A Phnom Penh, se poursuit le procès de Duch, le responsable du terrible centre d'interrogatoire S-21 sous le règne des Khmers rouges. Nos partenaires du site ka-set.info accomplissent un remarquable travail de couverture, au quotidien, de ce procès fondamental d'un point de vue historique. En voici un exemple, avec l'interrogatoire de l'accusé cette semaine.

(De Phnom Penh) La décision d'écraser les détenus ne lui revenait pas, mais émanait de l'état-major khmer rouge, explique Duch au juge Thou Mony. Cependant, conformément à la ligne du parti, il ne fallait pas tuer les prisonniers avant qu'ils aient fini de rédiger des aveux complets.
Ainsi, son adjoint Hor lui soumettait les noms de ceux qui étaient allés au bout de leurs confessions et Duch prenait la décision de les envoyer à la mort. Quand le juge lui demande s'il a prodigué à son personnel une formation pour leur apprendre à tuer, l'accusé récite un proverbe cambodgien :
« Il n'y a pas besoin d'apprendre à un crocodile à nager, il sait ! »
Appelé à donner plus de détails sur les exécutions, Duch déclare : « J'essayais d'éviter d'assister à ces scènes, je ne regardais pas. » Il sait cependant qu'un enfant a été tué - on lui a fracassé la tête contre un arbre - et son cas n'est sans doute pas une exception, concède-t-il.
En décembre 1978, face à un déferlement de nouveaux prisonniers envoyés à S-21, Oncle Nuon, dit Frère Numéro 2, donne l'ordre de ne pas les interroger mais de les exécuter directement pour éviter une surpopulation carcérale, rapporte-t-il.
A S-21, six détenus seront épargnés, cinq artistes et un dentiste, ainsi qu'une quinzaine de personnes à qui il avait été assigné des tâches :
« Je vois ici Chum Mey [mécanicien, partie civile] dans le prétoire, c'est l'une d'elles. »
Et Duch d'ajouter qu'elles pouvaient à tout moment être envoyées à l'exécution si les supérieurs en donnaient l'ordre. « Pouviez-vous épargner des détenus ? », l'interroge Thou Mony. Réponse de Duch :
« A S-21, et sans doute dans les autres centres de sécurité, les comités directeurs pouvaient prendre la décision de garder des détenus pour qu'ils travaillent au centre. Mais nous conservions le droit de vie ou de mort sur eux. Et nous devions justifier auprès de nos supérieurs pourquoi nous les gardions. »
Des cadavres d'enfants ont été enterrés à S-21 et dans son voisinage, ainsi qu'à Choeung Ek, ce qu'il n'a pas vu de ses yeux, affirme-t-il. Quant au sort réservé aux bébés amenés avec leurs mères, ce fut d'être tués « silencieusement ». Là encore, Duch répète ne pas avoir assisté à de telles scènes, et ignore le nombre d'entre eux à avoir été tués.
L'enterrement des cadavres était la règle, selon lui, à l'exception de ceux des Occidentaux, qui faisaient l'objet d'une crémation, suivant un ordre donné par Pol Pot et transmis par Oncle Nuon, qui les a appelés devant Duch « les gens au long nez ». Il fallait qu'il ne reste rien de leurs dépouilles.
Le transfert des exécutions à Choeung Ek
Duch décide de son propre chef que les exécutions soient menées en périphérie de Phnom Penh, à Choeung Ek, et non plus à S-21. Une initiative dont il ne fera qu'informer ses supérieurs. Les personnes exécutées à l'intérieur de S-21 ou dans la zone jouxtant le centre de sécurité, il y en a eu beaucoup, reconnaît-il :
« J'avais peur des épidémies. Les exécutions et l'enterrement des corps à S-21 commençaient à poser problème tant leur nombre augmentait. La situation devenait telle que nous n'aurions pas pu éviter des épidémies. »
Une décision qu'il prend à un moment où des vagues d'arrestations massives ont lieu, fin décembre 1976-début janvier 1977, et qui répond à des inquiétudes sanitaires, alimentaires et sécuritaires.
