Agacé par une vidéo de Kazados.tv reprise sur Rue89, le chanteur Bénabar est venu s'expliquer à la rédaction. Entretien.

Bénabar utilise beaucoup Internet : il s'y informe (« je n'achète plus la presse »), il télécharge de la musique (légalement), il flâne sur Deezer. Internet, c'est formidable, mais bon, il faut le dire, certains jours, Internet l'afflige.
Et notamment ce qu'il appelle les « paparazzades » : des petits événements, des bouts de phrases qu'il prononce. Détachées de leur contexte, elles filent sur la Toile, tissant en quelques minutes des légendes, générant des commentaires anonymes et souvent insultants.
La façon dont la musique est copiée à tout-va est également un truc qui le navre. Il juge qu'il faut avoir le courage de le dire, et de placer sur Internet quelques feux rouges et autres limitations de vitesse :
« Je suis libertaire, mais bon, je suis pour un code de la route. Ça fait peut-être père de famille bourgeois de dire ça, mais je pense qu'on ne devrait pas conduire bourré. »
Sur Mitterrand et Hadopi, « je réponds en bâclant un peu, en bottant en touche… »
Il est venu le dire sans ambage à Rue89, jeudi soir, dans un entretien qu'il a voulu par écrit. Le déclencheur de cette rencontre, c'est une vidéo de trois minutes et demi que nous avons glissée, la veille au soir, dans notre rubrique Zapnet.
Elle a été tournée par une journaliste du site Kazados.tv lors de la conférence de presse du festival Solidays. On y voit Bénabar commenter sans aménité l'arrivée auto-annoncée de Frédéric Mitterrand au gouvernement (« j'ai été affligé de la façon dont il a parlé, j'ai trouvé cela d'une suffisance… ») et défendre la loi Hadopi (« Internet fait partie des choses qu'il faut surveiller de très près… »). (Voir la vidéo)
Bénabar est tombé sur cette vidéo en cherchant son nom dans Google Actualités (« je sais, c'est du masochisme, on tombe rarement sur “gros génie” »). Il a été agacé par sa diffusion par Rue89 et par le titre que nous avons choisi : « Bénabar et la suffisance de Frédéric Mitterrand » :
« Je participe à une conférence de presse de Solidays, donc un événement de soutien à l'association Solidarité Sida. On parle du sida en Afrique, de l'absence de médicaments, et puis il y a deux questions, l'une sur Frédéric Mitterrand, l'autre sur Hadopi.
Je réponds en bâclant un peu, en bottant en touche… et ce sont ces deux réponses, seulement ces deux là, qui sont retenues.
Moi, j'en ai un peu marre. je ne pratique pas la langue de bois, je trouve désespérant d'avoir à rester dans le discours consensuel… dès qu'on emet un avis qui sort un peu lot, c'est tout de suite une affaire. »
« La plupart de mes copains chanteurs ne parlent pas de politique »
On lui fait remarquer que les médias, sans attendre Internet, s'intéressent depuis toujours à ce qui sort du lot. Bénabar en convient, mais le Web cristallise selon lui ces petites phrases :
« Quand tu vois ce qui ressort sur Google, c'est “Bénabar Mitterrand Sarkozy Polémique”. On parle une demi-heure de Solidarité Sida, et c'est le mot “suffisance” qui va ressortir. Et vous faites tous de la pub là-dessus. Et on se fait ensuite insulter par des gens anonymes.
Franchement, je ne vois pas l'issue. A part ne plus rien dire, ce que je vais peut-être finir par faire, ou d'avoir une armée d'attachés de presse et d'avocats, comme aux Etats-Unis.
La plupart de mes copains chanteurs ne parlent jamais de politique, je commence à penser qu'ils ont raison. »
« Si je parle sur Hadopi, je passe pour le gros chanteur cupide »
Le sujet du moment le plus délicat, pour lui, c'est la loi Hadopi. Il commence à nous en parler, puis il hésite : « Allez j'arrête, je vais encore me faire insulter. » Puis il se relance. Selon lui, c'est le sujet piégé par excellence :
« Hadopi, j'en dis un mot, je passe tout de suite pour l'horrible gros chanteur cupide qui défend ses intérêts et les intérêts des maisons de disques.
Pourquoi les sites d'information ne parlent-ils jamais des autres lobbys, comme Google ou les fournisseurs d'accès ?
