Enquête

Trois herbicides de Monsanto pour le jardin mis en cause

Vaporisation de désherbant dans une rizière de tHaïlande (Sukree Sukplang/Reuters).

Après le Gaucho et le Régent, certains Round Up bientôt interdits ? C'est ce qu'espère une coalition de militants écolos réunie autour du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures et d'un agriculteur bio. Après avoir passé beaucoup de temps à vérifier le contenu des coups qu'ils risquaient de porter au géant Monsanto via un de ses produits-phare, désherbant le plus vendu en France et dans le monde, ils viennent de mettre en demeure le ministre de l'Agriculture de retirer les autorisations de mise sur le marché de trois herbicides, les Round Up Express, Round Extra 360 et Round Up GT Plus. Sans réponse du ministre sous deux mois, ils porteront l'affaire devant le Conseil d'Etat.

En cause, le POEA, une substance active bien présente dans la formule mais jamais analysée lors de la mise sur le marché des Round Up. En France, une autorisation de commercialiser de tels produits « phytosanitaires » est donnée par le ministère de l'Agriculture après avis de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA). Cette dernière joue donc un rôle capital dans l'évaluation des risques. Or, dans ses différents avis, l'agence n'a étudié la dangerosité que d'une composante du Round Up, le glyphosate, élément principal mais pas unique de l'herbicide.

De plus, l'autorisation des Round Up a été donnée pour l'agriculture, où ceux qui pulvérisent les champs sont protégés, alors que les Round Up concernés sont utilisés par des particuliers et donc sur des pelouses où jouent des enfants, plus fragiles à l'exposition à de tels produits chimiques.

Les autorisations de mise sur le marché données à la légère ?

Etonnemment, deux des trois avis de l'AFSSA ayant débouché sur l'extension de
l'autorisation de ces trois Round Up des champs vers les parcs et
jardins (le http://asset.rue89.com/files/avis AFSSA 16 avril 2007 RU EXPRESS.pdf« >Round Up Express, et le http://asset.rue89.com/files/avis AFSSA 16 avril 2007 RU GT PLUS.pdf“>Round Up GT Plus) d'où a découlé, par extension, l'autorisation pour les particuliers, n'analysent que les effets du glyphosate, seule substance mentionnée par Monsanto et présentée comme la principale. La firme, leader mondiale des OGM, n'a pas répondu à nos sollicitations.

Monsanto, comme tous les fabricants d'insectisides, a droit de conserver ses secrets de fabrication, c'est ‘légal mais anormal’, commente Gilles-Eric Séralini, président du conseil scientifique du CRIIGEN, centre de recherche indépendant cofondé par Corinne Lepage et milite pour la transparence sur les OGM.

Une substance dangereuse ?

Mais ce n'est pas tout. Les études menées ces dernières années par le même Gilles-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire, notamment dans la revue Chemical Research in Toxicology
montrent que le polyoxyéthylène amine (POEA), adjuvant présent dans le Round Up est une substance non seulement active mais potentiellement dangereuse. Il explique que celle-ci ‘rentre dans les cellules embryonnaires, un peu comme des grains de sable’. Des études de laboratoire sur les œufs d'oursins et les rats ont montré de possibles perturbations génétiques. Gilles-Eric Séralini
décrit des ‘nécroses, asphyxie, dégradation de l'ADN’ induites par
la formule du Round Up.

Les recherches du professeur Séralini ont été prises si au sérieux qu'elles ont conduit à une nouvelle saisine de l'AFSSA pour avis. L'intérêt de celui-ci est surtout de forcer l'agence à reconnaître la présence de POEA… sans conclure pourtant que ces effets seraient inquiétants. Seulement, ‘les résultats diffèrent d'une lignée à l'autre sans que l'on puisse en tirer des conclusions claires’, écrit l'AFSSA, qui n'a pas répondu à nos sollicitations.

Pas de ‘conclusions claires’, mais une législation qui ne bouge pas, déplore Séralini :

‘L'AFSSA ne veut pas mettre en cause ses avis précédents mais ses arguments relèvent soit de la mauvaise foi soit de l'incompétence.’

A-t-on prévu les effets sur les enfants dans les jardins ?

Enfin, la lettre des plaignants s'appuie sur un autre argument de taille : l'absence de certains tests sur l'usage en jardin, ce qui est une entorse à la législation.
Il suffit de regarder deux des trois avis rendus par l'AFSSA pour lire, notamment en page 3 de http://asset.rue89.com/files/avis AFSSA 16 avril 2007 RU EXPRESS.pdf‘>ce document que
le risque pour les personnes (enfants par exemple) pouvant pénétrer sur les surfaces traitées n'a pas été évalué’.

Or, souligne Jacques Maret, l'agriculteur bio qui porte la démarche avec le MDRGF, ‘une fois qu'une autorisation de mise sur le marché agricole a été obtenue, une autre autorisation pour l'usage en jardin doit être demandée, et les actions sur le public concerné, donc aussi les enfants, doivent être étudiées’.

Photo : vaporisation de désherbant dans une rizière de Thaïlande (Sukree Sukplang/Reuters).

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Portrait de Françaisehélas

De Françaisehélas

08H27 | 29/06/2009 | Permalien

N'oublions pas que le composé le plus présent dans le roundup, c'est à dire le glyphosate, suscite lui aussi des interrogations quand à sa toxicité.

En effet, si les effets du glyphosate ont été étudiés, son principal produit de dégradation dans les sols, l'AMPA, s'accumule très bien, se fixe dans les chaînes alimentaires, et est soupçonné d'être plus toxique que la molécule initiale. Mais aucune obligation n'est faite pour un fabricant d'étudier les produits de dégradation. Donc, silence radio.
De plus, réussir à publier sur le sujet est un parcours du combattant, et je souhaite bien du plaisir au pauvre chercheur lambda qui voudrait faire son travail.
Déjà que personne n'écoute ni ne réagit quand un composé aussi répandu que l'amiante se révèle cancérigène, alors même que les résultats des études ne pouvaient être remis en cause et qu'aucune entreprise ne détenait de monopole…

Portrait de morova

De morova

09H55 | 29/06/2009 | Permalien

la lutte continue bravo l'artiste ! ! !

Portrait de ATAHUALPA YUPANQUI

De ATAHUALPA YUPANQUI

Demandeur d'emploi | 13H29 | 29/06/2009 | Permalien

On les retrouves partout ces salopard de chez MONSANTO. Jadis, ils produisaient l'agent orange qui servait à assassiner les vietnamiens pendant la guerre (aujourd'hui encore d'ailleurs avec la contamination) et aujourd'hui, on retrouve les mêmes criminels qui nous vendent leur poison jusque dans nos assiettes avec l'ogm qu'ils ont mis au point.
Voilà les dérives du capitalisme.
Des criminels notoires qui se font du blé en vendant du poison alimentaire et des herbicides.
Quel monde perdu !

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