Gordon Brown, le Premier ministre britannique, a sorti une énormité cette semaine, en estimant qu'à l'heure de Twitter et d'Internet, il ne pouvait plus y avoir de nouveau massacre comme celui qu'a connu le Rwanda en 1994, grâce à la circulation immédiate de l'information. Je crains qu'il se trompe lourdement, comme le montre l'exemple actuel de l'Iran, et que cette illusion soit partagée par beaucoup.
Gordon Brown a déclaré dans une interview au Guardian :
« Vous ne pouvez pas avoir de nouveau Rwanda, car l'information sur ces événements sortirait beaucoup plus rapidement sur ce qui s'y passe, et l'opinion publique se mobiliserait jusqu'au point où une action devrait être entreprise. »
Il est étrange qu'un homme aussi informé que le Premier ministre britannique puisse défendre une position aussi éloignée de la réalité. Paradoxalement, elle était plus vraisemblable lorsque le génocide rwandais s'est produit, il y a quinze ans, qu'aujourd'hui.
Dans les années 90, le monde vivait encore avec l'illusion de l'« ingérence humanitaire » chère à Bernard Kouchner, et celle-ci était directement proportionnée à l'impact des images véhiculées par CNN et les chaînes d'info continue à la télévision, pas encore d'Internet.
Le Rwanda, de ce point de vue, était « hors champs », et donc hermétique à cette mobilisation de l'opinion. Les gouvernements étaient parfaitement informés, mais il y avait peu d'images à la télé, donc pas de pression pour une intervention. Des centaines de milliers de Rwandais sont morts de cette indifférence, mais d'abord des coups de machette de leurs propres compatriotes.
La fin de l'ingérence humanitaire
En irait-il différemment aujourd'hui ? Pas si sûr. Ce moment de la vie internationale qu'a représenté la montée en puissance de cette « ingérence humanitaire », en gros à la fin de la Guerre froide, fin des années 80, début des années 90, s'est assurément refermé. A la fois à cause de la catastrophe de l'intervention américaine en Irak, et de l'émergence d'un monde multipolaire dans lequel la souveraineté est redevenue centrale sous l'influence de la Chine ou d'une Russie redevenue puissante.
On s'en est rendu compte lors du cyclone Nargis, en Birmanie, lorsque la junte militaire a préféré laisser souffrir son peuple plutôt que d'accepter de l'aide extérieure. Les appels à l'intervention militaire « humanitaire » étaient restés lettre morte.
On vient d'en avoir un autre exemple éclatant, avec le Sri Lanka, où l'armée gouvernementale a finalement écrasé la rébellion des Tigres tamouls au prix d'une catastrophe humanitaire, sans que les opinions publiques ne se mobilisent réellement - sans doute parce que les Tamouls utilisent mal Twitter…
Dans cette guerre impitoyable entre deux camps qui ont violé toutes les règles humanitaires, l'information n'a rien changé : l'impuissance était dictée par un désespérant réalisme.
Et que dire de l'Iran ? Depuis une semaine, le monde vibre au rythme des tweets iraniens, au point que le Département d'Etat américain a demandé à Twitter de repousser une opération de maintenance des réseaux pour ne pas fermer ce canal privilégié d'expression des Iraniens qui protestent contre la fraude éléctorale. Pas un média au monde qui n'ait fait son désormais incontournable « marronnier » sur la « révolution Twitter »…
Twitter n'empêcherait pas un Tiananmen
Et pourtant, comment ne pas voir les limites de ce phénomène. Oui, nous en savons beaucoup plus qu'avant, et, malgré le confinement des journalistes étrangers dans leurs hôtels, Twitter a continué à bruisser d'informations pas toujours vérifiées ni fiables, mais donnant quand même la mesure de ce qui se produisait à Téhéran.
Mais qui peut douter que si le pouvoir iranien décidait de réprimer plus sévèrment encore les manifestations hostiles a résultat officiel du scrutin, il n'hésiterait pas à le faire ? Sans peur de Twitter, sans peur des réactions d'un monde extérieur qu'il sait à la fois hostile, et impuissant.
Téhéran n'est pas encore Tiananmen, mais tout comme en Chine il y a vingt ans, la présence des caméras de CNN n'a pas empêché le massacre, l'existence de Twitter ne suffirait pas aujourd'hui à retenir la main d'un régime déterminé à garder le contrôle de la rue.
Cela ne signifie pas que Twitter ne soit pas un instrument formidable -je l'utilise moi-même abondamment et avec enthousiasme (suivez-moi ! )- mais il participe d'un monde complexe dans lequel la circulation de l'information n'est qu'un des paramètres.
La Chine elle-même a d'ailleurs pris la mesure du phénomène, prenant soin de bloquer l'accès à Twitter et aux autres réseaux sociaux à l'approche du vingtième anniversaire de Tiananmen, au début du mois.
Les réseaux sociaux changent tout dans les pays fermés
Paradoxalement, et contrairement à ce que dit Gordon Brown, les nouvelles technologies, et en particulier les réseaux sociaux, ont beaucoup plus d'impact en interne, dans des sociétés autrefois fermées et dans lesquelles la circulation de l'information se faisait avec beaucoup de mal, à l'image de la Chine ou de l'Iran, que dans les relations internationales.
En Chine, une véritable cyber-opinion publique a vu le jour, comme on a pu le voir cette semaine avec la libération d'une jeune fille jugée pour le meurtre d'un cadre du parti communiste qui avait voulu abuser d'elle. Devenue l'héroine du web chinois, elle a échappé à la peine de mort qui l'aurait assurément frappée quelques années plus tôt pour un tel crime, quelles qu'en soient les circonstances.
Dans un tel cas, la censure n'y fait rien : les émotions se répandent sur la toîle comme une trainée de poudre, hors de tout contrôle ou de toute organisation.
Twitter et les réseaux sociaux jouent assurément un grand rôle dans l'équation iranienne. Mais Gordon Brown a tort de répandre l'illusion qu'il suffirait de faire beaucoup de bruit sur Twitter pour provoquer une intervention internationale pour sauver les Iraniens victimes du pouvoir islamique. Une illusion qui risquerait d'être mortelle.



















