Pauvre Quai d'Orsay ! Passés inaperçus dans le remue-ménage du remaniement ministériel, les changements intervenus au ministère des Affaires étrangères brouillent un peu plus le message d'une maison passablement décrédébilisée. Avec, en particulier, l'arrivée aux affaires européennes d'un personnage controversé, qui pense le contraire de Nicolas Sarkozy sur la question de l'adhésion turque à l'Europe : Pierre Lellouche.
Exit donc, Rama Yade, la « personnalité préférée des Français » selon les sondages, envoyée comme prévu en punition aux sports remplacer le carton rouge du gouvernement, Bernard Laporte. Mais, surtout, son secrétariat d'Etat aux droits de l'homme passe à la trappe : il ne « servait à rien », selon son ministre de tutelle, Bernard Kouchner. Le ministère était d'abord symbolique, son abolition aussi.
Bruno Le Maire, pour sa part, n'aura fait que trois petits tours aux Affaires européennes, juste le temps de rabibocher Sarkozy avec les Allemands dont il parle la langue, avant de recevoir une promotion, un ministère plein pour ce villepiniste pressé (et ex-blogueur de Rue89). Le jeu des chaises musicales ministérielles va finir par donner le tournis aux partenaires européens…
Néo-conservateur français
Mais c'est bien Pierre Lellouche qui fait débat, avec sa réputation de néo-conservateur français, qui lui a coûté, sous Chirac, le poste ministériel dont il rêve depuis si longtemps. Atlantiste convaincu, partisan en son temps de l'intervention américaine en Irak, pro-israélien, il est aujourd'hui sarko-compatible.
Sauf sur un point : il est un ardent partisan de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, là où le président de la République en a fait un de ses arguments électoraux chocs pendant la campagne de la présidentielle comme des européennes.
Sur l'Atlantisme, ce n'est pas Lellouche qui a changé, c'est le centre de gravité de la diplomatie française qui a évolué dans son sens avec Nicolas Sarkozy et avec Bernard Kouchner, et le retour de la France, cette année, dans les structures militaires intégrées de l'Otan.
Lellouche n'aura pas besoin de batailler sur ce point, il est acquis. Batailler est bien le mot, si l'on en juge par son altercation, sur le plateau de la défunte émission Ripostes en avril dernier, avec Jean-Luc Melenchon. Au chef de file du Parti de Gauche qui le traitait d'agent de la CIA, Lellouche jurait qu'au XIXe siècle il l'aurait provoqué en duel et l'aurait abattu ! (Voir la vidéo)
En revanche, sur le dossier turc, il va falloir gérer une contradiction évidente entre le président et son secrétaire d'Etat. Dès mercredi, le député souverainiste non-inscrit Nicolas Dupont-Aignant s'est précipité pour poser une question au gouvernement sur cette apparente contradiction, avec ce constat :
« Soit M. Lellouche revient rapidement et solennellement sur ses déclarations passées, soit les Français auront compris qu'ils ont été une fois de plus trahis. »
Nicolas Sarkozy est déjà en butte à Barack Obama qui s'est publiquement prononcé en faveur de l'adhésion de la Turquie à L'UE, et à la présidence suédoise de l'Union, qui démarre dans quelques jours, et qui est elle aussi favorable à la candidature d'Ankara.
Pour cette raison, le président français avait d'ailleurs annulé un déplacement en Suède en pleine campagne des européennes, pour éviter d'étaler cette divergence en public.
Pierre Lellouche a-t-il été « recruté » pour calmer le jeu autour de la question turque qui, il faut bien le dire, n'est guère d'actualité, la France ayant laissé faire les négociations entre Bruxelles et Ankara malgré son opposition doctrinaire. Nicolas Sarkozy avait déjà confié une « mission » à Pierre Lellouche sur la Turquie l'an dernier, malgré leurs divergences bien connues.
Ou faut-il conclure, que, de fait, la position d'un Secrétaire d'Etat importe peu -pas plus que celle de son ministre de moins en moins présent-, dans le système de la Ve République qui fait du Président le véritable chef de la diplomatie, surtout celui-là…
Il faudra en tous cas suivre de près les premiers pas du tout nouveau secrétaire d'Etat, qui doit donc troquer ses tous nouveaux habits de baroudeur sur le terrain « AfPak » (Afghanistan-Pakistan), la mission à laquelle il n'a consacré que quelques mois, pour le costume plus policé du Quai d'Orsay dont le message est aujourd'hui sérieusement confus.





















