Agacé par une vidéo de Kazados.tv reprise sur Rue89, le chanteur Bénabar est venu s'expliquer à la rédaction. Entretien.

Bénabar utilise beaucoup Internet : il s'y informe (« je n'achète plus la presse »), il télécharge de la musique (légalement), il flâne sur Deezer. Internet, c'est formidable, mais bon, il faut le dire, certains jours, Internet l'afflige.
Et notamment ce qu'il appelle les « paparazzades » : des petits événements, des bouts de phrases qu'il prononce. Détachées de leur contexte, elles filent sur la Toile, tissant en quelques minutes des légendes, générant des commentaires anonymes et souvent insultants.
La façon dont la musique est copiée à tout-va est également un truc qui le navre. Il juge qu'il faut avoir le courage de le dire, et de placer sur Internet quelques feux rouges et autres limitations de vitesse :
« Je suis libertaire, mais bon, je suis pour un code de la route. Ça fait peut-être père de famille bourgeois de dire ça, mais je pense qu'on ne devrait pas conduire bourré. »
Sur Mitterrand et Hadopi, « je réponds en bâclant un peu, en bottant en touche… »
Il est venu le dire sans ambage à Rue89, jeudi soir, dans un entretien qu'il a voulu par écrit. Le déclencheur de cette rencontre, c'est une vidéo de trois minutes et demi que nous avons glissée, la veille au soir, dans notre rubrique Zapnet.
Elle a été tournée par une journaliste du site Kazados.tv lors de la conférence de presse du festival Solidays. On y voit Bénabar commenter sans aménité l'arrivée auto-annoncée de Frédéric Mitterrand au gouvernement (« j'ai été affligé de la façon dont il a parlé, j'ai trouvé cela d'une suffisance… ») et défendre la loi Hadopi (« Internet fait partie des choses qu'il faut surveiller de très près… »). (Voir la vidéo)
Bénabar est tombé sur cette vidéo en cherchant son nom dans Google Actualités (« je sais, c'est du masochisme, on tombe rarement sur “gros génie” »). Il a été agacé par sa diffusion par Rue89 et par le titre que nous avons choisi : « Bénabar et la suffisance de Frédéric Mitterrand » :
« Je participe à une conférence de presse de Solidays, donc un événement de soutien à l'association Solidarité Sida. On parle du sida en Afrique, de l'absence de médicaments, et puis il y a deux questions, l'une sur Frédéric Mitterrand, l'autre sur Hadopi.
Je réponds en bâclant un peu, en bottant en touche… et ce sont ces deux réponses, seulement ces deux là, qui sont retenues.
Moi, j'en ai un peu marre. je ne pratique pas la langue de bois, je trouve désespérant d'avoir à rester dans le discours consensuel… dès qu'on emet un avis qui sort un peu lot, c'est tout de suite une affaire. »
« La plupart de mes copains chanteurs ne parlent pas de politique »
On lui fait remarquer que les médias, sans attendre Internet, s'intéressent depuis toujours à ce qui sort du lot. Bénabar en convient, mais le Web cristallise selon lui ces petites phrases :
« Quand tu vois ce qui ressort sur Google, c'est “Bénabar Mitterrand Sarkozy Polémique”. On parle une demi-heure de Solidarité Sida, et c'est le mot “suffisance” qui va ressortir. Et vous faites tous de la pub là-dessus. Et on se fait ensuite insulter par des gens anonymes.
Franchement, je ne vois pas l'issue. A part ne plus rien dire, ce que je vais peut-être finir par faire, ou d'avoir une armée d'attachés de presse et d'avocats, comme aux Etats-Unis.
La plupart de mes copains chanteurs ne parlent jamais de politique, je commence à penser qu'ils ont raison. »
« Si je parle sur Hadopi, je passe pour le gros chanteur cupide »
Le sujet du moment le plus délicat, pour lui, c'est la loi Hadopi. Il commence à nous en parler, puis il hésite : « Allez j'arrête, je vais encore me faire insulter. » Puis il se relance. Selon lui, c'est le sujet piégé par excellence :
« Hadopi, j'en dis un mot, je passe tout de suite pour l'horrible gros chanteur cupide qui défend ses intérêts et les intérêts des maisons de disques.
