témoignage

Chronique d'une journée ordinaire à la préfecture

Je ne peux pas en croire mes yeux de française qui espérait encore vivre dans un pays dit « civilisé ». Le lundi 29 juin 2006, je devais accompagner une jeune maman, à la préfecture de Bobigny pour faire renouveler son titre de séjour (le neuvième en huit ans).

Bintou (son prénom a été modifié) est mariée à un Français, mais en instance de divorce (elle n'a plus de vie commune avec lui et leur mariage a duré moins de quatre ans) et a un bébé. Très angoissée et fatiguée par une maladie récurrente, elle m'avait demandé de l'accompagner.

Pour qu'elle ne fasse pas la queue trop longtemps avec son bébé de 20 mois, j'avais demandé à un ami, Boubacar, de venir commencer la queue pour nous, en attendant l'ouverture des guichets (prévue à 9h). Dès 6 heures du matin, il est sur place. A sa surprise, il trouve déjà plus de 200 personnes, dont les premiers sont arrivés à 4 heures du matin ! Tout ce monde attend ainsi chaque jour, quelles que soient les intempéries. La file s'étire sur plus de cent mètres.

Nous le rejoignons vers 8h45, avec poussette et biberon, et deux couches de rechange ; quelques gâteaux, une bouteille d'eau (il est annoncé 30 degrés pour la journée), et l'inévitable dossier plein de papiers au cas où on nous en demande davantage.

Le temps passe. Dans la file, les relations s'organisent. Chacun questionne les autres pour savoir s'il a choisi la bonne (il y en a deux toutes aussi longues). Certains, désespérés, s'aperçoivent qu'ils se sont trompés, il leur faudra revenir ou espérer que les derniers arrivés auront un ticket.

100 chaises pour faire attendre 300 personnes

Le soleil commence à chauffer. Vers 9h20, deux employés de la préfecture sortent et commencent à distribuer des tickets en vérifiant sommairement les demandes. Là encore, des personnes quittent la queue parce qu'ils n'ont pas apporté le bon document. Quatre heures de queue pour rien ! Il faudra tout refaire un autre jour.

Je suis interloquée par ces pratiques, cette file me rappelle les pénuries de certains pays ! Plus on approche des employés, plus la tension collective monte. A quel numéro vont-ils arrêter de distribuer le « sésame » ? Certains essaient de resquiller par désespoir. Ils se font rabrouer par les autres, le ton monte… puis s'apaise lorsque le fameux ticket est en poche !

A 10 heures, tous les tickets sont distribués, les derniers arrivés repartent en se jurant de revenir plus tôt le lendemain. Nous avons le numéro 1192, nous entrons enfin dans la salle, où une centaine de chaises alignées sont censées accueillir les 300 personnes avec tickets, leurs enfants et les accompagnants ! Deux rangées de chaises cassées diminuent le nombre de places assises.

L'attente s'organise : certains s'absentent pour faire leurs courses, d'autres s'installent sur les petits radiateurs (éteints) qui longent le mur du couloir. D'autres restent debout. Combien de temps à attendre ? Le numéro 1008 est appelé. Il y a deux guichets ouverts, une moyenne de six minutes par personne, mais parfois bien plus…

La tension monte quand le personnel part en pause

Vers midi, il reste 120 personnes devant nous. Nous sortons pour faire courir l'enfant et prendre l'air. L'une de nous retourne régulièrement voir si ça avance. Assises sous un bosquet du parvis, nous étalons une dernière fois les documents et répétons les phrases qu'il faudra sans doute débiter à toute vitesse pour ne pas impatienter l'employée débordée qui nous recevra.

Vers 13 heures, je retourne dans la salle. Là, les échos d'une dispute. Je m'approche. Une dame est en train d'injurier les employés parce qu'il n'y a plus qu'un guichet : c'est la pause. Elle crie, la chef arrive et essaie de crier plus fort, annonce que si ça continue, elle virera tout le monde et fermera ! Là, chacun s'en mêle, soit pour soutenir la femme, soit pour l'injurier davantage et lui dire que si cela fermait, ce serait de sa faute.

