Témoignage

Les médecins généralistes démunis face à la grippe H1N1

Une boite du vaccin Tamiflu (Andrew Winning/Reuters).

Guillemette Reveyron, médecin généraliste syndiquée à l'Union Généraliste, installée dans l'Ain (plus pour longtemps comme elle nous l'expliquait dans une tribune), a recueilli des témoignages chez ses confrères et consœurs et nous livre cette synthèse assez inquiétante sur le soutien des autorités françaises aux praticiens de terrain.

Les autorités vont certainement changer d'attitude puisque Roselyne Bachelot vient d'annoncer ce jeudi que bientôt les généralistes seront placés « au cœur du dispositif ». Elle a précisé qu'« à ce stade, et sans doute pour quelques semaines encore, le centre 15 restera responsable de l'orientation des malades ».

Au début de la pandémie, nous n'avons pas eu accès à d'autres informations que celles diffusées par les médias. Alors que l »Urssaf, le fisc, la CPAM connaissent tout de nous, notre ministre ignore superbement ici les médecins généralistes, fantassins peu glorieux du quotidien. Elle préfère parader avec les savants et les médecins suréquipés des SAMU. L'épidémie se gère dans les hôpitaux pour l'instant, la ministre ne recevra les généralistes que le 2 juillet.

Le virus ne choisit pas son camp

Les médecins généralistes se renseignent donc sur les sites sensés les informer, l'Institut national de veille sanitaire (INVS), la Direction générale de la santé (DGS). Ils attendent vainement des informations médicales (cause de la mortalité, particularité symptomatiques de cette maladie virale, manifestations spécifiques), des masques, des tests diagnostiques et des médicaments comme le Tamiflu. Ils n'en verront pas la couleur, tout est centralisé à l'hôpital et les pharmacies ne distribuent plus cet antiviral.

Nous voilà donc démunis, au contact des patients. La médecine générale diffère de la médecine hospitalière en ce sens qu'elle ne peut pas s'appuyer sur une batterie d'examens sophistiqués pour atteindre le diagnostic exact à chaque consultation. Le cheminement diagnostic tient compte de divers facteurs comme le contexte épidémiologique, le milieu professionnel ou scolaire, les signes de gravité, l'apparition brutale ou non, les modalités de début des symptômes et sur l'évolution dans le temps.

Nous sommes habitués à déceler des signes de gravité mais nous fonctionnons souvent sans connaître le nom des virus responsables d'une maladie chez un patient. Or, le plan développé par notre ministre repose sur le diagnostic viral précis. Il ne peut donc se concevoir qu'en milieu hospitalier et sur une portion très réduite des porteurs de virus.

Une recrudescence étonnante des syndromes grippaux

Et que se passe-t-il en ce mois de juin dans nos cabinets ? Sur les listes internet de médecins, nous constatons entre nous une recrudescence des syndromes grippaux étonnante en cette période de l'année frappant surtout une tranche d'âge jeune. Les critères de l'INVS ne s'appliquent pas, le plus souvent.

La plupart de nos patients répondent par un point d'interrogation à nos questions du style : « Etiez-vous en contact avec un porteur de virus H1N1 ? », « Avez-vous côtoyé des personnes rentrant du Mexique ou des Etats-Unis ? », « Avez-vous des personnes grippées dans votre entourage ? » Avec de tels critères de reconnaissance, le H1N1 peut encore se balader tranquillement incognito.

Quand le 15 embarque le patient et laisse le médecin en plan

Un confrère qui avait réuni autour de son patient les fameux critères de l'INVS a vu des médecins du SAMU en combinaison spatiale venir embarquer le malade dans leur voiture étanche. Angoissé, le médecin qui était dans l'ignorance du résultat des tests, ne savait plus s'il pouvait continuer à exercer sans contaminer tout le monde ni rentrer chez lui sans mettre en danger ses enfants. Personne n'avait pris la peine de l'avertir du résultat du test….