Pourquoi les sites d'information ne parlent-ils jamais des autres lobbys, comme Google ou les fournisseurs d'accès ?
J'ai conscience qu'il y a des zones d'ombre dans cette loi. Mais il faut bien quelque chose pour réguler Internet. C'est affligeant de passer pour un mec de droite que de dire cela ! Réguler, c'est de gauche ! »
« Celle qui se fait virer chez Sony, c'est la standardiste, pas Madonna »
La violence du débat, lui fait-on remarquer alors, vient en partie du discours culpabilisateur : des gens qui partagent des oeuvres culturelles sont traités de voleurs, de pirates. Il nous arrête :
« Moi je n'ai jamais traité personne de voleur ! Je suis bien conscient qu'un père de famille qui galère à cause de la crise, il ne va pas emmerder ses fils parce qu'ils téléchargent.
Mais il faut arrêter avec la démagogie ambiante, la loi Hadopi n'était pas liberticide : celui qui télécharge illégalement reçoit d'abord un mail, puis une lettre…
Quand on parle de ces questions sur Internet, on ne parle que des intérêts de Madonna. Mais pendant ce temps, celle qui se fait virer chez Sony, c'est la standardiste. Je ne vois pas pourquoi quelqu'un qui se retrouve au chômage chez Warner ou Sony, c'est moins grave que chez Dunlop ou Michelin !
Certes, qu'il y ait des abus, je suis d'accord. Quand je vois que mon disque est en vente à 18 euros chez Virgin, je pète un plomb. Mes places de concert sont parmi les moins chères (30 euros tarif normal, 25 euros tarif réduit).
Je suis le seul con à parler de cela, je vais encore me faire insulter. Ça ne vous choque pas les insultes anonymes, vous ? Il faut s'attaquer à cette question, l'anonymat, c'est sérieux. Internet est l'endroit où peuvent vivre le plus tranquillement tous les corbeaux du monde. Ce qu'on y voit parfois, c'est honteux. »
« Si les gens pensent se faire arnaquer, qu'ils regardent leur facture de mobile »
Nous faisons remarquer au chanteur qu'Internet n'est pas une zone de non-droit, qu'il est possible d'engager des poursuites en diffamation.
Tout cela est très théorique, répond-il : « Le problème, c'est la masse », celle des des commentaires, notamment, qu'il faudra selon lui « évidemment » modérer a priori. « Aujourd'hui, le moindre mec complètement dingue peut tenir des propos antisémites » :
« Si j'évoque Hadopi, on dit “encore ce Bénabar, ce bobo richissime”, alors que tout ce que je défends, c'est juste que “tout travail mérite salaire”. Si les gens pensent qu'ils se font arnaquer, qu'ils regardent leurs factures de téléphone portable ! »
« La gratuité c'est une fausse valeur, un mensonge »
Bénabar cite iTunes, la boutique de musique en ligne d'Apple, comme un début de modèle. Ses albums s'y vendent 9,90 euros. Ce qui est loin d'être abusif, selon lui, par comparaison à d'autres pratiques. Les gens « saignés » par les SMS de la la Nouvelle Star, sur M6, par exemple. Il poursuit :
« La gratuité, c'est une fausse valeur, un mensonge. Il n'y a pas de gratuité : il y a juste de l'argent dont la circulation change. Le paiement se déplace.
Vous avez repris une de mes petites phrases avec de la pub au début de la vidéo. Dans la masse des gens qui verront cette pub, il y en aura qui achèteront le produit vanté. De l'argent sera donc déboursé. Vous serez rémunérés… »
Contre le bouclier fiscal : « Et putain, les impôts, j'en paie ! »
Ne peut-on pas imaginer un système différent, dans lequel les artistes se rémunèreraient grâce à leurs concerts, par exemple ? Bénabar admet qu'il pourrait vivre uniquement de ses concerts « en ce moment ». Mais il ne doit pas selon lui servir de modèle :
« Quand on parle d'Internet, on me prend moi et Madonna en exemple. Et pourquoi pas Charles Aznavour, qui pourrait vivre, lui, sans disques et sans concerts ?
