en images

Une intrigante jupe blanche autour d'un chasseur

"Singularité de Prandtl-Glauert" sur un avion de chasse F/A-18F Super Hornet (Christopher Pasatieri/Reuters)

Cette image, choisie parmi les « photos du mois » par Reuters, m'attire l'oeil depuis plusieurs semaines. Et me plonge dans un abîme d'interrogations sur le phénomène scientifique à l'oeuvre.

Elle a été prise lors d'un show aérien à Wantagh, aux Etats-Unis. Dans la légende fournie, l'appareil est un F/A-18F Super Hornet de la firme McDonnell Douglas. Reuters nous renseigne sur le nom des deux têtes d'épingles qu'on distingue à l'intérieur du cockpit (à gauche, le lieutenant Justin Halligan : à droite, le lieutenant Michael Witt).

Sur le phénomène lui-même, une sobre description (« un anneau de vapeur d'eau » formé alors que l'avion « passe le mur du son »), mais pas un mot d'explications. On ne sait pas non plus comment Christopher Pasatieri, le photographe, s'est débrouillé pour « shooter » ainsi à un instant aussi décisif.

La singulière « singularité » de Ludwig Prandtl et d'Herman Glauert

Je ne suis pas le seul à avoir remarqué ce cliché : sur Slate.fr, il a récemment été choisi pour illustrer un passionnant éclairage de Frédéric Filloux sur la dégradation des conditions de vol à haute altitude. Le même renvoie vers une impressionnante vidéo Youtube, où l'on voie des cônes blancs comparables se former autour d'un avion de chasse. (Voir la vidéo)


Dans les commentaires publiés sous la vidéo, un internaute m'a mis sur la bonne piste. Voici une traduction rapide de son explication :

« Le nuage de vapeur est appelé “singularité de Prandtl-Glauert”, et est tout à fait normal. L'onde de choc générée par la compression de l'air près de la source de perturbation est adiabatique.

La hausse de la pression augmente le point de condensation de la vapeur d'eau à un rythme plus élevé que l'augmentation de la chaleur. Lorsque ces deux augmentations interagissent, le nuage de condensation se forme. »

Ahem. Me voilà bien avancé. Outre des collections de photos, une rapide recherche autour de cette singulière « singularité » me renvoie vers une une fiche Wikipédia qui ne m'aide pas beaucoup (il est question d'« ondes en N », et à nouveau, de phénomène adiabatique), et vers un débat de passionnés sur un forum d'astronautique.

Je suis forcé d'admettre qu'il me manque quelques années d'études de mathématiques pour comprendre vraiment ce qu'il se passe sur cette image. A moins qu'un riverain de Rue89 très pédagogue soit capable de vulgariser avec assez de talent ce phénomène ?

Addendum le 21/6 à 13h46. De nombreux riverains se sont prêtés au jeu, merci notamment à Homere, Pierrrrre, Robinson, GotchPour comprendre ce qui se passe sur cette photo, cette mise au point de CourageuxAnonyme est indispensable :

« Ce qui forme le cône visible et blanc, ce n'est pas de la vapeur d'eau. La vapeur d'eau est invisible. Quand on croit la voir, ce que l'on voit c'est en fait la condensation de cette vapeur d'eau. La vapeur, se refroidissant par exemple, se retransforme en eau liquide sous la forme de minuscules gouttelettes, formant par exemple une brume. »

J'ai modifié l'article ci-dessus en conséquence. Pour l'explication en elle-même du phénomène, Poul est assez convaincant :

« Pour le comprendre, il faut s'imaginer que de l'eau, c'est de la vapeur d'eau compressée. En effet, l'état solide, liquide puis gazeux correspondent a des état de “ compression ”, ou “ compacité ” disons, de la matière. (…)

[Dans la vapeur d'eau, les molécules sont très éloignées] les unes des autres, elle ne se “parlent” plus du tout, c'est un gaz. Plus on laisse de la place au molécules (plus on baisse la pression), plus elles ont tendance a s'éloigner les unes des autres (c'est la même chose avec les hommes dans le métro).

