tribune 27/06/2009 à 16h58

Trois « Harkis » assiègent le Palais Bourbon, Sarkozy et l'Histoire

Alexandre Gerbi | Ecrivain

Depuis un mois et demi, Zohra Benguerrah, Abdallah Krouk et Hamid Gouraï, fille et fils de Harkis, « assiègent » le Palais Bourbon. A côté de l'Assemblée nationale, place Edouard-Herriot, ils dorment dans leur voiture et vivent sur le trottoir. Ils affirment qu'ils iront « jusqu'au bout ».

Leur objectif : que l'Etat français reconnaisse enfin officiellement ses éminentes responsabilités dans la tragédie des Harkis. Non par de belles paroles, mais par une loi.

« Nous ne sommes pas ici pour demander l'aumône. Ce qu'on veut, c'est la reconnaissance du martyre des Harkis et de leurs enfants. Les massacres, les camps, l'aliénation, le mépris. On se situe sur le terrain du symbole avec un grand S. »

Sur un panneau, ils ont collé la circulaire Joxe qui, en 1962, interdisait aux officiers de ramener les Harkis en France. Désarmés, les supplétifs de l'armée française furent, pour beaucoup, massacrés par le FLN. Heureusement, certains officiers choisirent de désobéir aux directives ministérielles...

De 45 000 à 150 000 partisans de la France massacrés selon les historiens

D'un historien à l'autre, les estimations varient. Selon les uns, 45 000 Harkis furent massacrés au lendemain de l'indépendance algérienne. D'autres parlent de 90 000, voire de 150 000 victimes, englobant dans ce chiffre effroyable aussi bien les Harkis que les Algériens francophiles et les membres de leurs familles, alors désignés comme traîtres par les nouveaux maîtres du pays.

« On en a marre d'être traités de collabos par les jeunes des banlieues », martèle Abdallah Krouk :

« Nos pères combattaient le FLN qui massacrait les Algériens à tour de bras. Il n'y a qu'à voir ce que l'Algérie est devenue depuis, ça saute aux yeux. Les Harkis voulaient, comme la majorité des Algériens, que l'Algérie reste un département de la République, dans l'égalité et la fraternité avec les Français. Comme la Réunion ou la Martinique. Si de Gaulle l'avait voulu, aujourd'hui l'Algérie serait autrement développée. Et tous les Algériens ne voudraient pas émigrer vers la France, puisqu'ils seraient à l'aise chez eux... et Français ! »

Chaque jour, les trois « assiégeurs » déploient leurs banderoles. Certains slogans prennent pour cible « les juges francs-maçons » et affirment : « La France est raciste. »

« On n'a plus rien à perdre. On veut provoquer un électrochoc. Si la France n'est pas raciste, si les francs-maçons sont des humanistes, alors pourquoi tous ceux-là ne font-ils rien pour nous, depuis tout ce temps ? A l'époque, pourquoi ne sont-ils pas venus nous sortir des camps ? Où étaient les droits de l'homme ? »

Une promesse électorale de Sarkozy

Par mélange de désespoir, de rage et d'avidité d'attirer l'attention, Zohra, Abdallah et Hamid sont forcément enclins à de regrettables amalgames. Mais qui osera leur jeter la pierre outre mesure ? Hamid Gouraï explique :

« Longtemps, les hommes politiques nous ont dit en coulisse : soyez patients, quand les vieux gaullistes historiques seront morts, tout se débloquera... Maintenant, Messmer est mort depuis deux ans, et on attend toujours. Alors on est là et on ne bougera pas tant que Sarkozy ne tiendra pas ses promesses... »

Effectivement, pendant sa campagne présidentielle, le candidat de l'UMP avait annoncé :

« Si je suis élu, je veux reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l'abandon et le massacre des Harkis et d'autres milliers de musulmans français qui lui avaient fait confiance. Afin que l'oubli ne les assassine pas une nouvelle fois. »

Devenu chef de l'Etat, aurait-il changé d'avis ? Il faut avouer que le sujet est particulièrement explosif. Car derrière la tragédie algérienne, c'est le gigantesque mensonge de la décolonisation franco-africaine qui se tient en embuscade. A l'approche du cinquantième anniversaire des indépendances africaines (2010) et algérienne (2012), s'il s'avisait d'ouvrir sérieusement le terrible dossier Harkis, l'Elysée sait que c'est une véritable boîte de Pandore historique et politique qu'il ouvrirait du même coup.

Zohra Benguerrah répète calmement :

« La plupart des Algériens ne voulaient pas de l'indépendance, et surtout pas avec le FLN, cette minorité criminelle qui les terrorisait depuis des années ».

Hamid Gouraï enfonce le clou :

« A l'époque, la majorité des Algériens préféraient continuer de vivre en harmonie avec la France et les Français, dans un esprit fraternel. »

Abdallah Krouk s'emporte :

« Mais De Gaulle l'a dit, il avait peur que son village s'appelle Colombey-les-Deux-Mosquées. Alors il a préféré se débarrasser de l'Algérie... et de nous ! »

Un vieil homme, membre du HCR (Haut Conseil des Rapatriés), venu les soutenir, affirme :

« Evidemment que la majorité des Algériens ne voulaient pas de l'indépendance. Aujourd'hui encore, 75% d'entre eux préféreraient être Français. Organisez un référendum, vous verrez ! »

Et en Afrique subsaharienne ?

Si Nicolas Sarkozy reconnaissait les cruelles responsabilités de l'Etat français et de Charles de Gaulle dans la tragédie des Harkis... S'il avouait qu'il y a cinquante ans, la Ve République blanciste fit le choix de larguer l'Algérie mais aussi l'Afrique noire par crainte, selon le mot du Général, de la « bougnoulisation » du peuple français, et au nom de sordides calculs financiers...

A coup sûr, de tels aveux feraient plutôt mauvais genre dans la France d'aujourd'hui, et probablement l'effet d'une bombe dans le reste du monde...

Comment réagiraient Abdelaziz Bouteflika, les Africains et la communauté internationale, notamment Barack Obama ? En France, que diraient les intellectuels et la presse, souvent complices de l'imposture ? La gauche se priverait-elle d'une si belle occasion d'accuser Sarkozy d'être un infâme nostalgique de l'Empire et de l'Algérie Française ? Quant aux gaullistes « orthodoxes », le lui pardonneraient-ils ?

Face aux dangers vertigineux d'une telle configuration, les slogans en forme d'« électrochocs » des trois assiégeurs du Palais Bourbon paraissent bien dérisoires...

