Heurts entre extrême-gauche et police en Allemagne

De violents affrontements entre des militants d'extrême-gauche et la police ont fait 27 blessés parmi les forces de l'ordre et 67 personnes ont été arrêtées, dans la nuit de samedi à dimanche à Hambourg, dans le nord de l'Allemagne.

Un millier d'« autonomes » d'extrême-gauche, dont certains vêtus de noir et les yeux cachés derrière des lunettes de soleil, ont affronté 1.800 policiers déployés pour l'occasion. Plusieurs poubelles et une voiture de police ont été incendiés. Les forces de l'ordre ont employé des canons à eau et des matraques pour repousser les manifestants, selon un communiqué des autorités.

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Portrait de virginie78

De virginie78

Éteignez votre TV et apprenez à lir... | 11H37 | 05/07/2009 | Permalien

Décidément, c'est une manie de déterrer des « autonomes » d'extrême-gauche.
L'extrême droite étant aussi maudite, bientôt il n'y aura plus qu'un parti légale, je vous laisse deviner lequel !

Portrait de Jonas2

à virginie78 Portrait de virginie78 De Jonas2

Les mouches ne me trouveront pas as... | 11H49 | 05/07/2009 | Permalien

Euh ! …
Le parti d'en rire si ce n'était pas si triste ?

Portrait de eelisa

à virginie78 Portrait de virginie78 De eelisa

Délinquante au coin de la rue | 12H12 | 05/07/2009 | Permalien

Je ne suis pas sure que l'extrême droite soit si maudite que ça… on nous bassine avec Marine…
Dans quelques temps on verra qu'on lui propose un joli petit ministère ou tout au moins un boulot… : -((

Faut pas laisser s'éparpiller les voix d'extrême droite… machin chouchou en aura encore besoin en 2012…

Portrait de C-dâv

à eelisa Portrait de eelisa De C-dâv

13H58 | 05/07/2009 | Permalien

Il est loin le temps de Leipzig 1992 !

Portrait de viva zebda

à virginie78 Portrait de virginie78 De viva zebda

rameur | 15H29 | 05/07/2009 | Permalien

ne compte pas trop sur la-croix.com pour montrer du doigt l'extrême droite

Portrait de Les Chats

De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 12H53 | 05/07/2009 | Permalien

L'AFP via La Croix ? Bizarre.
De violents affrontements à propos de quoi ?

Portrait de Saheyus

De Saheyus

Rêveur invétéré | 13H03 | 05/07/2009 | Permalien

Des lunettes de soleil ! En plein mois de Juillet !
Terroristes !

Portrait de C-dâv

à Saheyus Portrait de Saheyus De C-dâv

13H23 | 05/07/2009 | Permalien

Et en Teutonie Orientale ,là y'a outrage,pourquoi y zauraient du soleil ?

Portrait de Weatherboy

à Saheyus Portrait de Saheyus De Weatherboy

Comédien dans un système oligarchiq... | 13H33 | 05/07/2009 | Permalien

Communiqué du ministère de l'Intérieur, 1er Juillet 2009 - Nos services de renseignements nous informent que de vastes déplacements de populations d'autonomes ont été observés vers le Sud de la France ces derniers jours. Plusieurs grands axes en direction de la Cote d'Azur se sont retrouvés entièrement bloqués (technique naturellement empruntée à l'Insurrection qui vient). L'air extrêmement enjoué de ces individus les rend très vite suspect. Il est à noter qu'en plus des lunettes de soleil caractéristiques, l'autonome dissimule le haut de son crâne par un bob Ricard. Signe disctinctif : ses tongues ne laissent pas de sigle UMP sur la plage.

Portrait de C-dâv

à Weatherboy Portrait de Weatherboy De C-dâv

13H57 | 05/07/2009 | Permalien

Et en plus y boivent du « vieux Pontarlier “sans sucre,c'est dire si y sont dangereux !

Portrait de Lurker

De Lurker

Neant | 13H04 | 05/07/2009 | Permalien

1/ On ne sait pas pourquoi ils etaient la,
2/ « dont la plupart dans la mouvance autonome », s'ils sont autonomes, ce n'est donc pas une mouvance. La mouvance, c'est « extrême-gauche ». Mais à ce compte la, ils ne sont plus « autonomes », surtout s'ils sont un millier,
3/ « dont certains vêtus de noir et les yeux cachés derrière des lunettes de soleil », et dont certains habillés de jeans tout à fait normaux, et de lunettes de vue ? Où est l'info, voir seulement l'interêt de la remarque, exactement ?