La température, elle, caractérise l'agitation de ces molécules, et cela influe directement sur la distance entres elles (pareil aussi avec les hommes, si tu t'agites trop, les gens s'éloignent ! ), donc sur l'état physique (solide, liquide, gazeux, dans le sens croissant de température).

Revenons à nos avions. La vitesse du son caractérise la vitesse à laquelle une onde acoustique va se propager. Je rappelle qu'une onde acoustique, c'est un déplacement des molécules de l'air qui provoquent la propagations de séries de surpression et de sous-pressions.

Une molécule avance, en laissant un vide derrière elle, donc sous-pression, se colle a la voisine, donc surpression, et cette voisine à son tour bouge vers sa voisine, etc.

Ici, notre avion avance à la vitesse du son, donc il laisse derrière lui un vide que les molécules d'air n'ont pas le temps de combler.

Il y a une diminution de pression énorme, mais qui ce traduit ici par une énorme chute de température (car “adiabatique”, c'est compliqué, mais disons qu'à nombre de molécules constantes, si on baisse la pression, on baisse la température, les molécules sont plus tranquilles, se percutent moins, donc c'est moins chaud).

Cette chute de température peut suffire aux molécules d'eau pour retourner à l'état liquide (enfin presque, au “point de rosée” en fait, qui est un peu un état liquide partiel : on a des gouttes à des endroits, pas à d'autres).

Dès qu'on est trop loin de l'avion, les molécules d'air ont eu le temps de reprendre la place de l'avion et de revenir à des conditions de température et de pression normales, et le cône disparait. »

Pour comprendre mieux ce qui se passe au moment où l'avion atteint la vitesse du son, Siko a fait un petit dessin :

« En gros, l'avion avance à la même vitesse que le bruit qu'il crée, ce qui crée une onde renforcée : ) ) ) ) ) devient )))))))))) puis ) »

Et pourquoi cette forme de cône ? Fredo fait une comparaison éclairante avec la « vague d'étrave » que laisse un bateau sur la surface de l'eau… mais en trois dimensions.

Enfin, pour ceux que les équations ne rebutent pas, il revient plus longuement sur le rapport entre « variation de la pression » et « variation de la température » via « la loi des gaz parfaits » :

« Le phénomène est le résultat d'une variation brusque des arguments de la loi des gaz parfaits et du point de rosée.

Loi des gaz parfaits

Avec :

  • P : pression
  • V : volume
  • n : quantité de matière
  • R : constante (dont la valeur numérique import peu ici)
  • T : température

Celle-ci décrit le phénomène adiabatique, c'est à dire, pour notre exemple, lorsque la pression diminue, les autres facteurs demeurant constants, la température diminue également. (…)

[Dans la dépression créée par l'avion], selon la loi des gaz parfaits, il y a une baisse de température. Si le point de rosée est dépassé, la vapeur d'eau d'entre en condensation sous forme de fines gouttelettes. »

Je recommande aux passionnés de sciences de plonger dans les commentaires, où les débats ont l'air passionnants… même si cette fois, ils me dépassent vraiment !

Photo : « Singularité de Prandtl-Glauert » sur un avion de chasse F/A-18F Super Hornet (Christopher Pasatieri/Reuters)

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Portrait de Calvin

à Eliott Portrait de Eliott De Calvin

Physicien à Paris | 22H07 | 20/06/2009 | Permalien

Et oui !