Pour emmener à Choeung Ek les prisonniers sans qu'ils se doutent qu'ils avaient rendez-vous avec la mort :
« On leur disait, en général, qu'ils étaient transférés dans une nouvelle maison afin qu'ils soient moins agités et ne fassent pas de bruit ». Cela dit, ils avaient les mains attachées dans le dos et les yeux bandés et n'auraient pas pu s'enfuir. »
De ce qu'il sait car, là encore, il n'a rien vu :
« Je ne me suis rendu qu'une seule fois à Choeung Ek. […] Et je ne me suis pas approché du bord des fosses communes. Ma visite a été très courte. »
Il la compare d'ailleurs à la visite tout aussi éclair conduite à S-21 par son supérieur Son Sen. Et il ajoute n'avoir pas jugé utile d'y retourner. Il ignore ainsi combien de fosses ont été creusées là-bas mais dit savoir que l'on y exécutait les prisonniers un par un. Certes, admet-il, il aurait pu poser des questions au personnel attaché à Choeung Ek pour en savoir davantage, ou plutôt à son adjoint Hor, mais il ne l'a jamais fait.
Des bourreaux expérimentés
Qui opérait à Choeung Ek ? Selon la terminologie communiste de l'époque, détaille l'accusé, il s'agissait d'une « unité spéciale », dont le principal rôle était de jouer les bourreaux :
« Cependant, l'unité en elle-même n'était pas responsable de ces crimes. J'étais pour ainsi dire le père de cette unité. »
Les membres de cette unité combattante, dotés de « bonnes biographies », avaient été transférés à S-21 et étaient reconnus pour être aguerris en matière d'arrestations - ne laissant jamais la possibilité à leurs victimes de leur résister - et pour être prédisposés à tuer, souligne Duch, ajoutant avoir recruté certains d'entre eux pour compléter son équipe d'interrogateurs.
Ceux d'entre eux qui avaient été désignés comme exécutants des basses œuvres étaient exempts de toute sanction, reconnaît-il par ailleurs. Duch dit ne pas avoir été en contact avec eux, ni avoir cherché à l'être, et ne nie pas qu'il suscitait chez eux de la peur.
La pratique de photographier certains cadavres
Outre ceux des détenus soumis à des expérimentations médicales ou à des prélèvements de sang entraînant la mort, la méthode d'exécution suivie était d'égorger puis, marquant un retour à ce qui se faisait à l'ancien centre de sécurité que Duch dirigeait, M-13, d'assommer les ennemis par un coup de bambou asséné derrière la nuque.
Au juge Lavergne qui le questionne, l'accusé fait valoir que si on parlait de méthode, au bout du compte :
« On employait n'importe quelle méthode pour tuer quelqu'un. […] Ce qui comptait, c'est que la personne soit bel et bien morte. »
Et pour prouver que certains détenus, jugés importants, étaient bien passés de vie à trépas, leurs cadavres étaient photographiés, les clichés étant envoyés à l'échelon supérieur qui les réclamait, ajoute Duch. Sur certaines de ces photos, on voit que non seulement leur jugulaire a été tranchée mais qu'ils ont aussi été éviscérés, comme ce fut le cas de Nath, l'ancien directeur de S-21, et de Vorn Vet, l'ancien ministre khmer rouge de l'Industrie, relève-t-il :
« J'ai été très choqué [par ces photos], mes supérieurs aussi. »
Des photos de cadavres de détenus « pas très importants » étaient également prises, cette fois-ci à l'initiative de membres du personnel de S-21, soucieux de témoigner leur loyauté envers le parti en montrant qu'ils n'avaient pas laissé s'échapper les prisonniers sous leur responsabilité. Une manière aussi pour eux de se protéger.
Si Duch a examiné chacune des photos de détenus prises à leur arrivée à S-21 - avec un matricule accolé à leur poitrine -, avant de les envoyer à ses supérieurs, il assure n'avoir jamais regardé celles des cadavres.
Quand le juge Lavergne lit un extrait de témoignage, versé au dossier, selon lequel des cendres humaines auraient servi d'engrais, Duch dit ne pas croire que cela ait pu être le cas, peu de cadavres ayant été de toute façon incinérés selon lui.