C'est fou comme un papier tel que celui ci fait croire un tas de choses, désinforme, tout ceci sur la base de rien du tout. Merci le journalisme.

Portrait de Grabougnac

à Lurker Portrait de Lurker De Grabougnac

Looser imperturbable | 22H00 | 05/07/2009 | Permalien

Bien dit.
Et à remarquer aussi le décompte rigoureux des blessés coté police.
Coté « méchants-tout-en-noir » ce n'est pas mentionné. Doit donc pas yen avoir.
Sont vraiment très très forts ces terroristes.

Portrait de Alexad

De Alexad

13H40 | 05/07/2009 | Permalien

Dommage qu'on ne nous en dise pas plus sur les raisons de cet affrontement !

Portrait de viva zebda

à Alexad Portrait de Alexad De viva zebda

rameur | 15H27 | 05/07/2009 | Permalien

si tu crois que La-croix.com est la pour t'informer !

elle préfère sans doute maintenir ses ouailles dans la peur du changement !
(« Le ministère de l'intérieur estime à environ 6.000 le nombre de personnes appartenant à l'extrême-gauche et prêtes à commettre des violences en Allemagne, “dont la plupart dans la mouvance autonome”. En 2008, le ministère a recensé 701 actes de violence attribuées à l'extrême-gauche en Allemagne. »)
dixit la-croix .com

Portrait de Alexad

De Alexad

13H40 | 05/07/2009 | Permalien

 !

Portrait de Phil2922

De Phil2922

Retraite invalidité | 14H06 | 05/07/2009 | Permalien

Je pensais en apprendre un peu plus sur les motifs de l'affrontement en allant sur le site de « La Croix.com »…que dalle…. Les voix de l'info deviennent, elles aussi, impénétrables.
Rue89, soyez plus rigoureux qu'eux…merci… ! !

http://phil195829.overblog.com

Portrait de franc parleur

De franc parleur

anarchieevangelique.wordpress.com | 14H26 | 05/07/2009 | Permalien

La réponse radicale :
http://whiteblocks.wordpress.com/

Portrait de Eden

De Eden

... | 15H08 | 05/07/2009 | Permalien

Puisque j'étais sur place, quelques infos en passant :

D'abord, il faut savoir que les affrontements entre les autonomes - mais aussi les riverains - et la police sont très fréquents dans le quartier de Sternschanze, qui abrite la Rote Flora, un centre culturel alternativ squatté.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rote_Flora

Traditionnellement, les rapports entre la police et les habitants du quartier sont quelque peu difficiles, et le 1er mai et le Schanzenfest – la fête du quartier - se terminent en affrontements.

Les émeutes les plus violentes de ces dernières années ont eu lieu en 2008 suite à une manif du NPD autorisée par la police - trois jours d'affrontements et des dizaines d'arrestations.
http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/7379615.stm

Hier, donc, avait lieu la Schanzenfest et le district, quelle générosité, l'avait autorisée jusqu'à 18 heures.

A partir de 18 heures, c'est la police fédérale qui était censée assurer le maintien de l'ordre.

Près de 1700 policiers étaient présents dans les rues adjacentes dès le matin.

Ambiance bonne enfant, marché aux puces, concerts, teuf en plein air sur les toits, etc.

Je ne sais pas qui est responsable de cette stratégie imbécile, mais à 18 heures précise, les premiers CRS apparaissent et défilent, armés de matraques - à la queu-leu-leu dans le quartier - ce qui, à tort ou à raison, est ressenti comme une véritable provocation.

Premières huées des participants à la fête mais aussi des riverains qui prennent le frais sur les balcons, premiers jets d'objet divers, premiers coups de matraques, premier cocktail molotov, plusieurs stands sont renversés, 4 ou 5 chars à eau apparaissent et crachent leur eau glaciale sur les terrasses des cafés, dont celle où je me restaurais benoîtement d'une pizza quattro stagioni, qui, pour le coup, m'est restée en travers de la gorge.