J'ai conscience qu'il y a des zones d'ombre dans cette loi. Mais il faut bien quelque chose pour réguler Internet. C'est affligeant de passer pour un mec de droite que de dire cela ! Réguler, c'est de gauche ! »
« Celle qui se fait virer chez Sony, c'est la standardiste, pas Madonna »
La violence du débat, lui fait-on remarquer alors, vient en partie du discours culpabilisateur : des gens qui partagent des oeuvres culturelles sont traités de voleurs, de pirates. Il nous arrête :
« Moi je n'ai jamais traité personne de voleur ! Je suis bien conscient qu'un père de famille qui galère à cause de la crise, il ne va pas emmerder ses fils parce qu'ils téléchargent.
Mais il faut arrêter avec la démagogie ambiante, la loi Hadopi n'était pas liberticide : celui qui télécharge illégalement reçoit d'abord un mail, puis une lettre…
Quand on parle de ces questions sur Internet, on ne parle que des intérêts de Madonna. Mais pendant ce temps, celle qui se fait virer chez Sony, c'est la standardiste. Je ne vois pas pourquoi quelqu'un qui se retrouve au chômage chez Warner ou Sony, c'est moins grave que chez Dunlop ou Michelin !
Certes, qu'il y ait des abus, je suis d'accord. Quand je vois que mon disque est en vente à 18 euros chez Virgin, je pète un plomb. Mes places de concert sont parmi les moins chères (30 euros tarif normal, 25 euros tarif réduit).
Je suis le seul con à parler de cela, je vais encore me faire insulter. Ça ne vous choque pas les insultes anonymes, vous ? Il faut s'attaquer à cette question, l'anonymat, c'est sérieux. Internet est l'endroit où peuvent vivre le plus tranquillement tous les corbeaux du monde. Ce qu'on y voit parfois, c'est honteux. »
« Si les gens pensent se faire arnaquer, qu'ils regardent leur facture de mobile »
Nous faisons remarquer au chanteur qu'Internet n'est pas une zone de non-droit, qu'il est possible d'engager des poursuites en diffamation.
Tout cela est très théorique, répond-il : « Le problème, c'est la masse », celle des des commentaires, notamment, qu'il faudra selon lui « évidemment » modérer a priori. « Aujourd'hui, le moindre mec complètement dingue peut tenir des propos antisémites » :
« Si j'évoque Hadopi, on dit “encore ce Bénabar, ce bobo richissime”, alors que tout ce que je défends, c'est juste que “tout travail mérite salaire”. Si les gens pensent qu'ils se font arnaquer, qu'ils regardent leurs factures de téléphone portable ! »
« La gratuité c'est une fausse valeur, un mensonge »
Bénabar cite iTunes, la boutique de musique en ligne d'Apple, comme un début de modèle. Ses albums s'y vendent 9,90 euros. Ce qui est loin d'être abusif, selon lui, par comparaison à d'autres pratiques. Les gens « saignés » par les SMS de la la Nouvelle Star, sur M6, par exemple. Il poursuit :
« La gratuité, c'est une fausse valeur, un mensonge. Il n'y a pas de gratuité : il y a juste de l'argent dont la circulation change. Le paiement se déplace.
Vous avez repris une de mes petites phrases avec de la pub au début de la vidéo. Dans la masse des gens qui verront cette pub, il y en aura qui achèteront le produit vanté. De l'argent sera donc déboursé. Vous serez rémunérés… »
Contre le bouclier fiscal : « Et putain, les impôts, j'en paie ! »
Ne peut-on pas imaginer un système différent, dans lequel les artistes se rémunèreraient grâce à leurs concerts, par exemple ? Bénabar admet qu'il pourrait vivre uniquement de ses concerts « en ce moment ». Mais il ne doit pas selon lui servir de modèle :
« Quand on parle d'Internet, on me prend moi et Madonna en exemple. Et pourquoi pas Charles Aznavour, qui pourrait vivre, lui, sans disques et sans concerts ?
