
Attention, mesdames et messieurs, en ce beau dimanche, le grand spectââcle de l'Emprunt National Sarkozy va commencer ! Prenez vos places et assistez au lancement de la plus extraôôrdinaire initiative politique imaginée par notre Président pour dompter la crrrrise la plus formidââble de tous les temps !
Le spectacle commence cet après midi, à 16 heures tapantes, avec un séminaire exceptionnel du gouvernement, fraîchement et habilement remanié, autour du légendaire contorsionniste Fillon. Oui, mesdames et messieurs, par un dimanche aussi ensoleillé, l'équipe de notre Président travaille. Ils en font un peu plus, oui, plus pour que la France gagne plus. C'est pour vous qu'ils sacrifient ainsi leur week end !
Vous serez transportés dans un autre univers. Qu'on se le dise, seront abordées « les vraies priorités stratégiques » de l'Emprunt National annoncé par notre Président Sarkozy lors de son dernier grand show de Versailles.
Pourquoi ce séminaire ? Parce qu'il est essentiel qu'aucun « euro ne soit utilisé à des dépenses qui ne seraient pas des dépenses utiles », comme l'a rappelé le loyal Fillon, reprenant fidèlement les mots prononcés par notre Président dans son discours de Versailles, qui a d'ailleurs montré l'exemple en limitant les frais dudit discours à, vous ne me croirez pas, seulement 450 000 euros !
La pôôôlitique !
Au programme de l'emprunt, mesdames et messieurs, le terrrrrible « numérique », les rugissantes « nanotechnologies », le « logiciel qui irrigue d'une manière croissante tous les secteurs industriels », sans oublier les mystérieuses « écotechnologies » qui nous sauveront du fatal réchauffement climatique.
Préparez-vous à voir voler, sous notre chapiteau, des chiffres mirobolants, 80 milliards d'euros, 100 milliards peut-être ! De l'argent, du bon argent, le vôtre, au service du pays !
N'écoutez pas les sceptiques et autres rabat-joie qui vous sussurent avec mesquinerie que cet emprunt n'est que poudre aux yeux, et que l'Etat passe déjà son temps à emprunter sur les marchés, où les conditions pour lui seraient, ergotent-ils, plus avantageuses !
Car cet emprunt, c'est de la pôôlitique, mesdames et messieurs, dans le sens le plus noble du terme. Les caisses sont vides ? Remplissons les ensemble ! L'emprunt sera attractif, vous vous ruerez dessus, ce sera un vrai référendum pour notre Président !
François Fillon, notre contorsionniste en chef, mieux que le grand Houdini lui-même, vous montrera comment on peut à la fois emprunter et lutter contre les déficits. Car il l'a dit : jamais, non, jamais il ne renoncera à lutter contre les déficits, quand bien même ceux-ci exploseraient !
Et mesdames et messieurs, si 82% d'entre vous êtes encore réticents à l'idée de souscrire à notre grrrrand Emprunt National, c'est une très bonne nouvelle : cela fait 82% des fidèles spectateurs à convaincre, un potentiel formidable pour toute l'équipe du Sarkozy Economic Show !

Illustrations : étoiles Art graphique ; affiche Barnum et Bailey détournée.


























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De Chimulus
Dessinateur de presse | 11H39 | 28/06/2009 |
De ZonZon la MouChe
ni dieu ni maître ! | 11H57 | 28/06/2009 |
Ouep d'ailleurs j'ai pas tout compris du grand emprunt.
La France (pour le moment du moins) emprunte 250 milliard d'euros par an sur les marchés internationaux à des conditions ultra-compétitives ! Pourquoi emprunter aux Français alors que les intérêts (on parle de 5%) sont plus élevés que sur le marché international ?
De plus il vaut mieux investir dans des entreprises cotées en bourse : ça rapporte plus et au moins on est certain que son argent va bien là où on veut. Parce que je ne suis pas certaine que les priorités gouvernementales de mon « grand emprunt » soient les miennes.
PS Pascal Riché c'est la première fois que je vous vois abuser de ââ ôôô uuuu ! l'apéro dominical peut être ?
De bernarddub
Artisan | 14H17 | 28/06/2009 |
Toujours la même recette !
L'impôt pourrait facilement régler ce problème de trésorerie d'investissement , mais pas d'intérêt en retour pour les contributeurs qui auraient été assujettis à l'impôt.
Alors plutôt que payer des impôts vous prêtez (ceux qui en ont les moyens) et l'état vous reverse des intérêts sur votre contribution citoyenne
Magique !
De hagalma
14H17 | 28/06/2009 |
Merci à cet article mis en scène par Pascal Riché et qui nomme, je crois, sans le désigner ce qui sera le thème à partir duquel la gauche gouvernementale gagnera, ou pas, une élection nationale : les impôts. Les français n'aiment plus qu'on leur parlent d'impôt, et s'ils ne l'ont jamais aimé, Sarkozy fait tout pour leur donner raison.