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De clive
17H48 | 24/06/2009 |
Melenchon ne l'a pas traité d'agent de la CIA
Mais d » « aligné sur la CIA »
Il le précise d'ailleurs dans la vidéo.
Nuance de taille…
De Mon-Al
roturière :-) | 17H48 | 24/06/2009 |
On est pas à une contradition près … mais il est à envisager que Pierre Lellouch changera bien vite d'avis sur la Turquie ! ! ! !
A gamelle, quand tu nous tiens ! ! !

De kamerlo divine
ouvrier | 17H52 | 24/06/2009 |
>>> JEU DE PASSE PASSE…………………..
NICOLAS SARKOZY EST LE PLUS GRAND COMÉDIEN FRANCAIS DE TOUS LES TEMPS .
J´EXIGE QU´ON LUI DÉCERNE UN OSCAR OU UNE PALME D´OR……………………IL LE MÉRITE.
De Otreman
Retraité(E-N) | 17H54 | 24/06/2009 |
Lellouche - Kouchner - Levitte - Sarkozy : Cherchez l'intru ?
Y'en a point !
Pépé et grand oncle maternels Sarkozy étaient hauts fonctionnaires ottomans Originaires de « Salonique ».
« Recherchés » par la Justice Ottomane, ils auraient décampé. (A vérifier ! )
A peine élu, Sarkozy avait expédié Levitte à Ankara…. je crois savoir pourquoi.
D'ici 2017 le Président élu pourra défaire ce que Sarko a déclaré, comme le Referendum sur la Turquie de Chirac abrogé par Sarko…
Il y a les déclarations à usage de politique intérieure et la réalité profonde. Les dirigeants turcs font semblant de croire aux déclarations de Sarko et encaissent les centaines de millions d'Euros annuels pour leur intégration.
à Otreman
De raksi
Chef d'entreprise | 19H41 | 24/06/2009 |
Krouchner également était, jusqu'à il y a peu favorable, à l'adhésion de la Turquie qui a été longtemps le seul allié d'Israël au moyen-orient.
Ankara ayant révisé sa position et affichant un attitude critique vis-à-vis de son ancien allié, Krouchner à opportunément changé sa position : Il se déclare maintenant opposé à l'intégration de la Turquie (Il lui a suffit pour cela d'utiliser le premier prétexte venu).
Question : Combien de temps pour que Lellouche fasse de même ?
à raksi
De Otreman
Retraité(E-N) | 22H48 | 24/06/2009 |
« Ancien » allié c'est vite écrit.
Il faut savoir quand même ( ce sur quoi « nos » Media hexagonaux ne s'apesantiront pas), c'est que une grande partie des moyennes et grosses industries en Turquie sont aux mains des Israéliens. De même ils ont commencé à acheter des propriétés dans la magnifique région de Cilicie entre le mont Taurus et la Méditerranée. Ce qui n'empêche pas qu'une bonne partie des turcs soit antisémite et que « Mein Kampf » soit un best seller.
A quoi bon chercher la logique en toutes choses ? …..
Si Israél désire coloniser la Turquie en douceur, il est évident que l'intégration dans l'UE serait un garant de stabilité et de PROSPERITE.
Encore une fois, les chroniqueurs de France-inter ou autre se garderont bien d'apporter cet éclairage dans leur analyse. A nous, d'avoir la clef pour reconstituer le puzzle des informations. Sinon, on n'y voit que du feu avec des conversations convenues mais, irréalistes.
De gafet
citoyen vigilant | 19H26 | 24/06/2009 |
guetta, attali… tiens, manquent joffrin, baverez, minc ou zemmour, tous + ou - sur la même ligne « réformatrice » kozyque, sans doute potes de club, de cercle, et convives des mêmes restaus rive gauche…
toujours la même clique de perruches médiatiques, de débatteurs de camping, de penseurs de rien, d'écrivains avec le coude qui, 365 jrs/an, occupent avec une frénétique jubilation le devant de la scène et ns les brisent menu menu (à faire sauter de la télécom les boutons 1 à 6) : elles sont belles les « élites » françaises en ce début XXIème.
question : est ce bien le même pays qui a donné jaurès, mendès, camus, londres, bourdieu, barthes, derrida, foucault, sartre…etc ?
la France qui tombe c'est là en direct, sous vos yeux m'sieurs dames.
