Denis Sassou Nguesso en route vers le pouvoir à vie

Denis Sassou Nguesso revient au pouvoir au Congo en 1997 après en avoir chassé Pascal Lissouba (George Mulala/Reuters).

Certes, ce n'est pas une nouveauté en Afrique : très rarement un président organise des élections pour les perdre. Si actuellement le Niger est dans une zone de turbulences politiques de par le « je m'en foutisme » de Mamadou Tandja, ailleurs on essaie d'y mettre la forme avec toutefois la même finalité : l'ardant désir de durer au pouvoir. C'est vrai qu'au Niger, où les fondements de la démocratie sont solidement ancrés, le scénario huilé n'a pas fonctionné, mais presque partout sur le continent il a fait Florès.
A la demande populaire...
D'abord le tenant du pouvoir suprême suscite chez ses affidés des marches et des meetings à l'occasion desquels on le supplie « de se représenter » afin de maintenir la paix, la sécurité et la prospérité, bref la stabilité. Ensuite ce dernier, après de faux atermoiements et un suspense feint, se décide en fin de compte à donner une suite favorable à la volonté du peuple. Un scrutin est alors organisé, lequel consacre la victoire du chef sortant et le tour est joué.
Celui qui a assuré un bref intérim à la présidence congolaise après l'assassinat du président Marien Ngouabi en 1977 connaît tellement les rouages qu'il ne se fait jamais de souci lorsqu'a lieu ce genre de scrutin majeur dont l'issue est souvent connue d'avance. Sauf en 1992 où sa clairvoyance a été prise au dépourvu, car il fut battu par Pascal Lissouba. Mais on connaît la suite, puisque, plus tard, une meurtrière guerre civile favorisa le retour de l'enfant terrible d'Oyo par les... urnes en 1997.
C'est ainsi que la veille du décès officiel de son gendre et ami Omar Bongo Ondimba (OBO), président du Gabon, soit le 6 juin 2009, DSN officialisait à Brazzavillle sa candidature en se fondant sur les ardents vœux de ses ouailles et le postulat qu'il a encore « des services à rendre au peuple ».
A dix jours de cette présidentielle, même avec douze adversaires dont bon nombre lui doivent ce qu'ils sont aujourd'hui, le chef de l'Etat congolais affiche déjà sa certitude que ce sera une promenade de santé. Excepté Mathias Dzon, ex-grand argentier de Sassou, et le général Ngouélondélé, ancien chef de la sécurité, tous s'avèrent des comparses. Surtout que des figures qui pouvaient peser sur cette élection tels Christophe Moukouéké et Ange Edouard Poungui sont hors jeu de par la volonté de la Cour constitutionnelle !
Le pouvoir à vie pas mort
Le cas DSN met encore en lumière le fait que le pouvoir à vie a encore de beaux jours devant lui en Afrique. Un observateur avisé faisait remarquer que le prix Ibrahim Mo, le fondateur de Celtel (aujourd'hui Zain), qui récompense par des millions les chefs d'Etat qui acceptent de partir volontairement, échoirait toujours à la zone australe africaine (le cas Chissano du Mozambique est un exemple) ; mais difficilement à un président de l'Afrique de l'Ouest ou centrale, tant l'alternance y est rarissime. Peut-être qu'il sera, un jour, démenti par le Ghana, le Mali, le Sénégal... ou le Burkina. Ne désespérons pas !
Pour le moment, et en vrai chef Mbochi, DSN s'apprête à étrenner pour la énième fois ce pouvoir qu'il n'a jamais véritablement quitté depuis la mort d'un certain capitaine N'Gouabi.
Photo : Denis Sassou Nguesso revient au pouvoir au Congo en 1997 après en avoir chassé Pascal Lissouba (George Mulala/Reuters).
- Sur wikipedia.orgLa fiche Wikipédia de Denis Sassou-Nguesso
- Sur denisassou.comLe site officiel de campagne de Denis Sassou-Nguesso
- Sur jeuneafrique.comDenis Sassou Nguesso : "Mon dernier mandat, sauf si… ", sur JeuneAfrique.com
- Sur fidh.orgSassou Nguesso et les droits de l'homme, sur Fidh.org