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à nemo3637
De chengyang
16H29 | 20/06/2009 |
L'usage des techno modernes de communication est, comme vous l'écrivez, contrôlé dans les dictatures, mais la censure de ces technologies est à à la fois inefficace et complètement illusoire : par ex. en Chine sur les sites de blogging il est extrêmement facile de jouer sur les homophonies et les homographies (ou encore utiliser le pinyin) pour contourner la censure.
à chengyang
De nemo3637
Déchoukeur | 20H10 | 20/06/2009 |
« pour contourner la censure »
Ah bon ? Il faut donc tenir compte de ladite censure.
Si c'était complètement illusoire pourquoi la maintenir ?
Et que risque le petit coquin qui enfreint ainsi cette censure ?
Une petite claque symbolique ?
à nemo3637
De chengyang
21H47 | 20/06/2009 |
Avez-vous entendu parler de la Grande muraille ? Ou, plus proche de nous, de la ligne Maginot ?
De Liger
liger.amsud.net | 14H36 | 20/06/2009 |
La tentation d'attribuer à des phénomènes comme Twitter une vocation universelle est au mieux d'une grande naïveté, au pire d'une totale ignorance. Et le fait que ce soit une personalité politique de premier plan qui fasse cette erreur est un témoignage de plus du décalage entre les élites et le monde contemporain.
Quantitativement parlant, Internet ne concerne que 10% de la population mondiale. Mais le fait le plus notable est qu'il n'interresse, qualitativement, qu'une fraction de l'humanité, que l'on caractérisera par son mode et son niveau de vie.
On trouvera alors des exemples, lorsque le niveau de vie est suffisant et que le mode de vie concerne une part importante de la population d'un pays, où Internet a de réels effets. C'est le cas en Chine.
Mais dans les autres cas, si (quand) influence il y a, elle consiste pour l'essentiel à faire pression sur l'autorité de pays extérieurs à travers l'opinion publique de ceux-ci.
Celà suppose aussi que lesdites autorités acceptent d'intervenir.
Or, et l'exemple de la Françafrique nous l'a récemment rappelé, même une opinion saturée d'information hostile à certaines méthodes ne change pas grand chose. En tout cas, sûrement pas rapidement : Interdire les commissions a pris du temps. Difficile d'attribuer alors cette victoire à l'instantanéité d'Internet.
De moijepense
15H00 | 20/06/2009 |
juste quelques remarques ou questions ?
- pour utiliser twitter il faut etre anglophone non ?
- entre le message et sa transmission/reception il y un délai du à la numérisation non ? qui controle actuellement ce reseau et passe t'il par les canaux habituels controlés tout le monde le sait par les USA ,
- y a t'il un controle indépendant des informations transmises par des journalistes ou des médias indépendants ?
- n'y a t'il pas un risque face à l'emballement médiatique rapide
de braquer plus rapidement les 2 camps et de faire ainsi plus de dégats collateraux dans la population civile ? voire de rendre la police plus rapidement répressive ?
à moijepense
De Pierre Haski
(auteur)
Rue89 | 15H31 | 20/06/2009 |
Réponses partielles :
-Twitter fonctionne dans toutes les langues
-Il n'y a aucun délai entre l'écriture et la diffusion sur le réseau
-qui contrôle le réseau ? Je ne sais pas, mais Twitter est américain…
- il n'y a aucun contrôle des informations diffusées sur Twitter, c'est impossible vu la simultanéité de la diffusion. En revanche, le réseau peut-être bloqué.
- risque d'emballement ? Oui évidemment, Twitter n'est pas un média, pas de rédacteur en chef (ça ne suffit parfois pas à empêcher un emballement…) ou de relecture. C'est un vaste tuyau, un réseau libre d'accès, donc ouvert à toutes les manips. Mais On y apprend vite à évaluer la fiabilité des gens que l'on « suit ». Mais rien n'empècherait le pouvoir iranien (pour prendre celui-là) de lancer de fausses infos pour semer le trouble et la confusion.
Une fois qu'on a dit tout ça, c'est un formidable aspirateur à infos, sans précédent et sans équivalent ; Mais il faut apprendre à l'utiliser à bon escient
à Pierre Haski
De Hachichin Hénin_
immunologue | 15H42 | 20/06/2009 |
Bonjour Pierre,
Pensez-vous qu'avec des « mais », on puisse mettre Téhéran en bouteille ?
à Hachichin Hénin_
De Pierre Haski
(auteur)
Rue89 | 16H00 | 20/06/2009 |
désolé, je ne comprends pas votre humour. Soyez gentil, expliquez-moi…
à Pierre Haski
De A-A
En perdition (comme la planète) | 15H47 | 20/06/2009 |
j ai vraiment du mal avec votre maniere de penser.
« Mais rien n'empècherait le pouvoir iranien (pour prendre celui-là) de lancer de fausses infos pour semer le trouble et la confusion. »
Forcément, c est encore un membre de l axe du mal qui peut faire cela.
L axe de la liberté, quant à lui, n est que vertue, et bonne conscience.
votre phrase ne m aurait pas choqué si vous aviez dit : « Mais rien n'empècherait un pouvoir, quel qu il soit de lancer,de fausses infos… »
quant à « - il n'y a aucun contrôle des informations diffusées sur Twitter, c'est impossible vu la simultanéité de la diffusion. », vous nous démontrez par cette phrase que vos connaissances en informatique et technologie de l information sont limitées.
à A-A
De Pierre Haski
(auteur)
Rue89 | 15H59 | 20/06/2009 |
Disons que dans le contexte actuel, c'est vers le pouvoir iranien que je me tourne, mais tout le monde peut diffuser des fausses informations.
Qu'y a-t-il de faux dans ce que j'ai dit. Expliquez au lieu de vous moquer ? ! Mes connaissances en informatique sont proches de zéro, on peut être journaliste sur internet sans être informaticien ! ! ! Mais je ne vois pas comment on pourrait « modérer » un tweet. On le bloque ou on le laisse passer.
à Pierre Haski
De A-A
En perdition (comme la planète) | 16H53 | 20/06/2009 |
je ne moque pas, mais vous avancez des choses qui sont fausses et qui démontrent que vos connaissances sur l architecture des reseaux informatiques sont limitées.
Pour faire simple (que les puristes ne s acharnent pas, c est de la vulgarisation)
2 architectures :
- client- serveur : un ordinateur fourni un service (le serveur) et les machines clientes viennent se connecter àu serveur pour pouvoir bénéficier du dit service.