Car pour s'engouffrer dans pareil étau idéologique, il faudrait que l'Elysée soit un peu suicidaire ou tombé sur la tête. Si seulement Sarkozy pouvait vraiment devenir fou...

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  • comptebloqué 27 juillet 2009
    • Posté à 18h13 le 28/06/2009

    Les harkis sont victimes de leurs choix et de leur trahison !
    Les victimes sont les algériens torturés, assassinés par l'armée française, l'OAS et leurs amis les harkis.

  • marie.sauvage
    • Posté à 12h58 le 28/06/2009

    « ... nous appelons tous les Harkis, leurs enfants et tous les sympathisants à nous rejoindre très nombreux... »
    Les sympathisants membres du FN seront-ils bienvenus ?
    Logiquement ils ne devraient pas rater cette occasion.

    « Afin que Nicolas Sarkozy tienne enfin sa promesse »
    Comptez là-dessus.

    • Alexandre Gerbi
      Alexandre Gerbi répond à marie.sauvage
      Auteur(e) de l'article Ecrivain
      • Posté à 17h01 le 28/06/2009
      • Internaute
        Ecrivain

      Chère Marie Sauvage,

      Ce que vous écrivez ici est bébête (renseignez-vous), autant que ce que vous écrivez plus bas monstrueux (« l'Histoire avec sa grande hache »).

      Apparemment, vous possédez sur le bout des doigts le programme d'histoire de terminale, et même celui de l'université (et des médias) de la Ve République blanciste.

      L'alliée de Le Pen, c'est vous. Mais cela, vous ne vous en apercevrez sans doute jamais...

      Cela dit, à toutes fins utiles, je vous renvoie aux articles que j'ai précédemment publiés dans Rue89 (notamment les articles sur Claude Lévi-Strauss et sur l'Affaire gabonaise).

      Je vous renvoie aussi, par exemple, à cet article que j'avais publié dans Bakchich :

      Lien

      Sur mon blog, cet article sur la Ve République blanciste :

      Lien

      Et aussi cette interview sur le coup d'Etat de 1958 et ses suites :

      Lien

      Après lecture, soit vous vous rendrez compte de la profondeur de vos erreurs, soit vous me lancerez des injures stupides.

      Mais si ça vous soulage, ne vous gênez surtout pas : j'en ai l'habitude.

      C'est la rançon de la vérité dans un monde qui ment - qui ment parfois, je vous l'accorde, en toute bonne foi.

      Bien cordialement,

      Alexandre Gerbi

       
      • comptebloqué 27 juillet 2009
        • Posté à 18h17 le 28/06/2009

        Beaucoup d'harkis sont au Fn, ils occupent des postes répressifs dans la fonction public police, prisons.

        Les harkis ont trahi leur compatriotes, ils se sont fait « X », grand bien leur fasse.

        Un article sur la reconnaissance de l'Oas Monsieur Gerbi ?

        • Alexandre Gerbi
          Alexandre Gerbi répond à comptebloqué 27 juillet 2009
          Auteur(e) de l'article Ecrivain
          • Posté à 21h02 le 28/06/2009
          • Internaute
            Ecrivain

          Cher Monsieur Pixotte,

          Comme j'ai déjà eu le regret de le dire à Marie Sauvage, ce sont des gens comme vous qui êtes des alliés objectifs des fascistes, des ennemis de la République, et des racistes, pardon, des « blancistes ».

          Au risque de perturber votre petit manichéisme historique, sur l'OAS, je vous conseille en particulier les travaux d'Anne-Marie Duranton-Crabol, qui vous permettront d'y vous plus clair non seulement sur l'OAS, mais aussi sur la guerre d'Algérie. Au delà de la doxa de la Ve République blanciste à laquelle, comme Marie Sauvage, vous semblez adhérer avec une certitude presque touchante.

          Une partie de l'excellent ouvrage d'Anne-Marie Duranton-Crabol, « Le temps de l'OAS », est justement lisible en ligne :

          Lien

          Par ailleurs, comme vous le savez, l'OAS s'opposait à de Gaulle.

          L'OAS étant, comme chacun l'a appris à l'école et à la télé, un ramassis de fascistes fanatiques ultra-racistes et anti-républicains (dont Jacques Soustelle, grand ethnologue, ami de Claude Lévi-Strauss et nommé gouverneur général d'Algérie par Mendès-France en 1955 ; Georges Bidault, compagnon de la Libération, successeur de Jean Moulin à la tête du CNR et ancien président du Conseil sous la IVe République ; Raoul Salan, ancien de Provence et d'Indochine, homme le plus décoré de France en 1958) on se doute que le principal adversaire de l'OAS, le général de Gaulle, était ipso facto un humaniste très républicain, très démocrate et pas du tout raciste...

          Voici quelques réflexions du Général, afin que chacun puisse se forger sa propre opinion, quoi qu'en dise le programme de classe de terminale et la télévision...

          Confidences de De Gaulle, trouvées, entre autres, chez Alain Peyrefitte (C'était de Gaulle, Fayard, 1994) et JR Tournoux (La Tragédie du Général, Plon, 1967).

          De Gaulle confia à Peyrefitte :

          « C'est très bien qu'il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu'elle a une vocation universelle. Mais à condition qu'ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. »

          « Qu'on ne se raconte pas d'histoires ! (…) Ceux qui prônent l'intégration ont une cervelle de colibri, même s'ils sont très savants . (…) Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain, seront vingt millions et après-demain quarante ? Mon village ne s'appellerait plus Colombey-les-Deux-Eglises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées ! »

          « Vous les avez regardés, avec leurs turbans et leurs djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français ! » expliquait, toujours in petto, le général de Gaulle à Alain Peyrefitte, avant d'ajouter :

          « Essayez d'intégrer de l'huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d'un moment, ils se sépareront à nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français . »

          Pour le général de Gaulle, l'Intégration - dont il s'était pourtant réclamé pour revenir au pouvoir et renverser la IVe République en 1958 - était une folie pure et simple. D'autant que les implications d'un tel chambardement eussent aussi touché à la représentation nationale, et au gouvernement :

          « Avez-vous songé que les Arabes se multiplieront par cinq puis par dix, pendant que la population française restera presque stationnaire ? Il y aurait deux cents, puis quatre cents députés arabes à Paris ? Vous voyez un président arabe à l'Elysée ? » (Charles de Gaulle, cité par Alain Peyrefitte, in C'était de Gaulle, p. 56).