Mais ce sont ceux qui rapportent, dans les maisons de disques, qui permettent aux autres musiciens de se développer. Si j'ai pu faire mon premier album, c'est parce que la maison de disques [Sony Music, ndlr] avait Britney Spears. »
Sur scène, Bénabar ne parle « jamais » de ses convictions politiques (« je n'ai pas le droit d'emmerder les gens aux concerts avec ça, sous prétexte que j'ai un micro »). Il est de gauche, contre le bouclier fiscal, pour l'impôt sur la fortune : « Les impôts, ce n'est pas qu'une histoire d'argent mais, de valeurs. Et putain, les impôts, j'en paie ! »
« Les artistes disent qu'ils adorent Obama, pas pour qui ils votent »
Il a voté Ségolène Royal en 2007, l'a dit. Est-il pour autant un chanteur engagé ?
« Moi, ma conviction, c'est qu'on peut être chanteur et avoir comme tout le monde des opinions, sans
forcément être militant et ne parler que de ça. Ce n'est pas scandaleux de dire pour qui on vote.C'est bizarre, en France, tous les artistes peuvent dire qu'ils adorent Obama, mais surtout pas pour qui ils ont voté ! »
On lui fait remarquer qu'il a, jusqu'à présent, moins l'image du « chanteur de gauche » que celle du « gendre idéal ». Il ne le prend pas mal. Mais ce qui le hérisse, plus que ce ce genre d'étiquette, c'est d'être encapsulé dans des déclarations :
« Le problème, à mon avis, c'est la dictature du “t'as dis ça”. Tu ne peux plus douter, bafouiller, réfléchir. »
Pascal Riché et François Krug
Photo : Bénabar à la rédaction de Rue89 (Yann Guégan/Rue89)


























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à Vatech
De Lictor
informaticien | 15H34 | 03/07/2009 |
Personne ne demande le gratuit. Peu d'internautes le veulent…
Personnellement, le gratuit, ça ne m'intéresse pas plus qu'aller acheter des CD hors de prix dans un magasin ringard comme la Fnac. Le financement par la pub, ça ne me branche pas non plus.
Comme beaucoup d'internautes, je veux payer, mais pas n'importe quoi n'importe comment. Pourquoi est-ce que la musique ne pourrait pas fonctionner comme d'autres systèmes ?
Pour aller au cinéma, je paye une carte tous les mois. Pour 19€ par mois, je fais ce que je veux. Certains mois, je ne vais pas au cinéma. D'autres, si j'ai deux ou trois fois par semaine. Quand je vais voir un film, je ne suis plus dans une angoisse de rentabilité - il n'y a plus de rentabilité, puisque le paiement et l'accès à la culture sont disjoints.
Pour le théâtre, je fréquente pas mal le théâtre de rue. C'est « gratuit ». Ce n'est pas financé par la pub non plus. Non, c'est financé de la manière la plus noble qui soit : mes impôts et mes cotisations salariales (intermittence). C'est un financement équitable, il ne vient pas uniquement en fonction de l'audience, mais aussi du besoin.
Pour la photographie, il y a énormément d'expositions gratuites. Soit dans les galeries - parce que ça attire des acheteurs (comme la musique gratuite peut attirer des spectateurs). Mais aussi sur Internet - d'autres internautes diffusent comme moi leurs photos gratuitement. Et la qualité de certaines valent très largement celle des agences de presse.
Voilà, je ne veux pas la gratuité. Je veux du forfait. Je veux pouvoir payer 15 ou 20€ par mois et qu'on me foute la paix comme on me la fout pour quand je vais au cinéma. Je veux pouvoir regarder les séries que je veux, avec les sous-titres que je veux et dans le bon ordre.