De uleski
Aujourd'hui, quiconque n'est pas en... | 19H56 | 24/06/2009 |
L comme Lellouche (Non pas lui ! L'autre : Pierre, de son prénom)
***
Sans charme, sans charisme, sans panache et sans personnalité, bavard et complaisant quand il s'agit d'assurer la défense de ses maîtres, député et conseiller de Paris, expert auprès de l'Otan, des mauvaises langues le décrivent comme le porte parole des ambassadeurs des Etats-Unis et d'Isräel en France quand ces derniers ne peuvent pas se déplacer (ou bien, quand ça les gave de participer à des émissions de télé à la con ; alors, que lui, Lellouche, il est toujours partant).
La rumeur va bon train à son sujet ; d'aucuns prétendent qu'il n'a qu'une idée en tête : devenir ministre des affaires étrangères.
« Comment ça ?
- Non, non ! Pas des Etats-Unis ou d'Israël, mais… de la France, tiens pardi !
- Alors, là, y'a vraiment des gens qui n'ont aucune gêne et aucune limite. J'allais dire : aucune retenue !
- Oui, ben, retenez-vous justement ! Parce que… je crois que c'est un peu chaud là ! »
________________
Extrait de « Actualité et Société » sur www.sergeuleski.blogs.nouvelobs.com
De YoshiL7
19H40 | 24/06/2009 |
« Quai d'Orsay dont le message est aujourd'hui sérieusement confus »… disons que le message est peut-etre finalement plus clair cette fois : « vive l'amérique de Bush ! »
De Marc de café_bloque
cabot mais pas chien | 19H51 | 24/06/2009 |
Non, ce n'est pas une contradiction : Sarkottoman sait bien que la Turquie va entrer dans la ronde, et en plus il est d'accord. Il est donc logique qu'il place un pro-Turquie, et en plus, comme ça, la pilule passera et ce sera la faute à Lellouche.
De dulconte
Mordu par un fachogarou | 20H05 | 24/06/2009 |
zavez vu notre bloggeur fétiche Benoist Apparu se retrouve au logement quelle rigolade !
De lebocksson
20H43 | 24/06/2009 |
Lellouche, Estrosi, Hortefeux, tous dans le même panier. Ils ont rien à foutre des personnes qui votent pour eux. D'ailleurs je me pose des questions sur la santé mentale des personnes qui votent pour ces gens, qui ont une seul éthique : « le mensonge et le pouvoir à tout prix ». Voilà trois m(s)inistres qui disent des choses comme par exemple : « Pour moi la Turquie doit entrée dans U.E., l'autre que dit “ je serai maire à 100% ! ! Et l'autre qui dit ‘ député européen ou rien du tout’ ! . Foutaises ! ! !
De Madiran
(Business Analyst) | 21H04 | 24/06/2009 |
Contradiction ?
Mais il n'y a pas contradiction…
La Turquie, c'est un peu comme le TCE, ou le traité de Lisbonne !
Si vous n'en voulez pas, vous l'aurez quand même ! !
Il n'y a aucune contradiction…
De PIT LE CHIEN
21H18 | 24/06/2009 |
Kouchner/Lellouche : Deux grands spécialistes-usurpateurs pour les Affaires (de plus en plus) étrangères. Le Ministère de la Défense (et de l'Attaque) est-il prêt ?
De macjack
bûcheron | 21H46 | 24/06/2009 |
Cet excellent article de P. Haski répond sans fard mais de façon objective et mesurée aux questionnements qui ont assailli de nombreuses personnes dès l'annonce de la nomination de P. Lellouche, ardent supporter de la politique moyen-orientale belliciste de Bush, de même d'ailleurs que son ministre de tutelle B. Kouchner .
On sait qu'ils obéiront aux ordres, mais quoi qu'il en soit, la présence de ces deux va-t-en guerre à la tête des Affaires Etrangères françaises a de quoi inquiéter.
De Rodriguez
Papa | 22H33 | 24/06/2009 |
Sarkozy : quand l'insolence reçoit le prix du courage.
http://lajuda.blogspot.com/
Le ridicule ne tue pas. Vraiment !
Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa vient de recevoir le prix du courage politique décerné par la Revue Politique Internationale. Etes-vous jaloux ? En tous les cas, ce qui compte c'est de reconnaître au Roi des Gaulois, gesticulateur à rayonnement international, qui réussit à éteindre le soleil en prononçant des mots, le mérite de ce prix qui a été déjà décerné à Sadate, à De Klerk et à Jean Paul II. Vraiment Sarkozy le mérite. Au centuple même !
Sarkozy n'a-t-il pas eu le courage de traiter les jeunes des banlieues, de racaille qu'il faut nettoyer au karcher pour ramener la paix menacée en France ? N'a-t-il pas promis aux Français qu'il ira chercher la croissance avec les dents pour leur offrir ainsi plus de pouvoir d'achat ? Ne s'est-il pas attaqué violemment aux héritages de mai 68 ?
En ce qui concerne l'Afrique, et c'est ce qui nous intéresse beaucoup plus, Sarkozy, lors de la campagne présidentielle de 2007, a déclaré que la France n'a pas besoin de l'Afrique pour sa croissance. N'a-t-il pas clamé qu'il mettra fin tout de suite aux réseaux françafricains obscurs ? Le glorieux bateleur en chef n'a-t-il pas eu le courage de parler de la diplomatie des droits de l'Homme ?
Mais, il devient encore plus courageux lorsque les 52% de géniaux Français lui accordent le pouvoir. Tout de suite, Sarkozy forme une équipe gouvernementale marquée par le ministère de l'immigration et de l'identité nationale. Déclarer la guerre aux immigrés et aux sans papiers - des Hommes après tout - pour ne cesser de se proclamer président des droits de l'homme dans un pays qui se dit « Patrie des droits de l'Homme ». Quel formidable courage !
Rejetant lors de la campagne déjà, les héritages de mai 68, Sarkozy n'hésite pourtant un seul instant à monter dans le yacht de Bolloré pour des moments merveilleux à Malte. Lui qui a toujours vomi les excès issus de mai 68, se montre extrêmement friand de luxe avec les rolex et autres bling bling.
Le handsome boy Sarkozy a divorcé quand il le fallait et s'est remarié de suite. En compagnie de sa nouvelle compagne, le brillantissime Sarkozy est allé à Disneyland puis en Egypte avec le fils de sa sainteté Carla sur l'épaule. N'est-ce pas du courage ?
Un autre acte de courage du Roi Soleil, c'est de réussir à tisser une amitié avec les patrons de la presse et à mettre les journalistes dans un tracteur, comme des moutons, pendant que lui-même joue au cowboy sur un cheval blanc.
A Guilvinec, en novembre 2007, les pêcheurs manifestent. Le courageux ira leur parler. Il sera encore plus courageux lorsque quelques uns des manifestants lui lancent des insultes et revendiquent une augmentation de 140% de salaire comme lui. Il réplique au coup par coup et courageusement, il demande à ses agresseurs de descendre pour des explications mano à mano. Plus récemment, en février 2008, au salon de l'agriculture, dans un bain de foule, un visiteur lui lance « touche-moi pas, tu me salis ! ». Le courageux de la République française lui répond du tac au tac « casse-toi alors ! Casse-toi, pauvre con ! » Génial courage, n'est-ce pas ?
Acculé par des journalistes qui lui rappellent sa promesse sur le pouvoir d'achat, Sarkozy dira que les caisses sont vides. Alors qu'il a violemment tancé quelques jours auparavant son Premier ministre, François Fillon, pour avoir déclaré être à « la tête d'un Etat en faillite ». Quel courage politique !
Sous la pression toujours, le candidat du pouvoir d'achat devient courageusement le président du « Travailler plus pour gagner plus ». Cette fumeuse idée qui véhicule l'illusion qu'il faut travailler plus pour avoir les moyens de ne plus travailler. Puis, le jouissif Sarkozy appelle les Français - impatients matérialistes - à l'espérance religieuse et à entrer dans la « politique de civilisation » chère à Edgar Morin.
Conséquence : les bling bling et l'insolence sarkozistes sont durement sanctionnés. Sarkozy chute vertigineusement dans les sondages, qui vont le recadrer. Courageusement, Sarkozy entre enfin dans « le costume présidentiel ». C'est la fin des galipettes ?
