour se prononcer sur le dossier. Les premiers éléments écartent l'hypothèse d'une bavure, au profit d'un suicide par strangulation durant la garde à vue -ce dont la famille « doute ».
« C'est clair et net : il n'a subi aucune violence policière »
Jeudi, après une autopsie de deux heures et demie, Jacques Pin, procureur de la République au parquet de Saint-Etienne, expliquait au Post qu'il excluait l'hypothèse d'une bavure :
« C'est maintenant clair et net : il n'a subi aucune violence policière, ni d'une tierce personne (…) Son corps ne comporte aucune trace de violence.
On a seulement trouvé, sur son cou, la marque de la lanière qu'il a utilisée pour se pendre, et des signes de mort par suffocation. On a aussi trouvé la trace du point de massage fait par un secouriste. »
Jacques Pin relève cependant des conditions anormales de garde à vue, à commencer par la caméra de surveillance, qui ne réserve que des images « floues » de la scène :
« Mais une autre chose est claire : sa cellule de garde à vue n'est pas conforme. Et ça ne serait sans doute pas arrivé si les murs n'avaient pas été en placo, ce qui n'est pas réglementaire. »
Il est revenu sur le scénario possible de la mort du jeune homme, qui aurait utilisé une lanière tirée d'un matelas défoncé. Lanière que le jeune homme aurait ensuite accroché aux trous des murs pour s'y pendre, assis.
Les locaux du commissariat de Chambon-Feugerolles, insalubres et ne respectant pas les normes en vigueur, auraient donc joué un rôle dans la mort de Mohammed Benmouna.
Le constrôle des conditions de garde à vue, responsabilité du procureur
Pourtant, le code de procédure pénale précise que c'est justement le procureur qui est responsable des conditions de la garde à vue. Extrait de l'article 41 du code :
« Le procureur de la République contrôle les mesures de garde à vue. Il visite les locaux de garde à vue chaque fois qu'il l'estime nécessaire et au moins une fois par an ; il tient à cet effet un registre répertoriant le nombre et la fréquence des contrôles effectués dans ces différents locaux. Il adresse au procureur général un rapport (…) »
Jacques Pin est en poste depuis début 2005 à Saint-Etienne, comme l'atteste le journal officiel. Contacté par Rue89, un officier de police judiciaire du département de la Loire confirme que cette année, le parquet n'a pas manqué a ses obligations et a bien passé en revue l'ensemble des locaux de garde à vue.
Un rapport a suivi début 2009, qui pointait bien « la vétusté des conditions » en vigueur à Chambon-Feugerolles. Comme cela avait déjà été le cas en 2006, année où commissariat et parquet avaient déjà tiré la sonnette d'alarme. « Mais rien n'a bougé », précise le policier.
« Je n'ai jamais vu un parquetier militer pour que ça s'améliore ! »
Pour Yannick Danio, porte-parole national de l'Union syndicale majoritaire, c'est « l'absence totale de réponse administrative qui pose problème » :
« Ça ne fait partie des priorités budgétaires ni de la Chancellerie, ni de la place Beauvau. Localement, il faudra voir l'implication du parquet pour faire changer les choses.
Mais dans ma carrière, en vingt-cinq ans de police, je peux dire que je n'ai jamais vu un parquetier faire le déplacement et militer ensuite pour que ça s'améliore. Firminy n'est pas un cas à part ! »
Au Syndicat de la magistrature, on confirme que la mort de ce jeune homme de Firminy illustre l'indigence des budgets, mais aussi l'intulité de rapports rarement suivis d'effet.
« On rentre dans les détails, en parlant même de la bouffe et des sanitaires »
C'est ce qui ressort du témoignage d'un parquetter de Créteil. Ce dernier explique que, dans cette grosse juridicition, chaque magistrat du parquet est chargé par le procureur de la République de contrôler « un ou deux commissariats par an ». Même respectée, cette obligation ne suffit pas :
« Ces rapports qu'on rédige, c'est une page et demie à deux pages. On rentre dans les détails, en parlant même de la bouffe ou des sanitaires.
Mais, ensuite, c'est le ministère de l'Intérieur qui rénove, sur les crédits alloués aux commissariats. Et ce n'est pas parce qu'on aura alerté la hiérarchie judiciaire que ça va bouger : les commissaires font de même en interne, et ce n'est pas plus efficace. »
Pour ce magistrat de région parisienne, la seule chose qui peut avoir un tant soit peu d'impact, c'est un rapport du contrôleur des lieux de privation de libertés. D'autres sources syndicales soulignent toutefois depuis longtemps que même les coups de gueule de ce dernier ne suffisent pas toujours. On notera aussi qu'on entend plus souvent les avocats s'exprimer sur les conditions de la détention que les membres de la magistrature.





















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De puresonic
Contempteur irascible | 12H11 | 10/07/2009 |
Que dit la famille de mohamed ?
était il dépressif, suicidaire, sous traitement antidépresseurs ?