Devait-il poursuivre ou non son activité, se mettre en quarantaine ? Qui allait s'occuper de ses patients ? Autant de questions qui restent sans réponse au pays le mieux préparé du monde.
Certains d'entre nous se sentant en danger eux-mêmes appellent les autorités. C'est alors qu'on demande des tests diagnostic, mais ce n'est pas prévu. A une collègue généraliste, on a même répondu que des tests, chez des médecins généralistes, c'était du gaspillage.
Les médecins généralistes dans le doute appellent le 15.

« Allez acheter des masques à Bricomarché »

Le plus souvent, si tous les critères INVS ne sont pas réunis, c'est rien, nada. Les médecins généralistes aimeraient au moins disposer de masques lorsque les patients, qu'ils considèrent comme « suspects » mais qui n'entrent pas dans les grilles de prise, en charge se présentent à leur cabinet.

Mais là aussi, les réponses les plus fantaisistes nous sont faites : « Acheter des masques à Bricomarché », « se rendre à 50 km de son cabinet entre 9h et 12 ou de 14h à 16h30 pour recevoir un échantillonnage de masques » ; bref, se débrouiller là encore avec les moyens du bord. Quant à l'accès au Tamiflu, il semble réservé à la confirmation par test hospitalier de la présence du virus. Heureusement que les avis divergent sur son utilité.

De leur coté, les médecins hospitaliers commencent eux aussi à se poser des questions sur la pertinence de mener tous les patients porteurs du H1N1 à l'hôpital, au contact des patients les plus fragiles.

Le caractère bénin de la pathologie présentée par la plupart des patients atteints par le virus contraste avec l'importance des moyens mis en œuvre par le « circuit réglementaire ». Si le nombre des patients grippés a grimpé chez les médecins généralistes, ceux-ci n'ont jamais eu les moyens de tracer le virus ni de fournir à l'entourage de ces patients des moyens de protection autre que incantatoires.

Or, n'est-ce pas là, sur ce terrain, qu'il aurait justement fallu investir pour viser le maximum d'efficacité au moindre coût ? Une leçon que notre ministre n'aurait jamais dû oublier.

Photo : une boite du vaccin Tamiflu (Andrew Winning/Reuters).

106 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Bigpapa

à freakfeatherfall Portrait de freakfeatherfall De Bigpapa

Ingénieur hospitalier | 20H29 | 28/06/2009 | Permalien

entre un et deux ans par overdose de lait en poudre dans les biberons

Portrait de Rensk

à freakfeatherfall Portrait de freakfeatherfall De Rensk

| 22H00 | 28/06/2009 | Permalien

Pour les statistiques… c'est entre 6 et 10 ans…

Portrait de Rensk

à Rensk Portrait de Rensk De Rensk

| 22H21 | 28/06/2009 | Permalien

C'est vrai aussi que la vision du suicide est vue d'une manière… selon le pays…

En France ont parle très volontiers des jeux du foulard… juste pour cacher le suicide non accepté par le Vatican ! ! !

Honte à ceux qui ferment les yeux sur des faits uniquement pour ne pas avoir tord… honte à ceux qui mentent pour juste avoir droit à un emplacement dans le coin des tombes en blanc dans le cimetière…

Portrait de citrouille

De citrouille 33365

gerboulade permanente | 16H30 | 28/06/2009 | Permalien

Oups ! Le TAMIFLouze est un antiviral , pas un vaccin !

Portrait de ROLLIN_DELAY

De ROLLIN_DELAY

Vétérinaire à la Campagne | 17H08 | 28/06/2009 | Permalien

Chère Guillemette,
Votre étonnement m'étonne !
N'y aurait-il pas une corrélation avec la situation telle que vous l'évoquiez dans votre précédent article ?
Si le généraliste moyen se défausse de ses obligations de garde sur le 15, qu'il refuse la réquisition par les préfets, et qu'il persiste à exercer seul, condition qui, je l'admets volontiers, ne facilite pas qu'on puisse lui demander de suivre des formations spécifiques, voire d'aller chercher du matériel, A qui voulez-vous que l'état demande (ou ordonne ! ) d'assumer la charge de la gestion de l'épidémie en tous temps ?
A ses fonctionnaires, les médecins hospitaliers..