En entreprise, on a des serveurs d impression (qui gèrent toutes les imprimantes de l entreprise, et les salariés vont (sans le savoir, c est paramétré par les informaticiens) se connecter pour pouvoir imprimer leurs doc ; ou un serveur de fichiers (meme principe), serveur de Base de données, etc…
Donc, le serveur centralise les données et services accessibles, les accès (qui a droit, qui est interdit) et en fonction des demandes reçues, ils traitent ou non la demande.
Sur le web, quand je vais sur « RUE89 », c est un serveur Web. Meme principe que précedemment, les internautes (avec leur machine cliente) font se connecter au serveur web (et donc, les admin de RUE89 ont techniquement la possibilité de bloquer l accès au site (si vous ne voulez pas que les iraniens se connectent, vous interdisez la plage d adresses IP qui a été alloué à l IRAN)
ou alors, vous pouvez filtrer le contenu (soit message par message via mlodérateur, soit de maniere automatique (mot clé interdit, profil utilisateur….)
Idem pour la messagerie, messagerie instantanée (gtalk de google passe par les serveurs de google, idem pour MSN de Microsoft), serveur FTP
autres architectures : le peer to peer (chaque machine est à la fois serveur et client)
pour faire court, 2 modéles, un centralisé (Napster il y a 10 ans), tout les demandes de partage de fichiers passaient par un serveur (serveur de napster) ---> ce qui a tué Napster car le serveur Napster est l élément clé du réseau. Si le serveur est desactivé, plus de réseau Napster
ou bien décentralisé (il n y pas de serveurs qui fait l interface entre le demandeur et le fournisseur). Les internautes sont alors connectés directement entre eux. et là le filtrage est quasi impossible
(en revanche, on peut télécharger un fichier, et voir toutes les adresses IP de ceux qui sont en train de télécharger, et donc les dénoncés ensuite si le fichier est illégal ou protégé (droits d auteur)) mais cela sera bientot impossible car, de plus en plus, se développe du P2P crypté et anonyme (on ne voit pas ce qui circule, ni qui est en train de s echanger les données, d où l absurdité technique de la loi HADOPI)
twitter centralise des données des utilisateurs et peut donc les filtrer
cf page twitter sur wikipédia FR :
« Twitter collecte des données personnelles sur ses utilisateurs et les partage avec des tierces parties. Twitter considère ces informations comme un actif et se réserve le droit de les vendre si la société change de mains »
ils peuvent aussi centraliser les msg envoyés
(comme lorsque vous envoyez un SMS via votre opérateur mobile, ca passe par ses serveurs de l operateur, et donc il peut techniquement les filtrer)
c est un peu long, dsl
j espere avoir été assez clair ds mes explications
à A-A
De moijepense
17H31 | 20/06/2009 |
Donc pour résumer twitter est un reseau centralisé … donc localisable géographiquement dans 1 ou plusieurs ordi centraux qui peut ou pourrait filtrer ses messages par des mots clés à la réception ou à l'émission voire après les vendre soit pour des motifs commerciaux ou stratégiques …. mais pour l'instant ils ne font pas …. on est sur de ca ? ca m'étonnerait que le département d''état US n'ait pas mis son nez là dedans au moins pour voir …. mais comme c'est pas Twitter ou le département d'état qui vont nous le dire … comment on fait pour savoir ….
à moijepense
De A-A
En perdition (comme la planète) | 17H52 | 20/06/2009 |
mon message venait en réponse à celui de M Haski qui affirmait « “ - il n'y a aucun contrôle des informations diffusées sur Twitter, c'est impossible vu la simultanéité de la diffusion. ”, »
je voulais juste lui faire comprendre que, techniquement, c est possible de le faire.
Surtout qu en informatique, l automatisation est une regle. (pourquoi faire X fois la même tache manuellement, alors qu un programme informatique peut le faire tout seul, sans intervention humaine (une fois le programme écrit bien entendu). Il suffit juste de controler, une fois de temps en temps, que le programme fait bien ce qu il a à faire (et le modifier le cas échéant)
sachant que, surtout à notre époque, l information est le nerf de la guerre (politique, commerciale, etc), cela n'est pas seulement techniquement possible, mais aussi stratégiquement souhaitables de contrôler l information (pour ceux qui veulent défendre leurs intérets, bons ou mauvais)
Ce qui change de nos jours, c est la rapidité de circulation de l info ainsi que son parcours. (circulation instantanée et jusqu a l autre bout du monde de l information) --> la mondialisation à son zénith
Mais comme on a des machines surpuissantes pour les traiter, pas de problemes de ce coté là (le pb vient surtout de l humain qui aura du mal à les intégrer (une info en remplace une autre tous les jours), sera manipuler par une info bidon, ou qui n y aura pas accès (cf « l age de l acces » de Jeremy Rifkin, livre indispensable pour comprendre les changements à venir résultant de l informatisation de nos sociétés, que nos politiques et journalistes n ont pas lu, sinon ils n auraient pas rejeter pour la plupart la licence globale)
à A-A
De brazz
18H28 | 20/06/2009 |
Je partage votre analyse, en tant que professionnel, même en retraite…
Je l'ai déja dit ici et ailleurs, au delà de l'emballement médiatique qui découvre plus ou moins twitter, mon sentiment est que 1-les comptes twitters sont éminemment fragiles, « cassables » (cf celui d'Obama en début d'année), 2-les messages sont aisément enregistrables, scannables, etc 3-dans ces conditions, pour un régime qui a la force pour lui (et le temps), il est intéressant de disposer de bonnes listes d'opposants de bases et de « faits » pouvant leur être reprochés, 4- dans quelques mois peut être que les survivants regretteront amèrement de s'être confiés ainsi à un machin notablement insécure.
Enfin, en ce qui concerne la dissuasion par le regard international, moi je ne remonterais pas en 89, mais simplement ferais remarquer que tout ça n'empèche pas la mafia au pouvoir en Russie d'user et abuser de la violence quand il le faut, le peuple entier le sait et c'est très efficace. Bien sur, il y a par ci, par là, une journaliste qui veut faire son boulot -à contre courant de l'époque- et qui en paie le prix : en dehors d'une vertueuse indignation assez vite oubliée, concrètement, que font les yeux grands ouverts de la communauté internationale ? Rien, pas plus en 2009 qu'en 1933 …
Ce qui est le plus triste, c'est que le seul espoir, la seule évolution possible, qui conduira très lentement à un mieux, c'est la civilisation par le coca cola, le fric, la consommation, bref ce qui nous a pourris et va les libérer. Quand, à quel prix, peut importe nous n'y pouvons rien.