Eh ben non ! Car Monsieur « Une idée nouvelle par jour », un des plus fervents défenseurs du capitalisme sauvage, proclamera lorsque le système plonge dans la crise, qu'il faut trouver les responsables et punir les coupables. Quel courage encore !
Quant à l'Afrique, après les courageux propos de campagne, place maintenant à l'exercice du pouvoir. Puisque la France n'a pas besoin de l'Afrique, comme la diplomatie française va désormais se fonder sur les droits humains et puisqu'il faut rompre avec la Françafrique, Sarkozy reçoit ou visite Sassou Nguesso, Bongo, Deby, Khadafi, Dos Santos, Mbeki, Bouteflika, Wade, Gnassingbe…
Courageusement, « l'homme aux trois cerveaux bien irrigués » renvoie Bockel qui a voulu imiter le courage de son patron en prétendant « signer l'acte de décès de la Françafrique agonisante ». Fatale imitation ! N'est pas courageux qui veut. Bockel est viré et remplacé par Alain Joyandet qui ira présenter des excuses de la France pour les écarts de Bockel, en compagnie de Claude Guéant et de Bruno Joubert, respectivement secrétaire général et conseiller Afrique de l'Elysée, au Gabon le 10 avril 2008, au vieux crocodile françafricain Bongo. Bravo Sarkozy, le Courageux !
La France n'a pas besoin de l'Afrique. Mais garder les comptes d'opérations qui confisquent, jusqu'à une date récente, 65% de avoirs en devises des pays de la zone CFA, et où se trouvent aujourd'hui 50% de leurs avoirs, c'est être courageux. En marge du sommet Europe-Afrique de Lisbonne, le 8 décembre 2007, recevoir Faure Gnassingbé dans sa chambre d'hôtel pour lui rappeler que Bolloré est sur les rangs de la concession du port autonome de Lomé, et que quand on est ami de la France, il faut penser aux entreprises françaises : n'est-ce pas très courageux ?
La Françafrique est plus que jamais vivante. « Les réseaux d'un autre temps dont il faut se débarrasser », promesse du courageux candidat à la présidence lors de sa visite au Bénin, sont remis au goût du jour avec Robert Bourgi, le nouveau Foccart. Quel courage encore !
Sarkozy sait faire preuve aussi de courage militaire lorsqu'il s'agit de voler au secours d'un pion françafricain. Ainsi, en février 2008, acculé par une rébellion armée, Idriss Deby reçoit l'appui de son nouveau parrain. Faut-il rappeler que Sarkozy est allé courageusement chercher les trafiquants de l'Arche de Zoé « quoi qu'ils aient fait » ? Quelle bravoure aussi que de s'attribuer la libération des infirmiers bulgares de chez Kadhafi.
Le summum du courage présidentiel, c'est lorsque sur la tombe des massacrés de Thiaroye au Sénégal, Sarkozy prononce devant des Africains, le 26 juillet 2007, un discours dans lequel il dresse un bilan comptable de l'esclavage et de la colonisation ; deux idées géniales qui se sont corrompues malheureusement dans leur réalisation, et qui malgré tout, ont donné à l'Afrique des écoles, des routes, des dispensaires… et une civilisation ! Dans ce discours, Sarkozy rappelle que le drame de l'Afrique, c'est de ne pas avoir encore intégré l'Histoire. Prononcer ces mots en terre africaine devant la couche la plus vitale de sa population, sans craindre d'être lapidé ou que son auditoire vide la salle en guise de protestation dès les premières injures, n'est-ce pas être d'un courage excessif ?
Dire toutes ces abjectes vulgarités sur les Africains et avoir trois africaines à des postes ministériels de son gouvernement, puis nommer encore un préfet noir, n'est-ce pas courageux ?
Pour tous ces actes, Son Excellence Sarkozy, vous méritez le prix du courage politique 2008. Tout comme celui de « l'homme politique de l'année », distinction remise fin septembre par la très religieuse fondation Appeal of Conscience. Vous méritez aussi le prix du Humanitarian Award de la Fondation Elie Wiesel, laquelle attribue son prix à « des êtres exceptionnels qui ont consacré leur vie à combattre l'indifférence, l'intolérance et l'injustice ». Sarkozy est un homme exceptionnel, tolérant et juste !
Le Dalaï Lama, pressenti pour le prix du courage politique 2008, doit attendre. Il y a eu bien évidemment plus courageux que lui.