On entend des phrases : « je suis là depuis cinq heures ! », « Ça fait quatre fois que je viens sans avoir de ticket, alors je veux passer ! », « J'habite loin ! », « J'ai pris une journée de congé, je ne pourrai pas revenir ! » Certains se fâchent, d'autres supplient. La chef poursuit :

« Ce n'est pas de ma faute si on manque de personnel et les employés en ont assez d'être harcelés. »

Un employé, qui a fini sa pause sans doute, vient ouvrir un autre guichet. Le climat s'apaise. Tout le monde reprend espoir. Ça avance un peu. Vers trois heures, nous revenons dans la salle, quelques chaises sont libérées, il fait 31 degrés, les toilettes (une seule cabine) sont inondées et nauséabondes, il n'y a pas d'eau, le distributeur de boissons payantes est dans l'autre salle (celle de la file numéro 2).

Au bout de cette journée d'attente…

Encore soixante personnes devant nous. L'enfant a fini par s'endormir, nous commençons à fatiguer : mal au dos, envie de dormir, la conversation se raréfie. Dans la salle, le bruit diminue. Le rythme des numéros ralentit. En me déplaçant vers les guichets, je constate qu'il n'y a plus personne ! Est-ce la pause ? On ne nous prévient pas, évidemment.

Vingt minutes après, cela reprend : trois puis quatre guichets. Nous rediscutons un peu, et pensons qu'on aurait peut-être dû photocopier la page du livret de famille. Il y a des photocopieurs dans le couloir des bureaux 11 à 20. L'un est en panne, mais l'autre fonctionne (20 centimes la copie, le double du prix de la Poste).

A 16h15, enfin ! le numéro 1192 s'affiche. Nous nous présentons au guichet numéro 7. La dame commence par aller longuement vers l'arrière (pause ou travail, comment savoir ? ). Quand on pose les documents sur le guichet, des gouttes d'eau tombent dessus, venant d'on ne sait où. « Faites attention, ça mouille ! », dit seulement l'employée. Elle délivre un dossier de dépôt et un nouveau rendez-vous pour… le 9 septembre !

« Présentez une copie de cette convocation, si vous êtes contrôlée »,répond-elle à Bintou qui s'inquiète de ne pas recevoir de carte provisoire, alors qu'elle est mère d'un enfant français ! Nous repartons avec ça, soulagées d'avoir été reçues : en période de pénurie, on finit par se contenter de peu !

« Vous êtes sorti, vous ne pouvez plus entrer… »

A la porte, conflits et cris. Des policiers interdisent l'entrée à des personnes qui crient et pour cela, empêchent aussi les gens de sortir (après 16 heures, il n'y a plus qu'une issue pour tout le bâtiment, les autres sont cadenassées : est-ce le respect des normes de sécurité ? ). Le ton monte encore, dehors et dedans.

On finit par comprendre qu'un père de famille est sorti pour acheter de l'eau pour ses deux enfants restés à l'intérieur -le petit sous la garde du grand. Le père a gardé son ticket, qu'il montre désespérément, mais on lui signifie qu'il ne peut plus entrer ; il crie. Les enfants, à l'intérieur, commencent à pleurer.

Alors, Bintou commence à paniquer, elle a chaud (il fait plus de 30 degrés à l'intérieur), elle est épuisée et déçue d'avoir obtenu si peu. Elle se jette sur la porte en criant « laissez moi sortir, j'étouffe ! », la foule s'est amalgamée près de la sortie. J'essaie de la calmer et parlemente à travers la porte pour que les policiers laissent au moins sortir les gens. Ils finissent par entrouvrir et j'entraîne la mère et la poussette, sans savoir comment le père à la bouteille d'eau a pu retrouver ses enfants et terminer sa démarche…

42 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de Propergol

De Propergol

à bord du Head Hunter | 16H57 | 09/07/2009 | Permalien

Tout simplement, il y a un manque de volonté et de personnel.

A Düsseldorf, le bureau qui s'occupe des étrangers compte 20 guichets, tous ouverts. Pour m'inscrire en tant que nouvel habitant de la ville, j'ai du attendre un quart d'heure maximum, dans une salle d'attente avec un appareil qui affiche les numéros qui vont s'afficher. Il y a plusieurs séries de numéros selon les demandes et des guichets dédiés.

Une fois arrivé au « guichet », qui est en fait un box avec un bureau et une imprimante-scanner, l'affaire prend 2 minutes montre en main : on scanne ma carte d'identité, je signe une attestation sur l'honneur que j'habite bien là, on me remet un papier officiel, et une box de bienvenue avec plan de la ville, conseils divers.

Le bureau est ouvert de 8h à 17h, certains jours à 7h30.