Mais ce sont ceux qui rapportent, dans les maisons de disques, qui permettent aux autres musiciens de se développer. Si j'ai pu faire mon premier album, c'est parce que la maison de disques [Sony Music, ndlr] avait Britney Spears. »
Sur scène, Bénabar ne parle « jamais » de ses convictions politiques (« je n'ai pas le droit d'emmerder les gens aux concerts avec ça, sous prétexte que j'ai un micro »). Il est de gauche, contre le bouclier fiscal, pour l'impôt sur la fortune : « Les impôts, ce n'est pas qu'une histoire d'argent mais, de valeurs. Et putain, les impôts, j'en paie ! »
« Les artistes disent qu'ils adorent Obama, pas pour qui ils votent »
Il a voté Ségolène Royal en 2007, l'a dit. Est-il pour autant un chanteur engagé ?
« Moi, ma conviction, c'est qu'on peut être chanteur et avoir comme tout le monde des opinions, sans
forcément être militant et ne parler que de ça. Ce n'est pas scandaleux de dire pour qui on vote.C'est bizarre, en France, tous les artistes peuvent dire qu'ils adorent Obama, mais surtout pas pour qui ils ont voté ! »
On lui fait remarquer qu'il a, jusqu'à présent, moins l'image du « chanteur de gauche » que celle du « gendre idéal ». Il ne le prend pas mal. Mais ce qui le hérisse, plus que ce ce genre d'étiquette, c'est d'être encapsulé dans des déclarations :
« Le problème, à mon avis, c'est la dictature du “t'as dis ça”. Tu ne peux plus douter, bafouiller, réfléchir. »
Pascal Riché et François Krug
Photo : Bénabar à la rédaction de Rue89 (Yann Guégan/Rue89)


























340
(Pour réagir, connectez-vous)
à jmax
De Lictor
informaticien | 17H08 | 03/07/2009 |
Je suis prêt à parier que leur ventes sont encore pires concernant la K7 audio, le 78 tours en cire et les partitions sur papier perforé…
La baisse des ventes de CD est certes accélérée par le piratage, mais il faut reconnaitre que c'est un média en fin de vie.
Pourquoi acheter un CD physique alors qu'on écoutera la musique sur son PC, son Media Center ou son lecteur mp3 ? C'est pas écolo, c'est une perte de temps, voire un coup à se retrouver avec un CD inécoutable pour cause de protection.
Un chiffre isolé comme cela n'est pas intéressant. Il faudrait par exemple le mettre en face d'autres chiffres : les concerts (quand je vois U2 à 270€, je me dis que certains pourraient donner leurs CD), les droits dérivés (utilisation dans pubs, films, documentaires…)… Ces deux derniers sont globalement en augmentation très forte par exemple….
à Lictor
De jmax
20H06 | 03/07/2009 |
certes, le CD est fin de vie, dépassé et vive l'immatériel.
seul problème, la baguette de pain est matérielle et coute toujours plus cher. Quand au concert d'U2 à 270€, faut abandonner les gouts de luxe et de VIP car sur la pelouse, c'est beaucoup moins cher ; -)
tiens, Bruce Springsteen prend 1 million d'euros pour jouer aux Vieilles Charrues et ce n'est que le début du mouvement de récupération de la tune par les grosses vedettes.
Gloups pour les organisateurs et pour les spectateurs qui devront bien payer une partie de la note
De nicogé
le colporteur | 14H52 | 03/07/2009 |
résultats ;
après tant de banalités, c'est…
encore pire que sur la vidéo.
pas besoin de faire tout un plat, la vidéo suffisait.
mais s'il souhaite qu'on parle moins de lui, pas de problème :
on est beaucoup dans son cas !
bien @ vous,
nicogé
www.lecolporteur.tk
De beng
plein sud | 08H40 | 04/07/2009 |
tjrs un non évènement, une succession de concepts mal maitrisés.
« Mais il faut arrêter avec la démagogie ambiante, la loi Hadopi n'était pas liberticide : celui qui télécharge illégalement reçoit d'abord un mail, puis une lettre… »
- C'est ironique, non ?
- pas d'inter-portabilité du « mouchard payant » , qui conditionne a l'utilisation de Windows, donc exit Linux.. etc. la liste est longue.
Libertaire bénabar !
Relisez Proudhon, Guesdes, Marx ou Lafargue. La culture s'émancipe de même qu'elle croit avec le partage, ce qui n'est pas le cas du fric. Amalgamer, l'accès a la culture et une roue de bagnole (registre michelin/dunlop), ca mérite d'être argumenté.
