Au CNRS, Geisser écoperait d'un avertissement disciplinaire
Au CNRS, le spécialiste de l'islam Vincent Geisser a été entendu lundi « durant douze heures » devant la commission de discipline du CNRS. A l'issue d'une séance exceptionnellement longue, le chercheur dont les écrits font débat pourrait avoir écopé d'un « avertissement » de la part de la commission. Elle a voté en faveur d'un blame, à raison de cinq votes contre cinq.
Toutefois, son avocat, Me Tubiana, qui a participé à la réunion, conteste la sanction, estimant au contraire que la commission, qui n'a qu'un rôle consultatif, n'a pas fait de préconisations à la direction de l'organisme de recherche, seule à trancher in fine.
A l'origine de cette procédure disciplinaire, Geisser se voit reprocher un e-mail dans lequel il critiquait Joseph Illand, « fonctionnaire défense » au CNRS. Dans ce courrier « privé », souligne-t-il, qui s'est ensuite retrouvé sur un blog à la faveur d'un copié-collé, il parlait d'Illand en ces termes :
« Le FD [fonctionnaire défense, ndlr] est un idéologue qui traque les musulmans et leurs “amis”, comme à une certaine époque, on traquait les juifs et les Justes. Le FD constitue des dossiers sécuritaires sur un nombre de chercheurs du CNRS afin de les faire sanctionner.
Sa cible privilégiée ? Les chercheurs travaillant sur le monde arabe et musulman, mais aussi les chercheurs ayant des accointances avec l'islam. »
Défendre le principe de « la liberté intellectuelle des universitaires »
Ce même fonctionnaire défense, qui avait confirmé à Rue89 récemment avoir également porté plainte, avait protesté pour que la commission convoque l'universitaire pour « manquement à son devoir de réserve », malgré une grosse mobilisation du monde universitaire.
De grands poids lourds de la recherche, dont certains avaient pris position sur Rue89, ont en effet décidé de soutenir Vincent Geisser, tout en rappelant pour certains que c'était « moins pour le contenu du travail de ce chercheur que pour le principe de la liberté intellectuelle des universitaires ».
Chloé Leprince
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« moins pour le contenu du travail de ce chercheur que pour le principe de la liberté intellectuelle des universitaires ».
Façon transparente de dire que le contenu du travail de ce chercheur est TRES contestable. Quant à la « liberté intellectuelle des universitaires », on n'a pas vu ces grands noms s'émouvoir quand ce sont des négationnistes et autres frontistes qui sont à juste raison exclus de l'université. Deux poids deux mesures : défendre les néo-nazis n'est plus à la mode, mais défendre les islamistes, si - c'est furieusement chic chez certains bobos. On est pourtant exactement dans le même domaine, politiquement correct ou pas.




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