Comme un prix n'a de qualité que par celles de ceux qui le donnent, le prix du courage politique dont Sarkozy vient d'être récipiendaire est décerné par la Revue de Politique Internationale. Cette Revue est dirigée par Patrick Wasjman[1], qui se trouve être – par un heureux hasard - le conseiller en relations internationales de Patrick Devedjian, successeur de Sarkozy à la tête de l'UMP. Bref, c'est une revue dirigée par un UMP, conseiller du président de l'UMP qui attribue le prix du courage à un UMP. C'est une bonne chose quand entre amis, on se congratule, non ?
Ce qui rend ce prix encore plus honorable – sans rire -, c'est que la Revue Politique Internationale est une revue qui s'est distinguée avec la publication de fausses interviews. Elle a publié une fausse interview de Barack Obama en pleine compétition pour l'investiture démocrate en 2007. Le porte-parole de Obama, Ben LaBolt avait qualifié l'interview de « supercherie incroyable ». Il en était de même pour Allan Greenspan, ancien président de la Réserve fédérale dont la porte-parole d'Alan Greenspan, Lisa M. Panasiti, déclarera que jamais, son patron n'a accordé d'interview à la Revue.[2] Quelles courageuses supercheries à vrai dire !
Etrangement, ce prix, à quelques exceptions près, ressemble à l'autosatisfaction que s'attribuent les pions africains qui invitent à coup d'espèces sonnantes et trébuchantes, leurs clients des fondations et autres instituts bidons pour leur décerner des gadgets sous forme de titres ronflants. Il en est ainsi par exemple des Honoris Causa, Père Magnanime de la Paix… reçus par feu Eyadema Gnassingbé.
Compte tenu de tout ce qui est dit, Vaillant Sarkozy, vous méritez véritablement le prix du courage politique. Continuez l'agitation, les provocations, les discours creux, les pantalonnades, les palinodies, les jonglages. Car, si vos shows médiatiques sont considérés comme du courage au point d'en être récompensés, c'est que si vous allez plus loin, vous aurez le Prix du Superhomme Politique.
On aura vraiment tout vu ! Même l'insolence est couronnée. Quelle belle époque !
[1] http://www.lejdd.fr/cmc/international/200846/sarkozy-fait-son-eloge_1648…
[2] http://www.rue89.com/mon-oeil/2007/09/05/une-fausse-interview-dobama-dan…
De cochise_fr
02H27 | 25/06/2009 |
Bonjour,
Des deux il y a, ou il y aura un traitre….. reste à savoir lequel.
De kiki21120
sans emploi | 04H12 | 25/06/2009 |
Le problème de la Turquie, c'est la religion, elle n'est pas chrétienne et le pape, pas le nazi celui d'avant l'anti ouvrier, a déclaré : l'Europe doit s'appuyer sur ses traditions chrétiennes.
Ne pas laisser entrer la Turquie dans l'Europe est une erreur stratégique, c'est l'envoyer dans le camps islamique. D'une république laïque elle peut devenir une république religieuse avec le risque d'un rapprochement avec l » Iran, même si celle-ci est chiite et celle-là sunnite. Pour une fois Lelouche a raison, malgré son dévouement pour Bush et ses copains, les néo-conservateurs pro fascisants.
De colyz
psy | 06H39 | 25/06/2009 |
Si l'Iran se radicalise en une théocratie dictatoriale, il faudra bien un tampon entre l'Europe et l'Iran, on va donc aller vers une souplesse.
La Turquie devient comme « un mur de Berlin » hier, ou comme une « Ligne Magineot » hier.
Vaut mieux que le mur de Berlin (ou Ligne Magineot) soit du côté de l'Europe.
Donc il est à prévoir que Lelouche, Kuchner, Sarkosy bouge sur le position et accueille les bras ouverts la Turquie dans le giron de l'Europe.
Fort à parier que l'Administration d'Obama fasse pareil.