Je veux aussi que mon argent servent à entretenir la création. J'ai suivi le massacre du régime de l'intermittence - j'en ai dans ma famille. Et on veut me faire croire que c'est ce même gouvernement qui va sauver la création ? Avec une licence à même 5€ par mois, on a le budget nécessaire pour combler intégralement le déficit du régime. Avec une licence à 10€ par mois, on a de quoi remonter le régime à sa situation d'avant la réforme, et même plus haut. Et il reste de l'argent pour gérer une avance sur recette (comme le CNC), des aides à la création…
L'Hadopi va tuer les artistes. La chose dont un artiste à le plus besoin, c'est un public. Et, franchement, il suffit de lire les forums pour constater que ce rapport est en train de tourner au vinaigre… L'Hadopi ne fera pas acheter plus d'albums, mais elle pourrait très bien en faire acheter moins…
à Vatech
De watashi_baka
... | 16H02 | 03/07/2009 |
Reguler c'est de gauche, fliquer c'est de droite.
Maintenant ce qu'il manque dans HADOPI c'est des manières de développer l'offre légale.
Pourquoi ne peut on pas regardé un film gratuitement en ligne sur le modèle de Deezer, même avec une coupure pub au milieu après tout TF1 arrive a passer gratuitement des films à la TV et la télédiffusion est plus chere que sur le web ?
Difficultée technique ? non impossible de négocier des droits.
Pourquoi un album télécharger en ligne coute (en fait coutait jusqu'a il y a peu) le même prix qu'un CD physique
Pourquoi on peut télécharger des albums au format MP3 (parfois avec une compression pas terrible) mais pas dans un format sans perte (Flac par exemple) Ce n'est plus vraiement un problème de taille.
On peut aussi trouver d'autre modes de financement
tel que la licence globalle (a condition d'aider toute la culture sur internet et pas juste Jonhy) ou le domaine public payant (i.e lorsque l'usage d'oeuvre du domaine public dépasse un certains chiffre d'affaire en prélevé 1 millième pour aider la création)
Et surtout si les editeurs cherchait un mode de diffusion alternatif,
Radio Head et Nine Inch nail l'on fait. Des petits artistes comme David TMX, Les Vielles Salopes ou Pornophonique aussi l'on fait il ne reste que les artistes ordinaire comme Bénabar qui n'ose pas sauter le pas !
à Vatech
De BZH56
étudiant | 21H18 | 03/07/2009 |
« Pas de loi = la loi du plus fort = j'ai le fric et le pouvoir et je vous emm……. “
euh non ça ne marche pas comme cela malheureusement..
C'est ceux qui ont l argent qui font les lois ..
j'ai le fric= je suis le plus fort = je crée des lois..
et puis il me font bien rire les millionnaires qui ont des potes qui galèrent..
Internet a surtout permit de briser les carrières des pseudo artistes a 2 balles et de permettre aux artistes qui n'étaient pas diffusés sur les grandes radios de mieux vivre grace a l augmentation de leur notoriété et donc a une plus grande affluence a leurs concerts..
On parle tjrs de la baisse des ventes d albums mais on ne parle jamais de l explosion des ventes des billets de concert…
Et puis quant on roule en porsche ds ses clips et on se dit de gauche ca me fait encore une fois bien rire..
à BZH56
De Vatech
BoBo | 20H30 | 04/07/2009 |
C'est en substance ce que je dis : avoir le pouvoir revient à faire les lois ou faire la loi…
En revanche je ne vous suit pas sur le coup de la porsche… Je ne vois pas en quoi etre de gauche empeche de montrer des porsche dans des clips…
à Vatech
De nixar
informaticien, Paris | 15H02 | 04/07/2009 |
Quelle connerie. Encore un qui ne sait pas de quoi on parle, ou qui fait exprès de ne pas comprendre parceque ça l'arrange.
C'est quoi le « soi-disant gratuit » ? Saymal ? Vous utilisez pas Wikipedia ? C'est pa gratuit ? Et moi, là, j'utilise pas Linux et Firefox, c'est pas libre et gratuit ?
Quelle ignorance crasse. Et en plus je suis sûr que vous vous imaginez spirituels en écrivant ces poncifs et en relayant cette propagande de merde. Vous devriez avoir honte.