- Sur rue89.comAu Congo, trois millions d'otages de la Françafrique
- Sur rue89.comTous les articles sur Denis Sassou Nguesso
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C'est encore et toujours le même scenario et on en parle depuis des générations. Sassou n'est qu'un pion comme bien d'autres sur le continent. Des hommes comme lui font partie de ceux qu'on qualifie « d'élite africaine ». Ils sont loin d'être dupes, connaissent bien les enjeux du monde capitaliste dans lequel ils vivent et en tirent profit. Le premier objectif lorsqu'ils arrivent au pouvoir c'est d'amasser le maximum. Je suis sûr qu'ils arrivent avec plein de bonnes idées mais ils se font vite rattraper par la réalité. En goûtant à la manne, ils s'embourbent dans des affaires pas toujours propres et se retrouvent otages du pouvoir.
Lorsqu'on atterrit à la tête d'un pays africain, surtout lorsqu'on a sous son sol du pétrole ou autres minerais, on sait très bien que pour rester au pouvoir ou tout simplement en vie, il faut savoir sacrifier les intérêts de ses compatriotes pour privilégier ses propres intérêts et ceux des « partenaires internationaux ».
Je ne vais pas m'étaler sur le parcours de ces gens avant d'arriver au pouvoir mais une chose est vraie, la génération Sassou, Bongo, Mobutu… a été fabriquée de toutes pièces par les anciennes puissances coloniales qui tenaient à garder une mainmise sur les richesses du continent africain. Ce qui s'est passé dans les années 60 et qu'on qualifie d'indépendance, c'est plutôt le retrait du colon blanc et l'entrée en jeu des consultants noirs autrement appelée « élite africaine ». Ces sous-traitants se tapent le sale boulot depuis les « indépendances » dans les années 60.
Je m'explique : Un type comme Sassou ne peut pas lâcher le pouvoir parce qu'il risque de se faire poursuivre pour les fautes commises – Pour les intérêts de Total, Elf… – sous son règne et pendant la guerre civile qui l'a ramené au pouvoir. Il a tout intérêt à s'y accrocher et mourir sur le fauteuil. C'est la seule garantie qu'il ne finira pas devant la Cour pénale internationale ou lynché par son propre peuple. Détesté par les siens et sachant très bien que ses employeurs peuvent à tout moment se retourner contre lui, il a pour seul refuge le pouvoir qu'il ne peut surtout pas lâcher.
A propos des élections au pays de Sassou
Sassou organise toute une pièce de théâtre intitulée « élections ». Le plus grave c'est que cette mascarade sera validée par les observateurs électoraux de l'Union Européenne et d'autres organismes provenant de grandes puissances « démocratiques », validateurs d'élections dans les pays pauvres. L'ironie c'est que ces puissances « démocratiques » ont tout intérêt à ce que les pays africains demeurent pauvres et délabrés.
Imaginez :
1. Une Afrique développée. Une Afrique qui refuse de vendre ses minerais aux puissances « démocratiques » et qui les utilise pour son propre développement. Imaginez toutes industries des puissances « démocratiques » qui se retrouveront en manque de matières premières pour fonctionner.
2. Une Afrique qui rompt avec les guerres civiles. Une Afrique qui n'achète plus les armes provenant des pays « démocratiques » et industrialisés. Calculez le manque à gagner que cela constituera pour ces puissances.
3. Une Afrique qui n'a plus besoin « d'aide ». Le manque à gagner pour les ONG des pays « démocratiques » qui n'auront plus de prétexte pour récolter de l'argent dans la rue pour aller sauver les pauvres africains.
4. Des africains qui ne cherchent plus à immigrer clandestinement dans les pays « démocratiques ». Que tous les éboueurs, nettoyeurs et travailleurs de chantier disparaissent du jour au lendemain…




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