Enquête 08/07/2009 à 12h23

Yeeehaaa ! Laisse danser le cow-boy qui est (peut-être) en toi

Soline Ledésert | Journaliste


Au festival de country music de Mirande en 2008 (Jamiecat1/Flickr).

Quelques 160 000 amateurs de western swing et hillbilly boogie se retrouvent du 9 au 14 juillet autour de la « country music ». Dans le fin fond du Texas ? Pas du tout : à Mirande, sous-préfecture du Gers.

De la country dans notre pays

Il va falloir se faire à l’idée : en France, depuis quelques années, les clubs fleurissent, les festivals se créent, les radios sur le net se font jour et les polémiques entre amateurs et puristes apparaissent. Il y a donc tout d’un phénomène naissant.

Au Festival de Mirande, on pourra ainsi écouter Roch Voisine et ses reprises de classiques country, acheter un chapeau Stetson, contempler un rassemblement de Harley-Davidson ou encore tenter de remporter la « Tiag d’or » après avoir démontré ses talents de danseur/se du « tush-push ».

Il ne faut pas nécessairement être un passionné pour avoir vu, entendu ou dansé la country. On peut se rendre toutes les semaines à un cours dans un des nombreux clubs de « western dance » ou « aux jeudis country de La Défense  » pour les franciliens. La « line-dance », qui se danse en alignement avec d’autres, la « west coast swing » qui se danse en couple, s’enseignent de plus en plus en France. (Voir la vidéo)

Les clubs de danse sont apparus en région Ile-de-France, Rhône-Alpes, PACA, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées. Aujourd’hui, « il y en a vraiment partout », constate Heather, de Steeve & Heather, couple de musiciens professionnels qui a enregistré son premier album à Nashville. En 2005, elle avait recensé, lors une étude, 600 clubs de danse ; aujourd’hui, elle estime qu’il y en a deux fois plus. Explications.

Le retour du bal populaire ?

Les amateurs de « western danse » soulignent la convivialité qu’ils trouvent dans les événements country. C’est un « milieu sain » et très chaleureux, qui rassemble des personnes de toutes catégories sociales, essentiellement dans la tranche 40-60 ans. Néanmoins, les jeunes s’y mettraient. (Voir la vidéo)

L’effet « O’Brother », Shania Twain et Roch Voisine ?

Les responsables de fédération de « country music » et « western dance » signalent que des éléments de country ont été introduits de manière croissante dans le paysage culturel français. « On a fondé les Billy Dancers Country en 2005 à Saintes parce que c’est une musique et une danse qui plaisaient de plus en plus », dit Jacques Detrez, 62 ans, animateur de l’association de 60 adhérents qui se produit dans la région.

Les festivals et groupes de musique français ont contribué à faire connaître la musique country, par le biais de reprises et parfois, plus rare, de compositions.

La fin du mandat de G.W. Bush et la nouvelle image du Texan

Steeve, de Steeve & Heather, dit que « l’anti-américanisme primaire est terminé, aussi grâce à l’élection présidentielle ». Le renouveau de l’image du Texan est « flagrant » et signe d’une plus grande ouverture à la culture traditionnelle américaine.

Tout le monde n’est pas si enthousiaste à la vue de la réappropriation tricolore de cette musique et de cette danse. Pour Florent Dufour, président de la FACM (French Association of Country Music), « la country est en France véhiculée au travers de la danse » :

« Plus de 80% des spectateurs sont des danseurs. Plus de 95% de ces danseurs ne savent pas qui sont Brad Paisley, Garth Brooks, Kenny Chesney, Tim Mc Graw, Hank Williams... »

Aussi, « la country souffre en France d’une image ringarde qui est encore véhiculée par bon nombre de festivals, clubs ou groupes de country ». Il regrette que ce soit « cette image qui soit vendeuse en France ».

Pour lui, il faut découvrir avec patience cette culture américaine trop méconnue et pour cela, faire venir des groupes américains en France, ce que privilégient le festival Equiblues de Saint-Agrève en Ardèche et le Festival de Music Country de Craponne-sur-Arzon en Auvergne. « Les autres utilisent le mot country pour y placer des artistes aussi country que Johnny Halliday fait du reggae ! », dit Florent Dufour. A bon entendeur... Pour les danseurs, il reste le club du village. Pour trouver, s’adresser au shérif.

Photo : au festival de country music de Mirande en 2008 (Jamiecat1/Flickr).

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  • vas y
    vas y répond à orange
    là-bas
    • Posté à 13h34 le 08/07/2009
    • Internaute 83899
      là-bas

    Je précise que depuis plus de 500 ans la danse traditionnelle folk se pratique dans tous les pays. En Europe la base est celtique, des danses en couple, scottish, polka, mazurka, bourrée, valse, valse écossaise, irlandaise…, mais aussi des dances en cercles, cercle circassien, jig…, en ligne comme le madison. Vous voyez que tous le panel des danses y est, des plus anciennes, les branles du moyen-âge aux plus modernes, le madison. Des centaines de danses. Alors que le musette est très réducteur, il s’est contenté de piquer quelques danses, tout comme la country qui vient des US, mais importé par les irlandais et adapté aux mœurs locaux, comme toutes les dances folks d’ailleurs…et d’ici. Alors, vive la tradition, apprenons à l’aimer et faisons la évoluer au lieu de copier et d’importer des dances toutes faites prêtes à consommer. C’est de la danse populaire, vas y, régale toi !

  • petit lapin
    petit lapin
    condé sans dents
    • Posté à 15h56 le 08/07/2009
    • Internaute 82080
      condé sans dents

    Cette déferlante de clubs country existe depuis plusieurs années notamment en Bretagne.

    Mais cette apparition n’est en rien le fait d’une évolution naturelle des pratiques ; elle est le résultat d’une grande opération commerciale très « soft power » à l’américaine. beaucoup moins spontanée que l’on pourrait le croire

    Comme ce fut le cas dans un autre registre du quad par exemple qui sous l’impulsion des investissements japonais a inondé le marché européen au début des années 90

    Résultat : aujourd’hui cette machine est belle et bien ancrée dans le paysage et emmerde les promeneurs en foret depuis bientôt deux générations

    le concept « club country » c’est un produit fini et emballé que l’on importe tout fait avec des codes des référence , précises (grossières) qui interpellent l’imaginaire collectif européen sur ce à quoi doit surement ressembler le mode de vie texan, les rapports sociaux.

    Malgré cela il faut pas être élitiste et péter plus haut que son cul , je n’irai pas dire à un dame de 50 ans tiraillée entre son boulot et sa vie de famille, qui va retrouver ses potes au club country que c’est une beauf qui a rien compris à la domination culturelle.

    ....Simplement qu’il y a moyen de s’amuser de se détendre tout autant sans se prendre la tête via des associations locales diverses souvent moins mercantiles et plus enrichissantes.Notamment en France ou nous avons un tissu associatif très dense