à nixar
De Vatech
BoBo | 20H33 | 04/07/2009 |
Non, pas honte. C'est pas pareil. Un artiste n'est pas payé pour faire sa musique, il est payé lorsqu'il la commercialise. Alors qu'un developeur chez Wikipedia est paye pour ce travail…
à Vatech
De nixar
informaticien, Paris | 01H54 | 05/07/2009 |
De quoi parlez-vous ? C'est quoi un « dévelopeur chez Wikipédia » ? Un éditeur ? Et quel rapport avec la gratuité de Wikipédia ?
à nixar
De Vatech
BoBo | 11H56 | 05/07/2009 |
Je parle d'un developpeur informatique (c'est un exemple parmi d'autres). Je veux dire qu'un artiste n'est pas salarié, il ne vend pas ses heures de travail, il cède un droit d'utilisation de sa musique. Tout comme un écrivain… Le livre, comme le disque, ne sont pas gratuits.
à Vatech
De nixar
informaticien, Paris | 12H10 | 05/07/2009 |
Mais qu'est-ce que c'est que ces conneries … un artiste peut tout à fait être salarié, et la plupart sont payés à l'heure. Vous confondez artistes avec auteur/compositeur, qui sont une extrème minorité de tous les artistes.
« Tout comme un écrivain… Le livre, comme le disque, ne sont pas gratuits. »
Vous faites chier avec vos poncifs foireux, non seulement vous vous croyez spirituel en écrivant ces pitoyables clichés, mais en plus vous avez tort. D'une part il y a des livres gratuits, il y en a même des milliers : http://www.gutenberg.org/wiki/Main_Page ; mais en plus, le « disque » est un objet, et là on parle de fichiers musicaux, qui n'ont plus besoin d'être distribués sur des disques, d'où un coût marginal nul.
Et pour revenir à Wikipedia, espèce de gros crétin foireux, si il y a un développeur maison financé par les donateurs comme moi, il y a aussi des centaines de contributeurs qui ont donné leur code à l'édifice Mediawiki, le plus souvent en bossant bénévolement.
Et le résultat est là, malgré les critiques de sous-merdes prétentieuses et inutiles comme Finkielkraut, Wikipedia est un fantastique succès, libre et gratuit.
Bravo. Faux sur toute la ligne.
à Vatech
De eudemon
intello-précaire | 15H07 | 06/07/2009 |
C'est totalement oublier le lien de soumission entre les industriels et les artistes. Pour quoi à la radio, à la TV ne passent que les mêmes chansons ? c'est tout simplement parce que les industriels de la musique contrôle à 98% le marché et se permettent de faire pression sur les acteurs du secteur en monopolisant les médias à leur seul profit.
La gratuité ? Je ne sais pas ce que cela veut dire mais le statu quo : artistes payés et organisés par les industriels c'est un désastre pour la diversité culturelle.
Ce qui est aussi certain c'est que des artistes du genre Bénabar subissent des pressions gentillettes de la part de leurs producteurs pour qu'ils tiennent des propos favorables à Hadopi2.
De plus le financement des vrais artistes et non des produits commerciaux peut très bien se faire sans les industriels profiteurs de la musique qui s'engraissent sur le dos des consommateurs depuis des années.
Enfin, le téléchargement est un faut problème :
1. Pour ma part je boycotte les industriels de la musique (et cela pour toujours, hadopi ou pas) et leurs artistes monostyles.
2. Il n'y a pas que le téléchargement payant pour obtenir de la musique : cf. JAMENDO.com : musique 100% légale et 100% gratuite.)
3. Il n'y a pas que le téléchragement pour obtenir de la musique : avant internet la musique était échangée beaucoup plus rapidement entre amis (un bon disque dur et c'est fait en 5 minutes) donc bon courage aux industriels : la haine qu'ils ont développé autour d'eux conduira à leur perte.