La suite, on la connaît, mais il est faux de prétendre que les affrontements sont le seul fait de quelques centaines d'autonomes – les plusieurs milliers de personnes présentes dans le quartier ont nettement manifesté leur opposition à la présence de la police et j'ai même vu un groupe de jeunes femmes plutôt BCBG balancer des bouteilles de bière vides sur les flics qui venaient de renverser leur table.

Portrait de asozial

à Eden Portrait de Eden De asozial

aus Berlin | 15H37 | 05/07/2009 | Permalien

même scénario à Kreutzberg le 1er mai - grosse fête de rue, concerts, plein de fêtard en goguette, un petit groupe de manifestants et des centaines de policiers en armure attendant d'en découdre, hélicoptère en stationnement au dessus de chez moi pendant des heures, des dizaines de camions blindés qui bloquent le quartier toute la nuit… bienvenue dans le capitalisme 0.2 !

Portrait de freakfeatherfall

à asozial Portrait de asozial De freakfeatherfall

loin de la rue | 17H23 | 05/07/2009 | Permalien

merci pour ces infos
c'est plus que dans tout l'article de la croix

Portrait de EulChe

à Eden Portrait de Eden De EulChe

Humaniste hère | 17H30 | 05/07/2009 | Permalien

Merci de ces infos, je me demandais justement le pourquoi de ces 1800 policiers déployés sans aucune raison (selon l'article)…

Portrait de GWERN

De GWERN

Ex militant du vaste mouvement des ... | 17H43 | 05/07/2009 | Permalien

Pour y voir un tout petit peu plus clair :

4/ LES AUTONOMES ALLEMANDS

En l'absence de texte francophone sur l'Autonomie allemande, je m'appuierai ici essentiellement sur l'analyse qu'en ont fait Thomas Schultze et Almut Gross dans leur ouvrage « Die Autonomen. Ursprünge, Entwicklung, und Profil der autonomen Bewegung » (1) paru en 1997 aux éditions Konkret Literatur.

En Allemagne, le mouvement autonome n'émerge réellement qu'à partir de 1980. Il apparaît cependant dès 1973 en prenant exemple comme en France sur le mouvement italien. Le contexte politique dans lequel se trouve alors l'extrême-gauche allemande est particulier : depuis 1957, et jusqu'en 1981, le Parti Communiste Allemand est interdit et certains de ses militants sont même incarcérés. De plus, il n'existe en RFA qu'un seul syndicat : la DGB (Confédération Allemande des Syndicats). Comme dans la plupart des pays occidentaux, on assiste cependant à une émergence de l'extrême-gauche à partir de 1966 avec la radicalisation des mouvements étudiants : APO (opposition extra-parlementaire) et SDS (Fédération Socialiste Allemande des Etudiants). Les mouvements anarchistes et maoïstes atteignent alors leur apogée entre 1970 et 1972 parallèlement à l'apparition de groupes de lutte armée : Tupamaros-Berlin-Ouest (1968), Fraction Armée Rouge (RAF, 1970), Revolutionäre Zellen (Cellules Révolutionnaires, 1970), et Mouvement du 2 Juin (1971).

C'est dans ce contexte qu'apparaissent en 1973 les premiers groupes autonomes allemands. Comme en France et en Italie, ils sont issus de la décomposition des groupes anarchistes et maoïstes (K-Gruppen). Ces premiers groupes autonomes s'investissent principalement dans le mouvement antinucléaire, dans les premiers squats politiques, et dans les groupes de quartiers. Certains d'entre eux prennent aussi exemple sur l'opéraïsme italien en organisant des groupes de chômeurs et de précaires et en tentant de lancer des grèves sauvages. Mais dès 1976, le mouvement commence à s'effondrer sous les coups de la répression qui frappe alors les squats, dont les habitants sont suspectés d'appartenir à des groupes de lutte armée. Ce premier mouvement autonome disparaît avec la répression qui s'abat sur toute l'extrême-gauche allemande à l'automne 1977 suite à l'action de la RAF : enlèvement du président du patronat, Hans Martin Schleyer, et détournement d'un avion de la Lufthansa sur Mogadiscio par un groupe de Palestiniens. Le 18 octobre, un commando d'élite de la police allemande libère les passagers de l'avion en tuant trois des quatre preneurs d'otages. Le même jour, les autorités allemandes annoncent la mort de trois militants de la RAF à la prison de Stammhein : Andreas Baader, Gudrun Ensslin, et Karl Jaspe. Le lendemain, la RAF annonce avoir exécuté Hans Martin Schleyer.