          Peyrefitte biffe-t-il la terminologie exacte du Général ? Selon d'autres (et diverses) sources, le vocabulaire du grand homme n'était pas toujours aussi châtié :

          « Nous aurions cinquante bougnoules à la Chambre » aurait-il expliqué à Albert Camus qui réclamait une politique de justice et de démocratie en Algérie, in Albert Camus, une vie, Olivier Todd, Ed. Gallimard, p. 712.

          J. R. Tournoux explique quant à lui :

          « De Gaulle en tombe bien d'accord : quelque 45 millions de Français ne peuvent absorber dix millions d'Infidèles. Sous les effets conjugués de la démographie galopante des Musulmans et des conséquences de l'intégration, la France ne serait plus la France. “Voulez-vous être bougnoulisés ? ” interroge de Gaulle.

          Au député Raymond Dronne – le capitaine Dronne qui entra, le premier dans Paris, en août 1944, à la tête de ses chars – le Général lancera bientôt, en défi, la question : “Vous, donneriez-vous votre fille à marier à un Bougnoul ? ”, La Tragédie du Général, Plon, 1967, pp. 307-308.

          Pareillement, cette fois à Léon Delbecque : “ Vous nous voyez mélangés avec des Musulmans ? Ce sont des gens différents de nous. Vous nous voyez mariant nos filles avec des Arabes ? ”, Ibid., p. 347.

          Et encore : “ Atteignant le fond du débat, de Gaulle ouvre son coeur en présence de M. Raymond Schmittlein : ‘Il est impossible d'accueillir au Palais-Bourbon cent vingt députés algériens.’ La Patrie deviendrait la colonie de ses colonies. Aux yeux du général de Gaulle, l'intégration prend les chemins de l'aberration. Au XIXème siècle, la vieille Angleterre ne vit-elle pas ses ministères - souvenez-vous de Gladstone - à la merci de quatre-vingt députés irlandais ? Tout le drame algérien gît dans ces quelques réflexions. Les Arabes, les Kabyles, les Mozabites, les Juifs ? ‘ Ces gens-là ne font pas partie de notre peuple.’ Aux yeux du général de Gaulle, il ne s'agit pas de savoir si l'intégration est possible. Il s'agit de constater qu'elle n'est pas souhaitable. ”, Ibid., pp. 243-244.

          Sur ce dernier point, les convictions du Général rejoignaient celles de l'extrême-droite. Ainsi Maurice Bardèche au sujet de l'Algérie :

          “ Une autre chose m'a découragé. C'est la proposition qu'avait faite Jacques Soustelle (…) quand il a parlé d'intégration. L'idée qu'on devait intégrer les Algériens en en faisant des citoyens à part entière me paraissait une folie pure (…) dont les développements dans le futur me paraissaient extrêmement graves. ” Et Jean Mabire : “ Je dois dire que cette solution, avec ses perspectives hardies d'intégration et le galopant lapinisme de nos frères musulmans, me paraissait conduire plus rapidement qu'on ne le croit à la France algérienne. ” Cités par Anne-Marie Duranton-Crabol, “ Du combat pour l'Algérie française au combat pour la culture européenne ” in La Guerre d'Algérie et les intellectuels français, Ed. Complexe, 1991, p. 67.

          Du reste, le Général n'était pas non plus convaincu de l'entière “ francité ” des Pieds-noirs, comme en témoigne par exemple cet échange avec J. R. Tournoux, au sujet du général Jouhaud : “ C'est un imbécile. Et puis, ce n'est pas un Français. ” Et comme Tournoux s'étonne : “ Mon Général… ”, de Gaulle réplique : “ Je veux dire : ce n'est pas un Français comme vous et moi. C'est un pied-noir ”. Ibid., pp. 405-406.

          Et enfin concernant l'Afrique noire et les Nègres :

          “ Nous ne pouvons pas tenir à bout de bras cette population prolifique comme des lapins (…). Nos comptoirs, nos escales, nos petits territoires d'outre-mer, ça va, ce sont des poussières. Le reste est trop lourd ”. Charles de Gaulle, cité par Alain Peyrefitte, in C'était de Gaulle, Ed. Fayard, 1994, p. 59.

          “ Vous croyez que je ne le sais pas, que la décolonisation est désastreuse pour l'Afrique ? (…) Qu'ils vont connaître à nouveau les guerres tribales, la sorcellerie, l'anthropophagie ? (…) Que quinze ou vingt ans de tutelle de plus nous auraient permis de moderniser leur agriculture, de les doter d'infrastructures, d'éradiquer complètement la lèpre, la maladie du sommeil, etc. C'est vrai que cette indépendance était prématurée. (…) Mais que voulez-vous que j'y fasse ? (…) Et puis (il baisse la voix), vous savez, c'était pour nous une chance à saisir : nous débarrasser de ce fardeau, beaucoup trop lourd maintenant pour nos épaules, à mesure que les peuples ont de plus en plus soif d'égalité. Nous avons échappé au pire ! (…) Au Gabon, Léon M'Ba voulait opter pour le statut de département français. En pleine Afrique équatoriale ! Ils nous seraient restés attachés comme des pierres au cou d'un nageur ! Nous avons eu toutes les peines du monde à les dissuader de choisir ce statut. Heureusement que la plupart de nos Africains ont bien voulu prendre paisiblement le chemin de l'autonomie, puis de l'indépendance” In C'était de Gaulle, t. 2, pp. 457-458. Léon-M'Ba (1902-1967), premier président de la République gabonaise (1960-1967).

          Pour en savoir plus, voici un article que j'ai écrit l'an dernier sur l'affaire gabonaise :

          Lien 22/apres-la-marseillaise- sifflee-retour-sur-l-affaire- gabonaise-1958

          De Gaulle se faisait “une certaine idée de la France” (expression tirée des Carnets de Maurice Barrès selon Alain Peyrefitte)…

          C'est cette conception de la France blanche et chrétienne, totalement aux antipodes de la tradition républicaine issue des rêves de 1789, qui présida au largage de l'Afrique – Algérie comprise – au moins tout autant que de sordides considérations financières...

          Bien cordialement,

          Alexandre Gerbi

          • nono le simplet
            nono le simplet répond à Alexandre Gerbi
            bidochon
            • Posté à 05h21 le 29/06/2009
            • Internaute
              bidochon

            trés beau commentaire , bien argumenté .

          • comptebloqué 27 juillet 2009
            • Posté à 13h46 le 29/06/2009

            Résumé :

            De Gaulle avait des idées racistes rejoignant les idées de l'OAS , donc les membres de l'OAS sont des anges, les harkis des victimes, les membres du SAC de doux humanistes, Marie et moi des suppôts du Fn..