De Phil75018
Ingénieur | 07H26 | 25/06/2009 |
Lellouche au Quai d'Orsay ? Eh ben ça promet…
Si l'on en juge par exemple au travers de son comportement lors de l'émission « Ripostes » du dimanche 5 avril, Pierre Lellouche, visiblement inspiré par le comportement de notre Guide Suprême au Salon de l'Agriculture 2008 et incapable de maîtriser ses nerfs, s'est laissé aller à des comportements plus dignes d'un beauf de comptoir que d'un député de la République. Pas vraiment les qualités requises pour un diplomate…
Certes, le personnage n'en est pas à son coup d'essai. En 1998, en plein débat sur le PACS, l'intéressé s'est fendu à propos des homosexuels d'un « Il n'y a qu'à les stériliser ». Paroles figurant en toutes lettres dans le compte-rendu de la 3e séance du 8 novembre 1998 de l'Assemblée Nationale (http://www.assemblee-nationale.fr/1…).
Face à Jean-Luc Mélenchon qui expliquait, fermement mais poliment, son opposition au retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN, Lellouche, au lieu d'attendre la fin de l'argumentaire de son adversaire, ne cessait de l'interrompre avec des questions oiseuses, évoquant plus un roquet en train de mordiller les mollets qu'un élu de la Nation. Mais ça, on en avait encore l'habitude lors de ce genre d'émission.
Lorsqu'un roquet vous mordille les mollets, il y a de fortes chances que vous finissiez par envoyer valdinguer l'importun d'un coup de latte quelque part. C'est ce que fit Mélenchon, excédé, en lançant : « Vous êtes vraiment aligné sur les points de vue de la CIA ! ».
Lellouche, ce partisan des opérations militaires en Afghanistan et de la guerre « préventive » en Irak (ou plutôt partisan d'envoyer les autres la faire, illustration vivante du principe qu'il n'est de pire va-t-en-guerre que ceux qui ne l'ont pas faite, contrairement à Chirac, qui fut sous-lieutenant en Algérie) s'est alors mis à éructer contre son adversaire, le traitant de « pauvre type » et ajoutant « On serait au XIXe siècle, je vous provoquerais en duel et je vous flinguerais. Malheureusement, je peux pas… ».
Sans doute inspiré par le « Casse-toi pauv'con » (copyright Nicolas Sarkozy), ce triste sire n'a certainement pas le cran du député gaulliste du Val d'Oise René Ribière qui, en 1967, affronta réellement Gaston Defferre dans un duel à l'épée, après avoir été traité « d'abruti » par le Marseillais. Duel jusqu'au premier sang, mais Defferre, visiblement plus habile bretteur, toucha son adversaire à deux reprises. Eh oui, en plus, c'est ça l'emmerdant avec les duels, on risque de tomber sur plus fort que soi…
Ce stalinien à l'envers est malheureusement représentatif d'une certaine caste d'aboyeurs suffisante et arrogante, convaincue de détenir LA vérité et ne supportant pas la moindre contradiction, même si les événements font s'écrouler comme des châteaux de cartes des pans entiers de leur idéologie. Et juste bons à balancer des « pauvre type ! » à leurs contradicteurs.
« L'invective ne déshonore que celui qui la profère ». Mais ce serait faire trop d'honneur à cet individu que de citer Confucius à son sujet. On se contentera donc d'un plus simpliste « C'est çui qui dit qui y est ! »
De Sylvain Reboul
Professeur honoraire de philosophie | 08H10 | 25/06/2009 |
Qui sait ce que pense vraiment NS de l'adhésion de la Turquie à l'UE ?
Qu'il utilise cette question pour susciter une réaction épidermique momentanée est une chose ; ce qu'il en pense en est une autre.
Pour preuve :
1) il n'a pas en tant que président de l'UE bloqué la négociation en vue de cette adhésion et il a même accepté de faire financer par l'UE certaines des mesures visant à instaurer les conditions de cette adhésion.
2) Il a sorti de la constitution l'exigence du référendum introduite par Chirac, concernant l'élargissement de l'UE à de nouveaux pays dont la Turquie.
Dans ces conditions la nomination de Lellouche n'a rien d'étonnant sauf pour les naïfs qui confondent les paroles et les actes.
En tout cas cette nomination ne sera interprétée que comme un signe favorable par la Turquie ; c'est sur le plan diplomatique ce qui compte : que celle-ci ne désespère pas ; son entrée interviendra après que NS sera remisé au conseil constitutionnel…
Cette habilité sur la forme n'empêche en rien qu'il puisse avoir raison sur la fond : la Turquie, sauf involution radicale, a vocation de faire son entrée dans une Europe dont elle est déjà partie prenante sur le plan économique , diplomatique et militaire.