La fin de S-21
Les derniers jours de S-21, début janvier 1979, Duch a reçu l'ordre de Nuon Chea d'emmener à Choeung Ek tous les prisonniers. Il réussit seulement à épargner quatre soldats de l'unité Y8 pour pouvoir les interroger :
« J'avais peur, je me disais que mon tour allait venir. J'étais mal à l'aise et n'arrivais pas à travailler. […] En fait, cet ordre ne visait pas à faire de la place pour l'arrivée d'autres prisonniers comme je le pensais. »
Effectivement, comprendra-t-il plus tard, les dirigeants du régime voulaient se débarrasser de tous les détenus de S-21 car ils semblaient croire à une défaite prochaine face aux Vietnamiens. Mais, semble-t-il surpris par l'avancée rapide des troupes ennemies, Nuon Chea et Pol Pot ne prennent aucune mesure préparatoire de retraite. Duch reçoit seulement l'ordre de faire exécuter les quatre membres de l'unité Y8 et de vider les lieux.
Dans sa fuite précipitée, il en oublie les personnes qu'il laisse derrière lui à S-21, notamment celles qu'il avait gardées pour le servir ainsi que les cinq artistes que Pol Pot avait maintenu en vie afin qu'ils construisent un monument à sa gloire au sommet du Wat Phnom, à Phnom Penh.
Se protéger, ne pas voir la réalité
Le juge Lavergne synthétise alors avec efficacité la position de Duch :
« De ce que vous avez dit au cours de ces dernières journées d'audience, il ressort que vous n'aviez aucune volonté de visiter les lieux de détention, que vous ne vouliez ni voir ni entendre les prisonniers, qu'ils soient interrogés ou torturés, et ni le désir de les voir être exécutés, de connaître les méthodes et les lieux où ils étaient exécutés, sauf si vous y étiez contraint, par un ordre de vos supérieurs… »
- « Vous avez bien compris. »
- « Et cette absence de volonté était-elle pour vous protéger vous-même, vous protéger d'une réalité qui vous dérangeait ou d'une situation inconfortable ? »
- « Tout cela est vrai. »
« La ligne du parti a fait des éduqués des criminels »
Quand le magistrat lui demande alors si son travail se résumait à un simple exercice mathématique et à assurer la qualité des confessions, Duch se lance dans un long exposé :
« Oui, j'étais très impliqué dans le travail relatif aux aveux. J'ai essayé de faire de mon mieux, jour et nuit, sans relâche. Mais pendant cette période, j'ai essayé d'éviter les lieux qui pouvaient m'affecter sur le plan émotif. Je savais que des actes criminels étaient commis mais j'essayais de me réconforter. Ce gouvernement [khmer rouge] est responsable aux yeux de l'Histoire. Moi, j'étais un agent de la police et, en tant que tel, je devais m'acquitter de ma tâche.
J'avais peur, j'étais choqué, j'étais ému mais il y avait un sentiment profond qui me faisait continuer à aller de l'avant.
Toutefois, si je regarde ce passé aujourd'hui, et ayant relu les annotations que j'ai portées sur les confessions, je constate que ce que j'ai fait est encore plus criminel que les actes commis par l'unité spéciale qui emmenait les prisonniers à Choeung Ek pour y être exécutés et ce sur ordre de leurs supérieurs.
Quant à moi, j'ai annoté de ma main des aveux, j'ai établi et envoyé des rapports à mes supérieurs. J'ai essayé d'être très objectif dans ces annotations destinées à mes supérieurs qui y ajoutaient foi dans la mesure où cela conduisait à d'autres arrestations. C'est pourquoi je suis responsable des crimes commis à S-21 et que je suis plus responsable que d'autres […].
Mais les documents décrivant la ligne du parti que j'utilisais pour assurer la formation du personnel étaient d'une nature plus criminelle encore que mes annotations des aveux. Pourquoi ? Parce que la ligne du parti telle que diffusée représentait une véritable pression sur les personnes formées ou éduquées et que c'est cette ligne du parti qui a fait de ces gens des criminels ou des personnes cruelles.