Après ça, comment ne pas être pessimistes !
De Phil2922
Retraite invalidité | 16H11 | 20/06/2009 |
Twitt and twitt
Gordon Brown
Dance the twitt
Oh,oh
Twitt and twitt
Gordon dance the twitt… !
http://phil195829.overblog.com
à Phil2922
De Liger
liger.amsud.net | 16H40 | 20/06/2009 |
c'est beau mais c'est twitt !
De moijepense
16H23 | 20/06/2009 |
L'oiseau qui gazouille
n'empeche pas le chasseur de tirer ….
proverbe à la chinoise libre de droits
à moijepense
De pansemoije
Big Surface of Selfishness | 14H03 | 21/06/2009 |
Le coup de fusil part. L'oiseau tombe, moins bas que le chasseur.
De Tesson Sylvain, libre comme l'air.
De franc parleur
anarchieevangelique.wordpress.com | 16H28 | 20/06/2009 |
Evidemment !
Il n'y a plus le moindre doute à avoir sur l'option du pouvoir en place en Iran : « épurer » un Iran transformé en bunker assiégé.
- Les plans et les préparatifs du pouvoir israélien contre l'Iran seront par ailleurs bientôt opérationnels…
- Dans cet étau en train de se refermer, le jeune peuple iranien (5 % de sa population seulement est âgée de plus de 65 ans), a hélas tout à craindre.
- Or il n'est armé, en gros, que de son courage et d'internet, face à l'impitoyable « logique » guerrière.
- La prudence d'Obama (« le monde observe), enfin, est sans doute louable en soi, mais dans l'urgence, je lui préfèrerais un appel solennel inédit, adressé indistinctement aux dirigeants et au peuple iranien, une humble mais impérieuse ingérence dans les affaires d'autres frères.
Et je crois qu'il peut le faire !
Iran, avant l'embrasement
http://anarchieevangelique.wordpress.com/2009/06/19/iran-avant-lembrasem…
De sup. à la demande du riverain 29 juin
bye bye ... | 17H07 | 20/06/2009 |
Une chose me laisse songeur.
Twitter nous dit-on est « l'arme » d'information des protestataires iraniens.
Cela signifie-t-il qu'eux seuls s'en servent ? Aucune info par ce canal en provenance des « légitimistes » ? N'en éprouvent-ils pas la nécessité ? N'ont-ils pas la technologie ? Autre hypothèse : la presse occidentale néglige-t-elle ces sources cataloguées nuisibles ? Qui décide du filtre à appliquer ?
Ne parlons même pas des autres pays/acteurs/observateurs extérieurs à la région, qui infiltrent leurs « infos » dans ce maelstrom, sans être clairement identifiés (surtout pas ! ).
Validation de l'info. Pour les images, on peut savoir si elles proviennent ou non du pays observé. Pour les textes : comment certifier la provenance ?
La guerre de l'information se pratique de trois manières :
la guerre pour l'information, lutte pour le renseignement,
la guerre contre l'information, protection de SA propre information et interdiction faite à l'ennemi d'accéder à toute information,
la guerre par l'information/ intoxication.
ce troisième aspect devient dominant, nous ferions bien de nous en souvenir.
Reste que sur le terrain, le combat n'est pas virtuel. Il existe un danger certain pour nos médias à considérer l'espace de conflits, à travers une « lorgnette électronique » dont le champ est par définition limité et dont on ne sait qui la tient, ni si elle se trouve au bon endroit.
De philorev
observateur | 17H03 | 20/06/2009 |
Bon d'accord : un tweet n'empêche pas les armes de parler.
Twitter sert juste à témoigner, ce n'est pas une kalachnikov…
Qu'on le veuille ou non, Twitter est au coeur - sinon d'une révolution - d'un mouvement de contestation politique majeur en Iran.
Qui peut dire aujourd'hui que le pouvoir iranien ne prend pas en compte cet outil ? Personne.
Si le Département d'Etat US a contacté Twitter, pourquoi les dirigeants iraniens n'auraient-ils pas pris en compte cette donnée ? ? ? (les Chinois l'ont bien fait à l'approche des 20 ans de Tian-anmen…)
La « révolution Twitter » c'est que les tweets ont remplacé les dépêches d'agence pour alerter le monde.
Moi j'aimerais bien lire des tweets de journalistes présents à Téhéran en ce moment. On verrais bien quelle est leur évaluation de la situation, si leurs sources sont fiables.
Dans des situations de conflits ou de grand désordre, comment nous informeraient-ils sans les habituelles sources officielles ? ?
PS : parler de marronnier pour un événement qui a lieu depuis seulement une semaine c'est un peu osé, non ? : -))
à philorev
De Pierre Haski
(auteur)
Rue89 | 20H10 | 20/06/2009 |
le mot marronier ne visait pas les événements d'Iran mais la coloration Twitter à toutes les sauces. Moldavie ? une révolution Twitter ! Iran ? une révolution Twitter ! C'est ça que je visais…
De franc parleur
anarchieevangelique.wordpress.com | 17H21 | 20/06/2009 |
En espérant qu'il ne se fasse pas arrêter, je recommande d'aller
visiter et soutenir Téhéran au fil des jours
via le blog de : Mojtaba Saminejad,
http://www.madyariran.net/
De franc parleur
anarchieevangelique.wordpress.com | 17H34 | 20/06/2009 |
écrit hier à Téhéran :
I will participate in the demonstrations tomorrow. Maybe they will turn violent. Maybe I will be one of the people who is going to get killed. I'm listening to all my favorite music. I even want to dance to a few songs. I always wanted to have very narrow eyebrows. Yes, maybe I will go to the salon before I go tomorrow ! There are a few great movie scenes that I also have to see. I should drop by the library, too. It's worth to read the poems of Forough and Shamloo again. All family pictures have to be reviewed, too. I have to call my friends as well to say goodbye. All I have are two bookshelves which I told my family who should receive them. I'm two units away from getting my bachelors degree but who cares about that. My mind is very chaotic.