Portrait de Yann Guégan

à siko Portrait de siko De Yann Guégan (auteur)

Rue89 | 12H38 | 21/06/2009 | Permalien

L'explication donnée en dessous de votre vidéo est totalement erroné. (enfin, je crois)

Je pense que c'est plutôt ma traduction qui est approximative. Mais avec toutes vos explications, ça commence à aller mieux : -)

Portrait de Jean-François@Carenton

à siko Portrait de siko De Jean-François@Carenton

09H28 | 21/06/2009 | Permalien

Ça marche pas ton graphe. C'est le diagramme de phase de l'eau « à 100% » : il dit que sous 1atm et à 20°C l'eau est liquide et qu'elle bout à 100°C, mais ça on le savait. Ça n'a rien à voir avec la condensation de la vapeur d'eau dans l'atmosphère. Ce qu'il faudrait, c'est le diagramme d'équilibre entre le taux d'humidité de l'air et la température. On y verrait que, par exemple, dans des conditions à 80% d'humidité (quasi saturation de l'air en vapeur d'eau), une chute de température (causée par exemple par une dépression adiabatique) entrainerait une sur-saturation en vapeur d'eau, donc condensation partielle en eau liquide (= le « nuage » sur la photo).

PS : c'est le diagramme de Molier http://www.econologie.com/forums/humidite-courbe-de-saturation-de-l-air-…

Portrait de siko

à Jean-François@Carenton Portrait de Jean-François@Carenton De siko

cherche un moyen élégant pour gagne... | 12H30 | 21/06/2009 | Permalien

Ouais, vous avez raison, ce n'est pas juste.

Portrait de Anaximandre

à siko Portrait de siko De Anaximandre

Sous la voûte étoilée | 10H32 | 21/06/2009 | Permalien

Siko,

Le modéle de l'eutectique d'H2O que tu évoques ne peut pas s'appliquer dans le cas de l'écoulement transonique de l'air, le cas présenté par la photo.

Tu sais que la thermodynamique est l'étude des gaz parfaits diatomiques, or l'air n'est pas considéré comme un gaz parfait, mais un gaz réel : Il faut utiliser les équations de Van Der Walls et de Maxwell pour modéliser le comportement de l'air dans un système isolé (disons une enceinte confinée, pour schématiser).

Ici, ce sont les lois de la dynamique des fluides, en écoulement transonique et supersonique qu'il faut utlliser. Ces fameuses lois sont les mêmes que les lois de Maxwell en électricité, avec les opérateurs rotationel et divergence, et en remplacant la tension par la pression et l'intensité par la vitesse.

Portrait de Jean-François@Carenton

à Anaximandre Portrait de Anaximandre De Jean-François@Carenton

10H37 | 21/06/2009 | Permalien

Laisse tomber….

Portrait de siko

à Anaximandre Portrait de Anaximandre De siko

cherche un moyen élégant pour gagne... | 12H19 | 21/06/2009 | Permalien

Ah bon,

pour moi, on peut séparer le problème en deux :

1) On calcule les pressions et température avec les équations de mécanique des fluides avec un gaz réel.
2) On peut voir si l'eau se condense ou pas en fonction en chaque point de l'espace en fonction de la T° et de la pression calculé précédemment, je ne vois pas pourquoi ce graphe ne serait pas valable ici.

Portrait de Jean-François@Carenton

à siko Portrait de siko De Jean-François@Carenton

15H17 | 21/06/2009 | Permalien

Heu, je parlais à Anamixandre qui avait l'air un peu décroché : les équations de Maxwell pour l'aérodynamique, ça le fait pas. Je voulais juste revenir à mon graphique mis en lien. En gros, à 30°C et avec une hygrométrie de 100%, il y a 30g d'eau (ou de vapeur d'eau…) par m3 d'air. Quand la température est de 20°C (par exemple), l'air ne peut plus contenir que 17g d'eau (vapeur) par m3. Donc, si par détente adiabatique, l'air (saturé) autour de l'avion, passe de 30°C à 20°C, il y a 30-17 = 23grammes de vapeur d'eau qui se condense en eau liquide (le nuage). Evidemment, les chiffres exacts sont sans doute différents, mais le principe est là. En tout cas, pour observer le phénomène, il faut voler par temps chaud et (très) humide…

Portrait de Anaximandre

à Jean-François@Carenton Portrait de Jean-François@Carenton De Anaximandre

Sous la voûte étoilée | 16H30 | 21/06/2009 | Permalien

J'ai simplement écrit (trop vite ? ) que les équations de la dynamique des fluides ressemblent à s'y méprendre (comme 2 gouttes d'eau) aux équations de Maxwell. Et pis c'est tout !