Impôt à défaut duquel, par exemple : un grand emprunt national. Souscrit par ceux qui peuvent se le permettre, et rémunéré par ceux qui ne le peuvent pas. « Pas de rigueur », pérore le gouvernement. En quoi ladite gauche pourrait être définitivement invendable face au discours concupiscent de l'adversaire !
A moins, mais on peut toujours rêver, que la gauche arrive à se souvenir que l'impôt de tous est une des garanties de la possibilité d'un vivre ensemble qui soit un vrai contre-pouvoir aux forces de l'argent. Au fond, il faudrait que la gauche arrive à parler argent. Parce que sinon la note va être salée, et en fait elle l'est déjà…
De no pasaran
psychosociologue | 14H52 | 28/06/2009 |
souvenez vous : giscard avait lancé un emprunt national de 6 Milliards , résultat : l'Etat a remboursé cet emprunt à hauteur de 52 Milliards . Moralité pour les néophytes : un emprunt national , ce sont des riches qui se servent dans les caisses de l'Etat pour devenir plus riches ou inversement c'est la majorité de la population française ( qui n'empruntera pas ) qui s'appauvrira pour donner de l'argent à la minorité la plus fortunée (qui empruntera) par l'impôt . Toujours selon la théorie libérale du déversement , l'argent investi devrait profiter à tous les citoyens ( croyance ) alors qu'il profitera plus sûrement aux détenteurs de capitaux .
Conclusion : l'emprunt national et le bouclier fiscal , c'est du pareil au même .
De Liger
liger.amsud.net | 15H43 | 28/06/2009 |
Au fond il y a deux éventualités :
- ou les conditions du prêt sont très alléchantes, et ça coutera cher à l'Etat
- ou les conditions sont cheap et l'insuccès de l'emprunt fera passer l'Etat français de la classification AAA à la AA, et ça coûtera cher à l'Etat.
Antisarkozisme mis à part (le PS souhaitait aussi un emprunt, mais au niveau de l'Europe), cet emprunt me semble être une grosse erreur de stratégie.
De Le Yéti
yetiblog.org | 15H50 | 28/06/2009 |
Devedjian : « Si 17% des Français souscrivent
à l'emprunt, alors son succès est assuré. »
Problème : c'est les 83 % restants qui sont censés le rembourser !
De Airinys
ailleurs | 18H52 | 28/06/2009 |
Par principe, je me méfie à l'extrême des opérations financières de l'Etat qui sont toujours des fiasco pour les citoyens crédules.
Si il n'y avais que ça, les paramètres économiques inflation basse + taux bas voue rends cet emprunt très peu rentable à partir de 2011 dès que les 2 auront remontés … ce qui est inéluctable.
L'Etat français est déjà trop endetté, et les intérêts de l'emprunt vont creuser encore plus le déficit de +10% !
Je préfèrerais largement que l'on ouvre aux particuliers et uniquement à eux, le capital de la Société de prises de participation de l'Etat.
Les français qui souscriront sont les mêmes qui payent un impôt significatif, donc je ne vois pas en quoi il seront plus impliqués dans la politique du pays, d'autant qu'ils n'auront évidemment pas plus de contrôle sur l'utilisation des fonds.
Sinon c'est assez marrant de voir à quel point Sarkozy renie tous les principes de sa campagne, n'avait-il pas été élu pour partie pour lutter contre la dette ? Pire, intégriste du libéralisme, il se reconvertit à l'interventionnisme tout azimut.
Cette opération n'aura de sens que si elle sert à amorcer la révolution verte, et à alimenter les circuits du capital-risque au lieu de soutenir, par clientélisme, des industries condamnées.
Perso, l'argent que j'ai de côté, je le place sur les entreprises des pays émergents, histoire de récupérer en dividende le manque à gagner de leur concurrence déloyale.
De Tigerbill
retraité en CDI en charente-maritim... | 22H17 | 28/06/2009 |
Vous me faites tous marrer avec vos indignations vertueuses, mais dès que vous connaîtrez les conditions particulièrement avantageuses de cet emprunt, je parie tout ce que vous voulez que vous vous assoirez sur vos grands principes et que vous ferez comme moi :
Vous souscrirez votre découvert.
De Hulk_
nc | 22H17 | 28/06/2009 |
Cet emprunt, c'est pour assurer sa réélection en 2012.
En empruntant 100 milliards en 2010, ça permettra de supprimer 50 milliards par an des budgets 2010 et 2011 par vases communiquants. Cela s'ajoutera aux mesures d'économies et aux effets des réformes structurelles, ainsi qu'aux effets positifs du début de reprise économique. Et le résultat sera un assainissement spectaculaire des comptes publics sur le plan du déficit annuel.
L'effet sur la dette sera nul (emprunt ou pas emprunt il n'y aura pas un euro de dette en plus, puisqu'il aurait de toute façon fallu emprunter pour couvrir le déficit).
Avec ça, il arrivera à la présidentielle de 2012 avec un budget à l'équilibre, du jamais vu, sans avoir eu besoin d'un plan de rigueur grâce à l'emprunt.
Et en plus, les projets financés par l'emprunt seront mis en valeur beaucoup mieux que s'ils avaient été financés par les déficits.
Du grand art !