Quand on veut, on peut. J'ai l'impression que les Français ne veulent pas (embaucher du personnel compétent, aménager les locaux). J'ai aussi l'impression que quand ils veulent (édicter des règlements absurdes et débiles), ils peuvent.

Et mon regard ne se tourne pas vers les fonctionnaires guichetiers, mais plutôt vers leurs supérieurs…

Portrait de kawouede

à Propergol Portrait de Propergol De kawouede

11H09 | 10/07/2009 | Permalien

« Alors, c'est vrai, il y a dans notre histoire des erreurs, des fautes, des crimes, comme dans toutes les histoires de tous les pays. Mais nous n'avons pas à rougir de l'histoire de France.
La France n'a pas commis de génocide, elle n'a pas inventé la solution finale. Elle est le pays qui a le plus fait pour la liberté du monde. Elle est le pays qui a le plus fait rayonner les valeurs de liberté, de tolérance, d'humanisme.
Nous pouvons être fiers de notre pays, de ce qu'il a apporté à la civilisation universelle, à l'idée d'humanité.
Nous pouvons être fiers d'être les enfants d'un pays de liberté et de démocratie.
Nous pouvons être fiers d'être les enfants de la patrie des Droits de l'Homme. »

http://www.ldh-toulon.net/spip.php ? article2057

Portrait de chaviro

à kawouede Portrait de kawouede De chaviro

pour tout ce qui est contre les néo... | 21H43 | 10/07/2009 | Permalien

pas rougir de l'histoire de la France ? Je demande à voir. Avec nos miliciens des années 40, les Papon, Touvier et compagnie dévoués complices du génocide nazi.
Voyons aussi de près les conditions de la « pacification des indigènes » en Afrique du Nord dans les années 1830 à 1860, les « incidents » en Algérie et leurs exécutions sommaires et bien d'autres Madagascar, Afrique Noire, etc. Bref, ce que l'on a glorieusement appelé les colonies que la France et les pays occidentaux continuent de piller ; et je ne parle pas de Napoléon.
Pays de la liberté ? aujourd'hui, tout le monde est suspect, même vous kawouede. Seulement vous ne le savez pas encore.

Portrait de Jean-Luc LUMEN

à chaviro Portrait de chaviro De Jean-Luc LUMEN

en invalidité | 03H24 | 11/07/2009 | Permalien

cliquez sur le lien qu » kawouede a mis

Portrait de Jean-Luc LUMEN

à Propergol Portrait de Propergol De Jean-Luc LUMEN

en invalidité | 02H28 | 11/07/2009 | Permalien

Exact pour tout, surtout pour les supérieurs qui ne sont supérieurs que dans la médiocrité.

Il y a quelques rares supérieurs valables, si, si j'en ais rencontré.

Portrait de eelisa

De eelisa

Délinquante au coin de la rue | 17H44 | 09/07/2009 | Permalien

sarkoland, la fabrique des sans-papiers ; ancien pays des droits de l'homme.

Portrait de Venezuela

à eelisa Portrait de eelisa De Venezuela

vit aux Pays-Bas | 22H18 | 09/07/2009 | Permalien

Cela a toujours existé. Et c'est pour cela que j'ai quitté la France en … 1993 ! Aux Pays-Bas, non seulement on m'accueille avec le sourire mais on me trouve un fonctionnaire qui parle Anglais et me traduit les formulaires lorsqu'ils ne sont pas disponibles en Anglais ; car je ne parle pas Néerlandais, et n'ayant nullement l'intention de l'apprendre je ne vais quand même pas leur imposer le Français, donc nous parlons Anglais.
L'administration française est à l'image de sa population …
Geert Wilders me semble bien « tolérant » lorsque j'entends les politiciens français. C'est quand même le pays où les femmes voilées travaillent et où les filles voilées vont à l'école.

Portrait de mechante langue

à Venezuela Portrait de Venezuela De mechante langue

16H53 | 10/07/2009 | Permalien

J avoue que votre contribution m a bien faire rire !

 » car je ne parle pas Néerlandais, et n'ayant nullement l'intention de l'apprendre »

Vous vivez dans un pays et vous n'avez pas l'intention d'en apprendre la langue ! ! ! La langue qui vous permettrait pourtant de communiquer avec les gens de ce pays !