De SUP. à la demande du riverain 21.07.09
... | 14H33 | 03/07/2009 |
Bravo, Monsieur Bénabar. Tout ce que vous écrivez est juste, frappé au coin du bon sens, intellectuellement honnête, convaincant. Mais le net est dominé par une bien-pensance du politiquement correct qui passe son temps à diaboliser, à lancer des anathèmes et des oukazes. Pour être conforme à cette bien-pensance et être admis dans la secte, il faut montrer patte rouge, antisioniste, antisarkozyste, anti-loi-hadopi, anti-régulation du net. Ces excités hystériques, qui réclament en matière économique une régulation quasi-stalinienne, réclament par ailleurs une liberté totale pour les internautes : liberté de tout télécharger gratis, liberté d'insulter et de diffamer en toute impunité. Tout ce qui va contre une liberté illimitée est taxé de fascisme ! Devant ce dévergondage intellectuel, qu'il est sain et réjouissant d'entendre votre voix ! Si j'avais l'âge d'être beau-père, c'est VOUS que je rêverais d'avoir comme gendre !
à SUP. à la demande du riverain 21.07.09
De Sixpatte
77583 | 17H39 | 03/07/2009 |
Alléluia Alléluia, Hosanna au plus haut des cieux.
à SUP. à la demande du riverain 21.07.09
De Alt-Z
Jeune délibéral. | 15H03 | 03/07/2009 |
Evidemment, vous ne le soutenez pas pour son honnêteté intellectuelle (la blague), mais parce qu'il va dans le sens Sarkozyste. Ceci dit, et sans vous suivre dans ce style ampoulé et ces formules ridicules, je dois douloureusement avouer ne pas être totalement en désaccord avec vous.
à SUP. à la demande du riverain 21.07.09
De Liger
liger.amsud.net | 15H07 | 03/07/2009 |
Je ne suis pas certain que ça lui fasse plaisir, à Benabar, ce commentaire…
à Liger
De SUP. à la demande du riverain 21.07.09
... | 15H17 | 03/07/2009 |
Je n'ai pas voulu le « compromettre » ou le « récupérer », mais face à ce déferlement de terrorisme intellectuel que relaient avec complaisance les media publics, les hommes de bonne volonté de gauche et de droite doivent se coaliser et réagir.
PS : Votre commentaire est l'illustration parfaite de ce que je dénonce…
à SUP. à la demande du riverain 21.07.09
De eudemon
intello-précaire | 15H24 | 06/07/2009 |
Réagir synonyme de réactionnaire.
à SUP. à la demande du riverain 21.07.09
De Tigerbill
retraité en CDI en charente-maritim... | 15H32 | 03/07/2009 |
C'est beau comme du Zemmour !
à SUP. à la demande du riverain 21.07.09
De Cirdec
Cadre qui commence à comprendre com... | 15H44 | 03/07/2009 |
La preuve que Bénabar aurait du réfléchir un peu plus avant de parler : gagaétan lui apporte son soutien.
Alors, ca fait quoi d'être aimé par des cons ?
à SUP. à la demande du riverain 21.07.09
De eudemon
intello-précaire | 15H23 | 06/07/2009 |
N'importe quoi !
C'est quoi ce discours café du commerce !
Nb : Le réactionnaire c'est celui qui refuse tout changement, toute évolution sociale en utilisant des arguments fallacieux. Les défenseurs de la liberté sont des bien pensants, des idéalistes, des adolescents en rut…
1. La gratuité elle existe déjà : la radio est « gratuite » (redevance), la télé est « gratuite » (pub ou redevance), les routes sont « gratuites » (impôts)…On peut très bien imaginer un système de licence globale (qui prendrait en compte la fin de l'intermédiation payante et honéreuse entre l'artiste et le consommateur de musique)
2 . La gratuité c'est avant tout la liberté de l'artiste : combien d'artistes ont été censurés par leurs maisons de disque : trop violent, trop désinvolte, trop ceci ou celà… Les maisons de disque c'est avant tout l'institution de la censure. Un véritable artiste ne peut être enfermé par un censeur qui lui dit ce qu'il peut ou ne peut pas dire ou faire.
3. Autrement dit comme certains journaux sont payés par l'impôts (l'humanité) on peut très bien imaginer qu'une Autorité Administrative Indépendante (AAI genre Hadopi) puisse être chargée de redistribuer la cagnotte de la Sacem et autres redevances pour garantir l'autonomie et la liberté créatrice de l'artiste.