I wrote these random sentences for the next generation so they know we were not just emotional and under peer pressure.
So they know that we did everything we could to create a better future for them.
So they know that our ancestors surrendered to Arabs and Mongols but did not surrender to despotism.
This note is dedicated to tomorrow's children…
http://tazahorate-ma.blogspot.com/2009/06/just-heartbreaking.html
De ecouter-le-silence
celibataire | 17H34 | 20/06/2009 |
c'est toujours simple de dire que de faire . vous savez tous ce qui se passe les gouvernements occidentaux soutenaient soutiennent et soutiendront les dictateurs quand il s'agit de leurs interets .
on a vu ce qui s'est passé au rwanda et partout ailleur dans le monde on parle du terrorisme islamique mais on oublie que le terrorisme occidentale est plus fort et aussi plus dangereux car il s'agit d'un terrorisme d'Etat a travers les services secrets et l'achat de mercenaires .
les occidentaux surtout les pays vendeurs d'armes essayent toujours de semer la zizanie pour creer des climats de tensions une meilleurs facon de vendre des armes car entre fermer les usines d'armùements et creer des conflits pour vendre des armes ils preferent creer des conflits helas c pas des choses visibles et pas facile a verifier car l'information aussi est verrouillé en occident
comme tout le monde le sait les guerres sont toujours provoquees par ceux qui nous promettent la paix
le jour ou les gouvernement occidentaux cesseront ces pratiques ce jour le tiers monde pourra entendre
De infiltré_
ex étudiant...... | 18H09 | 20/06/2009 |
Twitter n'est qu'un gadget.
Pour être tranquille un moment, Il suffit de couper les communications du pays et les jeux sont faits.
En Iran, Ahmadinejad n'a pas besoin de couper l'internet et autre moyen de com » ou de massacrer des gens à la pelle parce qu'il a gagné (avec ou sans fraude) mais aussi parce qu'il sait que ceux qui manifestent sont en majorité des nationalistes comme lui. Twitter ou pas, ça ne change rien.
Les massacres à la pelle pas besoin. les politiciens ont à peu près compris la leçon. Il suffit de laisser crever de faim c'est tout aussi efficace et ça fait moins de bruit (Corée du Nord, Birmanie…) Twitter ne change rien là non plus
Brown est juste un peu fatigué…on va dire ça comme ça.
Twitter c'est du flan
De guyome
19H16 | 20/06/2009 |
Petite remarque, certains Français participent à la liberté d'expression des Iraniens ( http://nicoz.olympe-network.com/2009/06/18/mettre-en-place-un-proxy-squi… ).
Après, j'ai toujours été étonné de voir des pancartes en anglais dans les manifestations de politique intérieur. Comme si les seuls pressions internationnales suffiraient à faire plier un gouvernement autoritaire.
Enfin, je reste très suspicieux avec les evidences Français sur l'Iran. Bernard Getta était déjà sur de la fraude avant d'avoir lu les résultats…
De Pole
conspirationniste scientifique | 19H19 | 20/06/2009 |
http://voltairenet.org/article160669.html
« Pour les pauvres, le changement, cela signifie avoir à manger et avoir du travail ; ça n'est une question ni de code vestimentaire branché, ni de récréations mixtes… En Iran, la politique a énormément plus à voir avec la lutte des classes qu'avec la religion »
Editorial du Financial Times, 15 juin 2009.
Il n'est quasiment pas d'exemple d'une élection dans laquelle la Maison-Blanche ait eu un intérêt important, et dans laquelle la défaite du candidat pro-US n'eût été dénoncée comme « illégitime » par l'élite politique et médiatique (occidentale) dans son entièreté… Dans la dernière période, la Maison-Blanche et l'arrière-ban de son camp ont crié au scandale après des élections entièrement libres (et supervisées par des observateurs internationaux) au Venezuela et à Gaza, tout en fabriquant allègrement un « succès électoral » au Liban, en dépit du fait que la coalition emmenée par le Hezbollah y a recueilli plus de 53 % des suffrages.
Les récentes élections, le 12 juin 2009, en Iran sont un classique du genre : le président sortant nationaliste-populiste Mahmoud Ahmadinejad a recueilli 63,3 % des suffrages (soit 24,5 millions de voix), tandis que le candidat de l'opposition libérale soutenue par l'Occident, Hossein Mousavi, a recueilli 34,2 % des suffrages (soit 13,2 millions de voix).
Cette élection présidentielle a motivé plus de 80 % de l'électorat, avec notamment un vote outre-mer sans précédent de 234 812 électeurs, dans lequel Mousavi a remporté 111 792 suffrages, et Ahmadinejad, 78 300. L'opposition, emmenée par Mousavi, n'a pas accepté sa défaite, et elle a organisé une série de manifestations de masse, qui ont pris un tour violent, entraînant l'incendie et la destruction d'automobiles, de banques, de bâtiments publics, ainsi que des affrontements armés avec la police et d'autres services d'ordre. C'est la quasi-totalité du spectre des décideurs politiques occidentaux, y compris tous les principaux médias papier et électroniques, les principaux sites ouèbes libéraux, radicaux, libertaires et conservateurs qui ont fait écho à l'allégation faite par l'opposition iranienne d'une fraude électorale généralisée. Les néoconservateurs, les conservateurs libertariens et les trotskystes ont joint leurs voix à celle des sionistes, saluant les protestataires de l'opposition iranienne, voulant y voir une garde avancée d'on ne sait trop quelle « révolution démocratique ». (Aux États-Unis), les Démocrates et les Républicains ont condamné le régime actuel en Iran, refusant de reconnaître le score de ces élections et saluant les efforts des protestataires visant à en renverser le résultat. Le New York Times, CNN, le Washington Post, le ministère israélien des Affaires étrangères et toute la direction du Conseil des Présidents des Plus grandes Associations Juives Américaines (Presidents of the Major American Jewish Organizations) en ont appelé à des sanctions renforcées contre l'Iran, proclamant l'ouverture faite par Obama en vue d'un dialogue avec ce pays « morte et enterrée ».