Pour conclure, si vous regardez aujourd'hui une photo de moi à l'époque, j'y apparais fier du travail que je faisais, qui était de maintenir fermement la position de classe. Mais, avec le recul et après analyse, je dirais que j'ai honte. C'est choquant, et on ne peut éprouver que de la honte à se voir représenté ainsi en photo, à être responsable de la mort de plus de 10 000 personnes. […]
Je suis ému à l'idée que plus d'un million de Cambodgiens sont morts. […] Je suis émotionnellement responsable de la mort de plus d'un million de personnes et suis responsable de ces actes commis et ce, jusqu'à la fin de mes jours. »
Duch semble submergé par l'émotion et demande au président d'en rester là.
Malheureusement, le président Nil Nonn ne juge pas bon de clore ici l'audience. Et il pose à l'accusé une question dont la réponse, il le sait, implique que Duch évoque à nouveau le professeur Phung Ton, ce qui, la veille, lui avait arraché des sanglots.
« Si j'avais su qu'il [Phung Ton] était là [à S-21], je lui aurais porté assistance même s'il devait plus tard être écrasé. Si j'avais su, je lui aurais porté assistance », répète-t-il, défait, assurant ne pas avoir trahi l'âme de son professeur.
Et Duch ajoute que Phung Ton, dont l'épouse et la fille se sont constituées parties civiles à son procès, est « sans doute » mort de faim ou de maladie, qu'il n'a « pas été torturé », et que son cadavre a « probablement » été enterré dans l'enceinte de S-21. Comme s'il cherchait à offrir quelques paroles apaisantes à ces deux femmes.
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De chengyang
18H17 | 21/06/2009 |
Merci pour la qualité et la sobriété de ce compte rendu.
Ce procès, attendu depuis si longtemps, est un très grand événement. Il est dommage qu'on n'en parle pas davantage en France.
Un souvenir de la visite du S21 : les consignes aux détenus écrites à la craie blanche sur un tableau (car le S21 était un ancien établissement scolaire) dans le langue du colonisateur, en français !
à chengyang
De John Vink
Photojournaliste | 20H03 | 21/06/2009 |
Pour la petite histoire : les consignes écrites a la craie que vous mentionnez ont ete rédigées apres l'entrée des troupes vietnamiennes, par les personnes qui ont transformé le centre de torture en musée.
à John Vink
De chengyang
22H14 | 21/06/2009 |
Merci pour l'info ! Ce détail m'avait frappé ! Savez-vous quelle était leur intention en faisant cela ?
De Pierrrrre
18H48 | 21/06/2009 |
Il faut savoir qu'à l'époque, la gauche française troskiste et communiste justifait ces exactions, en niant leur ampleur et en accusant les déportés cambodgiens de profiteurs bourgeois que le peuple met enfin au travail…
à Pierrrrre
De Unknown
blasé sans rancune | 19H13 | 21/06/2009 |
Ouais.
Il faut aussi ne pas oublier que le Cambodge est un ancien protectorat Français et que ce n'est certainement pas la « gauche française trotskiste et communiste » qui avait orchestré cela à l'époque…
à Unknown
De Pierrrrre
21H39 | 21/06/2009 |
»….ce n'est certainement pas la « gauche française trotskiste et communiste » qui avait orchestré cela à l'époque… »
► Le chef d'orchestre s'appelait Saloth Sar, aprés avoir été formé dans les cercle du Parti Communiste Français.
Il est plus connu sous le nom de Pol Pot.
Alors que des milliers de cambodgiens étaient assassinés, déportés, la gauche française justifiait les exactions de Pol Pot en accusant les réfugiés de profieurs bourgeaois.
à Pierrrrre
De Unknown
blasé sans rancune | 21H56 | 21/06/2009 |
Et la France de Giscard s'est bien gardé d'intervenir. Je suis d'accord avec vous sur la responsabilité des cercles du PC de l'époque, en revanche ce que je voulais souligner, c'est que peu de monde s'est ému du fait que la France lâche tout bonnement son ancien protectorat sans trop de scrupules. Pour avoir été deux fois au Cambodge, je peux vous assurer que les Cambodgiens de 35 à 70 ans me l'ont bien fait comprendre. Ceux que je connais en France également.
