Il devient de plus en plus difficile d'organiser en France des évènements de musique électronique, faute de lieu ou de subventions suffisantes. Trop souvent assimilé à un public jeune, ingérable et drogué, le mouvement électro fait peur, surtout dans les petites communes. Le festival Hadra, basé à Grenoble et pourtant soutenu par la Région, en a fait les frais, faute de lieu d'accueil.

Pour la seconde fois depuis sa création en 2005, le Hadra Trance Festival vient donc d'annoncer son annulation. Difficile de trouver un lieu qui puisse accueillir 4000 amateurs exigeants de musique électro, avec des artistes reconnus dans le milieu comme l'israélien Painkiller ou l'australien Space Tribe.
Les deux premières éditions avaient eu lieu dans la commune de Chorges :
« Globalement, ça s'était bien passé reconnaît Jean-François Dumanois, de la mairie. Il n'y avait pas eu de débordements. Mais il y a eu des ressentis subjectifs. Suite au festival, des groupes d'opposition se sont formés dans le village. »
Une association en particulier, La montagne et les Berthiers, milite contre l'installation du festival et porte plainte contre la mairie, qui a permis la manifestation :
« Le climat était très mauvais dans le village, se souvient Jean-François Dumanois. Nous ne l'avons pas reconduit dans la commune. »
L'année dernière, la manifestation a eu lieu à Pontcharra, mais là encore, l'expérience n'est pas renouvélee. Selon les organisateurs, le site ne pouvait plus accueillir tous les festivaliers. « La mairie ne portait plus le projet », ajoute Driss Bouayad, co-fondateur et trésorier de Hadra.
Avec un budget de plus de 200 000 euros, le festival est à 90% autogéré. La région Rhône-Alpes lui a d'ailleurs réaffirmé son soutien en 2009, augmentant la subvention de 2000 euros. Pour Hadra, l'annulation de cette année est donc due à une méconnaissance et à une peur du mouvement électro :
« Les gens nous confondent avec des “ free party ou des tecknival ”, qui sont des manifestations illégales. Notre organisation se passe sans problème, la sécurité aussi », assure Driss Bouayad.
Pour les organisateurs, on attache trop souvent les clichés de public ingérable et de circulation de drogues à ce type de manifestations.
D'autres festivals touchés
Le Hadra Trance Festival n'est pas le seul à disparaître cette année. A Besançon, faute de subvention et de lieu pour l'accueillir, le festival Electro-Clique ne se produira pas non plus. Le département du Doubs a réduit ses subvention et la SACEM , société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique s'est retirée du projet à la dernière minute en 2008. En 2009, l'association ne demande pas de subvention.
« Par sagesse, nous avons décidé de ne pas organiser d'évènement cette année, pour que celui de l'année prochaine puisse avoir lieu avec un budget resserré », précise Vincent Nicod, président de l'association organisatrice Citron Vert.
Le festival Elektro Circus, qui a lieu depuis cinq ans début mai à Carpentras, a dû lui changer de date et de lieu. « Nous avons eu un désaccord avec la mairie en terme de budget et de contenu du festival que nous souhaitions plus ambitieux », explique Clémentine Maillol, coordinatrice du Collectif Freeson, organisateur de l'évènement.
« Les amalgames sur la musique electro persistent, surtout dans les petites communes », confirme Sophie Bernard, directrice de Technopol, association organisatrice de la Technnoparade :
« Auparavant, des arrêtés municipaux et préfectoraux interdisaient les festivals de musique électro, aujourd'hui, les pressions sont exercées sur les organisateurs et les loueurs de salle. »
Technopole représente des personnes dans la légalité, pour inciter à la professionnalisation de ce genre de festivals :
« Mais même lorsqu'ils possèdent une licence d'entrepreneur de spectacle, ils ont autant de galère que sans, dénonce Sophie Bernard. Il y a une vrai politique de découragement pour ceux qui souhaitent entrer dans la légalité. »

























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De raphael.w
developpeur | 19H13 | 06/07/2009 |
Pourtant l'Ososphère à Strasbourg se porte plutot bien !
Mais il n'est ni en plein air, ni dans une petite ville.