Face à cette crise politique, les autorités allemandes décrètent l'état d'urgence pendant plusieurs mois : la Constitution et les libertés démocratiques sont provisoirement suspendues. L'extrême-gauche allemande s'effondre sous le poids des mesures répressives. Les militants sont interdits de travail dans la fonction publique et la DGB refuse de syndiquer les communistes. C'est seulement en 1980 que l'extrême-gauche renaît de ses cendres avec l'émergence du mouvement autonome. Le mouvement autonome réapparaît alors dans un contexte tout à fait nouveau : le Parti Communiste est ainsi à nouveau autorisé en 1981. Dans le même temps, une nouvelle organisation politique voit le jour : le mouvement des Verts, à la fois pacifiste et écologiste, et qui recycle la plupart des gauchistes des années 70 dans une stratégie électoraliste. Le mouvement autonome allemand va alors regrouper la plupart de ceux qui se reconnaissent encore dans une stratégie révolutionnaire.

Les autonomes allemands développent le concept de « Massenmilitanz » (« violence de masse »), principalement à partir de trois luttes : le mouvement antinucléaire, les squats, et l'antimilitarisme. Des jeunes chômeurs, dont certains issus du mouvement punk, se joignent aux militants d'extrême-gauche implantés dans différentes luttes (luttes anticarcérales, mouvements étudiants, groupes tiers-mondistes, luttes de quartier…). Parmi ces militants, certains se disent « undogmatisch » (« loin des dogmes »). D'autres, de la mouvance libertaire, viennent des groupes de « Spontis » (spontanés), de « Stadtindianen » (Indiens Métropolitains), ou sont comme en France des militants communistes libertaires. Un autre aspect important du mouvement autonome allemand est aussi la lutte antipatriarcale.

Cependant, à la différence des mouvements français et italiens, le mouvement autonome allemand des années 80 n'a pas réellement de référence prolétarienne : il s'agit plus d'un mouvement de jeunes des classes moyennes qui cherche à combattre le capitalisme non pas sur des bases de classe mais à partir de prises de position politiques ou culturelles. Une autre différence fondamentale avec la France réside dans le fait qu'alors que la mouvance française n'est qu'une composante marginale et minoritaire de l'extrême-gauche, en Allemagne au contraire le mouvement autonome rassemble la majorité de l'extrême-gauche (jusqu'à 20 000 autonomes allemands à la fin des années 80 (3)) : il n'existe pas ainsi en Allemagne d'extrême-gauche institutionnelle comme c'est le cas en France. Alors qu'en France, le mouvement autonome est né en opposition au reste de l'extrême-gauche et contre le Parti Communiste, en RFA cette culture d'affrontement interne au sein de l'extrême-gauche ou d'affrontement contre le Parti Communiste n'existe pas du fait du caractère anti-institutionnelle du Parti Communiste Allemand (KPD). L'inexistence en Allemagne d'une extrême-gauche institutionnelle s'explique aussi par le faible nombre de militants trotskystes. On pourrait aussi évoquer la faiblesse de la culture anarcho-syndicaliste allemande pour expliquer cet état de fait, la culture syndicale des groupes révolutionnaires français ayant incontestablement facilité leur intégration dans le champ politique institutionnel (2).

Si l'on élude les premières tentatives autonomes du milieu des années 70, il convient de distinguer trois périodes dans l'histoire du mouvement autonome allemand : une période de développement (1980-1985), d'apogée (1985-1989), puis d'éclatement (depuis 1990). Je me limiterai ici à l'étude des années 80, jusqu'à la chute du mur de Berlin en 1989 qui a entraîné une profonde recomposition du mouvement (3).

Le mouvement autonome allemand des années 80 est principalement concentré à Berlin-Ouest et dans les grandes villes du nord de la RFA (Hamburg, Brême, et Hannovre) mais il s'étend aussi dans des villes de taille moyenne. De par sa nature politique, on peut même dire qu'il s'étend aussi à la Suisse et aux Pays-Bas autour de Zürich et d'Amsterdam.