Le bobard de la fraude
Les dirigeants occidentaux ont rejeté les résultats des élections iraniennes parce qu'ils « savaient » que leur candidat réformiste ne pouvait perdre… Depuis des mois, ils publiaient quotidiennement des interviews, des éditoriaux et des reportages depuis le terrain, « passant en revue » les échecs de l'administration d'Ahmadinejad ; ils citaient le soutien de clercs, d'anciens responsables gouvernementaux, de commerçants du bazar et, par-dessus tout, de femmes et de jeunes bobos urbains parlant couramment l'anglais, comme gage de la victoire inéluctable de Mousavi, dont ils nous annonçaient qu'elle serait de l'ampleur d'un raz-de-marée. Une victoire de Mousavi nous était présentée comme une victoire « des modérés », telle était tout du moins la présentation de ce cliché vide de sens dont la Maison-Blanche nous a gratifiés. Des universitaires libéraux éminents en ont déduit que les élections avaient nécessairement été bidonnées, le candidat de l'opposition, Mousavi, ayant été mis en minorité dans son enclave ethnique, parmi les Azéris… D'autres universitaires ont prétendu que le « vote de la jeunesse » - en se basant sur leurs interviews d'étudiants des classes supérieure et moyenne habitant dans les quartiers huppés du nord de Téhéran étaient, dans leur écrasante majorité, favorables au candidat dit « réformiste ».
Ce qu'il y a d'étonnant, dans la condamnation occidentale unanime du résultat de cette élection, présenté comme frauduleux, c'est le fait qu'il n'y ait pas le commencement du début de la moindre preuve, ni sous forme écrite, ni sous forme d'observations, qui nous ait été présentée, ni avant, ni une semaine après le dépouillement des bulletins de vote. Durant toute la campagne électorale, aucune accusation crédible (ni même, d'ailleurs, aucune accusation douteuse) de tripatouillage électoral n'avait été émise. Aussi longtemps que les médias occidentaux ont continué à croire à leur propre propagande concernant une victoire immanente de leur candidat-fétiche, le processus électoral a été présenté comme hautement libre, animé de débats publics enflammés et de niveaux sans aucun précédent d'activité publique, sans aucune entrave attribuable à un excès de prosélytisme public. Les dirigeants et les mass media occidentaux étaient à ce point persuadés d'avoir affaire à des élections totalement libres et ouvertes qu'ils étaient persuadés que leur candidat chouchou ne pouvait que gagner.
Les médias occidentaux se sont reposés sur leurs reporters couvrant les manifestations monstres des partisans de l'opposition, ignorant et minimisant l'énorme score réalisé par Ahmadinejad. Pire : les média occidentaux ont ignoré la composition sociale des manifestations opposées, celles des partisans d'Ahmadinejad – le fait que le candidat élu bénéficiait du soutien de la classe bien plus nombreuse des ouvriers pauvres, des artisans et des fonctionnaires, alors que l'essentiel des manifestants de l'opposition appartenait aux étudiants de la haute et de la moyenne bourgeoisies, ainsi qu'à la classe des hommes d'affaires et des professions libérales.
De plus, la plupart des leaders d'opinion et des journalistes occidentaux basés à Téhéran ont extrapolé leurs projections à partir de leurs observations dans la capitale – ils sont très rares à s'aventurer dans les provinces, dans les villes, petites et moyennes, et dans les villages où Ahmadinejad bénéficie de l'essentiel de ses soutiens. S'ajoute à cela le fait que les partisans de l'opposition constituent une minorité agissante d'étudiants facilement mobilisables pour des manifs dans les rues, alors que les soutiens à Ahmadinejad se situent dans la majorité de la jeunesse ouvrière et chez les femmes au foyer, qui allaient pouvoir s'exprimer dans les urnes et n'avaient ni le temps ni l'envie de se lancer dans la politique de la rue.
Un certain nombre de mandarins de la presse, dont Gideon Rachman, du Financial Times, avancent en guise de preuve qu'il y a eu fraude, le fait qu'Ahmadinejad a remporté 63 % des suffrages dans la province turcophone peuplée par des Azéris, ce, au détriment de son adversaire, Mousavi, qui est lui-même d'origine azérie. L'on a affaire, là, à ce présupposé simpliste selon lequel l'identité ethnique ou l'appartenance à un groupe linguistique (et non les intérêts sociaux, ou de classe) seraient les seuls facteurs possibles permettant d'expliquer un comportement électoral…
Un examen plus approfondi des résultats relevés dans la région orientale azerbaïdjanaise de l'Iran révèle que Mousavi n'a obtenu la majorité que dans la seule ville de Shabestar, dans les classes moyenne et supérieure (et avec seulement une faible marge), alors qu'il s'est fait laminer dans les zones rurales, bien plus importantes, où la politique de redistribution sociale du gouvernement Ahmadinejad avait aidé les Azéris à se désendetter, à obtenir des crédits à des taux modiques et, pour les paysans, à accéder sans difficulté à des prêts. Mousavi a effectivement gagné dans la partie occidentale de la région de l'Azerbaïdjan iranien, en se servant de ses attaches ethniques pour conquérir les votes des citadins. Dans la province très fortement peuplée de Téhéran, Mousavi a battu Ahmadinejad dans les centres urbains de Téhéran et de Shemiranat grâce aux voix des circonscriptions où habitent les classes moyennes et supérieures, alors qu'il a été laminé dans les banlieues ouvrières voisines, ainsi que dans les petites villes et dans les districts ruraux.