Portrait de Fredo.

à siko Portrait de siko De Fredo.

Un peu à côté | 09H57 | 22/06/2009 | Permalien

Une façon facile de voir ce phénomène de condensation et de regarder les ailes d'un avion de ligne par la fenêtre lorsqu'il s'apprête à traverser les nuages au décollage.
La dépression sur le dessus des ailes, génératrice de portance est très forte. Il y a des vortex également (tourbillons qui existent par la dépression en son centre, force centripète engendrant la rotation de l'air).
Ces dépressions abaissent la température localement et font se condenser la vapeur.
Ou encore, le phénomène de cavitation autour des hélices de bateau, manifestation très intéressante qui vient compléter certains commentaires.
La dépression en bout des pales, responsable d'une partie de la poussée de l'hélice, permet à l'eau de « bouillir » et former de la vapeur. Celle-ce est visible sous forme de bulles de gaz dans l'eau.
Ca peut paraître paradoxal, car ce n'est plus la baisse de température qui engendre un changement d'état du milieu, mais la variation de pression !
Mais ça s'explique facilement par le diagramme ci dessus :
L'état de l'eau varie horizontalement (baisse de pression) de gaz vers liquide pour l'avion de notre exemple, et varie verticalement de liquide à gaz (baisse de pression) pour l'hélice du bateau.
L'eau est très joueuse ! De quoi rester perplexe…

Portrait de Gotch

De Gotch 15306

ancien ouvrier de la banque | 17H02 | 20/06/2009 | Permalien

En somme, en raison des ondes de pression la vapeur d'eau se change provisoirement en gouttelettes visibles, juste au passage du mur du son. Voilà ce que je crois comprendre de ce qui a été écrit plus haut. Cela explique la forme en cône, évidemment. On peut aussi penser que ce cône ne se forme que dans des conditions précises de teneur en vapeur d'eau de l'air d'altitude.

Maintenant, je ne suis absolument pas matheux, et je laisse à d'autres une explication plus fine.

Portrait de Robinson.

De Robinson.

étudiant | 17H29 | 20/06/2009 | Permalien

Pour préciser par rapport aux autres commentaires, l'état d'une matière (solide/liquide/gazeux) change selon la température et la pression.
Le phénomène est adiabatique (sans échange de température), donc ici seule la pression compte.
L'avion qui se déplace à grande vitesse comprime l'air autour de lui.
Et quand on augmente la pression, la matière change d'état :
si on compresse un gaz (l'eau de l'air), il devient liquide (vapeur d'eau, puis gouttes), et enfin solide. Voilà.

Portrait de Poul

De Poul

Comformiste révolutionnaire, physic... | 18H10 | 20/06/2009 | Permalien

Bonjour à tous,

Voila un exercice assez difficile pour moi, car bien que habitué aux sciences, je ne suis pas un expert en mécanique des fluides…

On ne fais pas de la vapeur en montant la pression dans une cocotte minute. Le fait d'augmenter la pression rend justement plus difficile la vaporisation, donc il faut chauffer plus (110°C au lieu de 100°C typiquement), ce qui fais cuir les aliments plus vite.

Pour le comprendre, il faut s'imaginer que de l'eau c'est de la vapeur d'eau compressé. En effet l'état solide, liquide puis gazeux correspondent a des état de « compression », ou « compacité » disons, de la matière. La glace, c'est des molécules d'eau (H2O) très proches les unes des autres, qui se tiennent, et c'est donc solide. L'eau, c'est les même molécules, mais qui ne sont plus si proches, qui donc ne se tiennent plus autant, c'est visqueux. La vapeur d'eau c'est toujours les même molécules, mais très éloignés les unes des autres, elle ne se parlent plus du tout, c'est un gaz. Plus on laisse de la place au molécules (plus on baisse la pression), plus elles ont tendance a s'éloigner les unes des autres (c'est la même chose avec les hommes dans le métro…). La température, elle, caractérise l'agitation de ces molécules, et cela influe directement sur la distance entres elles (pareils aussi avec les hommes, si tu t'agites trop, les gens s'éloignent ! ) , donc sur l'état physique (solide, liquide, gazeux, dans le sens croissant de température).