C'est bien dommage de voir que l'électron ne peut s'inviter que dans des festivals de renoms… : (
De outside-closer
point de suspension | 19H31 | 06/07/2009 |
Il aurait été intéressant de comparer ces situations à celles d'autres organisateurs de spectacles.. Histoire de faire la part entre les difficultés de l'ensemble des acteurs culturels, et celles qui seraient spécifiques à la scène dite « électro » (étiquette qui, en soi, est un amalgame assez grossier, mais bon….).
Comment font les autres ? S'ils s'en sortent plus facilement, pourquoi ? Tout mettre sur le dos d'un préjugé généralisé des autorités à l'encontre d'un genre musical me semble un peu court… Et quand bien même, pourquoi ces préjugés ? Quels sont les arguments qui font que la population de certains villages se rebiffe ?
De ker
19H51 | 06/07/2009 |
La musique electronique est une musique de degeneré. Je sais bien car j'en suis un et je n'ecoute que ca.
Que l'argent de nos impots continue donc a payer grassement des musiciens classiques des grands orchestre qu'aucun jeune (ou si peu) ne va plus voir (faute de gout, de temps et d'argent), il n'y a pas besoin de beaucoup d'argent pour faire de la musique qui remue les tripes, ni pour organiser une free party. Certes cela fait chier de se faire sans arret baiser, de payer pour amuser les bourges fan d'opera, mais ca plus le reste, ca ou le reste…
Et puis l'electronique a aussi ses fetes commercial et tres lucrative qui marchent tres bien a l'etranger http://www.id-t.com/, il suffit de passer la frontiere. Rien que pour les hollandaises, cela vaut le deplacement, plutot que de s'emmerder dans un pays ou on prefere cherir les vieux sous temesta et faire la chasse aux jeunes sous extas (enfin j'en prend meme pas moi meme)
On s'en tape qu'il y'ait des autorisations, l'illegalite sied tres bien a la musique et l'art en general. Les vrais artistes ont toujours ete des parias, les autres ne sont que des imposteurs.
De bozo_vancouver
regarde de loin | 20H35 | 07/07/2009 |
Festival qui coute 200 000 euros, a 90% autogeré. Recevoir 10 % de subvention de la collectivité (20 000 euros, de quoi payer une grosse tete d'affiche « a la » Jeff Mills), c'est enorme. Mes felicitations a la ville et aux organisateurs : )
Mais quand on voit ce que « Johnny » (l'idole des vieux) a recu des collectivités territoriales pour ses concerts : En 2000, Jean Claude Gaudin, maire de Marseille subventionne 1.5 millions de Francs (230000 euros), Il recoit aussi des centaines de milliers d'Euros pour sa tournée des stades. Et en plus de ca, « l'idole » ne veut pas payer d'impots en France… Pendant que de vrais artistes et promoteurs se bougent et mordent la poussiere. La classe !
C'est dommage, il y avait quand meme des festivals electronique incroyable en France qui ont fais venir/jouer de grand DJs elektro / techno / hardcore de toute la scene internationale. Disparu a cause de manque de financement, de credibilité et qui ont mis aussi beaucoup « organisateurs sur le carreaux (pour ne citer que Guy L'eclair (Nantes), Millesime Festival (Bordeaux), Borealis (Montpellier), et bien d'autres…) - Paix a eux !
De N.O.D.
étudiant | 03H26 | 07/07/2009 |
Je profite de cet article qui traite de festivals de musiques alternatives et/ou underground et de leur réception difficile par le grand public pour dire que vous auriez aussi pu parler du Hellfest, festival de « musiques extrêmes » (metal et hardcore en majorité) qui s'est tenu à Clisson (près de Nantes) entre les 19 et 21 juin derniers, pour sa quatrième édition.
Mais peut-être cela fait moins recette que l'electro chez les visiteurs de Rue89 ? En tout cas j'ai proposé ma contribution en précisant que j'avais écrit un article sur le sujet et je n'ai eu aucune réponse…
Je trouve ça dommage, parce que cela aurait pu être un moyen pour beaucoup de gens d'avoir un aperçu de cette culture (car oui, c'en est une) autrement que par les quelques rares reportages, à 90% débiles et clichés, que les gros médias peuvent faire sur le sujet.