à puresonic
De jpouille
expatrie en Angleterre | 14H41 | 10/07/2009 |
Je me suis pose la meme question. Cet element nous eclairera sur son suicide.
à jpouille
De puresonic
Contempteur irascible | 15H16 | 10/07/2009 |
Ben oui…..
ça parait assez singulier de se pendre (assis qui plus est)
lors d'une garde à vue si on n'a pas d'antécédents trés lourds
et une prédisposition au suicide.
ça semble être le point central du problème et l'article nous
amuse et noie le poisson en nous détournant du vrai sujet…..
…..classique et habituel..
….du journalisme socio-responsable et républicain…merci
à jpouille
De Tokani
Oldmole | 16H43 | 10/07/2009 |
Le suicide est une chose triste mais ce genre de passage à l'acte est souvent ingérable…
Enfin comme d'hab il n'y aurait pas d'emeutiers si ce jeune délinquant s'appelait Dupont …
à Tokani
De Terence
22H46 | 10/07/2009 |
Un type qui, pour se suicider : découd un matelas pour arracher des lanières, qui éventre du placoplâtre pour réussir à choper derrière de quoi faire tenir les lanières et qui se pend à un mètre trente du sol quand il mesure 1m80.
Et tout cela sans que les policiers chargés de le surveiller ne voient rien, si on ne se fout pas de nous, c'est bien imité…
Disons qu'il s'est suicidé mais comme c'était trop bas, on a dû le tirer par les pieds…
Souvenons nous de Belkacem Soltani, lui aussi « suicidé » de quelques coups de lattes au quartier disciplinaire de la maison d'arrêt de Tarbes.
http://prison.eu.org/article451.html
http://www.ladepeche.fr/article/2002/04/30/348619-La-famille-ne-croit-pa…
http://prison.eu.org/article1973.html
Et comme dans n'importe quelle dictature du tiers monde : tout cela est étouffé, couvert, annihilé.
Circulez, ya rien à voir !
à Tokani
De raksi
Chef d'entreprise | 08H24 | 14/07/2009 |
Peut être que ces révoltes (chacun choisit ses termes) se manifestent justement parce que ces jeunes pensent à tord ou à raison que s'il s'était appelé Dupont, il serait encore vivant.
Quant à moi je suis certain que si ce jeune homme s'était appelé Dupont, vous auriez plus de respect pour la présomption d'innocence.
Si les suicides sont malheureusment courants, nous sommes néanmoins en droit de constater que les français issus de l'immigration africaines ont tendance à rendre l'âme plus souvent au commissariat ou lors des contrôles de police que chez l'épicier du coin.
Quant à faire un lien entre cette sur-mortalité et les condamnations récurrentes par les ONG internationales des violences policières dont sont victimes les « minorités visibles » en France…
à puresonic
De bleuet1
espère malgré tout | 22H05 | 10/07/2009 |
J'ai entendu la famille dire qu'ils ne croyaient absolument pas à un suicide, que ce n'était pas son style, qu'il n'y avait aucune raison, et qu'en plus il venait de trouver du travail.
Ceci dit, les proches de gens qui se sont suicidés n'ont rien vu venir, la plupart du temps.
J'ai encore l'impression que de nombreux media nous demandent de prendre parti dans cette affaire, alors que le quidam lambda n'en a pas vraiment les moyens.
à bleuet1
De puresonic
Contempteur irascible | 00H12 | 11/07/2009 |
Oui, c'est clair….
Tu n'as pas de gros moyens……
De clara57
sarkophobe en résistance | 12H16 | 10/07/2009 |
Au fait, n'existe-t-il pas une prérogative pour les parlementaires de se faire ouvrir tous les lieux de détention à tout moment pour en constater l'état ?
Ils sont où alors, ces parlementaires ? Ah, oui, je sais, ils sont… aux ordres du président de la république !
à clara57
De castortls
nspp | 22H11 | 10/07/2009 |
En cette période estivale, et propice aux évasions (sans jeux de mots), vous pensez bien qu'ils sèchent leur devoir de parlementaire. Ils esquivent une fois de plus cette réforme des milieux carcéraux dans ce pays qui broie l'homme.
Ils nous manque une faucheuse tel Robert Badinter, mais de nos jours ce sont des garnements qui nous gouvernent.
à castortls
De Jean-Luc LUMEN
en invalidité | 03H56 | 11/07/2009 |
des fascistes incompétents
De Jonas2
Les mouches ne me trouveront pas as... | 12H20 | 10/07/2009 |
Quand un gouvernement, habité par la culture du résultat dans les services publics (RGPP en bannière), se contente de contrôler la bonne exécution de consignes relevant de l'obligation de moyens, je comprends parfaitement que les résultats puissent ne pas être atteints.
En revanche, je ne comprends pas que les énarques de service ne le comprennent pas.
à Jonas2
De Jean-Luc LUMEN
en invalidité | 04H07 | 11/07/2009 |
énârques et non énarque, vous avez oublié de mettre l'accent circonflexe sur le â d'énârque comme âne ou ânerie.