            • Alexandre Gerbi
              Alexandre Gerbi répond à comptebloqué 27 juillet 2009
              Auteur(e) de l'article Ecrivain
              • Posté à 16h16 le 29/06/2009
              • Internaute
                Ecrivain

              Cher Pixote,

              Votre manichéisme est hallucinant.

              En plus vous avez l'air ne pas connaître grand-chose du sujet (ceci expliquant peut-être cela...).

              Contrairement à ce que vous semblez croire, le SAC roulait pour de Gaulle. Comme les Barbouzes. Les uns et les autres usaient de la torture, du meurtre, des actes les plus barbares. Notamment contre l'OAS. Voyez par exemple les travaux de Jean Monneret.

              Les membres de l'OAS n'étaient évidemment pas des anges. Dans leurs rangs, on trouvait en effet des fachos, des nationalistes, des illuminés plus ou moins dangereux, des racistes.

              Ceci étant clairement posé, mon propos consistait simplement à dire que dans l'OAS, il n'y avait pas que cela.

              Tous les hommes qui s'engagèrent dans l'OAS n'étaient pas des fachos ni des racistes, loin s'en faut. Contrairement à la caricature que véhicule la Ve République blanciste depuis 50 ans, relayée par des gens tels que vous. C'est pour cela que j'ai cité Bidault et Soustelle, par exemple.

              Enfin, je livre cet élément à votre réflexion : l'OAS défendait l'Algérie Française, elle-même assimilée par la doxa gaullo-communiste à une idée raciste. Or, comme le note Anne-Marie Duranton-Crabol, à l'époque « (…) l'idée d'intégration (était) incluse dans celle d'Algérie Française. » (« Du combat pour l'Algérie française au combat pour la culture européenne », in La Guerre d'Algérie et les intellectuels français, Ed. Complexe, 1991, p. 67)

              Soustelle était le théoricien de l'Intégration, nommé gouverneur général de l'Algérie en 1955 par Mendès France, comme je l'ai déjà noté plus haut dans un autre message.

              Militant anti-raciste dans les années 1930, très grand anthropologue, grand gaulliste de gauche, figure de la France Libre, Soustelle - qu'il ne s'agit pas non plus de présenter comme un saint pour autant... - était, touchant à l'Intégration, sur la même longueur d'onde que Claude Lévi-Strauss ou Germaine Tillion.

              On comprend, de là, la réflexion de de Gaulle en mars 1959, rapportée par Peyrefitte :

              « Ceux qui prônent l'intégration ont une cervelle de colibri, même s'ils sont très savants » (C'était de Gaulle, p. 52)

              Et Peyrefitte de commenter : « Il doit penser à Soustelle ».

              Mais de Gaulle pensait aussi, peut-être, à Claude Lévi-Strauss...

              Prenez la peine de lire l'article que j'ai consacré à Lévi-Strauss dans Rue89, il y a quelques mois...

              Lien

              Quant au général Salan, lui-même présenté systématiquement comme un facho, celui-ci expliqua en 1971 :

              « Nous pouvions conserver dans la France une Algérie, indépendante, sorte de dominion sans apartheid, sans exploitation de l'Arabe par l'Européen, sans favoritisme, sans paternalisme, quelque chose qui n'aurait plus été une province mais un pays libre où deux races auraient pu vivre dans l'égalité sinon dans l'identité, dans la compréhension sinon dans l'amitié, chacun étant citoyen français comme au temps d'Auguste où Grecs, Hébreux, Gaulois, Ibères et Germains étaient, au même titre qu'un Italique, citoyens romains » (« Pourquoi ai-je rejoint le putsch d'Alger ? » in Historia n° 293 avril 1971).

              Une telle citation mérite d'être comparée aux citations de de Gaulle sur l'Algérie et les Algériens...

              Là encore, ne me faites pas dire ce que je ne dis pas. Il ne s'agit pas de présenter Salan comme un saint. Mais simplement de remettre, autant que possible, les choses à leur juste place.

              Bien cordialement,

              Alexandre Gerbi

              • comptebloqué 27 juillet 2009
                • Posté à 09h55 le 01/07/2009

                Le Service civique fachiste roulait pour De Gaulle, beaucoup d'entre eux étaient pro- l'Algérie française.

                Je trouve votre démarche suspecte, vous n'êtes pas franc.

                Votre » enrobage « a pour but la “prêche des défenseurs de l'Algérie française.

                Vous lister les dessins noirs des gaullistes, en reluisant le cv de l'OAS : pas tous méchants, pas tous fachos,les algériens adoraient être les gentils indigènes des pieds-noirs, avec un statut d'indépendance, en laissant la main aux français, l'affaire aurait été parfaite pour vous....

                L'Algérie n'appartenait pas aux français, ni aux pieds-noirs Pourquoi cette insistance, pour nous convaincre qu'un pays sous main mise aurait dû devenir une Algérie indépendante en restant français.

                Les jeux sont faits, salir De Gaulle ne nous convaincra pas des bienfaits de l'Oas et de l'Algérie française.

      6 autres commentaires
  • Bon Scott
    • Posté à 18h32 le 27/06/2009

     » Une promesse électorale de Sarkozy « les seules promesses que ce bouffon a tenu à ce jour, sont celles que le MEDEF lui a demandé !
    Pour le reste la France s'enfonce dans la médiocrité intellectuelle, culturelle, etc ... résultat d'une droite décomplexée !

  • FabiendeMénilmontant
    FabiendeMénilmontant
    journaleux - blogueur
    • Posté à 18h49 le 27/06/2009
    • Internaute
      journaleux - blogueur

    La politique de Sarkozy est de laisser manifester les nostalgiques de l'Algérie française :
    Lien
    ils ont récidivé cette année, au demeurant…

    • Alt-Z
      Alt-Z répond à FabiendeMénilmontant
      Youpikaï et banzrra
      • Posté à 21h14 le 27/06/2009
      • Internaute
        Youpikaï et banzrra

      Et les Harkis de cet article, dans leur argumentaire me paraissent dans le même état d'esprit que les vieux fachos OAS : à poursuivre des chimères en se raccrochant aux vieux symboles d'un monde révolu.
      Cela dit, cette reconnaissance, l'Etat la leur doit certainement.

      • FabiendeMénilmontant
        FabiendeMénilmontant répond à Alt-Z
        journaleux - blogueur
        • Posté à 22h00 le 27/06/2009
        • Internaute
          journaleux - blogueur

        sans me prononcer dans l'histoire (ou dans l'Histoire), il y a une légère différence :

        Pour les harkis, le candidat Sarkozy avait fait une promesse électorale claire et publique, dont chaque électeur, concerné ou pas, pouvait assez facilement avoir connaissance.