CQFD…

Portrait de Henri Brevat

à ROLLIN_DELAY Portrait de ROLLIN_DELAY De Henri Brevat

17H20 | 28/06/2009 | Permalien

C'est un peu facile votre discours. Vous n'êtes pas le premier vétérinaire à affirmer ce genre de chose.
Sachez tout d'abord que les honoraires pleins majorés de garde des médecins d'astreinte ne le sont que s'ils sont préalablement régulés par le 15.
La liste d'astreinte est donnée par l'ordre des médecins au SAMU et que les honoraires des dits médecins sont contrôlés par la sécurité sociale.

Cessez de mettre dans un même sac les médecins qui appliquent les réglementations et font du mieux possible leur travail avec des contraintes humaines parfois très difficiles que les vétérinaires n'ont pas.

Il est vrai que j'ai déjà vu un caniche dans un service d'urgence médicale pour une insomnie canine ( vous ne rêvez pas ).

Les médecins ne vivent pas les mêmes problématiques.

Je ne fais pas bien entendu référence aux vetos qui ne vivent que du ptit chien à sa mémère et ils sont nombreux.

Portrait de ROLLIN_DELAY

à Henri Brevat Portrait de Henri Brevat De ROLLIN_DELAY

Vétérinaire à la Campagne | 22H35 | 28/06/2009 | Permalien

Je ne comprends pas votre argumentaire
1° : je n'aborde pas la question de la rémunération qui peut faire l'objet d'une discussion à part
2° Le : « oui, mais nous on soigne des Humains (sous entendu : c'est beaucoup plus noble, plus important, plein de responsabilités très psychologiquement éprouvantes, etc…) » on me l'a déjà servi nombre de fois ! Pourtant je connais pas mal de médecins, et les problèmes insodables que vous sous-entendez, ils finissent par s'en cuirasser plus ou moins. Qui vous dit d'ailleurs que je n'ai pas mal à la conscience quand je soigne un animal dont le pronostic vital est engagé, comme on dit chez vous ? Vous n'avez pas le monopole du coeur.
3°Il reste par chez moi un certain nombre de médecins libéraux qui assurent les gardes.. Bizarrement, ils ont quasiment tous plus de 55 ans ! ! C'est surement pas eux qui doivent se sentir visés par mes remarques.

Portrait de guillemette reveyron

à ROLLIN_DELAY Portrait de ROLLIN_DELAY De guillemette reveyron (auteur)

medecin en exode | 06H25 | 29/06/2009 | Permalien

Les moyens dévolus à la prise en charge de ce genre d'épidémie
doivent être orientés vers l « efficacité.Et c'est pareil pour la PDS ou le rapport Boënnec démontre que la prise en charge de la PDS par le médecin généraliste est trop coûteuse.Elle revient à 720 euro par acte avec une régulation optimale.
En refusant la PDS telle qu'elle est “organisée” je défends aussi une sécurité sociale solidaire qui sait gérer son budget.
De même pour cette épidémie.Pourquoi étions nous un des pays les moins touchés par l'épidémie ? C'est d'abord et avant tout parce que l'on décrit l'épidémie à partir des données hospitalières et on passe sous silence tous les autres cas ceux qui sont possibles probables mais qui n'entrent pas dans les critères et qui sont vus par les médecins généralistes.

Portrait de Kid_A

De Kid_A

18H36 | 28/06/2009 | Permalien

Je me demande comme ça….

(Question con mais bon, ça me traverse l'esprit…)

Les hommes politiques, présidents notamment, voyageant sans cesse, prennent-ils plus de risques à se retrouver contaminer par le virus ?
Ou bien évoluent-ils dans sphère « protégée » ? ….
Sont-ils sous vaccins ?
Quelles précautions sont prises au plus haut niveau des états ?