« C'est quand même le pays où les femmes voilées travaillent et où les filles voilées vont à l'école. »

En France toute les filles vont a l'école publiques , non voilées ! Vous ne trouvez pas que c'est mieux ?

Portrait de Venezuela

à mechante langue Portrait de mechante langue De Venezuela

vit aux Pays-Bas | 22H12 | 11/07/2009 | Permalien

Je ne l'ai pas apprise, car j'espère toujours pouvoir rentrer un jour en France … le jour où il y aura moins de « mechante langue ».

Portrait de EulChe

De EulChe

Humaniste hère | 18H02 | 09/07/2009 | Permalien

Le plus terrible est peut-être que c'est loin d'être nouveau ; c'était déjà la même ambiance et les mêmes réalités il y a 10 ans…

Portrait de eelisa

à EulChe Portrait de EulChe De eelisa

Délinquante au coin de la rue | 05H54 | 10/07/2009 | Permalien

Ben oui, c'est bien le temps de sarko… la fabrique des sans papiers, je dis bien…
Ne pas confondre une personne essayant de renouveler son permis de séjour et un français allant faire des papiers ou une carte d'identité… nous ne serons jamais reçus de la même façon. c'est bien de ça que parle cet article. Et non pas des difficultés des guichets surchargés…(pas seulement)

Portrait de EulChe

à eelisa Portrait de eelisa De EulChe

Humaniste hère | 13H23 | 10/07/2009 | Permalien

Je parle aussi de la même chose.
C'est certain que Sarkoland n'arrange rien. Mais c'était déjà les mêmes humiliations il y a 10 ans, pour les mêmes raisons, au même endroit…

Portrait de athica

De athica

20H12 | 09/07/2009 | Permalien

En avril dernier, je suis allée à la préfecture pour changer ma carte grise, il y avait 169 personnes devant moi et l'opération m'a pris 5h30 ! Heureusement au bout d'un moment l'ambiance est devenue sympathique, les gens discutaient, comparaient leur numéros d'attente, applaudissaient quand quelqu'un était appelé… Au guichet les employés étaient désolés mais accueillants et tout le monde déploraient le manque de personnel.

Portrait de Yvon le Zébulon

à athica Portrait de athica De Yvon le Zébulon

Retraité | 21H20 | 10/07/2009 | Permalien

Dans toutes les administrations (en France ou à l'étranger) c'est en général l'enfer. Si vous n'avez pas la demi journée à perdre, vous ne pouvez rien envisager de faire comme démarche.

Même aller à la poste pour un colis ou un pli recommandé peut vous faire péter les plombs.
- Comme dit Anne Roumanov dans l'un de ses sketches….

« vous rentrez à la poste enceinte de 2 mois, vous ressortez vous êtes sur le point d'accoucher quand même… »

Portrait de FabiendeMénilmontant

De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 20H24 | 09/07/2009 | Permalien

Je ne suis pas allé en mairie d'arrondissement voir à quoi ça ressemble depuis l'obligation de faire les passeports biométriques.

Mais pour ce qui me concerne, un renouvellement de carte nationale d'identité presque périmée, je m'y suis pris la semaine qui a suivi l'élection de Sarkozy (pour une délivrance datée du 16/05/2007, avec la signature d'un gardé à vue ce jour-là, connu du Réseau), j'ai poireauté quatre heures pour pouvoir retirer mon ticket, puis 1h30 pour pouvoir remplir mon dossier en moins de dix minutes. Ce qui était plus rapide à cette période pré-préparatoire de grandes vacances que ceux qui venaient pour un passeport, et bien entendu plus rapide que ceux dont la CNI ou le passeport était périmé, ne serait-ce que d'une journée.

Alors, comme dit Eulche… ça fait dix ans ! hélas.

C'était à la préf Auber, je présume les deux queues et la sortie unique à 16h ?

Portrait de psych0Dad

De psych0Dad

sociopathe | 06H15 | 10/07/2009 | Permalien

J'ai quitte la France a 21 ans, avant d'avoir vraiment eu la « chance » de decouvrir toute la palette des cauchermars administratifs possibles. Je me souviens quand meme entre autres de l'obtention du permis. Un sacre bazar. Le « papier rose » remis par l'examinateur en guise de permis temporaire etait valable 3 mois. Pas de soucis, la prefecture a deja tout ce qu'il faut via le dossier d'inscription (photos). Naivement je pense que c'est l'affaire de quelques semaines avant de recevoir le document definitif. Tout faux. Il a fallu aller faire renouveler le « papier rose », avec ce que cela implique de queue pour arriver enfin devant un fonctionnaire suffisant et desagreable au possible. Le permis definitif est arrive 5 mois apres l'examen.