Revenons à nos avions. La vitesse du son caractérise la vitesse à laquelle une ondes acoustique va se propager. Je rappel qu'une onde acoustique, c'est un déplacement des molécules de l'air qui provoquent la propagations de séries de surpression et de sous-pressions (une molécule avance, en laissant un vide derrière elle, donc sous pression, se colle a la voisine, donc surpression, et cette voisine à son tour bouge vers sa voisine,etc). Ici notre avion avance à cette vitesse, donc il laisse derrière lui un vide que les molécule d'air n'ont pas le temps de combler, donc diminution de pression énorme. Mais qui ce traduit ici par une énorme chute de température (car adiabatique, hum… compliqué… disons a nombre de molécule constante, si on baisse la pression on baisse la température, les molécules sont plus tranquille, se percutent moins, donc c'est moins chaud). Cette chute de température peut suffire aux molécules d'eau pour retourner à l'état liquide (enfin presque, au point de rosée en fait, qui est un peu un état liquide partielle : on a des gouttes à des endroits, pas à d'autres). Des qu'on est trop loin de l'avion, les molécule d'air ont eu le temps de reprendre la place de l'avion et de revenir à des conditions de température et de pression normales.

Clair ? pas clair ?
Faux ? ? (j'espère pas…)
Trop simplifié ? (c'est le but…)

en espérant au moins avoir éclairé quelques personnes…

Portrait de Un compte supprime

De Un compte supprime

nc | 19H10 | 20/06/2009 | Permalien

facile, plus la vapeur est dense, plus elle est visible : on a tous vu par exemple differents etats d'humidite au dessus de la mer, ce qui explique que par temps sec la visibilite peut aller jusqu'a des dizaines de kilometres alors que par temps humide, elle peut se reduire a quelques centaines de metre. Au dela d'une certaine capacite maximale de retention de l'air en eau, capacite fonction de differents parametres physiques comme la temperature, la pression, la pollution etc… l'eau se met a se condenser, a changer d'etat (gazeux a liquide) pour former des nuages et de la rosee ou de la pluie.

Donc dans l'air il y a de la vapeur d'eau, invisible au depart, du moins la plupart du temps. L'onde de choc augmente la pression de l'air devant l'avion donc augmente la teneur en eau par unite de volume d'air : la vapeur devient visible.

Un peu comme une eponge, il y a de l'eau dedans mais vous ne la voyez pas, si vous pressez l'eponge, ca coule et vous voyez l'eau, la c'est kifkif.

PS : le cone, c'est juste la forme normale d'un cone de deformation lie a la penetration de l'avion, au moment du franchissement du mur du son. Je ne suis meme pas sur que ce phenomene aparait au moment duf ranchissement du mur, a mon sens il peut se produitre a n'importe quel moment, selon la temperature et l'hygrometrie de l'air.

Portrait de CourageuxAnonyme

à Un compte supprime Portrait de Un compte supprime De CourageuxAnonyme

le vrai | 19H32 | 20/06/2009 | Permalien

Pour que l'onde soit visible, il faut, en réalité, quelque chose de plus qu'une augmentation de pression. Avec une augmentation de pression classique, on a aussi augmentation de la température (comme quand on gonfle ses pneus de vélo, la pompe devient chaude). Donc l'eau n'a pas tellement tendance a changer d'état.

Mais si on a une augmentation de pression adiabatique, alors il n'y a pas échauffement (ou l'échauffement est plus lent), et on a changement d'état. Pour avoir ce phénomène, il faut que l'augmentation de pression soit très rapide, de sorte que les échanges thermiques n'ont pas le temps de se faire.