Portrait de extralucide

à Kid_A Portrait de Kid_A De extralucide

retraite | 20H41 | 28/06/2009 | Permalien

Aucune ;
Normal, la grippe A n'est qu'une vaste supercherie que nos médias colportent. La raison d'écarter les généralistes est probablement qu'ils pourraient nous parler de vulgaires rhumes et alors exit le Tamiflouze.
La supercherie du 11 septembre a bien marché. La Georgie, l'Iran,l'Irak, l'Afghanistan, etc…. alors pourquoi ne pas continuer à faire marcher le commerce tout en plombant les dépenses de santé. Un grand merci aux médias pour leur collaboration (au vrai sens du terme, comme en 40) à la désinformation.

Portrait de extralucide

à Kid_A Portrait de Kid_A De extralucide

retraite | 20H50 | 28/06/2009 | Permalien

Aucune
Normal, ce n'est qu'une supercherie mondiale comme le 11/9, les ADM en Irak, la Georgie, Les élections en Iran.
Les médecins sont éloignés car il pourrait parler d'un vulgaire rhume. Et alors exit le Tamifluze.
Quand je vois le nombres de trouillards qui sont prêt à se faire vacciner ou à prendre du Tamiflu, je reste pantois.
Pour eux, il leur faudrait plutôt un vaccin contre la connerie

Portrait de Yaumegui_from_Paris

De Yaumegui_from_Paris

Sur mon fauteuil. | 18H48 | 28/06/2009 | Permalien

Portrait de loredana

De loredana

prof | 19H23 | 28/06/2009 | Permalien

vous ne pensez pas qu'on en fait un peu trop (quel labo doit y gagner ? ) étant donné le très faible taux de mortalité de ce virus, par rapport aux normales grippes saisonnières ?

Portrait de noftal

De noftal

19H45 | 28/06/2009 | Permalien

« Photo : une boite du vaccin Tamiflu “

Je pense qu'il y a erreur : le Tamiflu n'est pas un vaccin mais un médicament qui a une action curative (et non préventive) sur la grippe A. Il ne faut d'ailleurs l'utiliser qu'en cas de maladie avérée.

Portrait de lachevêche

De lachevêche

20H32 | 28/06/2009 | Permalien

Tout à fait en phase avec cet article. L'importance prévisible de l'épidémie de grippe H1N1 débordera selon toute vraisemblance les circuits spécialisés (CH et Samu). Sa rapidité de diffusion sera inversement proportionnelle à la capacité de chacun de modifier ses comportements (lavage des mains, port de masque, précautions diverses).
Les médecins traitants et les paramédicaux en ville, qui sont de toutes façons en première ligne, devraient être associés de manière active à la préparation et aux premiers réflexes.
Comme vous le dites dans votre artile, les circuits existent, pourquoi ne pas les utiliser ?

Portrait de Kenzoo

De Kenzoo

Humain | 21H15 | 28/06/2009 | Permalien

La pédiatre que j'ai vue la semaine dernière à Paris pour le rhume de mon bébé de 2 mois m'a dit « La grippe A ? Vous savez, il y a ce que j'appelle une épidémie de rhino en ce moment ; à vrai dire, je n'en suis pas sûr, ce sont les mêmes symptômes que ceux de de la grippe. Je devrais faire des prélèvements pour m'assurer que… Mais les enfants sont guéris au bout de 3 jours avec des anti pyrréiques et de l'homéopathie, alors, la grippe A, vous savez… »

Portrait de Rensk

à Kenzoo Portrait de Kenzoo De Rensk

| 22H03 | 28/06/2009 | Permalien

T'as du voir Rica comme médecin…

Y en a plein qui n'aime pas être sur la liste noir des assureurs… Faut le savoir ! ! !