4. La loi Hadopi a une logique stalinienne dans la mesure où il s'agit d'un contrôle total d'internet et pas seulement du téléchargement. Les associations de défense des liberté et la CNIL soulignent d'ailleurs la crainte de voir cette agence transformée en outil de contrôle de l'information sur internet (les renseignement généraux du net ! ! ! ) et de l'opposition sur internet. Les médias classiques sont sous contrôle du pouvoir grâce aux cordons de la bourse ; ce n'est pas encore le cas pour internet et cela dérange le pouvoir de voir de manière incessante des informations politiques diffusées sur le net (notamment leurs petites magouilles).
De Cirdec
Cadre qui commence à comprendre com... | 14H31 | 03/07/2009 |
Bénabar utilise beaucoup Internet : il s'y informe (« je n'achète plus la presse »),
Ben visiblement, pas suffisamment. Que ce soit ici ou sur le blog d'eolas par exemple, il y a eu suffisamment d'explications sur l'abomination juridique qu'était hadopi. « Réguler, c'est de gauche », oui, ptet bien. Mais pas n'importe comment, en bafouant les règles de droit les plus élémentaires.
à Cirdec
De Laclairette
informaticienne | 14H58 | 03/07/2009 |
C'est rigolo quand on y pense.
Il n'achète plus la presse, mais il veut qu'on achète ses disques…
Enfin, encore une fois, je constate que les soi-disants artistes défendant Hadopi mettent leurs intérêts financiers au-dessus de la présomption d'innocence, donc au-dessus de la Constitution.
Ca me dégoute, et pourtant je ne télécharge pas et j'ai des centaines de CD et de DVD. Maintenant je tiens une liste noire des artistes défendant Hadopi : s'ils veulent être traités en produits de consommation, ils ont savoir ce que c'est d'être boycottés.
De Sixpatte
77583 | 14H32 | 03/07/2009 |
« La gratuité, c'est une fausse valeur, un mensonge. Il n'y a pas de gratuité : il y a juste de l'argent dont la circulation change. Le paiement se déplace ».
Parlons-en :
Combien, sans rien faire d'illégal, faut-il débourser pour, au hasard,
faire une simple copie de sauvegarde ?
Absolument tout est déjà taxé, du hardware au support physique en
passant par les FAI.
Quand j'achète une bagnole, je l'essaie d'abord, ensuite je demande une ristourne et enfin je sors le chéquier.
Avec Hadopi, t'es obligé de payer la daube au prix de l'extra
et n'importe lequel fonctionnaire zélé pourra te faire envoyer
au tribunal pour avoir franchi une ligne blanche.
Et pas seulement pour avoir écouté Bénabar comme Radio Londres
De fantome de la nuit
insomniaque | 14H41 | 03/07/2009 |
On ne saurait trop conseiller à Bénabar de réfléchir sur les pratiques innovantes de certains de ses collègues. Je pense à Radiohead pour l'album In Rainbows, je pense à Noir Désir pour la chanson Gagnants/Perdants et la reprise du Temps des Cerises (que je n'aime pas du tout, d'ailleurs, comme reprise ; -)…
Je crois qu'il serait moins crispé…
à fantome de la nuit
De Lictor
informaticien | 15H45 | 03/07/2009 |
On peut aussi rajouter Trent Reznor de Nine Inch Nails à la suite. Ce dernier à l'intérêt de pas mal s'exprimer sur son business model, sur ses motivations à l'avoir fait (avoir réalisé que la relation de confiance avec les fans était en train de casser), sur ses difficultés à le mettre en place (même un label indépendant ne le suivait pas, il a dû créer sa propre structure)…
Son cas est aussi intéressant, parce qu'il dévoile ses chiffres. Malgré l'existance d'une version gratuite, il a écoule les 2500 de l'édition limitée (très belle et très complète) à $300 en moins de 24h. $750.000 de chiffre d'affaire en 24h, pas mal pour un produit dérivé du gratuit. Mieux, il s'est classé n°1 des ventes sur Amazon mp3 aux USA - alors que la même version était diffusée gratuitement et légalement sur The Pirate Bay.