Le mouvement autonome allemand repose principalement sur celui des squats et sur le mouvement antinucléaire. Suite à la grande répression de l'automne 1977, l'ensemble de l'extrême-gauche allemande se réfugie dans le seul mouvement qui n'ait pas été totalement écrasé : le mouvement antinucléaire, qui va donc se radicaliser à partir de ce moment-là. Avec la fondation des Verts en 1980, le mouvement antinucléaire se sépare de manière définitive entre autonomes et pacifistes. On peut même considérer qu'il existe une étroite corrélation entre la fondation des Grünen (4) et l'apparition du mouvement autonome allemand. La fondation des Verts entraîne en effet une recomposition politique de l'extrême-gauche allemande, chacun devant choisir entre d'une part la voie de l'électoralisme, du pacifisme, et de la légalité, ou d'autre part celle de l'Autonomie et du recours à la violence et à des pratiques illégales. Les autonomes allemands sont le résultat de cette scission. A partir de là, le mouvement antinucléaire allemand ne cessera de basculer entre pacifisme et violence.

De 1981 à 1984, les autonomes allemands vont participer au mouvement contre le stationnement de missiles américains en RFA (missiles « Pershing II » et « Cruise »). Ce mouvement qui fait descendre dans la rue jusqu'à un million de personnes est essentiellement pacifiste, mais une minorité, dont les autonomes, lutte sur des bases anti-impérialistes. La venue en RFA du vice-président américain Georges Bush le 25 juin 1983 est notamment l'occasion d'une manifestation particulièrement réprimée à Krefeld, près de Düsseldorf (Rhénanie). Ce jour-là, la manifestation pacifiste rassemble 100 000 personnes.

Contrairement aux autonomes français qui ont l'habitude de parasiter les manifestations du mouvement social en s'opposant et en s'affrontant aux cortèges de la gauche et de l'extrême-gauche, les autonomes allemands ont une véritable tradition de coexistence et de tolérance mutuelle avec les pacifistes. Les autonomes allemands ont ainsi pris l'habitude d'organiser leurs manifestations de manière plus ou moins séparée des organisations pacifistes, dans une démarche de complémentarité entre les deux mouvements. Les manifestations, tant aussi bien des pacifistes que des autonomes sont ainsi chacune organisées avec la volonté affichée de ne pas gêner la stratégie adoptée par les autres manifestants (3). Dans le même état d'esprit, on peut observer non seulement qu'il n'y a pas de condamnations des actions violentes des autonomes de la part des organisations pacifistes allemandes, mais qu'en plus il existe bel et bien une solidarité entre les deux mouvements face à la répression. On est donc bien loin des pratiques de la gauche française et italienne visant à aider la police à arrêter les autonomes tout en les accusant d'être infiltrés et manipulés par la police et l'extrême-droite.

Cependant, cette tradition allemande de non-dissociation n'empêche pas une répression très dure contre la manifestation des autonomes à Krefeld le 25 juin 1983. Cette répression ne frappe pas la manifestation pacifiste organisée en parallèle mais seulement les 1500 autonomes venus ce jour-là. Beaucoup sont blessés au cours des affrontements avec la police. Parmi les autonomes arrêtés, plusieurs sont condamnés à des peines de un an à trois ans de prison ferme. Quant aux missiles Pershing II et Cruise, ils seront démantelés suite à l'arrivée au pouvoir en URSS de Mikhaïl Gorbatchev en 1985. A partir de cette date, le « Mouvement pour la paix » perdra de son ampleur et les autonomes allemands cesseront d'y participer.

Avec les ouvertures de squats, le principal axe d'intervention des autonomes allemands au cours des années 80 est la lutte antinucléaire. La plus grande lutte du mouvement antinucléaire allemand est celle qui se déroule à partir de 1980 contre la construction de la centrale de retraitement de Wackersdorf, en Bavière. C'est cette lutte qui provoque les plus grosses émeutes que l'Allemagne ait connues depuis 1945, la population locale participant à des affrontements extrêmement violents. L'opposition à la construction de la centrale de Wackersdorf est de loin la plus virulente car contrairement à la plupart des centrales nucléaires qui ont avant tout pour but de produire de l'électricité, la centrale de Wackersdorf est elle au contraire destinée au retraitement des déchets, et donc notamment à la production de plutonium, élément nécessaire à la fabrication de l'arme atomique. Un point crucial qui réveille de manière extrêmement violente la peur du militarisme allemand. Après sept ans de luttes, la RFA finira par abandonner la construction de la centrale de Wackersdorf en 1987. C'est d'ailleurs à ce jour la seule centrale dont le mouvement antinucléaire allemand soit parvenu à empêcher la construction.