Portrait de bozox

De bozox

22H02 | 28/06/2009 | Permalien

L'avantage du traitement hospitalier de la grippe A, c'est que ça fait de belles images pour le JT de 20h sur TF1… Avec des masques, des experts, des machines, des ambulances. C'est plus drôle que de montrer la salle d'attente d'un généraliste, ça ça ne peut pas passer au JT. Or il faut bien remplir le JT avec des trucs marquants pour que le reste passe inaperçu…

Portrait de Charles Mouloud

De Charles Mouloud

Bras gauche de la Vénus de Millau | 22H23 | 28/06/2009 | Permalien

Depuis qu'elle m'a pris en grippe, je vois ma petite amie floue.
Est ce grave ?

Portrait de Unknown

à Charles Mouloud Portrait de Charles Mouloud De Unknown

blasé sans rancune | 22H49 | 28/06/2009 | Permalien

Non, certainement pas, resservez-nous donc un petit coup de mezcal, Charles, qu'on y voit plus clair !

Portrait de doublevue

De doublevue

travailleuse | 07H02 | 29/06/2009 | Permalien

suis- je anormale ? ? ? ?
je n'arrive pas à croire à la gravité de cette maladie, je ne peux croire à cette histoire de pandémie…
je trouve cela tellement providentiel sur le plan politique… !

Portrait de Annie Sétoualé

De Annie Sétoualé

lesblogueries.net | 07H42 | 29/06/2009 | Permalien

Je me disais aussi !
On avait pris tellement de précaution pour ce risque pandémique, que j'en étais venue à croire que nos gouvernants avaient retenu les leçons d'un passé tout récent.

Il ne s'agissait pas d'une pandémie, mais d'une simple épidémie. Qu'on s'est appliqué à sous-évaluer, en utilisant exactement la même méthode, quand on ne la niait carrément pas. Pour être déclaré malade, il fallait suivre un circuit très précis, qui allait jusqu'à la sérologie.

Ca s'appelait le Chikungunya, ça a fait rigoler la France entière un nom pareil. Et d'après le ministre de la santé de l'époque, ça n'était jamais qu'une petite grippe.
Quand on a vu de ses yeux, la « petite grippe » à l'oeuvre, on se dit qu'il y a des baffes qui se perdent et des démissions qui auraient du être données. Mais bon, des gens qui ont le sens de l'honneur en politique, ça devient rare, faut pas trop en demander non plus !

Nous voilà donc dans un cas tout à fait similaire : des généralistes qui observent un pic anormal, et des pouvoirs publics qui jouent à l'autruche. Ou du moins qui s'obstinent dans un plan d'action totalement inadapté.
Sur le plan médiatique, on en fait des tonnes. C'est la seule différence. Et c'est tout ce qui compte.

Peu importe qu'on amène le maximum de grippés bénins dans un milieu peuplé de gens fragiles (l'hopital) qui constituent une population à risque pour des complications.

Peu importe la démesure des moyens par rapport au cas bénins qu'on amène.

Peu importe que dans la population - hors circuit réglementaire - le virus soit très probablement en train de se développer à la vitesse grand V. C'est pourtant pendant cette phase d'explosion que les complications arrivent et que la virulence peut s'agraver.

Le plan de com lui est bien ficelé : on est prêt.
On trouvera bien quelques coupables à crucifier après coup si ça part en eau de boudin. Tiens les généralistes, par exemple, pas fichus d'avoir envoyé assez de monde à l'hopital.

Rien n'a changé !
Mais là le virus ne restera pas sagement confiné à une ile, coincé dans un moustique. Il va pouvoir s'éclater, si j'ose dire.
Ce coup-ci ils ne pourront pas dire « qu'ils ne savaient pas ».
La méthode utilisée a déjà prouvé sont inefficacité dans une épidémie récente. Quand une maladie explose, on ne peut pas rester dans un cadre aussi rigide.
Ici, on avait fini par constituer un pool de généralistes sentinelles, et abandonner l'obligation de sérologie. On l'a fait bien trop tardivement. Et la même erreur va être répétée, à ce qu'on dirait.