Le Hellfest subit aussi les foudres des gens bien pensants et de la population puisqu'une association de cathos intégristes appelle à l'arrêt de toute subvention publique pour ce qui est devenu un des plus gros festivals du genre en Europe (cette année, il y a eu 60000 personnes sur 3 jours, quand même, dont des gens qui venaient de très loin en France, en Europe et dans le Monde). Exemple de leurs délires ici : http://www.facebook.com/s.php ? ref=search&sid=5668314954c4d33017e1f940dd5…
En précisant que ce festival n'a jamais connu depuis sa création aucun débordement notable, que l'ambiance y est très conviviale et que c'est une rare occasion pour des tas de gens de rencontrer d'autres amateurs de musiques marginalisées, de « parias » comme vous les appelez.
Voilà, je trouvais juste dommage qu'on en parle pas du tout sur Rue89 alors qu'il est déjà difficile de trouver des informations sur le sujet en général et que ce genre d'évènement le mériterait.
De Denis Grognard
employé administratif | 09H16 | 07/07/2009 |
Les Nuits Sonores, c'est un peu le festival branché, image de marque de Lyon.
D'ailleurs, je crois que le festival a été lancé à l'initiative de la mairie en réponse aux Nuits Blanches parisiennes.
Globalement, le système est fait de telle sorte que sans un soutien public, presque aucun festival n'a de chance d'exister.
Si les festivals techno vont souffrir d'un certain ostracisme des autorités de par leur image, en terme de coût (technique, personnel, nombre de musiciens sur scène…) ils restent, je pense, un peu moins chers à organiser.
Le festival qui va programmer des musiciens « traditionnels » va lui avoir beaucoup plus de coûts liés à sa programmation même et doit donc absolument obtenir un financement public pour être viable.
Le hic, c'est que très peu de collectivités soutiennent des festivals musicaux dès lors qu'ils sont spécialisés ou qu'ils sortent des sentiers battus.
Voilà comment on se retrouve être le pays champion de la fête à Neuneus (cf Solidays, les Franco, les Vieilles Charrues…) et complètement à la ramasse sur des musiques plus pointues.
De hood
Cordiste | 12H12 | 07/07/2009 |
Quelques exemples de ce qu'il se passe à l'étranger :
http://www.boomfestival.org/boom2009/ (portugal)
www.freedom-festival.eu (Portugal)
www.sonica-dance-festival.eu (Italie)
http://www.ozorafest.hu/ (hongrie)
http://www.universoparalello.art.br/ (brezil)
http://www.aurorafestival.gr/ (grece)
http://www.vuuv-festival.eu/ (allemagne)
http://www.transylvania-calling.com/ (roumanie)
et je pourrais en mettre beaucoup d'autre dans plein de pays (Hongrie, Turkie, Suisse, Belgique, Roumanie, Israel, Maroc, Australie, Autriche, Mexique, Etats Unis, Angleterre, Espagne etc. etc.
Là bas, tout se passe bien !
Pourquoi partout en Europe et dans le monde entier il y a de gros festival et pas en France ? (75 000 personnes quand meme au boom festival …)
De spouny_boy
Lynchez moi j'aime ça !! Mais gaf a... | 09H39 | 07/07/2009 |
Il n'y a pas que les festival de musique électronique.
Dans le Var un festival indépendant de musique, de performance artistique en live et autre débat politico-ecologique s'est terminé en eau de boudin a cause des force de l'ordre. Le Festival des Collines
Je rappel les faits :
Ca s'est passé en Aout 2006 près de Régusse et pour nous montrer qu'on était pas les bien venu dans le département (l'asso est Varoise) la préfecture à missionné 50 flic le premier soir et 70 le second pour filtrer les route à 100%, même les habitant du village de Régusse était fouillé personnellement ainsi que leur véhicules. Mes parents le furent bien évidement. Bref a cause de cela le festival ne reçu même pas 30% des gens attendu et l'asso en eu pour 112000 euro de déficite.
Donc un festival de Roots et de fumeur de join à été annulé et alors ? Sauf que ce festival en était a sa 7ieme année, qu'il n'y a jamais eu d'incident et qu'a 10km de la un tecknival de 3 jour n'a pas vu l'ombre d'un flic.
