Politiquement et économiquement inévitable, la réforme de l'assurance santé aux Etats-Unis va constituer un véritable examen de crédibilité pour l'administration Obama, qui va ainsi pouvoir mettre à l'épreuve sa capacité à insuffler le changement.
Sur ce dossier, Obama pourrait laisser une trace dans l'histoire. A la Maison-Blanche, le moment est considéré comme idéal pour lancer cette réforme. Surtout, elle ne peut pas attendre.
Il faut en effet profiter de la popularité encore grande du nouveau président, et il faut aller vite, avant que les membres du Congrès ne commencent à s'inquiéter des élections de mi-mandat, à l'automne 2010.
A peine plus de la majorité des Américains (51%) soutiennent le plan de santé Obama. La crainte d'un Etat trop interventionniste et d'un alourdissement des déficits est encore très palpable. Malgré l'optimisme présidentiel, tout le monde n'est pas encore convaincu.
Maîtriser l'augmentation des dépenses de santé, un impératif
Pourtant, la santé coûte très cher aux Etats-Unis, ce qui a des conséquences à la fois sur les conditions de vie des Américains, qui ont de moins en moins les moyens de se soigner, et sur la dette nationale, qui augmente de jour en jour, notamment du fait de l'explosion des coûts.
C'est d'ailleurs l'un des principaux arguments de Barack Obama : au rythme actuel, les dépenses de santé pourraient représenter 28% du PIB américain en 2030, contre 18% aujourd'hui, et une famille moyenne pourrait avoir à débourser près de 18 000 euros pour s'assurer en 2030, contre 8 500 aujourd'hui. La réforme devrait donc permettre de maîtriser la hausse des coûts et d'améliorer le système de santé.
Les chiffres sont connus : environ 47 millions d'Américains sont dépourvus d'assurance maladie, nombre qui devrait augmenter du fait de la crise économique et la hausse du chômage (la couverture maladie étant souvent liée à un emploi). En outre, 25 millions d'Américains seraient « sous-assurés ».
Etant donné la complexité du système de santé américain et la multiplicité des opinions sur la façon dont doit être menée la réforme, la tâche est ardue. L'administration doit à la fois convaincre républicains et démocrates et mettre d'accord l'industrie pharmaceutique et les assureurs.
Les points majeurs de la réforme sont :
- Responsabiliser les Américains par rapport à la santé, en s'appuyant sur un système public-privé (et non un système entièrement public, qui n'incite pas les assurés à faire des économies).
- Réduire le prix des médicaments prescrits.
- Développer une assurance maladie de qualité et abordable pour chaque Américain.
- Empêcher les compagnies d'assurance de refuser une couverture sur la base de conditions préalables.
- Créer un fond national des assurances qui pourrait faire la concurrence aux compagnies de sécurité privés (à l'exemple du Medicaid et Medicare).
Le projet de réforme d'Hillary Clinton avait été rejeté
Face à de telles ambitions, la crainte, notamment des opposants à la réforme, est de voir l'Etat jouer un rôle plus grand sur les questions de santé -dans un pays toujours très méfiant face à un interventionnisme étatique- et de voir le déficit se creuser, alors même que la crise économique pénalise déjà les finances américaines.
Barack Obama est pour sa part intimement convaincu de la nécessité de réformer le système de santé américain. Il souhaite d'ailleurs conduire une véritable réforme de fond, et ne pas seulement apporter des modifications cosmétiques au système actuel.
Obama n'est pas le premier à vouloir réformer le système de santé américain. L'administration Clinton avait eu la même priorité au début des années 1990. Mais la réforme avait rencontré l'opposition du Congrès, notamment parce qu'elle avait été principalement préparée par des experts, et non par les parlementaires.
L'administration Obama a aujourd'hui appris des échecs de l'administration Clinton.
Une occasion pour Obama de laisser sa trace dans l'histoire
Cette fois-ci, les membres du Congrès sont particulièrement impliqués dans l'élaboration de la réforme. Au Sénat, le Senate Health, Education, Labor and Pensions (HELP) Committee, mais également le Senate Finance Committee sont déjà au travail.
A la Chambre des Représentants, les trois présidents des commissions en charge du projet de réforme (Henry Waxman pour le House Energy and Commerce Committee, Charles Rangel pour le House Ways and Means Committee et George Miller pour le House Education and Labor Committee) ont d'ores et déjà fait des propositions pour cette réforme.