Je ne félicite vraiment pas ceux qui nous dirigent !

Portrait de guillemette reveyron

à Annie Sétoualé Portrait de Annie Sétoualé De guillemette reveyron (auteur)

medecin en exode | 08H50 | 29/06/2009 | Permalien

Je trouve cette analyse judicieuse et sa conclusion aussi.
Je me suis demandé pourquoi les généralistes étaient systématiquement tenus à l'écart de tous ces plans alors qu'ils étaient en première ligne et sans doutes les plus performants pour suivre l'épidémie et adapter les réponses.
Je pense que nous sommes gérés par des statisiticiens et des scientifiques qui cherchent désespérément à lire toutes les manifestations des cette épidémie à travers une grille précise et rassurante élaborée par eux- mêmes.Comme si ces statisticiens et ces scientifiques maitrisaient tout du phénomène vivant…
Ils aiment à le croire,mais ils se trompent.Alors ils cherchent à expliquer à travers leur propre grille encore,pourquoi et comment ça ne fonctionne pas.C'est encore le serpent qui se mord la queue.
Le problème reste qu'ils ne peuvent pas se tromper.

Portrait de Annie Sétoualé

à guillemette reveyron Portrait de guillemette reveyron De Annie Sétoualé

lesblogueries.net | 16H19 | 29/06/2009 | Permalien

Ouh que je vous sens désabusée !
Moi je pense qu'à un certain niveau, il n'y a plus de médecins, scientifiques ou statisticiens, il n'y a plus que de la politique et la politique, ça gâte tout. C'est une question de cour : on s'entoure de personnalités qui vont vous dire ce que vous voulez entendre.
Nous sommes gérés par des personnes certes obsédées par le contrôle - à tous les niveaux - qui courent après une chimère et qui de ce fait nous font prendre d'énormes risques, dans le cas présent de passer à coté du démarrage réel de la phase d'explosion pandémique. C'est mon sentiment, même si je ne suis pas médecin.

Portrait de jmc06

De jmc06

retraite | 07H57 | 29/06/2009 | Permalien

déjà l'toubib, pur qu'il se déplace chez vous, faut qu'vous soyez à l'article de la mort

ou alors c pour constater l'deces

pensez bien pour l'reste

Portrait de surgical-coaching

De surgical-coaching

Réduction de l'anxiété pré chirurgi... | 08H14 | 29/06/2009 | Permalien

Et si tout ceci ne résultait que d'une seule cause : peu virulent le virus H1N1 ne fait pas peur aux autorités, mais cette épidémie sert de répétition générale pour tester la diffusion virale et roder les moyens de lutte, en cas d'épidémie terroriste possible et virulente cette fois. Dans ce cas, l'organisation hospitalière telle qu'elle semble constituée, nous fera verifier le proverbe : beaucoup d'appelés et peu d'élus.

Portrait de guillemette reveyron

à surgical-coaching Portrait de surgical-coaching De guillemette reveyron (auteur)

medecin en exode | 08H55 | 29/06/2009 | Permalien

ça serait une bonne nouvelle !
Mais ça supposerait une prise de conscience des dysfonctionnements actuels et une ouverture du dialogie avec les professionnels de santé de terrain.
Une réunion est programmée pour…le 2 juillet…
Il s'agit de la PREMIERE réunion de concertation avec ces médecins de terrain.Cette réunion a déjà été repoussée deux fois !
Tout cela traduit bien l'état d'esprit de nos autorités