En ce qui concerne le mouvement des squats allemands, on peut dire qu'il est animé avant tout par une démarche de type alternative, c'est-à-dire considérant l'appropriation de l'espace urbain comme un véritable but en soi et non comme chez les autonomes français comme un moyen de lutter contre les rapports marchands (5). Les squats autonomes allemands se situent donc avant tout dans une démarche constructive proche de celle des Occupants-Rénovateurs parisiens. Les squatters parisiens du Collectif des Occupants-Rénovateurs tirent d'ailleurs le nom de leur collectif de la traduction du concept d » « Instandbesetzung » (6) avancé par les squatters allemands (7).

Les premiers squats allemands apparaissent en 1973. A cette époque, le mouvement des squats est encore en Allemagne un phénomène minoritaire de groupes révolutionnaires cherchant à développer des noyaux communistes dans les quartiers (3). Ce premier mouvement dure jusqu'en 1976 et disparaît avec la grande répression de 1977. Parmi les squatters arrêtés à cette époque, certains formeront plus tard la RAF des années 80.

Le mouvement des squats des années 80 est beaucoup plus culturel : c'est un mouvement de jeunes des classes moyennes qui cherchent à « vivre autrement ». C'est aussi un mouvement de masse rassemblant une partie non négligeable de la jeunesse (plusieurs dizaines de milliers de jeunes Allemands). Les squats autonomes allemands de cette époque ne sont donc qu'une composante politique radicale de ce mouvement plus vaste. Ce mouvement aboutit au milieu des années 80 à la création par l'Etat allemand de « Jugend Zentrum » (Centres de la Jeunesse). Ces Centres de la Jeunesse permettent d'enrayer rapidement le mouvement des squats en Allemagne.

Parallèlement à cette stratégie de canalisation du mouvement, la RFA entame à partir de 1986 une politique de répression systématique des squats politiques. Il s'agit en l'occurrence de l'application de la « directive de Trevi », qui recommande pour lutter contre le terrorisme d'expulser tous les squats politiques dans un délai de 48 heures. Cette directive internationale est appliquée simultanément en Allemagne, au Danemark et aux Pays-Bas, dans un contexte où la RAF multiplie à nouveau les attentats. Ne résistent alors essentiellement que les squats autonomes ouverts avant 1986. Cependant, ces squats ne sauront tolérées qu'au prix d'une légalisation, les occupants acceptant de payer un loyer symbolique. Dans ces conditions, on peut se demander en quoi ces immeubles occupées peuvent-ils être encore considérées comme des squats. Plus que de squats, il est en effet plus approprié à partir de ce moment-là de parler de « Centres Autonomes ».

Le mouvement autonome allemand est aussi marqué par la lutte armée. Les militants des Revolutionäre Zellen (RZ, Cellules Révolutionnaires) et du groupe « Rote Zora » (Zora Rouge) sont présents en son sein. Alors que Rote Zora est un groupe féministe, les militants des RZ sont à l'origine un groupe anti-impérialiste. Mais dans les années 80, les RZ se rapprochent des autonomes et d'une démarche de type « social-révolutionnaire ». Il semble aussi que les militants de la RAF (bien que d'orientation politique différente) ont commencé à développer des liens avec les autonomes allemands à la fin des années 80.

Le mouvement autonome allemand se dote aussi au milieu des années 80 d'une organisation structurée, avec en particulier l'organisation régulière de congrès autonomes, mais aussi avec la création d'un certain nombre de coordinations organisées de manière thématique : coordinations de squatters, coordinations antinucléaires, réseaux de soutien aux prisonniers… Enfin, à partir de 1987, les autonomes allemands font surtout parler d'eux en organisant des émeutes tous les 1er mai à Berlin-Ouest dans le quartier de Kreuzberg.