L'accent mis de manière brouillonne et délibérément fallacieuse sur le « vote ethnique », invoqué par des journalistes du Financial Times et du New York Times afin de justifier le fait qu'ils qualifiaient la victoire électorale d'Ahmadinejad d » « élections volées » n'a d'égal que le refus arbitraire et délibéré, par les médias, de reconnaître un sondage d'opinion publique effectué à l'échelle de tout l'Iran et de manière scientifiquement rigoureuse par deux experts états-uniens, trois semaines seulement avant le vote, qui montrait qu'Ahmadinejad avait une avance telle qu'il pouvait remporter plus du double des voix de son adversaire —c'est-à-dire une marge encore plus importante que celle de sa victoire électorale, le 12 juin—. Ce sondage montrait que chez les électeurs d'origine azérie, Ahmadinejad bénéficiait de deux fois plus de voix que Mousavi, ce qui démontrait à quel point les intérêts de classe incarnés par un candidat sont capables d'occulter l'identité ethnique de l'autre [1]. Le sondage a également démontré à quel point les questions de classe, en fonction des groupes d'âges, avaient plus d'influence sur la formation des préférences politiques des personnes interrogées que des considérations de « style de vie » de telle ou telle génération. Selon ce sondage, plus des deux-tiers des jeunes Iraniens étaient trop pauvres pour avoir accès à un ordinateur, et ceux ayant entre 18 et 24 ans « constituaient le bloc électoral le plus puissant en faveur d'Ahmadinejad, parmi toutes les autres catégories d'électeurs » [2]. Le seul groupe qui soutenait avec constance Mousavi était celui des étudiants d'université et des diplômés, des entrepreneurs et de la classe moyenne supérieure. Le « vote jeune », que les médias occidentaux nous encensent en nous le présentant comme « favorable aux réformistes », représentait une minorité nette, atteignant moins de 30 % des intentions de vote, mais originaires de milieux sociaux très privilégiés, très largement anglophones, bénéficiant d'une sorte de monopole dans les médias occidentaux. Leur présence envahissante dans les informations présentées en Occident a généré ce qui a pu être qualifié de « Syndrome de Téhéran-Nord », partie de la capitale où se trouve l'enclave de la classe supérieure friquée dont la plupart de ces étudiants sont les enfants. Ces bobos ont beau avoir la langue bien pendue, être tirés à quatre épingles et parler l'anglais d'Oxford, ils ont été totalement balayés, dans le secret des urnes.
De manière générale, Ahmadinejad a fait de très bons scores dans les provinces pétrolifères dotées d'industries chimiques. Cela peut être un reflet de l'opposition des travailleurs de la pétrochimie à un programme « réformiste », qui comportait des propositions de « privatisations » d'entreprises publiques. De la même manière, le président élu a eu de très bons résultats dans toutes les provinces frontalières, en raison de son insistance sur le renforcement de la sécurité nationale contre les menaces américaines et israéliennes, dans le cadre de l'escalade des attaques terroristes transfrontalières sponsorisées par les États-Unis, venant du Pakistan, et des incursions soutenus par Israël depuis le Kurdistan irakien, qui ont entraîné la mort de dizaines de citoyens iraniens. La sponsorisation et le financement massif des groupes responsables de ces attaques terroristes sont une politique officielle des États-Unis, héritée de l'administration Bush, mais que le Président Obama n'a nullement répudiée ; de fait, cette politique a connu une escalade durant les semaines ayant précédé les élections.
Ce que les commentateurs occidentaux et leurs protégés iraniens ont ignoré, c'est le puissant impact que les guerres et les occupations désastreuses des États-Unis en Irak et en Afghanistan ont eu sur l'opinion publique iranienne : la position extrêmement forte d'Ahmadinejad en matière de défense contrastait avec la posture de défense molle de la plupart des propagandistes de l'opposition, dans ces élections.
L'immense majorité des électeurs du président actuel ont probablement eu le sentiment que les intérêts de leur sécurité nationale, l'intégrité du pays et le système de sécurité sociale, en dépit de tous ses défauts et de ses excès, seraient mieux défendus et améliorés avec Ahmadinejad au pouvoir, qu'avec de jeunes technocrates des classes aisées, soutenus par l'Occident, qui placent leur style de vie égoïste boboïsé au-dessus des valeurs et de la solidarité partagées par le peuple iranien.
L'analyse démographique des électeurs met en évidence une réelle polarisation de classe, qui dresse des individus bénéficiant de hauts revenus, partisans du libre marché, capitalistes et individualistes, contre une classe laborieuse ayant de faibles revenus, fortement solidaires entre eux, partisans d'une « économie morale » dans laquelle l'usure et le profit sont strictement limités par des préceptes religieux. Les attaques ouvertes d'économistes oppositionnels contre les dépenses sociales du gouvernement, contre sa politique de crédit accessible et de très généreux subventionnement des produits alimentaires de première nécessité ne les ont pas vraiment fait apprécier par la majorité des Iraniens, qui bénéficient de ces programmes sociaux du gouvernement. L'État était considéré (par ceux-ci) comme le protecteur et le bienfaiteur des travailleurs pauvres contre le « marché », qui représentait à leurs yeux la richesse, le pouvoir, les privilèges et la corruption. Les attaques de l'opposition contre la politique étrangère « intransigeante » du régime et contre ses positions « lui aliénant » l'occident n'ont trouvé d'écho qu'auprès des seuls étudiants ultralibéraux et des affairistes de l'import-export. Aux yeux de l'immense majorité des Iraniens, la mobilisation et la menace d'escalade militaires du régime ont évité à l'Iran une attaque armée des Etats-Unis et/ou d'Israël.
L'ampleur du retard électoral de l'opposition devrait nous dire à quel point cette opposition est totalement coupée des préoccupations quotidiennes vitales de son propre peuple. Cela devrait rappeler à ses membres qu'en se rapprochant de l'opinion occidentale, ils ne font que s'éloigner d'autant de l'intérêt quotidien de ceux qui vivent moins bien que la classe moyenne et en-dehors des grilles du campus hyper-privilégié de l'Université de Téhéran pour leur sécurité, leur logement, leur boulot et les prix des produits alimentaires subventionnés qui leur rendent la vie tolérable.
La victoire électorale d'Ahmadinejad, vue sous une perspective historique comparative, ne saurait nous surprendre. Dans des contextes électoraux similaires, opposant des nationalistes-populistes à des libéraux pro-occidentaux, ce sont toujours les populistes qui l'ont emporté. Les exemples passés incluent Peron en Argentine et, plus récemment, Chavez au Venezuela, Evo Morales en Bolivie et même Lula da Silva au Brésil, qui, tous, ont fait preuve d'une capacité à s'assurer près de 60 % des voix, voire davantage encore, lors d'élections parfaitement libres et démocratiques. Les majorités d'électeurs, dans ces pays, préfèrent le bien-être social à la liberté débridée des marchés, ils préfèrent la sécurité nationale à l'alignement sur tel ou tel empire militaire.