De Croco13
Ingénieur | 14H54 | 03/07/2009 |
Alors lui dans le genre chanteur désengagé, c'est le champion ! J'aimais déjà pas trop ses chansons pleines de trucs « tellement vrais » et surtout tellement culcul et plats, mais quand il parle c'est encore pire :
« je suis libertaire » « il faut contrôler internet » « paroles sorties de leur contexte » Mais merde assume un peu !
Oui, je sais c'est pas bon pour ton image de petit chanteur des familles qui plait à papa maman et même aux grands parents, et alors ? C'est quoi un chauffard d'internet, quelqu'un qui veut montrer que t'es pas juste un chanteur aussi lisse et insignifiant que ses chansons ? Des médias qui veulent diffuser autre chose que la soupe asceptisée dont la télé veut nous gaver ?
La vérité, c'est que Bénabar n'est qu'un produit marketing dont les seules préoccupations sont le contrôle de son image et les chiffres de ses ventes, peu importe si ce n'est pas libertaire du tout, à la télé au moins on lui pose pas de questions qui dérangent et on le laisse proclamer haut et fort qu'il est libertaire sans se foutre de sa gueule !
De bjone
dev 3D | 15H00 | 03/07/2009 |
« J'ai conscience qu'il y a des zones d'ombre dans cette loi. Mais il faut bien quelque chose pour réguler Internet. C'est affligeant de passer pour un mec de droite que de dire cela ! Réguler, c'est de gauche ! »
C'est vrai que réguler c'est peut être de gauche.
Mais le problème n'est pas gauche/droite, le problème il est du coté du manque d'imagination et de compréhension de la problématique.
Internet ouvre de nouveaux modes de commercialisation et de distribution de la musique, cinéma, etc….
Les majors se sont totalement plantées et sont restées arc-boutées sur leur modèle commercial initial.
Hadopi est affligeant autant sur le plan de la liberté individuelle, que sur sa son efficacité à promouvoir les nouveaux modèles de commercialisations et distributions et à contrer le « piratage ».
Les gens sont prêts à payer sur leur abonnement pour avoir un accès libre aux produits culturels, ce qui est dans la logique de la copie privée accessoirement (on taxe le média en échange du droit à la duplication), ce qui ne va pas forcément à l'encontre de l'achat impulsionnel.
Ca s'appelle la licence globale et ça peut marcher si on lui donne une chance.
Ca peut même tellement bien marcher, comme tout système d'abonnement, que le revenu d'un tel mécanisme d'abonnement dépasser le revenu issu des achats actuellement légitimes.
Personne n'a dit que la création ne devrait pas être rémunérée, c'est le discours caricatural des lobbies pro-Hadopi pour décrédibiliser leur détracteurs.
« Vous êtes contre Hadopi, vous êtes pour le vol monsieur ? »
Hadopi, même si on lui donne une chance ne marchera pas.
Même en gaulant un ou deux pirates par semaine, en médiatisant leur procès, les utilisateurs iront juste vers des technologies de piratages, payantes, et intraçables.
Tout ceci n'entrainera qu'une fuite en avant destructive : la « justice » aura de moins en moins de facilité à gauler des pirates et devra faire des exemples stupides, les utilisateurs auront un dégoût de plus en plus prononcé pour les majors et les artistes mal renseignés qui répèteront l'argumentaire des majors.
Car déjà OUI, malheureusement vous êtes mal renseigné. Puisque déjà pour commencer vous tomber dans le manichéisme Hadopi ou le vol.
Ha oui, et accessoirement, il n'a jamais été prouvé que le piratage pouvait toujours nuire au succès commercial d'une oeuvre, puisque les pirates sont aussi des gens actifs d'un point de vue consommation de produits culturels, et le piratage peut avoir un effet promotionnel pour un produit culturel.
à bjone
De RisingSon
DealerDeTang | 15H02 | 03/07/2009 |
Très bien dit, ça résume bien le probléme et les solutions alternative.
De delavergne
journaliste | 15H04 | 03/07/2009 |
après avoir été un fan de la première heure, Bénabar remonte dans mon estime. car après son pamphlet sur « à la campagne », titre au texte lamentable bourré de clichés, j'aime son côté assumé non-langue de bois.
et bobo certes, mais qui assume.
un bon mec de gauche. un véritable.