        Pour les nostalgiques de l'Algérie française, les choses s'étaient passées dans l'ombre, par le biais d'un questionnaire envoyé aux candidats. Tous n'avaient pas pris la peine de répondre, les deux qui avaient répondu rapidement et favorablement étaient MM. Le Pen et Sarkozy, selon les recherches que j'avais effectuées début 2008 sur le sujet.

        Je sais que début 2009 des hommes politiques parisiens sont parvenus aux mêmes résultats que moi, avec d'autres noms (que je n'ai pas eus) de personnalités ayant répondu très tardivement. Ils préparaient une question, qui a été posée en mars 2009 à MAM, et dont je n'ai jamais trouvé la réponse.

  • nono le simplet
    nono le simplet
    bidochon
    • Posté à 05h43 le 28/06/2009
    • Internaute
      bidochon

    Nombreuses sont les nations qui ont commis des actes dont elles ne sont pas fières .
    Le lâchage des harkis est un des cailloux dans nos souliers qui font que nous avons un peu mal aux pieds ...
    Pour les admirateurs de De Gaulle se serait en plus reconnaître qu'il n'a pas toujours été le grand Charles ...
    On les appelaient les supplétifs dans l'armée française , terme prémonitoire sur leur avenir ...
    Pourtant les faits sont là , tous ces Harkis éjectés des camions à 500 m des « HHL » qui étaient devenus l'armée régulière , étaient envoyés à une mort non seulement certaine mais souvent horrible . On raconte des histoires de dépeçage , de marmites d'eau bouillante ...
    Honneur au souvenir des gradés qui ont refusé de suivre les ordres et qui ont eu leur carrière brisée ...
    Souvenir des camps ou les harkis rescapés du massacre étaient parqués, celui de Bias fermé en ... 1976 ...
    Ils croyaient être français et s'étaient battus pour défendre des valeurs qu'ils croyaient être aussi les leurs mais la France leur a durement rappelé qu'ils n'étaient que des « crouilles » et des « bicots »...

    • comptebloqué 27 juillet 2009
      • Posté à 11h09 le 28/06/2009

      Les français n'ont pas eu de cailloux dans leurs souliers, pour tondre les alliés des allemands.
      Les harkis ont trahi leurs patriotes, ils ont fait leur choix.

      • nono le simplet
        • Posté à 11h42 le 28/06/2009
        • Internaute
          bidochon

        leurs compatriotes sûrement ?
        bravo pour le résumé , fin , intelligent et nuancé !

      • leconcombrevert
        • Posté à 18h45 le 28/06/2009

        Mais, les Harkis ne demandent rien à l'Algérie.
        Que leurs choix, où ceux d'ailleurs de leurs parents, ne soient pas appréciés par l'Algérie et par les patriotes algériens, d'accord.
        Qu'en fin de compte, ils se soient trouvés « du mauvais coté », je veux bien.

        Par contre, le traitement que la France leurs a infligé, est assez honteux. Il faut le dire !

        Je précise : Si parmi les Harkis certains individus ont commis ou participé à des crimes de guerre, ben, il fallait les juger comme il aurait fallu juger les Français « français ». Mais tous les traiter comme des chiens sous prétexte que certains ne méritent pas mieux, c'est injuste et inhumain. Les enfants des Harkis, par exemple, quel est leur crime ?

         1 autres commentaires
    • marie.sauvage
      • Posté à 13h18 le 28/06/2009

      « Ils croyaient être français et s'étaient battus pour défendre des valeurs »
      La grande majorité des dits Harkis avait des motivations de nature plus prosaïque. Pour la plupart, ils n'en pouvaient mais. Et quant à certains ils se sont vautrés avec zèle dans leur rôle d'executeurs des basses œuvres. Des Algériens se souviennent des harkis de Papon dans le constantinois et à Paris en 1962 dans des commissariats devenus lieux de non droit.
      Défendre des valeurs... L'expression laisse rêveuse.
      Quelles valeurs ?
      Pour conclure, les harkis sont pour la plupart des victimes de l'Histoire avec sa grande hache.

      • nono le simplet
        nono le simplet répond à marie.sauvage
        bidochon
        • Posté à 20h35 le 28/06/2009
        • Internaute
          bidochon

        on ne doit pas parler des mêmes personnes ni de la même période .
        –-La grande majorité des dits Harkis avait des motivations de nature plus prosaïque. Pour la plupart, ils n'en pouvaient mais.–-

        J'avoue ne pas comprendre le sens de ces deux phrases . Il faudrait être un peu plus explicite et claire .

  • zorbec
    zorbec
    retraité
    • Posté à 12h02 le 28/06/2009
    • Internaute
      retraité

    Pour avoir passé quelques temps en 1959/1960 en Algérie et avoir cotoyé des harkas,il faut d'abord savoir qui composait ces « fameux supplétifs » :
    -des partisans de Messali Hadj(ennemi juré du FLN)
    -des enrolés de force par l'armée française
    -des combattants du FNL faits prisonniers et « retournés »
    Ces troupes étaient plus craintes que les militaires français,comme la Milice de Pétain,et ne faisaient pas de prisonniers,ramenaient des paires d'oreilles comme preuves de leurs actions.
    Leur proximité n'était pas un gage de sécurité pour les militaires qu'ils étaient chargés de protégés,combien de gars du contingent
    massacrés suite aux désertion de ces hommes.
    Toutefois leur abandon par l'armée française dénote d'un cynisme
    très gaullien.

    • Pierrrrre
      Pierrrrre répond à zorbec
      Le marché autant que possible, (...)
      • Posté à 17h13 le 28/06/2009
      • Internaute
        Le marché autant que possible, (...)

      ► Votre présentation des choses, Zorbec est dégueulasse et minable...
      vous oubliez de parler des yeux arrachés de leur globe à la petite cueillère par vos amis du FLN,
      vous oubliez de parler de ces communistes qui faisaient passer des valises d'arme et d'argent afin de permettre à vos copains de tuer du français...
      vous oubiez de dire que ces harkis que vous vous employez de manière minable à déconsidérer sont parmis ceux qui ont libéré la France,
      avant qu'ainsi que tous les français de l'époque, votre papa et grand papa devaient être planqués à attendre que victoire se fasse pour ressortir pétoire et drapeau.

      Qua

      • zorbec
        zorbec répond à Pierrrrre
        retraité
        • Posté à 18h05 le 28/06/2009
        • Internaute
          retraité

        J'ai pour habitude de ne pas vous répondre ayant eu l'occasion d'avoir quelques discussions sur le site d'Orange,mais pour une fois : pouvez-vous certifier que mes dires sont mensongers,et question subsidiaire : avez-vous vécu cette période ?