Portrait de Immyr

De Immyr

Médecin Généraliste | 09H23 | 29/06/2009 | Permalien

J'avoue que je reste extrêmement sceptique sur cet article.
Que les médecins généralistes (et j'en fait parti) restent démunis face à une pandémie grippale est normal. Je crois que beaucoup ont une fausse idée du rôle et de la place du médecin généraliste dans l'organisation de la santé en France.
Il y a 2 volets dans la mission du généraliste (en France). Ces 2 volets proviennent et découlent directement de notre formation ou plutôt des limites de formations de la médecine générale et des équipements diagnostics et de l'arsenal curatif à notre disposition. On se sent aussi démuni devant une pandémie que devant… disons un infarctus. Est-ce le rôle du médecin généraliste de faire le bilan des artères coronaires bouchées en post-infarctus, de mettre en place la dizaine de médicaments nécessaires au risque de se tromper ? Non. On fait le diagnostic de l'infarctus, si on a des fluidifiants sanguins, en cas d'absence de risque on les administre, et on attend sagement le SAMU en surveillant le patient.
Les 2 volets donc sont :
- volet de médecine publique : détection et prévention dans le cadre de la santé publique
- volet curatif : pour les « petits bobos » de tous les jours qui n'ont pas besoin de prise en charge spécialisée
Cela peut paraître ingrat mais c'est la tache qu'on s'est choisie. Le médecin généraliste ne doit pas (et ne peut pas) tout savoir ou tout gérer. Il doit par contre pouvoir détecter et quand cela dépasse les limites de ses connaissances ou de ses capacités thérapeutiques, pouvoir déléguer aux instances plus compétentes, la charge de soigner les personnes sous sa responsabilité.
Revenons au cas de la pandémie grippale. On n'est pas actuellement au stade d'une pandémie mortelle en dehors de tout contrôle. Je vois un patient présentant la symptomatologie grippale. Je lui pose effectivement les 3 questions préconisées par les autorités de la santé : « Etiez-vous en contact avec un porteur de virus H1N1 ? », « Avez-vous côtoyé des personnes rentrant du Mexique ou des Etats-Unis ? », « Avez-vous des personnes grippées dans votre entourage ? ». Disons que les réponses sont négatives. Donc les risques que ce soit la H1N1 sont faibles mais pas nuls. Quoi faire ? Soit je dois demander un test grippal puis administrer un médicament antiviral (attitude hospitalière), soit je ne fais qu'évaluer la gravité de la symptomatologie et en cas de doute demander conseil (attitude normale de généraliste). En sachant que la pandémie actuelle ne va pas comporter, selon les statistiques et les données scientifiques en notre possession de mortalité supérieure à la grippe normale saisonnière, et qu'on sait (les antibiothérapies en outrance chez nous, et la prescription antivirale intensive pour les grippes banales aux Etats-Unis et au Japon nous l'ayant appris) que la sur-prescription des médicaments anti-infectieux pouvant générer des résistances au niveau des souches bactériennes (dans les cas des antibiotiques) et virales (dans le cas des anti-viraux), ne rien faire et gérer les symptômes (antalgiques, antipyrétiques = médicaments contre les douleurs et la fièvre) est la bonne attitude.
Passons au cas plus grave d'un virus potentiellement dangereux et mortel comme le H5N1 (grippe dite aviaire) dans sa forme humanisée (transmissible entre les hommes par contact direct ou indirect) qui n'existe pas à l'heure actuelle mais dont on pense qu'elle sera plus mortelle que la grippe espagnole. Encore une fois on sera dans la même situation. Il faut que les médecins du terrain (donc nous les généralistes) en fassions la détection. Pour cela il faudra juste nous protéger par des masques spéciaux (dont normalement nous avons dus en recevoir un paquet via les organismes de santé… ce qui est effectivement le cas des médecins de notre région dans les Deux-Sèvres pour être plus précis), et l'hygiène normal des mains et des vêtements. Et on est dans le même cas que le H1N1 excepté qu'en cas d'afflux massif à l'hopital, on ne devra y envoyer que les cas les plus sévères et gérer le reste des patients à domicile selon des critères qui seront, je n'en doute pas, définis ultérieurement par les instances compétentes.
Reste donc la question de base… comment protéger le médecin de terrain qui va être en contact avec les patients infectés ? Pour le H1N1, pas de problème ou de risque supplémentaire par rapport à la grippe saisonnière. Par contre en cas de H5N1, les généralistes vont probablement être prioritaires en terme de vaccination anti-grippale quand celle-ci sera disponible. Il restera juste à penser la protection de la famille proche vivant sous le même toit que le médecin. Et voilà.