De Dissonance
demandeur d'emploi ou pas | 15H20 | 03/07/2009 |
Benabar, ou l'art de parler quand on ferait mieux de se taire…
Alors, pour le cancre qui a pas suivi, petit résumé.
La loi création et internet c'est :
- Fondé sur une théorie qui ferait la corrélation entre piratage et baisse des ventes dans l'industrie du disque. En fait, des études sérieuses posent des conclusions largement plus nuancées. Au hasard :
http://ses.telecom-paristech.fr/bourreau/Recherche/crise.pdf
- Sensé « protéger » les artistes contre le piratage mais ne prévoit d'aucune façon une plus juste rémunération de leur travail.
- Basé sur des éléments techniques parfaitement inopérants : L'adresse IP n'est ni sécurisée, ni même nominative. Aujourd'hui j'ai une adresse IP, demain cette même adresse pourra être attribuée à un type à l'autre bout de la France. Éventuellement, elle aura été collectée frauduleusement par un tiers qui s'en servira pour des activités illicites.
Je ne développe pas d'avantage l'argument technique (qui à lui seul mériterait des pages et des pages), tous les autres aspects contestables ayant déjà été largement évoqués et recensés par la quadrature du net, entre autres.
Un dernier mot sur la gratuité. Manifestement, en matière d'histoire de l'économie informatique, Benabar est un parfait ingénu. Je lui conseille donc cette page http://fr.wikipedia.org/wiki/Logiciel_libre qui lui permettra, peut-être, de reconsidérer son point de vue.
Enfin, presque en guise de boutade : Se dire de gauche et voter Ségolène Royal, c'est antinomique.
à Dissonance
De jmax
19H53 | 03/07/2009 |
ouf, c'est du lourd !
allons, recitfions un peu :
- ton @ IP t'identifie à tout coup car sinon tes paquets IP ne t'arrivent pas. Reste à savoir si ton réseau identifiable par ton @ IP est piloté par ta propre personne ou pas. Quand au coup qu'un gars s'en serve à l'autre bout de la France, c'est ridicule et tu peux encore chercher du boulot pendant longtemps ; -)
- logiciel libre ne veut pas dire gratuit. et oui, …
à jmax
De Dissonance
demandeur d'emploi ou pas | 20H34 | 03/07/2009 |
« @ IP t'identifie à tout coup car sinon tes paquets IP ne t'arrivent pas »
Oui, tant que ton FAI continue de t'attribuer une seule et même adresse, et seulement dans la mesure ou tu es configuré en IP fixe. Elle peut ne rester identique que le temps de la connexion au réseau.
« Quand au coup qu'un gars s'en serve à l'autre bout de la France, c'est ridicule et tu peux encore chercher du boulot pendant longtemps ; -) »
Renseigne toi sur « injection d'adresse IP » et on en rediscute ensuite… Par ailleurs si tu faisais l'effort de prendre la phrase dans son ensemble, tu te rendrais compte que son sens n'est pas ce que tu en as compris. Bref.
« logiciel libre ne veut pas dire gratuit. et oui, … »
Et logiciel libre ne veut pas dire « nécessairement payant » non plus. La plupart des distributions Linux destinées aux particuliers sont totalement gratuites, par exemple. De même qu'une tripotée d'utilitaires…
à jmax
De nixar
informaticien, Paris | 15H15 | 04/07/2009 |
Quelle nullard.
Une adresse IP identifie à tous les coups … une interface. Tenez, cette machine en a une douzaine (ethernet, wifi, IPv4, IPv6, linux privacy extensions pour IPv6, machines virtuelles et j'en passe). La plupart n'apparaisent pas à l'extérieur. Et l'adresse que rue89.com voit pour m'envoyer les pages que je consulte n'en fais pas partie, puisque c'est l'adresse de l'interface de ma Freebox qui ensuite fait une conversion (NAT) pour l'envoyer vers la machine que je suis en train d'utiliser.
Donc : « ton @ IP t'identifie à tout coup “ est FAUX FAUX FAUX, à moins que par ‘t'’ vous ne n'entendiez pas à une personne. Une IP n'identifie pas une personne. C'est un fait. Si vous en doutez je peux continuer à vous ridiculiser joyeusement, n'hésitez pas à poster à nouveau avec votre jargon erroné et votre condescendance mal placée, qu'on rigole.