De rtbt139
Retraité | 08H17 | 25/06/2009 |
Aucun rapport avec le soutien du Bilderberg 2009 à l'adhésion de la Turquie puisque le Bilderberg n'existe que dans l'esprit des adeptes de théories de complots.
CHA est sûr !
De offtheroadagain
08H17 | 25/06/2009 |
contradiction apparente ! !
Le discours de Nicolas Sarkozy à Versailles est l'illustration de ce que le président dit ou prétend défendre, et son action qui est souvent l'exact contraire. En politique étrangère puisque c'est le sujet, il donne par exemple raison à Barak Obama sur le voile et s'offusque ou fait mine, sur la question de la burka. Le message est brouillé pour donner le change, mais en fait la ligne idéologique est la même, Le partisan déclaré d'une France des communautés est en parfait accord avec ses pensées. Ainsi pour son électorat le plus nationaliste fait il semblant de refuser l'idée d'une Europe qui engloberait la Turquie, mais continu à Bruxelles de négocier son entrée. Rien d'étonnant donc qu'un atlantiste patenté partisan d'une Europe sous domination Américaine fasse son entrée dans ce secteur stratégique évident pour affaiblir ses institutions déjà largement contestées. Pour Nicolas Sarkozy dont les choix sont sans doute plus réfléchis qu'il n'y parait, Pierre Lellouche est l'ambassadeur idéal du néo libéralisme qui sous tend toute son action. Dans un autre domaine, ses critiques du système économique qu'il stigmatise souvent alors qu'il soutient activement les spéculateurs est un autre exemple de ce double langage. Essayer de faire croire qu'un emprunt national pourrait être remboursé par la croissance est bien la preuve du machiavélisme Sarkozyien en politique.
De Leclere gérald
paysagiste | 08H39 | 25/06/2009 |
Au grand Bal des faux-culs, le gagnant est : « Ha ! ! ! Mince alors, ils sont plusieurs ».
De jmc06
retraite | 08H40 | 25/06/2009 |
ouai ben Lellouche ,d'puis hier il est en phase avec sarko
De Marie Antide
Cadre en entreprise | 08H50 | 25/06/2009 |
Bonjour,
P. Lellouche est connu pour sa capacité à afficher une opinion un jour et son contraire le lendemain.
Partisan de l'adhésion de la Turquie à l'UE, il a rebondi sur l'affaire Rassmussen pour afficher son exaspération face à l'attitude de la diplomatie turque et prendre ses distances par rapport au projet d'intégration.
Avait-il eu vent de sa future nomination aux Affaires Européennes ? Peut-être. Mais je prends les paris qu'il ne va plus s'exprimer en faveur de l'intégration de la Turquie à partir de ce jour : -).
Cordialement, Marie
De chabouc
09H57 | 25/06/2009 |
franchement qui ose croire Sarkosy sur son opposition à la Turquie ? il va se « coucher » comme il a fait avec les chinois !
c'est juste une question de temps et de circonstances
De Sup.25.08.09 àlademandeduriverain
10H19 | 25/06/2009 |
Quand on fait rentrer au gouvernement des lellouche et estrosi, il est bien dommage qu'on laisse sur la touche des calibres comme raoult ou balkany…
Il se passe un contre-coup affreux : on vire santini qui veut récupérer son siège de député (pensez, à son âge ! trop jeune pour la retraite…) et qui va pousser de là l'aboyeur aux cheveux sales lefebvre qui va se trouver le cul dans le courant d'air… Le bruit court que monmari lui cherche quelque chose, le pauvre.
De ginkoland
Ginkologue | 10H27 | 25/06/2009 |
Comme ministre je sais pas mais bon sang, quel cinéaste !
De ATAHUALPA YUPANQUI
Demandeur d'emploi | 10H54 | 25/06/2009 |
Le « Tu vas voir ta gueule à la récré » fonctionne encore, à en croire les contorsions du nain pour menager l'homme malade de l'europe. Le Erdogan revanchard avait déclaré à la presse, « tu vas le payer Sarkozy » ! Dites donc, ça marche les menaces.
Après les chapitres ouverts pour accélerer l'adhesion du lokoum d'or, les millions d'euros verser pour pré adhésion, c'est maintenant qu'on place le vizir lellouch sponsor officiel de la turquie.
Mais qu'est ce que c'est que cette salade tomate oignon !