Il n'en demeure pas moins que S.S a bel et bien fait ses « études » en France (il était d'ailleurs un élève plus que médiocre) et qu'il était surtout passionné de révolution et de Bonapartisme. Il a effectivement été séduit par les idées révolutionnaires communistes dispensées par le PC de l'époque, mais n'oublions pas que le communisme allait croissant dans bien des pays en ce temps.
à Unknown
De Pierrrrre
08H21 | 22/06/2009 |
»….Et la France de Giscard s'est bien gardé d'intervenir… »
► J'imagine dans ce cas les manifestations contre la nouvelle tentative impérialiste du colonialisme français !
Politiquement, toute intervention,
toute critique même était impossible, à cause de ce politiquement correct qui impose le bien à penser,
et le bien à penser du politiquement correct était à l'époque pour la défense des Khmers Rouges,
ainsi qu'ils ont soutenu hier le FLN,
et défendent aujourd'hui ceux qui rêvent d'éradiquer Israël
à Pierrrrre
De mioumiou
13H54 | 22/06/2009 |
Je te signale Pierrrrre que le FLN voulait l'indépendance de l'Algérie. Bon si toi t'es pour la colonisation c'est autre chose. ça fait de toi à petit salaud pas plus.
à Pierrrrre
De I.P
Flat4 | 22H09 | 21/06/2009 |
Et ça rime à quoi de faire la liste des dictateurs de droite ou de gauche ? C'est vraiment ridicule et lamentable de ramener ces massacres à la confrontation des partis français.
à I.P
De Unknown
blasé sans rancune | 22H13 | 21/06/2009 |
Voila, en fait vous résumez très bien ce que j'aurai voulu dire, merci.
à I.P
De Pierrrrre
08H35 | 22/06/2009 |
»….C'est vraiment ridicule et lamentable de ramener ces massacres à la confrontation des partis français….. »
► Je trouve au contraire interessant de voir ce qu'a pu donner l'application réelle des concepts du Parti Communiste Français dans un pays : c'est la seule expérience de direction d'une nation qu'ait pu faire un membre du PCF.. On préfère que ça s'arrète là.
à Pierrrrre
De DiadoreCronos
Cadre | 22H20 | 21/06/2009 |
Je ne vois pas où est la responsabilité du PCF. Que Pol Pot soit passé par ses écoles n'enlève rien au fait qu'il a créé un régime sans équivalent, incomparable au Vietnam ou à l'URSS de l'époque. On apprenait peut-être à ètre brejnévien au PCF dans les années 60-70, mais pas khmer rouge.
à DiadoreCronos
De Pierrrrre
08H28 | 22/06/2009 |
»….Je ne vois pas où est la responsabilité du PCF…. »
► lisez les écrits de l'Humanité de l'époque :
Ils stigmatisaient les réfugiés cambodgiens en les traitant de bourgeois égoïstes.
ainsi qu'ils ont stigmatisé plus tard les boat's people vietnamiens,
ainsi qu'ils ont stigmatisés plus tôt ceux qui fuyaient les paradis communistes en franchissant le mir de la honte,
ainsi aussi qu'ils engageaient la population française, pendant l'occupation à « tendre la main au soldat allemand..comme vous, il se bat contre l'impérialisme capitaliste anglo-américain » (à l'époque, l'URSS étéait alliée d'Hitler)
ainsi qu'ils ont justifié les assassinats horribles des harkis pepétrés par les fellaghas.
à Pierrrrre
De chengyang
22H26 | 21/06/2009 |
J'ai découvert (non sans quelque surprise) au S21 que Pol Pot était l'abréviation de « Politique Potentielle » et que sa formation intellectuelle a été extrêmement influencée par la culture traditionnelle française (et pas seulement marxiste ! ), car il a suivi l'enseignement d'une école catholique à Phnom Penh, l'école Miche, puis il est parti suivre des études à l'École française de radioélectricité (actuellement EFREI) à Paris, de 1949 à 1953.
à chengyang
De Pierrrrre
08H30 | 22/06/2009 |
► La vraie formation politique de Pol Pot (dont ne nom lui a été attribué par les communistes chinois) s'est faite au Parti Communiste français.
à Pierrrrre
De chengyang
13H26 | 22/06/2009 |
Là vous racontez n'importe quoi ! Une abréviation venant du français donnée par des communistes chinois ? !