‘logiciel libre ne veut pas dire gratuit. et oui, …’ → on doit pouvoir redistribuer un logiciel libre gratuitement sans quoi il n'est pas libre, eh oui.
De Al-Ice
-_-' | 15H11 | 03/07/2009 |
La photo est floue… bravo Yann ; )
à Al-Ice
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 15H21 | 03/07/2009 |
C'est Bénabar qui n'impressionne pas bien la pellicule numérisée . Il n'impressionne rien ni personne d'ailleurs.
Fais l'expérience. Tu télécharges illégalement une chanson de Bénabar , en écoutant tu crois que la compression numérique à fait perdre de la qualité et des informations , mais non , en fait ..Tout provient de l'original .
à Numerosix
De Al-Ice
-_-' | 18H26 | 03/07/2009 |
« pellicule numérisée » mes oreilles en rient encore, mais c'est un terme adorable, qui relève plus du film argentique scanné on va dire…
capteur numérique en fait ; )
quoiqu'il en soit, Bénabar c'était bien au début, quand il avait ses Associés et qu'il faisait des concerts plus humains…
sur ce, je m'envole au Canada !
à Al-Ice
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 20H23 | 03/07/2009 |
Sur Québec Air
Transworld, Nord-East, Eastern, Western
Puis Pan-American
Mais ché pu où chu rendu
Bon voyage Al : -)
Charlebois, un vrai chanteur celui la ..
http://www.deezer.com/track/235827
à Al-Ice
De Yann Guégan
Rue89 | 16H13 | 03/07/2009 |
Oui bah, j'avais pas mon reflex à la rédac, juste un petit compact qui nous sert en dépannage. C'est plus de l'ordre de la photo souvenir que du portrait. Et puis, David Hamilton…
à Yann Guégan
De Al-Ice
-_-' | 18H27 | 03/07/2009 |
Ah Hamilton… mais Bénabar ne fait pas assez jeune vierge en fleur… ; )
à Al-Ice
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 20H38 | 03/07/2009 |
Quoique…
De heterogene
15H14 | 03/07/2009 |
mon cher Benabar.
Quand on est a une tribune publique c'est que l'on pense que sa voix mérite d'être entendue par d'autres ,on est responsable de ce que l'on y a dit jusqu'a sa mort, car assumer ce que l'on y a dit fait partie du contrat et donne du poids a sa parole.
Donc , quand on y monte on sait ce que l'on va dire et pourquoi.
Ou alors on fait comme les autres et on va la plage avec son canard.
De Xa_chan
(nippon ni mauvais) | 15H21 | 03/07/2009 |
M'enfin, Bénabar a raison sur un point : Internet, c'est le paradis des gens qui osent dire sous couvert d'anonymat des monstruosités qu'ils nieraient toujours avoir proférées s'ils devaient assumer de leur vrai nom leurs paroles.
Et pour ceux, esprits chagrins, qui diraient que je profite de ce que je dénonce, j'assume l'intégralité de mes messages sur Rue89, qui devraient aller en décroissant vu l'inintérêt total de bon nombre de commentaires. Je pensais, à l'ouverture de Rue89, tomber sur un espace de débat. l'anonymat ruine tout cela puisque la plupart du temps, ça se résume à gueuler plus fort que l'autre ou à ironiser à mort pour tuer le débat et « briller en société » tendance Ridicule.
à Xa_chan
De VinceDeg
étudiant | vincedeg.nolizard.org | 18H43 | 03/07/2009 |
Bonjour Xa-Chan,
C'est justement sur l'aspect néfaste de l'anonymat que je suis en désaccord avec Bénabar et avec vous. OK, vous utilisez un pseudo en assumant ce que vous dites, c'est la même chose pour moi, d'ailleurs une simple recherche vous permettrait de retrouver facilement mon vrai nom. Il y a pas mal de gens qui devraient fermer leur gueule au lieu de dire des choses aussi horribles et penser un moment qu'Internet fait partie du vrai monde. Mais malgré cela je suis tout à fait pour l'anonymat. Parfois je trouve utile de changer de pseudo et d'avoir une vrai anonymat sur le net, pas vous ? Il y a des opinions tout à fait légitimes et enrichissantes pour le débat qu'on ne peut/veut pas exprimer avec sa vraie identité.