Les pouvoir public n'aime pas la culture, surtout quand elle est pas sponsorisé par RTL ou Coca !
A lire un article plus complet sur l'évenement, certe un peu ancien mais toujours d'actu : http://bellaciao.org/fr/article.php3 ? id_article=33324
De Louise Bourgeois
cinéaste | 11H22 | 07/07/2009 |
CET article est ultra racoleur puisque les festivals électro pullulent dans les bonnes mairies UMP (et pas que bien sûr …) ! L'éléctro c'est hype, c'est chic donc ça marche …
Alors c'est évident que certaines asso doivent galérer dans certaines communes. Comme FreeSson par exemple et son excellent elektro cirkus. Une très bonne programmation dans une ville et un endroit sinistrés (Carpentras). Et puis pour l'article on parle de transe, et oui bien sûr la transe n'est pas le summum de la hype et ne doit donc pas plaire à certains. MAIS il ne faut pas GÉNÉRALISER ! Car les festivals electro y'en a pleins !
Cependant, d'autres courant musicaux souffrent bien plus.
En 2009, le punk, le hardcore et le métal effraient encore ! Que des intégristes catho essaient de faire annuler le hellfest, qu'ils parviennent à faire retirer coca-cola comme partenaire ! C'est incroyable !
Que les médias n'en parlent peu, que France 3 fasse un reportage sur le festival en interviewant un curé et des métalleux catholique, je trouve ça affligeant ! ! !
Bref, qu'on nous parle pas de laïcité, ni de burqa, ni de culture. La France est bien un bon vieux pays de catho ! Alors au lieu d'aller faire chier les musulmans, qu'on balaie déjà devant notre porte.
De plus, le Hellfest a un budget de 3M d'euros. et ne reçoit que très peu de subvention publique.
Et le hellfest a mis en lumière les problèmes que nous subissons. Nous sommes encore très marginalisé. Heureusement que notre réseau (punk/hardcore) est bien organisé.
Voici le communiqué des organisateurs :
http://www.hellfest.fr/web08/accueil.php ? langue=french#/news/
voici le pauvre reportage de France 3 :
http://www.youtube.com/watch ? v=yyTyEniBtCs
De Curtix
Etudiant | 12H55 | 07/07/2009 |
Dénoncer les préjugés de certains sur l'électro et les jeunes c'est facile, nier les évidents problèmes que ce type d'évènements occurent ça l'est visiblement moins.
Je suis moi-même un de ces jeunes fan de musiques électro (terme que j'exècre d'ailleurs) donc qu'on ne vienne pas me faire la morale. OUI il y a de l'alcool et OUI il y a de la drogue dans ces soirées. Il faut arrêter de nous faire passer pour de gentils petits anges qui ne demandent qu'à passer une bonne soirée puis à rentrer chez eux dans le calme en marchant sur le trottoir et en se tenant la main pour traverser la rue.
Je trouve ça quand même SAIN que des vieux (puisque ce sont eux que certains ici visent) s'inquiètent des conséquences que de tels rendez-vous peuvent avoir. Stop à l'angélisme quoi.
J'ai cru lire un commentaire sélectionné qui dit en gros que c'est un scandale que Johnny soit énormément subventionné et pas nos p'tit sfestivals électro. Ca c'est nombriliste et débile à souhait. Je suis loin d'être fan de Johnny, et pour cause, mais force est de constater qu'il est quand même LARGEMENT plus grand public que nos musiques à nous qui restent extrêmement confinées et pointues (c'est pour ça aussi qu'on aime tant l'électro ! ). Faut faire la part des choses. Y'a un mec qui est apprécié par peut-être 5 million de français qui l'écoutent depuis leur 20 ans et un autre qu'une poignée de fans seulement connaissent depuis (grand) maximum 5 ans. Faites la proportion merde. Si la moitié des français écoutaient Thomas Bangalter ou Etienne de Crécy, c'est pas Johnny qui toucherait d'énormes subventions.
En tout cas ce dont je suis sur c'est que c'est pas en chiant sur la musique des autres qu'on gagnera le respect pour la notre.