Ce que je n'aime pas dans cet article est le ton évoquant une catastrophe imminente. Je trouve que le système de santé a fait ce qu'il pouvait. Il prévient les gens pour qu'ils restent vigilants sur les symptômes. Il donne quelques bases sur les meilleurs moyens de détection de la maladie et quoi faire s'il existe une forte suspicion de la maladie en question => appeler le SAMU… on peut pas faire plus simple ; )

Portrait de guillemette reveyron

De guillemette reveyron (auteur)

medecin en exode | 09H45 | 29/06/2009 | Permalien

Je prends compte de vos remarques.
Je ne conçois pas ma profession de la même façon que vous. Je ne fais pas de bobologie. Il n'y a aucune consultation pour moi,ou vraiment très peu qui réponde à la définition de ce mot.
Par contre je regarde ce qui se fait ailleurs et ce que dit l'OMS encore sur la valorisation des soins de première ligne y compris pour les grandes pandémies à venir.
On est loin du compte.
Pourquoi parler du nombre de cas en France si on ignore une grande majorité de ceux potentiellemnt traités par les médecins généralistes ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
Pourquoi ne pas donner aux médecins les moyens réels de se protéger et de protéger les contacts des patients suspects et celui de dépister ?
Qui pouvait dire au début de cette pandémie si elle serait ou non sévère en terme de santé ?
Il n'y a pas de notion de catastrophe imminente mais un questionnement sur la vérité des propos tenus par notre ministre qui affirme que « la France est le pays le mieux préparé au monde »
Je crains que lors d'une prochaine pandémie la médecine de terrain soit traitée avec autant de légèreté.

Portrait de Immyr

à guillemette reveyron Portrait de guillemette reveyron De Immyr

Médecin Généraliste | 10H09 | 29/06/2009 | Permalien

Je ne fais pas un dogme de la « bobologie » ; ) Mais si on reste pragmatique, que soigne-t'on (en tant que traitement curatif) en médecine générale ? Les infections ORL, pneumologiques, urologiques qui ne sont que des infections à l'heure actuelle bénignes, les symptomatologies rhumatologiques qui ne demandent de prises en charges spécialisées, etc… Cela fait une masse importante de travail mais on reste quand même dans le cadre de la pathologie bénigne. Ca ne soustrait en rien la valeur de ce que l'on fait car on contribue au bien-être des personnes qui nous on fait confiance.
Notre vrai rôle reste pour moi le volet de santé publique. Prévention des maladies cardiovasculaires, leur détection, la prise en charge, prévention et détection des cancers etc… C'est là où on trouve notre vrai rôle. Savoir que mes patients diabétiques n'ont pas présenté de complications dues à leur maladie, 10 ans après que je les ai pris en charge, voilà ma source de fierté, beaucoup plus que le constat que mon antibiothérapie empirique sur une pneumonie a été efficace.

Quels sont selon vous les VRAIS MOYENS de protéger les médecins généralistes et leurs patients en tant que pandémie grippale grave ? Les masques ? Nous les avons. Les tests ? Aux dernières nouvelles c'est un test PCR qui demande un certain temps de diagnostic (pour la forme H1N), et dans ce cas, ne pensez-vous qu'une mise en place centralisée au niveau des hopitaux soit la bonne attitude ? La vaccination ? Non disponible à l'heure actuelle mais je pense que les médecins de terrain (selon le même schéma préconisé pour le H5N1) sont prioritaires étant donné les facteurs de risque.

Que la France soit le pays le mieux préparé au monde, j'en doute (comme des déclarations de tout politique). Qu'on soit moins bien préparé que d'autres pays, soit, c'est possible. Mais qu'on soit complètement démuni face à la grippe pandémique, je ne le pense pas.

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