L'anonymat, les pseudonymes, c'est utilisé depuis longtemps, écrivains, journalistes, les sources de ceux-ci, même dans le bon vieux courrier des lecteurs dont les « commentaires » sont les héritiers… La seule différence avec le web, c'est qu'aujourd'hui il n'y a pas de barrière financière, ni de choix à priori par une poignée de médias et d'éditeurs sur qui a le droit de s'exprimer, anonymement ou pas, dans les médias. Les règles sur Internet doivent être les mêmes que dans les médias traditionnels : ok pour l'anonymat, sauf en cas de diffamation, menace, opinion raciste, antisémite, etc, dans lequel on peut retrouver l'internaute et le condamner. Je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas critiquer Bénabar tout en étant vulgaire, par contre l'insulte simple est illégale.
Une grosse masse est inintéressante, insultante, ce que vous voulez. Mais au moins, ce n'est pas hypocrite : les gens disent ce que ça leur inspire spontanément, ça peut faire mal, mais au moins c'est sincère. Faut aussi savoir que ceux qui participent le plus ne reflètent pas forcément l'opinion moyenne (si l'opinion moyenne est la plus pertinente…) donc faut passer outre. On tombe quand même souvent sur des avis enrichissants, et il y a des efforts de sélection/notation.
Quand aux débats sur rue89… Y'à de tout, des gros cyniques, je vous l'accorde, mais moi ça me fait rire. On peut passer un bon moment à discuter ici, c'est le café du commerce depuis chez soi ou son bureau. En espérant qu'on ait encore l'occasion de débattre !
à VinceDeg
De Lictor
informaticien | 19H54 | 03/07/2009 |
Tout à fait… En plus, il y a des gens qui doivent travailler pour vivre… L'anonymat est important pour ces gens là…
Par exemple, je me suis déjà fait allumer par des employeurs pour des postes fait sur Internet. Y compris des postes parfaitement neutre, parce que mes positions peuvent être assimilées à celle de mon employeur par nos clients. Ou parce que je participe à des forums ayant un rapport avec mon travail (non ? si ! ) et que je pourrais être suspecté par nos clients de violer des NDA.
De même, je fais de la photo et je couvre certains évènements, type Gay Pride ou théâtre de rue (donc des manifestations avec des intermittents gauchistes payés à rien faire). Je diffuse ses photos sous mon nom et sans cacher particulièrement. Du coup, je suis très facile à trouver via une recherche Google. En cherchant un peu, on doit même pouvoir établir que j'ai participé à des discussions d'ATTAC ou autre groupuscules louche…
Dans 20 ans, on pourra encore savoir que je suis gay friendly et sympathisant de gauche, le droit à l'oubli n'existe pas sur le net - de ce point de vue, un criminel a plus de droits dans la vraie vie qu'un simple citoyen sur Internet…
Ce qui veut dire que je suis définitivement grillé face à un employeur homophobe ou ultra-libéral. Bon, dans mon cas, ça tombe bien, j'ai pas envie de bosser pour ce genre de personnes, j'ai déjà donné, plus jamais ça. Quitte à me retrouver au chômage s'il le faut.
Mais c'est un choix personnel. On ne peut pousser personne à faire le même. C'est ce qui rend l'anonymat indispensable sur le net.
à Xa_chan
De cassino
Auteur | 20H55 | 03/07/2009 |
Qu'est-ce que ça peut me gonfler ces artistes qui donnent leur point de vue et nous font la morale. J'ai écrit à toute la Presse (en donnant mon nom et mon adresse) un article où je faisais des propositions pour 59,3 % (= taux d'abstention aux européennes) de la population puisse s'exprimer, évidemment cet article toute la Presse refuse de le publier. Ces propositions ne sont sûrement pas les meilleures mais elles ont le mérite d'exister. Mais qui se soucit des sans voix ? Pas plus qu'on ne se soucit des artistes qui ne vendent rien, comme ce compositeur Renald de Metrexasse qui offre sa musique sur Jamendo. Mais non, que des pauvres types comme moi s'exprime sur Internet ça fait chier Bénabar, et bien je vous emmerde Monsieur Bénabar.
à Xa_chan
De KRIS
16H21 | 05/07/2009 |
Pleinement d'accord.
Rien que le titre de l'article c'était déjà une invitation au lynchage, d'ailleurs. Facile et peu glorieux.