à chengyang
De Pierrrrre
13H47 | 22/06/2009 |
► C'est bien la Chine Communiste qui a baptisé Saloth Sar, de l'abréviation de « Politique Potentielle »
Je l'avais lu à de multiples reprises, et pour vous, je viens d'en faire la recherche sur le web :
http://www.mr-international.be/info-flash/cambodge.php
effectivement, ce n'est pas une preuve absolue, sinon celle du fait que je ne raconte pas « n'importe quioi »
à Pierrrrre
De chengyang
16H33 | 22/06/2009 |
Réfléchissez un peu ! Ce n'est pas parce qu'on trouve un bobard sur internet qu'il faut le répéter sans sourciller !
à Unknown
De lerollec
ingenieur | 08H14 | 22/06/2009 |
Voyez plus loin, de hauts dirigeants khmer rouges ont étudié et formés leurs théories en France dans les années 50, en tant que membres du parti communiste français.
C'est le cas de Saloth Sar (Pol Pot) et de 4 inculpés des CETC : Khieu Samphang, Nuon Chea, Ieng Sary et Ieng Thirith…
http://tinyurl.com/lk75fm
à lerollec
De Pierrrrre
08H33 | 22/06/2009 |
»…..de hauts dirigeants khmer rouges ont étudié et formés leurs théories en France dans les années 50, en tant que membres du parti communiste français…. »
► exact, on peut dire que Pol Pot est le seul membre du Parti Communiste Français qui ait pu mettre en application ses théories en dirigeant réellement un pays.
à Pierrrrre
De chengyang
13H35 | 22/06/2009 |
Ben voyons ! Il n'a jamais été membre du pcf, mais membre du parti communiste indochinois !
http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/VernaG/leadership/disk/cambodge_index…
»► exact, on peut dire que Pol Pot est le seul membre du Parti Communiste Français qui ait pu mettre en application ses théories en dirigeant réellement un pays. »
Exact, on peut dire n'importe quoi en se fondant sur des faits historiquement faux ! Cela s'appelle délirer !
à chengyang
De Pierrrrre
14H16 | 22/06/2009 |
► lisez doncl''ouvrage « Le mal cambodgien » de Jean-François Baré, qui décrit le rôle important du PCF dans l'influence qu'il apporta à l'aventure des khmers rouges.
Un autre nom, Son Sen alias Khieu,
membre du PCF entre 1950 et 1956, et ministre de la défense des Khmers Rouges.
Non, effectivement, j'ai vérifié, Hitler n'était pas membre du PCF… mais il en est d'autres qui le valaient bien.
à chengyang
De -Candide-
Jardinateur | 07H55 | 24/06/2009 |
chengyang,
je ne vois pas en quoi le fait d'avoir été au parti communiste indochinois eut empêché Pol Pot d'avoir été au PCF quand il a fait ses études en France.
C'est d'ailleurs écrit en toute lettre dans le document que vous mettez en lien.
« Dès son arrivée à Paris, il rejoignit les cercles du parti communiste français auprès desquels il se familiarisa avec l'idéologie marxiste, et au sein desquels il passait la majorité son temps. Saloth Sar manifestait un désintérêt flagrant vis-à-vis de ses études. Il ne possédait pas son certificat d'études et n'a jamais réussi à obtenir aucun diplôme. C'est sur les bancs de la Sorbonne qu'il rencontra Yeng Sary et Khieu Samphan, les futurs chefs khmers rouges à l'origine de l'un des génocides les plus violents de l'histoire de l'humanité. »
De hycare
19H28 | 21/06/2009 |
Merci pour cet article.
Je ne connais pratiquement rien de ce pays et de son histoire qu'à travers le film et le livre « la déchirure ».
Les personnes de ma connaissance exilées de ce pays en parle peu.
Pour l'un tout va bien, pour l'autre elle a encore peur des kmers rouges et en a fait ses « persécuteurs“( et il a été persécuté par les kmers rouges), jusqu'à imaginer des complots et des agents espions qui le surveillent jusqu'en France.
Cet homme est actuellement suivi en psychiatrie.
