Chirac a bien demandé à son ministre de la Défense de bloquer des commissions liées à des ventes d'armes au Pakistan.

Charles Millon confirme la piste évoquée par les juges chargés de l'enquête sur l'attentat de Karachi. Oui, dit en substance l'ancien ministre de la Défense, Jacques Chirac m'a demandé de bloquer le versement de certaines commissions sur des contrats de ventes d'armes. Notamment sur celui des trois sous-marins Agosta vendus au Pakistan. Nicolas Sarkozy peut-il continuer à parler de « fable grotesque » ?
Chirac me demande de « stopper » le versement des commissions
Paris-Match lève un nouveau coin du voile épais qui entoure l'affaire de l'attentat de Karachi. En trois questions à l'ancien ministre de la Défense (1995-1997), l'hebdomadaire confirme la piste politico-affairiste : l'attentat aurait été commis pour obtenir le versement de commissions promises dans le contrat de septembre 1994, puis bloquées après l'élection de Jacques Chirac à la présidence, au printemps 1995.
Comme Rue89 le racontait par le menu jeudi dernier, les deux juges chargés de cette enquête se sont rendus à Cherbourg. Ils ont longuement expliqué aux familles des 11 Français (plus trois Pakistanais) tués dans cet attentat pourquoi ils privilégient désormais la piste, « cruellement logique », d'une bataille opposant les réseaux chiraquiens et balladuriens.
A la question de Paris Match : « Est-il exact que la France ait bloqué le versement de commissions destinées à des intermédiaires pour la vente des trois sous-marins de la DCN au Pakistan ? », voici ce que répond Charles Millon :
« Ce qui est certain, c'est que peu après ma nomination au ministère de la Défense, en 1995, Jacques Chirac m'a demandé de passer en revue les différents contrats de ventes d'armes en cours et de stopper le versement des commissions pouvant donner lieu à des rétrocommissions. C'est ce qui a été effectué : chacun d'entre eux a fait l'objet d'une expertise particulière. »
En revanche, Charles Millon dit n'avoir jamais fait l'objet de menaces liées à ce contrat. Du moins tant qu'il occupait l'hôtel de Brienne, jusqu'à la dissolution de l'Assemblée nationale en 1997.
L'avocat des familles : « C'est bien une affaire d'Etat »
Pour Olivier Morice, l'avocat des familles des victimes, que nous avons pu joindre ce mercredi, cette déclaration est un signe supplémentaire de la dimension politique de cette affaire :
« La déclaration du ministre de la Défense de l'époque ne me surprend pas. Nous sommes bien en présence d'une affaire d'Etat. La volonté politique d'arrêter le versement de commissions était due à l'existence de rétro-commissions illicites. »
Comment les services de la Défense ont-ils appris l'existence de « rétrocommissions » ? A qui étaient-elles destinées, si ce n'est à des Français gravitant dans les cercles du pouvoir ? Deux interrogations auxquelles Charles Millon ne répond pas. Pour mémoire, rappelons que le versement de pots-de-vin à des intermédiaires étrangers était en 1994-95, une pratique admise.
Nicolas Sarkozy donnait le feu vert sur les commissions
Mieux : ces commissions versées par de grandes entreprises -publiques ou privées- comme la Direction des constructions navales (DCN), pouvaient être défiscalisées. A condition de les déclarer aux douanes et d'obtenir l'accord du ministre du Budget… Nicolas Sarkozy de 1993 à 1995.
Le président de la République a bien démenti une telle « fable », « grotesque », « ridicule », vendredi dernier à Bruxelles. Il a également prétendu que le « secret d'Etat n'existe plus », alors que l'ensemble des DAS 2 (déclarations annuelles de salaires), où sont inscrites ces commissions, sont classifiées « secret défense ».
Mais Nicolas Sarkozy n'a pas convaincu les familles des victimes, furieuses d'être désormais ignorées par l'Elysée. Un point de vue relayé par Olivier Morice :
« Le mobile de l'attentat de Karachi apparaît de plus en plus évident et ceux qui parlent de “ fable ” se moquent de la mémoire des victimes et de leur famille. »
Edouard Balladur, Nicolas Bazire (alors directeur de cabinet du Premier ministre) et Nicolas Sarkozy pourront-ils ignorer ces nouvelles révélations ? Pourront-il encore longtemps éviter de s'expliquer de manière approfondie au pôle anti-terroriste du TGI de Paris ? En tout cas, Jacques Chirac entretient un prudent silence sur le sujet.
La carte Pearltrees de hypos sur les attentats de Karachi





















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De lioe
berlin | 18H54 | 24/06/2009 |
Bonsoir
En dehors d une apparente affaire d Etat qui met en lumière les comportements mafieux de soit disant dirigeants de démocratie, il est particulièrement intéressant de noter la manière dont la Pakistan se serait venger !
Le terrorisme Islamique ! L alibi parfait pour gouvernement voulant régler quelques comptes ! Durant les dix années de guerres civil en Algerie cette pratique etait courante et beaucoup de dirigeants de pays dit « démocratiques » etaient au fait de ces pratiques ! Et rien pas un mot !
Pourquoi ? L histoire recente nous l explique !