         
        • Pierrrrre
          Pierrrrre répond à zorbec
          Le marché autant que possible, (...)
          • Posté à 18h28 le 28/06/2009
          • Internaute
            Le marché autant que possible, (...)

           ».....pouvez-vous certifier que mes dires sont mensongers.... »

          ► Vous trouverez toujours des exemples dans une guerre permettant de justifier l'injustifiable.. les Nazis trouvaient bien des exemples de juifs au comportement douteux.. afin de mieux les trucider...
          les salauds trouvent toujours des salauds pour justifier leurs saloperies..

          Et je dis que la justification que vous faites des tortures subies par les Harkis
          qui sont sans commune mesure avec les pires tortures pratiquées par les Nazis,
          est immonde.

          D'autre part, ce que je suis, ce que vous êtes, n'a aucune importance dans ce débat,
          et je ne demande à personne s'il a connu Robespierre pour causer de la révolution française.

        1 autres commentaires
      • nono le simplet
        nono le simplet répond à Pierrrrre
        bidochon
        • Posté à 20h37 le 28/06/2009
        • Internaute
          bidochon

        Merde et je suis poli , pour une fois je suis d'accord avec Pierre ! !

    • Pierrrrre
      Pierrrrre répond à zorbec
      Le marché autant que possible, (...)
      • Posté à 17h14 le 28/06/2009
      • Internaute
        Le marché autant que possible, (...)
    • Pierrrrre
      Pierrrrre répond à zorbec
      Le marché autant que possible, (...)
      • Posté à 17h13 le 28/06/2009
      • Internaute
        Le marché autant que possible, (...)
  • General Subverciòn
    • Posté à 13h25 le 28/06/2009

    à un moment ou Sarko veut larguer les Antilles,ça serait étonnant qu'il reconnaisse officiellement le largage de Harkis....

  • patrick du 14-
    • Posté à 13h47 le 28/06/2009
    • Pierrrrre
      Pierrrrre répond à patrick du 14-
      Le marché autant que possible, (...)
      • Posté à 18h38 le 28/06/2009
      • Internaute
        Le marché autant que possible, (...)

      Sainte Livrade...
      un des camps où la France entassaient ceux qui l'avaient servie...
      Vietnamiens, harkis...
      Un peu comme pour les cacher,
      avec plus de moyens accordés aux partisans du FLN pour travailler en France, qu'à ceux qui se sont battus pour elle...

      C'est ça la France, et son exception culturelle...

      vous pouvez en lire les effluves sur quelques commentaires de ce forum.

    • sup à la demande du riverain 28.09.09
      • Posté à 11h10 le 29/06/2009

      Comme Bias avec les restes de munitions qui trainaient avec lesquelles on jouait avec....Bias et son couvre feu a 21 h tous les jours...
      Comme Saint Maurice l'Ardoise dans le Gard
      Comme tant d'autres partout en france et chaque fois juste assez loin des autres agglomerations pour qu'on les ignore...

  • mosss
    mosss
    c
    • Posté à 20h31 le 28/06/2009
    • Internaute
      c

    « A l'époque, la majorité des Algériens préféraient continuer de vivre en harmonie avec la France et les Français, dans un esprit fraternel. »

    alors comme ça les algériens vivaient en harmonie avec la france, cette dame peut elle dire combien d'algeriens avaient le bac en 62, combien etaient ingenieurs, medecins, avocats,
    les universitaires algériens à l'indépendance se comptaient en dizaines, et parmis eux beaucoup de fils de KAID suppots du pourvoir militaire fançais en place
    est ce que vivre en harmonie avec la france, veut dire travailler pour les français sans aucun espoir de promotion social ou d'égalité

    « La plupart des Algériens ne voulaient pas de l'indépendance, et surtout pas avec le FLN, cette minorité criminelle qui les terrorisait depuis des années ».

    qui sont ces algériens dont ils parlent, la majorité des algériens n'avaient , de par l'ignorance dans laquelle ils ont été maintenus par leurs bienfaiteurs français , même pas conscience de leur état de colonisés, ils ont toujours connu le « 'misiou' » (maître) français,

    les enfants de harkis n'ont pas mérité le sors qui leur a été réservé, mais leur parents ont choisi le mauvais camp, ils l'ont payé et c'est tant pis pour eux, ils ne pouvaient de toute façon pas vivre avec les algériens qu'ils ont trahi

  • mosss
    mosss
    c
    • Posté à 20h32 le 28/06/2009
    • Internaute
      c

    « A l'époque, la majorité des Algériens préféraient continuer de vivre en harmonie avec la France et les Français, dans un esprit fraternel. »

    alors comme ça les algériens vivaient en harmonie avec la france, cette dame peut elle dire combien d'algeriens avaient le bac en 62, combien etaient ingenieurs, medecins, avocats,
    les universitaires algériens à l'indépendance se comptaient en dizaines, et parmis eux beaucoup de fils de KAID suppots du pourvoir militaire fançais en place
    est ce que vivre en harmonie avec la france, veut dire travailler pour les français sans aucun espoir de promotion social ou d'égalité

    « La plupart des Algériens ne voulaient pas de l'indépendance, et surtout pas avec le FLN, cette minorité criminelle qui les terrorisait depuis des années ».

    qui sont ces algériens dont ils parlent, la majorité des algériens n'avaient , de par l'ignorance dans laquelle ils ont été maintenus par leurs bienfaiteurs français , même pas conscience de leur état de colonisés, ils ont toujours connu le « “misiou” » (maître) français,

    les enfants de harkis n'ont pas mérité le sors qui leur a été réservé, mais leur parents ont choisi le mauvais camp, ils l'ont payé et c'est tant pis pour eux, ils ne pouvaient de toute façon pas vivre avec les algériens qu'ils ont trahi

    • Alexandre Gerbi
      Alexandre Gerbi répond à mosss
      Auteur(e) de l'article Ecrivain
      • Posté à 05h11 le 29/06/2009
      • Internaute
        Ecrivain

      Cher Mosss,

      Ne confondez pas les ignominies du colonialisme - que vous rappelez avec raison, évidemment - et la réalité de la vie quotidienne dans les années 1950 en Algérie.