Il va un peu mieux sur le plan du ‘mental’, il a des séquelles physiques qui sont en soins,mais il a retrouvé le sourire.
C'est un homme charmant et discret.
Il ne parle jamais de ces moments là.
Il évoque surtout son enfance, auprès de parents aimants et son voyage via la Thailande pour arriver en France.
Outre les millions de personnes disparues, enfin mortes, il y a aussi celles qui se sont échappées de cet ‘enfer’ et qui n'arrivent pas à en parler…
Cela me rappelle d'autres histoires, de génocides, où les victimes sont tellement sidérées par leur vécu qu'elles n'osent en parler car c'est encore présent et douloureux et d'autres sentiments encore…
De philarna
Enseignant | 20H17 | 21/06/2009 |
Le film « S21, la machine de mort khmer rouge », de Ritty Panh, qui confronte bourreaux et rescapés sur les lieux mêmes des faits, est indispensable à quiconque veut comprendre la mécanique génocidaire, pas seulement au Cambodge mais pour tous les génocides. Quiconque l'a vu ne peut considérer les remords de Duch, fussent-ils sincères, qu'avec une grande circonspection. Allé au delà du mal absolu, en revient-on jamais ?
De dodu
Ménagère surdiplomée | 20H32 | 21/06/2009 |
Dans le début des années 90 , quand les coopérants allaient travailler sur le terrain (hors de Phnom Penh ) , ils étaient toujours avertis des déplacement des Khmers rouges par les population locales qui avaient souvent « un cousin dans le camp Khmer rouge et un cousin ,dans le camp gouvernemental .On peut se poser la question du pourquoi les autorités ont trainé si longtemps des pieds avant d'organiser ces procès , et ce malgré les pressions internationales .
De zorbek
20H41 | 21/06/2009 |
J'en ai presque honte de remercier la présence de cet article tellement sa noirceur est insondable. J'ai lu et su deviner pas mal d'horreurs dans ma vie, mais ici le témoignage est vraiment très fort, c'est à attraper le tournis, remplir des fiches, écraser des têtes de gosse, photographier l'avant et puis l'après, histoire de prouver que le rendement était effectif dans les rapports à la direction, histoire de prouver que toute forme d'humanité avait désormais disparu, la preuve sur papier glacé…
Mais ce qu'il ne faut surtout pas perdre de vue, et même si on ne connait pas leurs noms pour la plupart, c'est que certains ont refusé de collaborer, ils ne se sont pas mués en fonctionnaires de la mort ni en méprisables bourreaux pour sauver leur peau, ils ont d'une manière ou d'une autre dit « non » à cet asservissement bestial de l'homme par l'homme, ils ont refusé la compromission de perdre leur âme pour sauver leurs vies, et ça, Duch, en vie aujourd'hui devant un monceau de cadavres, ne l'a pas fait, il le sait et l'a sur la conscience. D'avoir participé en tant que chef à une des pires abjections de l'Histoire, ce n'est pas peu, et c'est très bien de lui demander des comptes, ca l'aide à savoir qui il regarde dans son miroir chaque matin qui lui est donné à vivre.
Auschwitz, ça, puis le Rwanda, on pourrait espérer une fin à la série.
De Anabase
chti | 20H50 | 21/06/2009 |
Duch reconnait sa culpabilité et retrouve une capacité à être humain, ce que n'ont pas fait les nazis, qui à de rares exceptions près, ont nié avoir participé à l'holocauste, et ceux qui l'ont revendiqué étaient prêts à recommencer.
à Anabase
De alaixih
00H41 | 22/06/2009 |
Je suis d'accord. Reconnaitre sa culpabilité dans un tel crime est important pour les victimes et aussi pour l'histoire du pays.
Il est important que les choses soient dites afin de construire l'histoire et de rendre les choses publiques.
Une atrocité est une atrocité, je ne pense pas que Duch nie cela.
Ses propos ici semblent dans le vrai.
Tuer son professeur est une chose terrible en asie.
Les professeurs ayant une place très importante et les ainés étant particulièrement respectés.
Je crois savoir que Duch cherche la rédemption et le pardon. Il s'est en effet converti au Christianisme je crois.
C'est peut être à l'origine de son attitude actuelle.