ENÂa = école nationale des ânes de l'administration ou école nationale des âneries administrative
De Marc_S
Ingénieur | 12H33 | 10/07/2009 |
Pour ce qui est de l'état des commissariat et des prisons, sans dédouaner le gouvernement actuel, je pense malheureusement que c'est un problème que l'état laisse pourrir depuis de longues années.
En ce qui concerne les doutes de la famille sur les causes de la mort, malheureusement, j'imagine que c'est un réflexe assez naturel quand un proche de suicide. Il faut une enquête claire et ne pas forcément mettre en doute celle-ci si elle ne met pas en cause les flics.
De subnihilo
12H37 | 10/07/2009 |
Mais mon Dieu que fait donc notre grand conducator spécialiste du Kärcher ?
Ce n'est plus Sarkozy je te vois mais plutôt Sarkozy aux abois ! ! ! !
à subnihilo
De Melchior
(Employé) | 13H01 | 10/07/2009 |
Bon… Il est quand même pas responsable de tout, ce monsieur…
à Melchior
De subnihilo
14H28 | 10/07/2009 |
Je suis en partie d'accord mais il ne faut pas oublier cependant qu'il s'occupe de notre sécurité depuis mai 2002 le bougre et qu'il s'en vante en privé (voir le Canard de cette semaine). Alors on est en droit d'en attendre un peu plus de résultats que diantre ! ! ! ! !
De francoisBR
étudiant-salarié | 12H42 | 10/07/2009 |
24h en garde à vue dans de tels locaux suffisent bien souvent à pousser au suicide n'importe qui…….
Ajouter à cela les moyens dérisoires de la police, leurs méthodes douteuses, l'engorgement de la justice et vous aurez un beau cocktail.
Et avec NS qui a encore réduit les crédits de la justice, de la police scientifique et qui va faire partir pret de 10000 policiers d'ici 2012 (non remplacement des fonctionnaires) et vous saurez ce qui nous attend dans les prochaines années.
à francoisBR
De Faboun
Rive Rhin sur Seine | 13H01 | 10/07/2009 |
CRS partout et justice nulle part…
à francoisBR
De jeffouletofou
cddiste | 14H40 | 10/07/2009 |
« 24h en garde à vue dans de tels locaux suffisent bien souvent à pousser au suicide n'importe qui……. »
des conneries, des conneries toujours des conneries.
bientot on va dire aux gens qui sont pris à 200 au lieu de 130 que c'est de la faut du radar si il roulait si vite, nan mais serieusement faut arreter les conneries à un moment.
depuis quand etre enferme entre 4 murs durant 24 ou 48hr pousserai des gens au suicide ? ?
faut avoir un grain à l'origine pour se pendre comme ça et dans cet endroit.
posez vous une question egalement, qu'est ce que les victimes de ce delinquant pensent à l'heure actuel de ce qui lui est arrive ? ? ?
à jeffouletofou
De r_v
15H07 | 10/07/2009 |
Qu'en savez-vous ?
Si vous êtes bien placé pour en parler, racontez-nous votre expérience en garde a vue, svp !
à r_v
De jeffouletofou
cddiste | 16H42 | 10/07/2009 |
je me suis fait chier durant une nuit avec le lendemain matin passage devant un mec pour raconter mon histoire.
on se fait chier, c'est pas forcement tres propre, toujours une loupiote d'allume mais sa va quoi c'est pas la mer à boire.
à jeffouletofou
De Terence
09H55 | 11/07/2009 |
Donc cela confirme qu'il ne s'est pas suicidé à 1m30 du sol alors qu'il mesure 1m80.
Cqfd
à Terence
De jeffouletofou
cddiste | 11H11 | 11/07/2009 |
je reprend les propos d'un riverain se trouvant quelques pages plus loin,
« Plus de 40 % des suicides par pendaison le sont assis ou couché, ca surprend tj mais c'est vrai. »
Cqfd …..
à francoisBR
De superpoussin
Employé de commerce | 14H41 | 10/07/2009 |
Et tu déjà aller en garde à vue….*
je pense que non vu tes propos « pousser au suicide n'importe qui……. »
De bonne condition en prison avec service 3 étoiles SVP…., je dirais plutôt des conditions dignes…
à superpoussin
De -Candide-
Jardinateur | 17H57 | 10/07/2009 |
Et toi, « Et tu déjà aller » à l'école ?
à -Candide-
De superpoussin
Employé de commerce | 09H39 | 11/07/2009 |
tu as bien raison
Je viens de lire désolé
De Pierrrrre
12H57 | 10/07/2009 |
►► Je note qu'il n'est jamais fait mention des raisons pour lesquelles cette personne a été incarcérée ◄◄
à Pierrrrre
De b££muse
photographe | 13H03 | 10/07/2009 |
c'est clair le mec était quand même un pourris qui faisait des braco et piquait les sac des grand-mères, il aurait du ce pendre plus tôt…
à b££muse
De Lurker
Neant | 18H37 | 10/07/2009 |
Notez comme les commentaires les plus ras-des-paquerettes sont aussi ceux avec l'orthographe la plus malmenée. De là à y voir un rapport, il n'y a qu'un pas.