Combien d attentats dans le monde ont ils ete la fruit de complots téléguidés ? Nous le sauront probablement jamais ! Mais il permet de savoir une chose au moins, cx est que les complots d etats de groupes occultes ou je ne sais quoi n existent pas seulement dans la tête de quelques dérangés .
De jide
jide.romandie.com | 19H02 | 24/06/2009 |
A lire sur le sujet, un beau travail d'investigation et de recoupement, en trois actes chez Plume de Presse (là, là , et là)
De cassino
Auteur | 19H07 | 24/06/2009 |
Après les vedettes de Taïwan voici les sousmarins du Pakistan. Qu'ils s'égorgent entre eux les politiques, on s'en fou ! Le commerce des armes est une chose tellement dégueulasse qu'on s'attend à tout sauf qu'il soit propre. Quand un sportif se dope il fait du tord au sport mais surtout à sa santé. Un marchand d'armes ne risque pas sa santé mais se remplit légalement les poches en permettant à des pauvres types de se faire flinguer. Le meilleur moyen pour éviter toutes les guerres c'est d'appliquer le principe de précaution : tuer d'abord tous ceux qui nous y envoient.
De mauser
20H33 | 24/06/2009 |
Bon soyons sérieux l'on escroque des militaires et des politiques pakistanais et ceux-ci mettent 7 ans pour se venger. Abracadabrantesque aurait dit un ancien président, il ne faut pas ce temps à un service pour instrumentaliser un mouvement qu'il côtoie tout les jours.
Maintenant que certains pensent qu'une petite pierre dans le jardin du président actuel pourrait bien le calmer vis-à-vis de l'ancien ou d'un ex-premier ministre qui n'est peut être pas blanc bleu dans un tentative de mouillage du tout petit.
Car personne ne pose la question de base qui a balancé cette idée et le début des infos aux juges. Qu'il y ait eu des pots de vins dans ce genre de marché c'est monnaie courante mais généralement les morts sont mystérieuses et touchent les divulgateurs des petits arrangements en famille rarement les requins se mangent entre eux.
Je serais prêt à parier un sub contre un canot pneumatique que cette affaire va en arranger certains. Je vois comme un procès contre un ancien premier ministre tourner en eau de boudin et des poursuites contre l'ancien PR retourner bien sagement au placard
De FREDERIC 67
21H06 | 24/06/2009 |
Bien que je ne me fais aucune illusion sur l'issue de cette affaire (qui s'ajoute aux autres), c'est plaisant d'envisager dans ces prochains temps comment les protagonistes vont se dépatouiller avec ça.
De hagalma
22H00 | 24/06/2009 |
C'est marrant, aujourd'hui je me disais : Sarkozy est très fort en stratégie de communication, et 2012 est peut-être probablement dans sa poche. Sauf un scandale, un règlement de compte politique…
Toutefois, sait-on jamais, les français seront éventuellement sensible à la question : qui paye tout ça, non pas des frégates, mais les routes, les écoles , hôpitaux, etc. Qui paye tout ça alors que les impôts ne bougent pas ? Qui se paye(nt) de nous ? A quand le réveil ?
De LJ
Vache a lait | 15H39 | 25/06/2009 |
Haha, ca fait plaisir de sentir que la France est un etat de droit, sans magouilles ni combines, les politiciens y etant particulierement respectueux des lois republicaines : Mouarfff ! !
Et on peut d'ailleurs s'interroger sur l'acharnement a vendre ces merveilleux sous-marins sachant que, a l'epoque, il etait deja certain que cette vente serait une perte, que dis je, un gouffre financier pour les deniers de l'Etat, c'est a dire vous : ) Mais il semblerait que les directeurs industriels de la DCN se soient gentillement assis dessus… (leur aurait-on souffle a l'oreille ? Mystere et boule de gomme…)
« Considérant qu'il revenait au service industriel de la direction des constructions navales d'arrêter les devis de fabrication des sous-marins ; qu'il n'existait pas de procédure d'élaboration et de validation de ces devis ; qu'il n'a pu être fourni aucun document antérieur à la signature du contrat établissant de manière précise le coût prévisionnel de fabrication des sous-marins et celui des prestations annexes demandées par le Pakistan “
HAHAHA, gaussons nous ! ! Mais pas trop quand meme, car cette absence de competences a etablir un devis, ca vous a coute un peu plus qu'un paquet de pates, osons meme dire ‘un max’ :
‘Considérant qu'avant même la signature du contrat, deux notes de travail du 24 juin 1994 et du 3 août 1994 faisaient l'une et l'autre état d'un résultat prévisionnel en perte, à hauteur respectivement de 650 MF (99,09 M€) et de 310 MF (47,26 M€) ; qu'une troisième note, datée de décembre 1994 et donc immédiatement postérieure à la signature du contrat, confirmait une perte prévisionnelle chiffrée, cette fois, à 583 MF (88,88 M€)
Badaboum ! Et hahaha (bis repetita)
A voir ici en totalite http://www.ccomptes.fr/fr/CDBF/documents/ARR/Arret05493.pdf
Mais, dormez tranquilles brave gens, les coupables de cet affront commercial, paye depuis votre porte monnaie, ont ete chaties : 6000€ d'amende par ci, 4500€ par la.
Ouff, l'honneur et la justice sont rendus. Magnanimement, on est d'accord, mais bon, qu'attendre de plus pour nos elites ? ? : ) Et puis bon, 88 millions d'Euros, c'est quoi hein ?
Bonne journee !
LJ