Le modèle économique actuel n'est plus tenable. On ne peut pas sauver un modèle obsolète à coups de lois. Au mieux, on le fait perdurer quelques années de plus à grands frais - et au bout du tunnel, la catastrophe arrive et balaye complètement une industrie qui aurait pu évoluer et survivre….
à Lictor
De fantome de la nuit
insomniaque | 16H08 | 03/07/2009 |
Excellent. Je tope.
à Lictor
De mick69
16H31 | 03/07/2009 |
Trent Reznor est célèbre depuis plus de 15 ans. Voilà pourquoi il peut écouler 2500 disques collector à 300 dollars pièce en 24h
Ce modèle économique n'est valable que pour les gens déjà célèbres (et en général ils ont obtenu leur célébrité grâce à des majors companies)
à mick69
De Lictor
informaticien | 16H57 | 03/07/2009 |
Oui, tout à fait… Mais il montre qu'il y a des alternatives viables pour une partie des artistes, ceux qui passent à la radio et font du volume.
Pour les autres, je vais te donner un scoop : ils ne vivent de toute façon pas de leur vente de CD ! En fait, pour la plupart des artistes, sortir un CD est une perte d'argent, un truc qu'on fait plutôt pour le plaisir ou l'égo mais dont on va mettre des mois à se remettre.
La plus grosse source de rémunération des artistes en France, ce n'est pas le CD, c'est le RMI. Ensuite, c'est l'intermittence. Ce qui fait « vivre », c'est de tourner dans les bars, les petites salles de province…
Il faudrait arrêter de fantasmer un monde artistique où tout le monde vivrait comme Johnny ! Dans la vraie vie, c'est plutôt un monde où tout le monde rêve plutôt de vivre aussi bien qu'un cadre moyen…
C'est pour ça que prétendre sauver la culture avec l'Hadopi est une fumisterie. L'Hadopi, même si elle marchait, ne concernerait qu'une portion infime de la culture - et pas forcément la plus vivace.
L'ensemble de la culture bénéficierait infiniment plus d'une licence créative avec une répartition sociale et non plus au volume des ventes… Le problème, c'est que les gros perdants de cette licence seront les majors, les distributeurs et l'oligarchie d'artistes « de gauche ». Manque de bol, ce sont eux que le pouvoir écoute. La masse des artistes et techniciens, ceux qui bossent dans les soutes de la création, le gouvernement n'en a de toute façon rien à battre…
à Lictor
De jmax
20H23 | 03/07/2009 |
rappelons un chiffre qui tue : un gros succès en jazz, c'est 4000 CD's vendus.
et pour vivre, il y a le statut d'intermittent pas évident à obtenir car il faut arriver à avoir suffisamment de dates (pure aberration du système, il vaut mieux être intermittent menuisier ou électricien que musicos) et les plus doués font profs au conservation de musique du coin.
Bien sur, le petit gars sans trop de background musical qui veut faire du rap est quasiment mort d'avance.
Quand au coup de la répartition sociale, ça fait penser à l'union soviétique où les gars faisaient des boulons de 1 kg pour atteindre au plus vite l'objectif chiffré de tonnes de boulons à produire. S'il y répartition sociale, tout le monde se mettra musicien et tout le mondre gagnera des clopinettes qu'il ait du talent ou pas
à mick69
De eudemon
intello-précaire | 15H29 | 06/07/2009 |
Le problème c'est que pour être célèbre il faut passer dans les médias. Or les industriels de la musique empêchent la venue de toute musique qu'ils n'ont pas contrôlé. Ils veulent ainsi conserver leur monopole et définir ce qui est ou non la bonne musique.
Supprimer ces intermédiaires oligopolistiques c'est redonner de la liberté aux créateurs qui sauront se faire connaître grâce aux concerts et autres manifestations (cf Jamendo.com)
à fantome de la nuit
De Jhal
17H23 | 03/07/2009 |
Que des artistes debutants, en gros…