tribune 08/07/2009 à 17h31

Les 160 démissions chez Air France n'étaient que rumeur



Des personnels d'Air France lors d'un hommage œcuménique aux victimes du vol Rio-Paris le 3 juin à Paris (Bob Edme/Reuters).


Comme souvent ces derniers temps nous constatons deux choses : d'abord, que la moindre rumeur se retrouve instantanément sur Internet, et est reprise tout aussi rapidement par des journalistes un peu « amateurs » qui oublient de « croiser » les infos pour valider leurs sources ; ça a été le cas de l'annonce de 150 démissions de personnels navigants commerciaux d'Air France.

Ensuite, que ce soit pour parler de la tragédie du vol Rio-Paris, des résultats économiques de la compagnie, ou même pour corriger une fausse info répétée sur les ondes radio, Air France fait sa grande timide !

Air France aurait donc connu 150 démissions de personnels navigants commerciaux (PNC) depuis la tragédie du vol Rio-Paris. Nous avons entendu cette rumeur le 29 juin. Un seul coup de téléphone aux services compétents nous a permis de vérifier que cette info était totalement fausse. Elle n'en a pas moins été reprise par un journal le lendemain matin.

Un deuxième coup de téléphone à un autre service de la compagnie nous a permis d'apprendre dans la journée qu'il n'y avait eu que 24 démissions de PNC depuis le début de l'année 2009, que ce nombre était en ligne avec ce qu'on constate habituellement (une cinquantaine par an) et qu'il n'y a eu aucune démission depuis le 1er juin (en fait il y a eu 7 départs, mais pour des démissions posées avant le 1er juin).

Voilà pour la rumeur. Dommage que la direction se soit contentée d'un communiqué disant qu'il n'y avait pas 150 démissions de PNC. On pourrait comprendre qu'il y en a eu 149...

En revanche, il y a bien un problème depuis l'AF 447. Nombreux sont nos collègues qui ont besoin d'un accompagnement psychologique. Très nombreux sont ceux qui ne se présentent pas pour leur vol (record historique d'AF du nombre de compositions d'équipages réduites, près de 500 depuis le 1er juin).

La cellule de soutien psy ferméee trop tôt

Les délégués PNC au CE Lignes ont dû se fâcher lors de la dernière cession pour que la direction daigne activer une « écoute » psychologique pour ces personnels, assurée par des médecins après l'arrêt de la cellule de soutien psy le 12 juin. Les élus du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) avaient pourtant attiré l'attention de la direction sur la fermeture trop précoce de la cellule de soutien psy.

Comme c'est étrange, après un drame qui a fait 228 victimes, dont 12 membres d'équipage plus 4 salariés de la compagnie, les PNC ont besoin d'écoute et la direction ne pouvait pas l'imaginer !

Non seulement les personnels navigants ont besoin d'écoute, mais ils ont aussi besoin que leur direction leur parle et leur dise dans quelle situation se trouve la compagnie en cette fin de premier trimestre.

On connaissait la grande muette (l'armée), on a maintenant « la grande timide », c'est Air France.

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Photo : des personnels d'Air France lors d'un hommage œcuménique aux victimes du vol Rio-Paris le 3 juin à Paris (Bob Edme/Reuters).

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  • DrTom
    • Posté à 11h50 le 09/07/2009

    « La cellule psy », c'est une nouveauté des 20 dernières années il me semble... A ce que je sais, ce n'est pas demandé par les « victimes » (à défaut d'un autre mot), mais mis en place automatiquement.

  • projectionniste83370
    projectionniste83370
    opérateur-projectionniste
    • Posté à 12h07 le 09/07/2009
    • Internaute
      opérateur-projectionniste

    Peuple, tu es mystifié. Tu seras démystifié. »
    (Eugène Ionesco)

  • A déménagé le 4 février
    • Posté à 14h33 le 09/07/2009

    Ah ! Les hôtesses d'Air-France et leur petit chignon si trognon, bien dégagé autour des oreilles, sublimées d'autant plus sur la plhot qu'elles portent des lunettes noires... Si la rumeur est bidon (pléonasme), l'émotion, elle, est bien réelle. Je m'interroge : si désormais maman a peur au moindre trou d'air, que vont devenir ses petits poussins quand tombera le masque à oxygène...

  • Blackhawk
    • Posté à 17h18 le 09/07/2009

    Très drôle cet article.

    Le journaliste bombe le torse contre les journalistes amateurs qui ne vérifient pas l'information, en oubliant de se regarder lui même : en relisant son article, il aurait découvert qu'il fait partie des journalistes qui veulent ruer dans les brancards comme des héros tout en ne dérangeant personne, soumission, solidarité corporatiste, frilosité obligent.

    Un bon journaliste n'aurait pas hésité à NOMMER le journal incriminé, et le journaliste ayant relayé l'information.

    Au lieu de ça...

    • Rodolphe Helderlé
      • Posté à 12h43 le 10/07/2009

      Regardez un peu le titre de l'article initial : Lien

      Le Parisien est bien cité. Ensuite l'auteur de cet article n'est pas journaliste. C'est un délégué syndical d'Air France qui sait de quoi il parle. Sans vouloir pour autant devenir un héros ; o))