La fameuse « onde en N » représente en fait le phénomène. La forme du N représente la vitesse à laquelle la pression change. La barre verticale indique que la pression change très vite. Une onde de pression acoustique classique a une forme symétrique, plutot comme les bords d'un A, /\.

Portrait de siko

à CourageuxAnonyme Portrait de CourageuxAnonyme De siko

cherche un moyen élégant pour gagne... | 20H32 | 20/06/2009 | Permalien

Vous vous trompez compression adiabatique = compression sans échange de chaleur. Je vous rappelle que la T° est liée à la vitesse moyenne des molécules du gaz. Donc si vous compressez brusquement un gaz (pas d'échange de chaleur avec l'environnement extérieur). Vous augmentez leur vitesse moyenne et donc la T° qui est très importante puisque les vitesse moyenne n'ont pas pu être transmis à l'environnement extérieur. Donc, en conclusion, en compression adiabatique, on a la T° maximale que l'on pourrait atteindre grâce à cette compression.

La compression dont vous parlez s'appelle une compression isotherme (compression lente qui laisse le temps à la température de s'égaliser avec la T° extérieur).

Bien sur tout cela n'est que théorique et la réalité est un savant mélange de ces situations limites.

Portrait de CourageuxAnonyme

à siko Portrait de siko De CourageuxAnonyme

le vrai | 09H28 | 21/06/2009 | Permalien

Oui, exact. Ma thermo est un peu loin : )
Je me disais aussi qu'il y avait une anguille, et que s'il n'y avait pas échange de chaleur, la température devrait changer.
Mais puisque la température et la pression changent, on ne peut plus se contenter d'une explication qualitative. Si on se déplace parallèlement à la courbe de rosée, on ne va pas avoir de changement d'état… Vrai ?

Portrait de siko

à CourageuxAnonyme Portrait de CourageuxAnonyme De siko

cherche un moyen élégant pour gagne... | 12H21 | 21/06/2009 | Permalien

Ben oui, si on ne la traverse pas, on ne change pas d'état, mais il faut savoir si on ne peut pas savoir qualitativement si on la traverse ou pas.

Portrait de CourageuxAnonyme

à siko Portrait de siko De CourageuxAnonyme

le vrai | 01H17 | 22/06/2009 | Permalien

Ok, je me tais : -)

Portrait de RaoulTC

De RaoulTC

Barbu, évidemment. | 19H04 | 20/06/2009 | Permalien

Ouahou, merci pour cet article et les contributions des riverains ! J'en étais à vouloir téléphoner aux « petits bateaux » (France Inter le dimanche soir) pour comprendre ce drôle de truc …

Portrait de Baptiste75

De Baptiste75

Informaticien | 19H37 | 20/06/2009 | Permalien

Pour plus d'info sur la manière dont il est possible de photographier ce genre de chose :
http://www.wilk4.com/misc/soundbreak.htm
(en anglais, sorry)

Portrait de Fredo.

De Fredo.

Un peu à côté | 19H41 | 20/06/2009 | Permalien

Le phénomène est le résultat d'une variation brusque des arguments de la loi des gaz parfaits et du point de rosée.

Loi des gaz parfaits :

P.V=n.R.T

P : pression
V : volume
n : quantité de matière
R : constante (dont la valeur numérique import peu ici)
T : température

Celle-ci décrit le phénomène adiabatique, c'est à dire, pour notre exemple, lorsque la pression diminue, les autres facteurs demeurant constants, la température diminue également.

Point de rosée :

Température à partir de laquelle l'eau contenue dans l'air sous forme de gaz (la vapeur d'eau, invisible) se condense pour former de l'eau liquide.

Le son est une onde qui se propage dans toutes les directions, à la manière des vagues circulaires que provoque un caillou plongé dans une mare. Le niveau de la mare, non perturbée, est disons niveau de pression zéro, de référence. La crête de la vague est une surpression et le creux une dépression. Les vagues se propagent à une certaine vitesse. Si l'objet dans l'eau est en mouvement, et que sa vitesse dépasse la vitesse de propagation de l'onde, il se créé une vague d'étrave, celle que l'on voit à l'avant des bateaux en forme de « V ». Cette vague d'étrave forme une grande crête puis un grand creux et ainsi de suite baissant en amplitude.

