« Sarkozy 2 » n'existe pas, c'est un mirage
L'Elysée a réussi son « buzz ». D'un bout à l'autre du paysage médiatique, on ne va parler que de « Nicolas II », du second volet de son quinquennat, d'acte II de la Sarkozie.
Pour marquer cette césure, il a suffi à Nicolas Sarkozy de dépenser 400 000 euros, d'organiser un pompeux raout à Versailles, avec sabres au clair et roulements de tambour, d'octroyer dans ce faste royal un discours aux représentants du peuple, et de truffer ledit discours de quelques saillies démagogiques, à propos de la prétendue invasion de la France par les burqas ou de l'argent du contribuable dont pas un euro ne sera gaspillé.
Ce faisant, « Sarkozy 2 » peut effacer « Sarkozy 1 » et ses erreurs, qui n'ont plus grand intérêt. Sarkozy 1 était un Sarkozy pré-crise.
Dans le monde d'aujourd'hui, a expliqué le Président, « rien n'est plus comme avant », et dès lors, tout bilan devient inutile. Prenez ainsi la rigueur. Nicolas Sarkozy reprend à son compte les dadas d'Henri Guaino, son conseiller personnel. La rigueur, cela n'a jamais marché, a répété le Président. Il n'a pas toujours dit cela (notamment lorsqu'il était ministre du Budget), mais c'était avant la-crise-qui-a-tout-changé.
De même, quand Nicolas Sarkozy déclare que « nous avons fait la part trop belle au capitalisme financier », ou que « nos prisons sont une honte », il ne se sent pas concerné par ces funestes erreurs, car lui sort de cette crise économique comme un homme neuf, le « président du mouvement ».
Fort de ce positionnement qui permet de s'auto-affranchir du passé, Nicolas Sarkozy peut entreprendre une vaste « triangulation » politique, propre à couper tout oxygène à son opposition socialiste. La triangulation, technique inventée par Bill Clinton et reprise par Tony Blair, a prouvé son efficacité en assurant la longévité de ces derniers. Elle consiste à reprendre à son compte les idées-forces de son opposant principal.
Les socialistes, encore assommés par leur défaite électorale, tentaient-ils de pousser l'idée d'un « grand emprunt », européen si possible ? Ce thème-là ne leur appartient plus. Dénonçaient-ils les risques pour les plus fragiles ? Ils ne sont plus les seuls. S'insurgeaient-ils contre le scandale des prisons ? Ils ont trouvé plus choqué qu'eux.
Mais à part ces quelques habiles incursions sur le terrain de la gauche, Nicolas Sarkozy maintient en réalité le cap de « Sarkozy 1 » : suppression du nombre de fonctionnaires (ces responsables du « mauvais déficit »), remise en cause du système des retraites, poursuite du projet de répression du téléchargement illégal, malgré la claque récemment infligée par le Conseil constitutionnel. « Sarkozy 2 » n'existe pas, c'est un mirage.
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Avant Sarko, la France avait déjà du mal à contenir sa dette sous les 3%. Aujourd'hui on nous annonce qu'en 2010 elle sera de 7,5%, que c'est la faute à la crise, aux fonctionnaires, bref aux autres.
N'oublions pas que le bonhomme est assis a des postes-clés depuis plusieurs années, qu'il n'a pas vu venir la crise. Confiné un temps aux postes subalternes de la sécurité, il a fait preuve d'un manque de résultat navrant. Comme président, il a filé 15 milliards d'aide fiscale aux riches pour qu'ils reviennent s'établir en France, ce qu'aucun n'a fait. Son plan de relance face à la crise, hormis balancer des milliards aux banques et aux fabricants de bagnoles, on l'attend encore. Hadopi : résultat nul. Réforme judiciaire ? Toutes les décisions seront annulées.
bref, zéro idée, le vide. Le néant. La boîte crânienne à Lefebvre.
Là où il était bon paraît-il, c'était comme maire de Neuilly. L'idéal serait qu'il y retourne.




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