Avec la chute du mur de Berlin en novembre 1989, le mouvement autonome allemand va traverser une profonde crise politique. Face à la réunification de l'Allemagne et à la montée de l'extrême-droite, le mouvement va alors s'orienter essentiellement dans la lutte antifasciste en abandonnant progressivement ses références sociales-révolutionnaires. Cette nouvelle orientation politique provoque l'éclatement du mouvement en de multiples luttes parcellaires et concurrentes, mettant ainsi fin à son unité.

(1) « Les Autonomes. Origines, développement, et profil du mouvement autonome »
(2) Voir notamment le rôle de la Fédération Anarchiste ou des lambertistes au sein de Force Ouvrière, ou plus récemment celui de la LCR dans la fondation des syndicats SUD. Sur la Fédération Anarchiste, voir « Le mouvement anarchiste en France », tome II, pages 89-110 (Jean Maitron, GALLIMARD 1992). Sur les lambertistes, voir « Les Lambertistes : un courant trotskiste français » (Philippe Campinchi, BALLAND 2001). Sur Force Ouvrière, voir « Cet étrange monsieur Blondel » (Christophe Bourseiller, BARTILLAT 1997). Sur les syndicats SUD, voir « Les nouveaux sans-culottes. Enquête sur l'extrême-gauche » (Jean-Christophe Brochier et Hervé Delouche, GRASSET 2000)
(3) Entretiens avec Edgar (pseudonyme d'un militant allemand de la période 1985-1989, 20 avril et 11 mai 2004)
(4) Verts allemands
(5) Entretien avec Hans (pseudonyme d'un squatter de Hannovre, 01/08/2004)
(6) Littéralement, « Occupation-Réhabilitation »
(7) Entretien avec un ancien membre du Collectif des Occupants-Rénovateurs (28/04/2004)

Portrait de General Subverciòn

De General Subverciòn

kouign aman délocalisé | 19H55 | 05/07/2009 | Permalien

DAMNED ! ! ! ICH BIN GEMACHT ! ! !

Portrait de patdu49

à General Subverciòn Portrait de General Subverciòn De patdu49

chomiste du maine et loire | 03H43 | 06/07/2009 | Permalien

voilà au moins une personne prévoyante ..

prévoyante contre la gestapo et leurs appareils photos, caméras etc, fichage, flicage, denonciations etc …

prévoyante contre les services aux ordres de la gestapo, et leurs gaz lacrymogènes qui brulent les yeux et les voix respiratoires ..

peut etre bientot du gaz moutarde en réponse aux citoyens qui se battent contre la dictature criminelle esclavagiste néo libérale capitaliste … ne pas oublier que Hitler aussi avait été élu …

on a déjà pu voir testé du répulsif anti SDF dans des collectivités tenues par certains kapos, ou des ondes pour boussiller les tympans des salauds de jeunes, des hordes de flics pour virer les tentes des sans abris sur les quais etc … car ça fesait tache dans le panorama ..etc ..

va peut être même falloir qu'on s'equipe de masques et tenus anti NBC (nucleaire-bacterio-chimique) bientôt, vu que les gouvernements en seules réponses aux attentes et revendications des citoyens, et en réponse à la montée de la pauvreté, ne répondent que par de la repression et de l'intimidation, par des robocops, des gardes à vue, de la taule, des radiations, expulsions, ou du STO (service Travail Obligatoire) etc …

je prend des risques, je montre ma gueule …

Portrait de framboise92

De framboise92

Je refleurirai un jour ! | 20H47 | 05/07/2009 | Permalien

ça ne va pas en Allemagne ?
Pourtant, on nous rabat les oreilles sur ce pays modèle pour une école de qualité.
zarbi !

Portrait de Eden

De Eden

... | 21H36 | 05/07/2009 | Permalien

Portrait de Courageux-Anonyme

à Eden Portrait de Eden De Courageux-Anonyme

23H08 | 05/07/2009 | Permalien

N'empêche ils ont plus de couilles que les nôtres leur flics, ils ont pas de bouclier ( :

Portrait de Tassin

à Eden Portrait de Eden De Tassin

Inquiet | 13H00 | 06/07/2009 | Permalien

Et dire que ce cirque est payé par les impôts des gens qui se font doucher et sont sommés de se disperser…

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