Ces phénomènes et lois physiques étant posés, regardons ce qu'il se passe autour de cet avion ayant dépassé la vitesse du son :

C'est dans le creux da la vague d'étrave, derrière la crête, qu'il y a une forte dépression (en 3 dimensions, le V devient un cône).
Dans cette dépression, selon la loi des gaz parfaits, il y a une baisse de température et, si le point de rosée est dépassé, permet à la vapeur d'eau d'entrer en condensation sous forme de fines gouttelettes. Si l'air est sec et que la variation de pression engendrant les variations de température ne permet pas d'atteindre le point de rosée, alors rien n'est visible.

La pression remonte ensuite, ainsi que la température et l'eau se vaporise, redevenant de la vapeur, invisible.

C'est une explication un peu simpliste du phénomène. Une réduction très barbare des phénomènes aérodynamique, mais en gros, tout y est.

Portrait de itOtO

à Fredo. Portrait de Fredo. De itOtO

Externe | 21H26 | 20/06/2009 | Permalien

Explication simpliste certes car dans la nature la compression est un mélange adiabatique/isotherme, mais sinon je ne trouve pas que ce soit une réduction barbare^^.
Théoriquement cette explication est parfaitement exacte.

Portrait de siko

à Fredo. Portrait de Fredo. De siko

cherche un moyen élégant pour gagne... | 21H36 | 20/06/2009 | Permalien

Ouais très bonne explication, je vote !

Portrait de Jean-François@Carenton

à Fredo. Portrait de Fredo. De Jean-François@Carenton

15H30 | 21/06/2009 | Permalien

Sauf que PV = nRT (loi de Mariotte) ne décrit pas les phénomènes adiabatiques. La preuve : comment en déduire qu'une compression entraine un élèvement de température ? J'arrête tout de suite le petit malin qui va dire : ben si je double la pression, je double la température… càd, si je passe de 1 à 2 atm, le gaz va passer de 300K (27°C) à 600K (327°C)… Si c'est correct, si tu gonfles ton vélo, tu y fous le feu !

Portrait de Gros_Lapin_Blanc

à Jean-François@Carenton Portrait de Jean-François@Carenton De Gros_Lapin_Blanc

18H56 | 21/06/2009 | Permalien

Quand tu gonfles ton vélo, tu rajoutes de l'air, c'est donc surtout n qui augmente en même temps que P.

Portrait de XavXav

à Gros_Lapin_Blanc Portrait de Gros_Lapin_Blanc De XavXav

08H37 | 23/06/2009 | Permalien

je crois que PV=nRT correspond à un gaz parfait, donc molécules sans aucune interaction. Peut-être que c'est ça qui ne va pas pour l'appliquer au gonflage de vélo (quasi-adiabatique) : la pompe chauffe quand on rajoute de l'air.

Portrait de XavXav

De XavXav

19H44 | 20/06/2009 | Permalien

ce ne sont pas des études de maths qu'il vous faut, mais de physique, et plus précisément de thermodynamique.

Portrait de carm-a

De carm-a

cocinero | 20H15 | 20/06/2009 | Permalien

Très belle image. Et on est sûr d'une chose, il ne s'agit pas d'une
 » jupe afghane « .

Portrait de gavroche dit gazouz

De gavroche dit gazouz

ex-fumeur averti | 20H38 | 20/06/2009 | Permalien

pour moi c'est un avion femelle,sa jupe s'écarte sou l'effet de la chaleur des réacteurs pret a recevoir les missiles ennemis ,apres elle retracte la jupe ,la les missiles perde tout espoirs de rentrer dedans s'auto detruit .on faite cela doit etre une sorte de bouclier anti-missiles voila mon explication

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