témoignage

Au poste et menotté parce que le Velib était cassé

Vendredi 19 juin 2009, en voulant retirer un Velib d'une borne, rue des Archives, à 18 heures, je constate que ma carte d'abonnement ne fonctionne pas. Et pour cause : l'unique Velib restant est en fait seulement posé contre sa borne, il est cassé au niveau de l'attache.

Je m'en saisis donc et monte dessus. Je n'ai pas fait un mètre qu'un homme se précipite sur moi, l'air franchement mauvais, me dit que j'ai violé la loi et me demande si j'en ai conscience. Je demande au type si c'est une blague, et là il me dit qu'il est de la police et me montre très rapidement une carte bleu blanc rouge sans photo ni nom.

Derrière moi, alors que je tente une discussion, un autre homme, également en civil, hausse le ton « allons, monsieur, allons, reconnaissez les faits ! » Je me retrouve encerclé par trois hommes qui disent être policiers. Ils sont très physiques, me pressant de toute part et me disent que j'ai commis un « recel de vol ». Je suis héberlué et je me sens d'autant plus mal qu'ils me demandent fermement, en me serrant fort le bras, de les suivre dans la rue d'à côté, « pour plus de discrétion » car en effet la rue des Archives était bondée, nous étions devant une terrasse de café.

« Ah ! vous l'avez voulu, monsieur ! »

Seulement, moi, j'ai pris peur, à cause de leur attitude menaçante et de l'absurdité de la situation, pensant à un piège et qu'ils voulaient me racketter ou me cogner. J'ai donc d'une part dégagé mon bras, que le plus jeune serrait, et d'autre part crié « au secours, aidez moi, ce sont de faux policiers qui veulent me racketter » aux gens de la terrasse. C'est alors que les policiers m'ont crié dessus « ah ! vous l'avez voulu, monsieur » et m'ont menotté.

J'étais terrorisé, j'ai continué à demander aux passants de m'aider. Puis je me suis laissé faire. Ils m'ont poussé dans leur voiture et emmené au poste, avec gyrophare et pin-pon.

Dans la voiture, j'ai eu droit à un sermon agressif du type « hé bien monsieur ! qu'est-ce qui vous prend ? Vous avez bu ? vous avez pris des substances ? On vous a vu essayer de vous enfuir… Et puis, vous nous avez menacé, monsieur » -j'avais effectivement parlé de la police des polices.

Le policier à ma gauche, le plus jeune, me demande si j'ai des antécédents psychiatriques. Dans mon for intérieur, je me disais que ces trois-là auraient bien besoin effectivement d'un psychiatre, mais je me suis tu, et je leur ai présenté mes excuses… Ils me disent que si je m'étais bien comporté, ils ne m'auraient pas fait tout ça.

« Vous avez perdu tous vos droits, monsieur »

Je demande si je peux appeler mon avocat. C'est alors que le policier le plus âgé (la quarantaine), au volant, se retourne et me dit « vous avez perdu tous vos droits, monsieur » et « tout ce que vous avez le droit de faire c'est attendre qu'un officier prenne votre déposition. »

Au poste, fouillé, j'ai attendu trente minutes. On m'a posé plein de questions, mon nom, mon adresse, ce que je faisais dans la vie (je suis jeune médecin), le nom de ma copine, si mon nom était sur la boite aux lettres, le numéro du digicode de l'immeuble « pour vérification »…

Ensuite, ils m'ont enlevé les menottes au bout d'une heure, non pas parce que je me plaignais d'avoir des fourmis et des douleurs, mais pour réaliser le fichage de mes empreintes. Photo face, profil, tel un criminel… Puis une déposition devant une policière qui soulevait un sourcil surpris… Puis « au revoir monsieur, la sortie c'est là bas ». Personne ne m'a présenté d'excuses pour ce que je qualifie de bavure. J'ai pris des photos de mes poignets : belles traces rouges et douleur pendant 48 heures…

En lisant l'histoire de « Sarkozy je te vois », je suis angoissé à l'idée que d'ici quelque mois, un tribunal pourrait tout à fait me faire comparaître ! Je me doutais qu'on vivait une époque où les libertés individuelles et fondamentales sont bafouées insidieusement ; j'en ai eu la preuve physique.