Pour comparer, en arrivant aux Etats-Unis, je me rends au DMV (Department of Motor Vehicles) de ma cambrousse. Pas d'inscription prealable, de rendez-vous, ou de dossier. Je passe le code. Dans la foulee je passe la conduite. Une fois l'examen acheve, l'employee prend ma photo et me tend un permis tout chaud. Duree totale : deux heures.
Dans l'etat ou je vis maintenant, la derniere fois ou j'ai fait renouveler mon permis, on m'a prevenu qu'ils ne le donnaient plus directement. Pour eviter les faux, ils ont ajoute des trucs difficiles a copier et ils ne peuvent pas equiper tous les bureux du DMV en materiel d'impression. Alors ils donnent un permis temporaire en carton et ils envoient le definitif par la poste. Delai annonce : deux semaines, J'ai recu le mien en une semaine.

Imaginez le meme systeme en France. Vous auriez immediatement droit a une « negociation » avec les syndicats de fonctionnaires pour decider s'il faut embaucher des photographes et des imprimeurs, parce que l'examinateur « c'est pas son boulot de prendre votre photo merde et puis quoi encore ». Et puis dans chaque bureau il faudrait un sous chef, et un chef. Parce que l'administration sans ses garde-chiourmes, ce n'est plus l'administration. Vous voulez quoi ? L'auto-gestion ? Sale anarchiste ! Bref comme d'habitude on aurait 5 ou 6 « agents d'encadrement » pour deux malheureux qui tentent peniblement d'en faire le moins possible entre deux pauses cafe.

Mais bon, tant qu'il nous reste le calendos et le pinard on continera d'encenser ce merveilleux systeme « que le monde entier nous envie » (demandez leur en Somalie et au Liberia s'ils ne nous envient pas, vous verrez)

Portrait de Lictor

De Lictor

informaticien | 07H09 | 10/07/2009 | Permalien

C'est effectivement un vrai problème en France, quand comprendra-t'on que recevoir des étrangers est une chance !

La boite de ma compagne a embauché une salariée turque - presque une européenne. C'est un véritable parcours du combattant : l'employeur doit fournir un tas de papiers et justificatfs (deux jours de boulot pour la comptable, un jour pour ma compagne - pour une PME c'est lourd ! ), doit payer un timbre fiscal cher (un millier d'euros)… C'est pire pour le salarié, ma compagne a passé un mois à la consoler à chaque retour de ses démarches, parce qu'elle revenait en pleur de la préfécture. Et il s'agissait d'une salarié parlant un français parfait (en France depuis son enfance), éduquées (architecte), au courant des lois… Je n'ose pas imaginer les parcours pour les étrangers moins chanceux…

Même cas pour une amie qui réside en France depuis 15 ans. Mariée à un européen, elle a demandé la nationalité française. Ce qu'un pays devrait considérer comme un honneur : un étranger veut renoncer à son pays natif, avec les attaches que ça implique, pour nous choisir.
Là encore, un parcours du combattant. Des gens désagréable, limite racistes, des informations au compte-goutte (on énumère les papiers manquants un à chaque visite, trop facile de tout dire d'un coup), des attentes sans fin… Tout est fait pour décourager le futur français… Pourtant, elle travaille depuis son arrivée en France, elle est diplômée, elle est intégrée…

Ca a marché d'ailleurs : elle a finalement demandé la nationalité de son mari, Belge, et elle envisage de déménager là bas, même si elle aime la France. En Belgique, on lui a envoyé un gentil courier pour lui souhaiter la bienvenue, la remercier pour son choix et lui fournir un numéro avec un contact pour l'aider dans ses démarche. Tout va considérablement plus vite, et la procédure devrait être bientôt terminée.

Portrait de stef-lu

à Lictor Portrait de Lictor De stef-lu

08H38 | 10/07/2009 | Permalien

Tout à fait d'accord sur le fond mais vous en rajoutez un peu en disant « un étranger veut renoncer à son pays natif ». L'obtention de la nationalité française ou belge n'oblige pas cette personne à renoncer à sa nationalité turque.

