Le prof qui avait dit « Sarkozy je te vois » relaxé par le tribunal
Vous souvenez-vous de ce professeur de philosophie marseillais poursuivi en mars pour avoir répété « Sarkozy je te vois » à deux reprises sous le nez de policiers pratiquant un contrôle de police dans la gare Saint-Charles à une heure de pointe ?
Rue89 avait notamment publié le témoignage du prévenu, accompagné par le procès-verbal dressé par les agents. Le cas avait ensuite été très médiatisé.
Au point que Nicolas Sarkozy lui-même y est revenu dans l'nterview accordée cette semaine au Nouvel Observateur. Il y affirme n'avoir « jamais porté plainte » contre l'enseignant, qui a été poursuivi pour « tapage injurieux diurne troublant la tranquillité d'autrui ».
Pas de « tapage diurne », estime le juge
Sans lien avec la prise de position présidentielle publique puisque la décision était prise en amont côté magistrats, le prévenu a appris ce vendredi 3 juillet, sur le coup de neuf heures du matin, qu'il était relaxé.
Précisions auprès de son avocat, Me Vouland :
« Le juge a motivé sa décision en précisant que la parole de mon client n'avait pas outrepassé, en termes de décibels, la rumeur normale dans un lieu public à une heure de forte fréquentation.
Il a nié le caractère injurieux tout en reconnaissant le côté “maladroit” de son intervention. Il a enfin souligné qu'il n'y avait pas d'intention manifeste de troubler la tranquilité publique. »
De son côté, l'enseignant, qui tient toujours à rester anonyme, ne dénigre pas l'emploi du terme « maladroit ». Voilà ce qu'il disait à Rue89 juste après avoir appris le jugement :
« C'est justement le job du philosophe de feindre la maladresse pour interroger la société sur ce qui ne va pas. Je ne regrette pas ce procès, car il ne faut pas manquer une occasion d'ouvrir le débat. »
- Sur Rue89« Je suis jugé mardi pour avoir dit “Sarkozy je te vois” »
- Sur nouvelobs.comL'interview de Nicolas Sarkozy au Nouvel Obs
- Sur rue89.comTous les articles sur l'outrage
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-Hier le journaliste de France 3 au sortir de sa convocation durant laquelle le juge lui a dit qu'il n'y avait rien dans le dossier.
-Aujourd'hui, ce citoyen que des policiers bien zélés ont voulu voir condamné qui ressort libre du tribunal.
-Coupat et les terroristes de Tarnac en dehors de prison.
Les procédures sécuritaires de l'ère sarkozy, même si elles pourrissent la vie de libres citoyens, même si elles instrumentalisent à outrance l'appareil administratif, policier et judiciaire à des fins de communication poltique et de muselage de la dissidence pâr intimidation, ces procédures les unes après les autres font « Pshhiit » selon la formule du prédécesseur de Nicolas.
On peut s'en réjouir et se dire que les garde fous fonctionnent encore.
C'est vrai.
Mais est-il pour autant supportable qu'un clan utilise ainsi les instruments régaliens ?
Et autre question, pendant combien de temps encore les institutions vont résister face à un donneur d'ordre qui s'affranchit lui même des règles légales, ou tout du moins morales (au sens républicain) ?




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