6 commentaires sélectionnés

Portrait de Pierrrrre

De Pierrrrre

18H08 | 09/07/2009 | Permalien

► Vous écrivez
- aux services de la présidence de la République par recommandé avec AR (c'est gratuit autant que je sache),
et tranquillement votre réclamation va descendre :

- ministère de l'intèrieur
- commissaire divisionnaire directeur des services actifs
- commissaire du service concerné
- inspecteur principal
- inspecteur
- agent de police

Soyez uniquement factuel.. reprenez exactement les paroles prononcées, les actions effectuées, si possible les témoignages (revenez au café pour essayer par les garçons de café de retrouver des témoins)

..j'imagine que vous n'aurez qu'une réponse sybilline, peut-être des excuses, .. mais vous saurez que vos 3 individus garderons trace de cet incident.

Portrait de ZonZon la MouChe

De ZonZon la MouChe

ni dieu ni maître ! | 18H22 | 09/07/2009 | Permalien

Me suis déjà pris la tête avec des policiers : je leur avais fait remarquer qu'ils m'avaient refusé un stop et du coup ils m'ont fait le grand jeu de l'intox.
Il y en avait un qui tentait de m'énerver en criant « alors comme ça on n'aime pas les flics » ?
J'avais envie de lui claquer « bah c'est surtout les cons que je n'aime pas ».
En définitive, voyant que je restais très calme devant les provocations, ils ont fini par partir. Faut dire qu'il était midi et qu'ils se rendaient au restaurant de la préfecture pas loin. Tellement pressés de bouffer qu'ils roulaient comme des babaches.
J'ai illico envoyé une lettre au Procureur de la République après avoir recueilli 3 témoignages.

Portrait de Waldeck

De Waldeck

Naufragé en Sarkoland | 18H32 | 09/07/2009 | Permalien

La Police en sur-effectif :

- 1 Vélib gardé par 2 flics

Portrait de rahaan

De rahaan

situation | 18H36 | 09/07/2009 | Permalien

En meme temps …. le vélib, t'avais effectivement pas à le prendre

Portrait de Yvon le Zébulon

De Yvon le Zébulon

Retraité | 18H39 | 09/07/2009 | Permalien

Vous êtes victimes de gens qui n'ont plus aucune envie de faire les cents pas à Villiers le Bel ou dans quelque autre quartier dit chaud, mais qui doivent tout de même justifier d'un certain nombre d'affaires réglées en mettant des croix dans leur stats.

° Quand on ne réalise pas ses objectifs, faute d'avoir un véritable voyou à se mettre sous la dent, on prend un Vélibiste aventureux.

¤ Normalement, cette histoire ne devrait guère aller très loin, mais vous êtes désormais fiché, et au grand banditisme…allez savoir !

Portrait de Dormeurduval

De Dormeurduval

Etudiant | 14H09 | 10/07/2009 | Permalien

Alors je vais donner franchement mon avis : avec tout le non-respect que je dois aux flics véreux, il faut quand même être stupide pour circuler avec un vélib cassé au niveau de l'attache, donc effectivement volé vous l'aviez remarqué.

D'autre part, s'il y avait des flics à ce moment là, c'est peut-être parce qu'un commissariat se trouve juste à côté de la rue des archives, non ? Car je n'arrive pas à comprendre ce que vous insinuez dans votre message. Ce serait un piège ? Les policiers en tenue de camouflage se seraient cachés derrière un arbre grillagé en attendant patiemment que quelqu'un soit assez bête pour emprunter un vélib » illégalement ?

On sait que des vols de vélib », il y en a des centaines par mois. Je ne prendrais jamais le risque de circuler avec un vélib » que je remarque volé/deterioré quand on connaît le nombre de flics à Paris, c'est un peu comme aller vendre des contrefaçons de sacs de grande marque devant le siège de la DGCCRF et se plaindre ensuite d'avoir été arrêté.

Quant à la procédure employée, ce n'est pas un scoop. Vous avez fait quelque chose d'illégal, et quoi que vous en disiez dans ces cas-là des dispositifs génériques sont mis en place. Rassurez-vous vous n'avez pas fait l'objet d'un traitement particulier.

Je pense que très sincèrement, il faudrait arrêter de crier au scandale pour le moindre truc. Là, il paraît assez évident que la personne avait tort. Quant au scandale qu'on imagine hystérique, je ne suis pas sûr que le fait de vous débattre et de crier ait laissé d'autres choix à ces flics.

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