      Le 18 avril 2004, l'humoriste algérien Fellag déclarait en substance – et très sérieusement – sur le plateau de « Vivement Dimanche » de Michel Drucker sur France 2 : « On a beaucoup dit que les Pieds-Noirs avaient été déchirés en quittant l'Algérie. Mais a-t-on dit combien, nous les Algériens, nous étions déchirés de les voir partir ? Bien sûr qu'il y avait des colons. Mais les colons représentaient 3 à 5 % des Pieds-Noirs. Les autres étaient des petites gens, avec qui nous nous entendions plutôt bien. »

      Zohra Benguerrah et Hamid Gouraï parle de cette réalité-là, que vous confirmeront la plupart des Algériens, à l'instar de Fellag.

      Or précisément, en 1958, la révolution que de Gaulle prétendit conduire avait pour objectif déclaré de dépasser définitivement le colonialisme par la fraternité et l'égalité.

      A Mostaganem, le 5 juin 1958, le Général déclara de façon pénétrante, face à une foule à majorité arabo-berbère qui l'acclama :

      « La France entière, le monde entier, sont témoins de la preuve que Mostaganem apporte aujourd'hui que tous les Français d'Algérie sont les mêmes Français. Dix millions d'entre eux sont pareils, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs.

      Il est parti de cette terre magnifique d'Algérie un mouvement exemplaire de rénovation et de fraternité. Il s'est élevé de cette terre éprouvée et meurtrie un souffle admirable qui, par-dessus la mer, est venu passer sur la France entière pour lui rappeler quelle était sa vocation ici et ailleurs.

      C'est grâce à cela que la France a renoncé à un système qui ne convenait ni à sa vocation, ni à son devoir, ni à sa grandeur. C'est à cause de cela, c'est d'abord à cause de vous qu'elle m'a mandaté pour renouveler ses institutions et pour l'entraîner, corps et âme, non plus vers les abîmes où elle courait mais vers les sommets du monde.

      Mais, à ce que vous avez fait pour elle, elle doit répondre en faisant ici ce qui est son devoir, c'est-à-dire considérer qu'elle n'a, d'un bout à l'autre de l'Algérie, dans toutes les catégories, dans toutes les communautés qui peuplent cette terre, qu'une seule espèce d'enfants.

      Il n'y a plus ici, je le proclame en son nom et je vous en donne ma parole, que des Français à part entière, des compatriotes, des concitoyens, des frères qui marchent désormais dans la vie en se tenant par la main. Une preuve va être fournie par l'Algérie tout entière que c'est cela qu'elle veut car, d'ici trois mois, tous les Français d'ici, les dix millions de Français d'ici, vont participer, au même titre, à l'expression de la volonté nationale par laquelle, à mon appel, la France fera connaître ce qu'elle veut pour renouveler ses institutions. Et puis ici, comme ailleurs, ses représentants seront librement élus et, avec ceux qui viendront ici, nous examinerons en concitoyens, en compatriotes, en frères, tout ce qu'il y a lieu de faire pour que l'avenir de l'Algérie soit, pour tous les enfants de France qui y vivent, ce qu'il doit être, c'est-à-dire prospère, heureux, pacifique et fraternel.

      A ceux, en particulier qui, par désespoir, ont cru devoir ouvrir le combat, je demande de revenir parmi les leurs, de prendre part librement, comme les autres, à l'expression de la volonté de tous ceux qui sont ici. Je leur garantis qu'ils peuvent le faire sans risque, honorablement.

      Mostaganem, merci ! Merci du fond de mon cœur, c'est-à-dire du cœur d'un homme qui sait qu'il porte une des plus lourdes responsabilités de l'Histoire. Merci, merci, d'avoir témoigné pour moi en même temps que pour la France ! Vive Mostaganem ! Vive l'Algérie ! Vive la République ! Vive la France ! Vive l'Algérie française ! »

      Par la bouche de son fondateur, le général de Gaulle, la République de 58 affirmait sa détermination à accomplir une révolution politique de nature à transfigurer la Nation.

      Cette révolution, à laquelle, dans le sillage de la IIIe République, la IVe République s'était toujours refusée, le Général s'affirmait décidé à l'accomplir.

      Or, en réalité, de Gaulle mentait : il comptait appliquer précisément le programme de la IVe République.

      Afin, de son aveu même, d'éviter la « bougnoulisation » de la France.

      Relisez C'était de Gaulle d'Alain Peyrefitte (Fayard, 1994) : vous verrez que de Gaulle n'a cure de la volonté des Algériens (ou de celle des Africains). Ce qui l'obsède et l'amène à imposer l'indépendance aux départements et territoires d'Algérie et d'Afrique, c'est la préservation de la France blanche et chrétienne.

      D'ailleurs, avec la loi 60-525 (votée de façon anticonstitutionnelle en mai 1960), il privera les populations d'Afrique subsaharienne du droit à l'autodétermination sur la question de l'indépendance. Ainsi, un mois plus tard, l'Afrique noire accèdera à l'indépendance sans que les populations soient consultées.

      Quant à l'Algérie, il laissera au FLN le soin d'organiser le référendum, avec pour résultat plus de 99% de OUI à l'indépendance... On devine à quel point ce résultat reflétait la réalité de l'opinion algérienne, sur fond de bain de sang généralisé...

      Le projet de l'abandon de l'Algérie pour éviter la « bougnoulisation » de la France, que les forces les plus réactionnaires du précédent régime n'avaient pu réaliser, de Gaulle prétendit officiellement s'y opposer, et justifia ainsi le renversement de la IVe République. En réalité, il comptait l'appliquer de la façon la plus radicale.

      Or je vous rappelle qu'en 1958, 80% des Français approuvèrent par référendum la nouvelle Constitution, et l'Intégration de l'Algérie qu'elle impliquait.

      On sait ce qu'il advint finalement...

      De là, lorsque vous affirmez que les Harkis ont trahi, je crois que vous commettez une lourde erreur...

      Il me semble qu'en réalité, c'est plutôt l'Etat français, et en particulier la tête de l'Exécutif, Charles de Gaulle, qui mérite davantage ce type d'accusation.

      A ce stade, est-il encore besoin de vous expliquer quel intérêt eut un tel régime de faire croire, pendant des décennies, que les Pieds-Noirs étaient détestés par les Algériens, et que les Harkis étaient des traîtres à la patrie algérienne ?

      Bien cordialement,

      Alexandre Gerbi

      • comptebloqué 27 juillet 2009
        • Posté à 14h11 le 29/06/2009

        Alexandre Gerbi

        Vos réponses à la façon « pieds-noir anti -gaulliste anti- communiste,positivant la périodes de la colonisation et l'asservissement des peuples », ne sont pas convaincantes .

        Si la décolonisation a été organisée pour des raisons « économiques et racistes », les plans de De Gaulle n'enlèvent rien aux faits, les harkis ont participé aux tortures, aux assassinats.Les pieds-noirs ont exploité un peuple.