Ensuite y'a plus qu'à dérouler le fil des commentaires pour y lire le réquisitoire à charge escompté.
Ce conditionnement façon contre-pensée unique masqué sous la grimace de la raillerie et de la méchanceté devient en effet Ridicule.
De jia
Riverain enthousiaste | 15H24 | 03/07/2009 |
« il s'y informe (“ je n'achète plus la presse ”) » Il n'achète plus la presse et ne paye donc pas pour l'information mais par contre il est sans doute content quand les gens achètent ses cd…
« La gratuité c'est une fausse valeur, un mensonge » : ça vaut pour la musique mais ça ne vaut visiblement pas pour l'information « qu'il n'achète plus » …
De Rez
En Alsace, au fond à gauche. | 15H24 | 03/07/2009 |
La dictature du « t'as dit ça » ? Et si tous ces artistes se lâchaient un peu, ça choquerait beaucoup moins quand un mot volerait plus haut que les autres.
Mais c'est sûr que là avec les petites coupes de cheveux bien dégagées derrière les oreilles, ça se voit tout de suite quand y a une mèche rebelle. C'est leur faute s'ils sont tenus d'être politiquement correct, à tous ces artistes sans conviction…
De nahera
15H28 | 03/07/2009 |
»…la loi Hadopi n'était pas liberticide : celui qui télécharge illégalement reçoit d'abord un mail, puis une lettre… »
En disant cela, vous faites exactement ce que vous etes en train de reprocher à Rue89 : vous sortez une petite phrase (répétée à l'envie par les tenants de la loi Hadopi) de tout le contexte de cette loi ! !
Effectivement, vu comme ça, Hadopi ce n'est pas grand chose.
Alors que tout le problème est ailleurs : il est dans la façon dont Hadopi doit fonctionner.
Car, pour faire simple, vous risquez de recevoir un mail vous disant : vous avez téléchargé illégalement tel jour à telle heure.
On ne vous précisera même pas ce que vous êtes censé avoir téléchargé. Personne n'aura vérifié que vous avez effectivement téléchargé un fichier protégé (pour savoir si le fichier « le diner.mp3 » est votre chanson ou l'enregistrement du dernier diner de ma famille, il faut le télécharger et l'ouvrir ! ! ), cela personne ne le fera.
Il a même été question de pouvoir surveiller les pièces jointes des mails ! ! Avez-vous vraiment envie que quelqu'un puisse voir les mails que vous envoyez ? ? ? ?
Une fois que vous aurez eu, mail, lettre,….etc.. la seule façon de prouver votre innocence (oui, ce sera à vous de prouver votre innocence, pas à eux de prouver que vous êtes coupable ! ) sera de prouver que vous avez installé sur votre PC un logiciel (payant….) « de sécurisation » de votre accès. Et comment pourra fonctionner ce logiciel censé vous interdire les téléchargements illégaux, si ce n'est scanner TOUTE votre activité sur internet.
Alors je suis désolée, mais dans ces conditions, oui, Hadopi est liberticide…
…et sans parler du fait que techniquement, Hadopi est totalement à la masse, et que, même si cela fonctionnait, un téléchargement n'est pas du tout égal à une vente perdue, loin de là ! ! ! !
De julopoulos
15H29 | 03/07/2009 |
C'est vrai que des personnes surmédiatisées comme Bénabar n'ont quasiment plus le droit de dire des conneries, comme le font la plupart des gens sans qu'on les leur renvoie dans la tête… Ca doit être un peu tétanisant. Reste l'option de la boucler… ou de prendre le temps décrire, de se relire, et d'envoyer… (mince, je devrais me relire… ? )
De jivé13
salarié comme plus de 90%des actifs... | 15H30 | 03/07/2009 |
« La gratuité, c'est une fausse valeur, un mensonge. Il n'y a pas de gratuité : il y a juste de l'argent dont la circulation change. Le paiement se déplace ».
Justement, chez nous , à Aubagne, la mairie a décidé que les transports en commun seraient gratuits pour tous…et ça marche ! ! !
La population accepte qu'une partie de ses impôts locaux soit investi de cette façon.
Bénabar me fait penser à un chautteur de taxi qui critiquerait cette gratuité…alors qu'il y aura toujours une clientèle pour les taxis.