Portrait de Jean-Luc LUMEN

à stef-lu Portrait de stef-lu De Jean-Luc LUMEN

en invalidité | 03H30 | 11/07/2009 | Permalien

Renseignez vous « L'obtention de la nationalité française ou belge n'oblige pas cette personne à renoncer à sa nationalité turque. »

Vous serez étonné…

Portrait de SUP. à la demande du riverain 21.07.09

De SUP. à la demande du riverain 21.07.09

... | 08H56 | 10/07/2009 | Permalien

Moi je les trouve admirables, ces profs FESSU ! Ils n'ont que 4 mois de vacances payés par an, sont obligés de faire 18H par semaine et malgré ça, ces gens admirables trouvent le temps de se faire mousser en défendant les sans-papiers (expression faux-cul pour désigner des hors-la-loi). Quel article admirable, émouvant, dégoulinant de confiture compassionnelle et poisseuse ( on dit « pégueuse » chez moi)… On vit vraiment dans une dictature… disent les tartuffes…

Portrait de Banana ex de juanitoto

à SUP. à la demande du riverain 21.07.09 Portrait de SUP. à la demande du riverain 21.07.09 De Banana ex de juanitoto

Je déteste rue89, tous les riverain... | 09H16 | 10/07/2009 | Permalien

« chéri »

tu oublies quelque chose :
ils n'ont que 4 mois de vacances « grassement » payés … on va où, là si tu oublies tes fondamentaux, nom de nom !

pour le reste, rien à dire, tout comme d'hab…même le coup du vocabulaire comme si t'étais pas de douai ; -) fripon !

Portrait de sev

à SUP. à la demande du riverain 21.07.09 Portrait de SUP. à la demande du riverain 21.07.09 De sev

09H55 | 10/07/2009 | Permalien

Bon, je ne veux pas être méprisante, mais quand je vois le ramassis de bêtises dans votre message, je me dis qu'effectivement certains élèves ont gravement souffert des excès de vacances scolaires !
1. les profs n'ont pas « 4 mois de vacances payés », mais ça serait compliqué à vous expliquer.
2. La dame de cet article n'est pas « hors la loi » mon cher monsieur, puisqu'elle fait un renouvellement de carte ! Elle fait juste une nouvelle demande. Elle est donc dans son droit, droit inscrit dans la loi. Au passage, ce serait plutôt l'Etat qui serait hors la loi dans cette affaire, car il me semble qu'elle pourrait prétendre à une carte de 10 ans, mais la je m'adresse au esprit éclairé (par autre chose qu'une bougie ! )
3. « ces gens admirables trouvent le temps de se faire mousser en défendant les sans-papiers ». Ces gens comme vous dites font l'honneur de notre pays en n'oubliant pas que la France a au plus profond d'elle une tradition humaniste et universelle

Portrait de Banana ex de juanitoto

à sev Portrait de sev De Banana ex de juanitoto

Je déteste rue89, tous les riverain... | 10H39 | 10/07/2009 | Permalien

Je viens traîner dans cette rue pour lire - en plus de ceux des déconnologues ; -) - des commentaires comme le vôtre.
Belle journée à vous, madame.

Portrait de sev

à Banana ex de juanitoto Portrait de Banana ex de juanitoto De sev

10H55 | 10/07/2009 | Permalien

merci.
Sur ce sujet je n'ai aucun mérite ce sont des choses que tout le monde est censé savoir.
bonne journée.

Portrait de Banana ex de juanitoto

à sev Portrait de sev De Banana ex de juanitoto

Je déteste rue89, tous les riverain... | 11H03 | 10/07/2009 | Permalien

Oui, mais ça va mieux en le disant, et ce fut drôlement bien dit !

Portrait de SUP. à la demande du riverain 21.07.09

à sev Portrait de sev De SUP. à la demande du riverain 21.07.09

... | 11H19 | 10/07/2009 | Permalien

Cela ne vous coûte pas cher de délivrer des certificats d'honneur ou de magnanimité… Sachez que je ne suis pas dupe de ce discours mystificateur et j'estime que Monsieur Besson, par exemple, est plus digne de ces titres et fait beaucoup plus pour honorer la tradition humaniste de la France, contrairement à tous les discours mensongers et diabolisateurs dont on l'accable.