La réforme de l'assurance santé aux Etats-Unis constitue l'une des principales promesses de campagne de Barack Obama. Mais le contexte économique rend l'adhésion à la réforme plus difficile, cette dernière étant très coûteuse. La refonte du système de santé est pourtant présentée comme vitale pour le redémarrage économique des Etats-Unis.
Le temps est donc compté pour la nouvelle administration, qui ne veut pas passer à côté de l'occasion de laisser sa trace dans l'histoire.


























8
(Pour réagir, connectez-vous)
De christobal0094
citoyen du monde | 14H53 | 05/07/2009 |
Si Obama arrive a realiser ca, chapeau !
le pays de la liberte, un peu tendance anar de droite, deviendrait celui du droit aux soins.
il resterait pas mal de chemin pour arriver a de vraies egalites, mais se serait une revolution.
à christobal0094
De ysengrimus
12H06 | 07/07/2009 |
Sauf que gardons à l'esprit qu'une bonne portion de la rédemption obamaesque est en fait mythologique…
http://ysengrimus.wordpress.com/2009/02/01/etats-unis-redemption-piege-a…
Il risque d'en être autant pour le terrible dossier santé… cet autre rêve…
Paul Laurendeau
De Autist Reading
Plombier/Electricien | 15H45 | 05/07/2009 |
Il a des idées formidable, Obama, dommage que çà va pas se faire…
De Liger
liger.amsud.net | 17H42 | 05/07/2009 |
Madame Lepri, vous ne croyez pas qu'il faudrait aussi chercher à modifier l'environnement juridique aux USA, pour que les praticiens ne soient pas obligés d'engraisser des compagnies d'assurance et des cabinets d'avocats ?
Entre une médecine abordable, et la faculté de lancer des actions en justice dont les sanctions vont bien au delà de la simple indemnité réparatrice, les étasuniens ont (mal) choisi. Ou peut-être le pouvoir des « lawyers » a-t-il choisi pour eux…
De sinclair
21H29 | 05/07/2009 |
Article confus qui n'apporte rien par rapport a un précèdent ici même http://www.rue89.com/california-dreamin/2009/06/24/lassurance-maladie-au…
Qui est plus éclairant sur la situation.
Désolé
De expat
11H04 | 06/07/2009 |
L'article ne nous dit sur quel type de systeme de sante l'administration obama espere mettre sur pied.
Surtout l'article laisse entendre les idioties habituelles sur le sur-consommation medicale qui suivrait un systeme plus juste, a moins de faire faire des etudes de medecine a chacun d'entre nous, il faut reconnaitre que nous somme incapables de decide si nos symptomes sont graves ou non et les couts derapent souvent car les consultations ont lieu trop tard, on pourrait ajouter la plupart des maladies graves n'ont aucun signes particuliers et on peut rester longtemps sans se douter de quoi que ce soit, a l'autre extremite du spectre on peut souffir terriblement mais n'avoir aucune pathologie dangereuse, ou peut-on etre responsabilise ?
Il y a beaucoup de possibilites pour ameliorer l'acces aux soins de qualites et la vie du personnel soignants, malheureusement il passe par un certaine perte de prestige et de pouvoir d'achat pour le medecins, et pour les cadres hospitaliers qui n'ont bientot plus rien a envier aux traders et autres banquiers (particulierment aux US et en GRande-Bretagne), c'est cela qui empeche beaucoup de choses, le nombre de gens qui ne sortiraient pas de leur lit pour le salaire moyen etant finalement assez eleve d'une part et d'autre part notre compassion pour eux est sans limites ! Ils trouvent eux-meme que notre qualite de vie ne devrait dependre que de notre valeur marchande, interessant non ?
De tlaloc
Retraité | 19H35 | 06/07/2009 |
Il y a en a bien besoin car en Californie le gouverneur républicain terminator supprime l » assurance maladie à 1 million d'enfants pauvres car il ne veut pas augmenter d'un cent les impôts.
De Olif _archipolak
varsolidaire a la bonne cause | 09H34 | 07/07/2009 |
C'est heureux de constater que dans le monde, il y a des presidents qui font des reformes dans l'interet des citoyens…