         
        • Alexandre Gerbi
          Alexandre Gerbi répond à comptebloqué 27 juillet 2009
          Auteur(e) de l'article Ecrivain
          • Posté à 15h11 le 29/06/2009
          • Internaute
            Ecrivain

          Cher Monsieur Pixote,

          Au petit jeu des étiquettes, êtes-vous post-stalinien, stalinien, trotskiste, gaulliste, ou encore simple naïf ?

          Regardez l'Histoire en face : les indépendances africaines et algériennes n'ont jamais mis fin à l'asservissement des peuples.

          Au contraire, la prétendue décolonisation visait la perpétuation du colonialisme, tout en évitant le métissage de la France.

          A l'époque, les Communistes, sur lesquels de Gaulle s'appuya dans son largage de l'Afrique, roulaient pour l'URSS.

          Croyez-vous sérieusement que l'URSS se souciait de libérer les populations colonisées de l'asservissement ?

          Et les Etats-Unis ? Et la Chine ? Et la Ligue Arabe ?

          Cela dit, si en dépit des éléments multipliés (loi 60-525, affaire gabonaise, déclarations de de Gaulle, positions à l'époque de Félix Houphouët-Boigny, Léon Mba, Barthélémy Boganda, Léopold Sédar Senghor, etc.), vous préférez continuer de croire aux jolies et sombres fables de la Ve République blanciste, c'est votre droit.

          Comme disait, je crois, Jean-Jacques Rousseau : « Je ne sais point l'art d'être clair pour qui ne veut point comprendre ».

          Bien cordialement,

          Alexandre Gerbi

          • comptebloqué 27 juillet 2009
            • Posté à 19h26 le 29/06/2009

            socialo-communiste..

            Alexandre Gerbi serait-il le frère jumeau de Montaldo. ?

            Les peuples ne sont pas devenus totalement indépendants, mais les algériens savent lire quand en 1962 ils étaient illettrés à 80%.

            Les saloperies de De Gaulle n'effacent pas les faits, les colons n'ont pas vocation à rester dans les pays appartenant aux autres , viendra le jour prochain de la libération des palestiniens.

            6O ans après, nous aurons droit à des « Alexandre Gerbi » pour rééduquer nos cervelles manichéennes : les palestiniens ont été libérés par des méchants plus méchants que des méchants.

            Votre enrobage n'efface pas les faits, l'asservissement la domination, l'esclavagisme, l'occupation, la torture, pendant des siècles sur des hommes traités en sous-hommes dans ces pays, ils sont partis, à charge à ses peuples de se construire, d'engager d'autres luttes pour une vraie démocratie, mais plus dur a été fait , la valise !

            • zorbec
              zorbec répond à comptebloqué 27 juillet 2009
              retraité
              • Posté à 11h56 le 30/06/2009
              • Internaute
                retraité

              Ce monsieur Gerbi semble mieux connaitre l'histoire de l'OAS que celle de l'Algérie,un autre Faurisson ?

            • Alexandre Gerbi
              Alexandre Gerbi répond à comptebloqué 27 juillet 2009
              Auteur(e) de l'article Ecrivain
              • Posté à 17h22 le 30/06/2009
              • Internaute
                Ecrivain

              Cher Pixote,

              Merci de votre honnêteté quand vous confirmez être « socialo-communiste ».

              Dans ces conditions, malheureusement, ce que j'essaye d'expliquer a, en effet, bien peu de chance d'être compris par vous... Et ne peut que me valoir de sinistres injures et autres procès d'intention...

              Cela fait des années que je constate avec regret l'aveuglement de beaucoup de gens de gauche et surtout d'extrême-gauche sur cette question.

              C'est le monde à l'envers, puisque dans cette affaire de décolonisation franco-africaine, la gauche se trouve avoir été l'alliée d'une politique qui méprisa la démocratie et la volonté des populations (cf. en particulier la loi 60-525), tout en s'en réclamant, et permit de surcroît la perpétuation du colonialisme et de ses crimes, que l'égalité politique, revendiquée par les Africains, aurait entravé voire aboli...

              Le PCF a, depuis longtemps, fait son mea culpa au sujet de ses errements staliniens passés.

              J'espère qu'un jour, il ira au bout de cette logique, et fera son mea culpa sur ses collusions avec de Gaulle dans le largage de l'Afrique et de ses populations.

              Les contacts que j'ai pris avec l'extrême-gauche et la gauche n'ont jamais rien donné, malgré quelques personnalités sympatiques rencontrées de-ci de-là, notamment au Colonel Fabien.

              Quand je lis vos commentaires, je comprends qu'il risque de falloir un sacré bout de temps...

              Bien cordialement malgré tout,

              Alexandre Gerbi

        4 autres commentaires
  • alberte
    • Posté à 08h40 le 29/06/2009

    Ca sufit, vous n » allez pas refaire la triste histoire de l » Amgérie, et de la France, a savoir qui a raison et qui a tort.
    Que de nombreux harkis aient été abandonnés en algérie par De Gaulle et massacrés ensuite, c » est indiscutable
    Qu » à leur arrivée en France, les autres aient été parqués et oubliés dans des camps c » est vrai.
    Comme d » habitude Sarkozy n » avait q » à nepas faire de promesses qu » il savait ne pas pouvoir tenir.

    • sup à la demande du riverain 28.09.09
      • Posté à 11h04 le 29/06/2009

      « Ca sufit, vous n » allez pas refaire la triste histoire de l » Algérie, et de la France, a savoir qui a raison et qui a tort. »

      [ Elle se refera toute seule sans nous et malgré nous et les braises ne refroidiront pas...chaque generation suivante en paye le prix
      Merci hein le « grand charles » pour ce geste de mepris de votre main a la question du journaliste qui vous demandait a l'époque ce qu'il adviendrait des harkis ...]

      « Comme d » habitude Sarkozy n » avait q » à nepas faire de promesses qu » il savait ne pas pouvoir tenir. »

      [Comme Chirac aussi ...les Harkis c'est comme la menue monnaie dans la petite boite ou on pioche dedans pour completer les courses,on les utilises a chaque election pour avoir des voix et apres on range la boite...]

  • lakal
    lakal
    Retraité
    • Posté à 16h41 le 01/07/2009
    • Internaute
      Retraité

    Dire que nous passons notre temps à dispenser des bons et des mauvais points de par le monde (Chine, Iran, etcc...) Nous ferions mieux de balayer devant notre porte avant (Discrimination quand tu nous tient)