Portrait de Banana ex de juanitoto

à SUP. à la demande du riverain 21.07.09 Portrait de SUP. à la demande du riverain 21.07.09 De Banana ex de juanitoto

Je déteste rue89, tous les riverain... | 12H05 | 10/07/2009 | Permalien

Ecoute, tout va bien. Tout est conforme, attends, je relis,… ah, non, zut, t'as oublié de « cirer “ les pompes de sarko !

Portrait de sev

à SUP. à la demande du riverain 21.07.09 Portrait de SUP. à la demande du riverain 21.07.09 De sev

11H52 | 10/07/2009 | Permalien

je ne délivre aucun certificat : je me contente d'observer et d'être fière (souvent) de personnes qui donnent de leur temps, de leur savoir, qui prennent des risques, petits ou grands, pour aider les autres quelque que soit leur race ou leur religion.
Cependant, votre conception étriquée et très restrictive de l'humanisme fait aussi partie (malheureusement) de la tradition française…
Enfin, concernant M. Besson…il y a les gentils discours rassurants et sur le terrain, il y a les faits…mais ça serait long et compliqué à vous expliquer.

Portrait de Enki

De Enki 9562

Alchimiste | 10H22 | 10/07/2009 | Permalien

La situation est identiquement scandaleuse dans toutes les préfectures, et depuis déja bien trop longtemps maintenant pour que les causes en soient le manque, même volontaire, d'anticipation et d'adaptation de l'administration, comme c'est le cas des CAF avec le RSA.

Les files d'attente des personnes de nationalité étrangère, qui démarrent avant l'aube dans toutes les préfectures sont les plus honteuses que la France ait connu depuis longtemps, et elles sont organisées avec des objectifs qui sont loin du bien public.

Organisées, parce qu'au vu des moyens policiers affectés à l'immigration, l'Etat ne semble pas économiser ses moyens. Pourquoi des nuées de six-pattes à la chasse aux sans-papiers, et pas quelques fonctionnaires de plus pour les faire, ces papiers ? Organisées parce que la complexité administrative et l'inefficacité de traitement créées font revenir chacun trois, quatre, douze fois, avant de devoir recommencer la démarche.

Pourquoi ? Alors que la situation n'a rien de nouveau, il s'agit de créer les apparences d'une situation de crise pour en justifier le traitement brutal. « Vous voyez qu'on est débordé avec tous ces étrangers, soyons pragmatiques, expulsons-en trente milliers par ans ! ».

Je pense à l'enfant de Bintou, devrait-il être aussi compliqué pour un enfant français d'avoir le droit de vivre avec sa mère dans son pays ? Je pense à lui et aux milliers d'autres que nous devons aujourd'hui protéger et cacher comme ceux qui furent coupables d'avoir une mère juive.

Dans la file, la plupart n'auront pas la chance de Bintou d'avoir de l'aide pour effectuer ces démarches, souvent auront des difficultés de language ou de compréhension de l'administration. Mais il y a pire : Ceux qui parlent français, vivent et travaillent depuis longtemps en France, en connaissent la vie administrative et politique, parce que ceux là peuvent prendre toute la mesure de l'humiliation qu'on leur impose.

Peut-on vivre ça douze fois, l'échec, l'incompréhension, la peur, et respecter la nationalité ou le droit de séjour que l'on obtiendrait au prix du renoncement à sa dignité ? Peut-on, citoyens, ne pas être honteux d'une coexistence que l'on fait payer à ce prix ?

Parce qu'à ce stade du sabotage des rouages administratifs, nous devons parler d'humiliation organisée, et c'est sur ce point au moins que les allocataires, chomeurs et autres précaires devraient se sentir solidaires avec les étrangers vivant en France. Sachez-le bien, vous êtes coupables de n'être pas nés au bon endroit, dans une bonne famille : A Neuilly.

Vous êtes né pauvre ? Mendiez et n'oubliez pas d'avoir honte.
Vous êtes né étranger ? Mendiez et n'oubliez pas d'avoir peur.
Qui a voté pour ça ?

Portrait de Yvon le Zébulon

à Enki Portrait de Enki De Yvon le Zébulon

Retraité | 21H15 | 10/07/2009 | Permalien

Les Africains vivent souvent de façon communautaires, et je pense qu'il aurait tout simplement été plus raisonnable de confier le bébé de 20 mois à quelqu'un de sa connaissance, le temps de faire cette fastidueuse démarche administrative.

* Impossible d'imaginer que cette dame n'aie aucune amie qui puisse montrer elle aussi que la solidarité n'est pas un vain mot.

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code