Les conséquences de la victoire électorale d'Ahmadinejad peuvent désormais faire débat. Les États-Unis peuvent en conclure que le fait de continuer à soutenir une minorité, certes fort en voix, mais néanmoins battue à plate couture, ne présage rien de bon en matière d'obtention de concessions sur l'enrichissement d'uranium ou l'abandon, par l'Iran, de son soutien au Hezbollah et au Hamas. Une approche réaliste consisterait plutôt à ouvrir un débat extrêmement large avec l'Iran, et à reconnaître, comme l'a fait observer récemment le sénateur Kerry, que le fait d'enrichir de l'uranium ne saurait représenter une menace vitale pour qui que ce soit. Cette approche différerait du tout au tout d'avec celle des sionistes américains infiltrés dans le régime Obama, qui suivent leurs chefs, en Israël, qui poussent à une guerre préventive contre l'Iran, et recourent à l'argument ô combien spécieux selon lequel il n'y aurait pas de négociation possible avec un gouvernement « illégitime », à Téhéran, « illégitime », puisqu'il aurait « volé son élection » ! ..
Des événements récents indiquent que les dirigeants politiques en Europe, et même certains d'entre eux, à Washington, n'acceptent pas la version des mass médias sionistes, selon laquelle les élections en Iran auraient été « volées ». La Maison-Blanche n'a pas suspendu son offre de négociations avec le gouvernement nouvellement réélu, elle s'est plutôt focalisée sur la répression contre les protestataires oppositionnels (et non pas sur l'élection elle-même). De la même manière, les vingt-sept pays membres de l'Union européenne ont exprimé leur « sérieuse préoccupation au sujet de la violence en Iran », et ils ont appelé à ce que « les aspirations du peuple iranien soient satisfaites par des moyens pacifiques » et à ce que « la liberté d'expression soit respectée » [3]. A l'exception du président « français » Sarkozy, aucun leader européen n'a remis en cause le résultat des élections iraniennes.
Le joker, au lendemain de ces élections, c'est la réaction israélienne : Netanyahu a signalé à ses partisans sionistes aux États-Unis qu'ils devaient recourir au bobard de la « fraude électorale » afin d'exercer une pression maximale sur le régime Obama et de le contraindre à mettre un terme à tous ses projets de rencontrer le régime Ahmadinejad récemment confirmé par les suffrages populaires.
Paradoxalement, ce sont les commentateurs états-uniens (de gauche, de droite et du centre) qui ont gobé le bobard de la fraude électorale en Iran qui ont, par inadvertance, fourni à Netanyahu et à ses pantins états-uniens les arguments et les falsifications qu'ils diffusent abondamment : là où ils voient des guerres religieuses, nous voyons des luttes entre classes ; là où ils inventent une fraude électorale, nous constatons une tentative de déstabilisation impérialiste…
http://voltairenet.org/article160639.html
En mars 2000, la secrétaire d'État Madeleine Albright a admis que l'administration Eisenhower avait organisé un changement de régime, en 1953, en Iran et que cet événement historique explique l'hostilité actuelle des Iraniens face aux États-Unis. La semaine dernière, lors de son discours du Caire adressé aux musulmans, le président Obama a officiellement reconnu qu'« en pleine Guerre froide, les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d'un gouvernement iranien démocratiquement élu » [1].
À l'époque, l'Iran est contrôlée par une monarchie d'opérette dirigée par le chah Mohammad Reza Pahlavi. Il avait été placé sur le trône par les Britanniques, qui avaient forcé son père, l'officier cosaque pro-nazi Reza Pahlavi, à démissionner. Cependant, le chah doit composer avec un Premier ministre nationaliste Mohammad Mossadegh. Celui-ci, avec l'aide de l'ayatollah Abou al-Qassem Kachani, nationalise les ressources pétrolières [2]. Furieux, les Britanniques convainquent les États-uniens qu'il faut stopper la dérive iranienne avant que le pays ne sombre dans le communisme. La CIA met alors en place l'Opération Ajax visant à renverser Mossadegh avec l'aide du chah, et à le remplacer par le général nazi Fazlollah Zahedi, jusque là détenu par les Britanniques. Il installera le régime de terreur le plus cruel de l'époque, tandis que le chah servira de couverture à ses exactions en posant pour les magazines people occidentaux.
L'opération Ajax fut dirigée par l'archéologue Donald Wilber, l'historien Kermit Roosevelt (le petit-fils du président Theodore Roosevelt) et le général Norman Schwartzkopf Sr. (dont le fils homonyme a commandé l'opération Tempête du désert). Elle reste un modèle de subversion. La CIA imagine un scénario qui donne l'impression d'un soulèvement populaire alors qu'il s'agit d'une opération secrète. Le clou du spectacle étant une manifestation à Téhéran avec 8 000 figurants payés par l'Agence pour fournir des photos convaincantes à la presse occidentale [3].
L'Histoire se répéterait-elle ? Washington a renoncé à attaquer militairement l'Iran et a dissuadé Israël de prendre une telle initiative. Pour parvenir à « changer le régime », l'administration Obama préfère jouer la carte —moins dangereuse, mais plus aléatoire— de l'action secrète. À l'issue de l'élection présidentielle iranienne, de vastes manifestations opposent dans les rues de Téhéran les partisans du président Mahmoud Ahmadinejad et du guide Ali Khamenei d'un côté, aux partisans du candidat malheureux Mir-Hossein Mousavi et de l'ex-président Akbar Hashemi Rafsanjani de l'autre. Elle traduisent un profond clivage dans la société iranienne entre un prolétariat nationaliste et une bourgeoisie qui déplore d'être tenue à l'écart de la globalisation économique [4]. Agissant en sous-main, Washington tente de peser sur les événements pour renverser le président réélu.
Une nouvelle fois, l'Iran est un champ d'expérimentation de méthodes innovantes de subversion. La CIA s'appuie en 2009 sur une arme nouvelle : la maîtrise des téléphones portables.
Depuis la généralisation des téléphones portables, les services secrets anglo-saxons ont multiplié leurs capacités d'interception. Alors que l'écoute des téléphones filaires nécessite la pose de bretelles de dérivation, donc des agents sur place, l'écoute des portables peut se faire à distance grâce au réseau Échelon. Toutefois, ce système ne permet pas d'interception des communications téléphoniques via Skype, d'où le succès des téléphones Skype dans les zones de conflit [5]. La National Security Agency (NSA) vient donc de démarcher les fournisseurs d'accès internet du monde entier pour obtenir leur concours. Ceux qui ont accepté ont été grassement rétribués [6].
Dans les pays qu'ils occupent —Irak, Afghanistan et Pakistan—, les Anglo-Saxons interceptent la totalité des conversations téléphoniques qu'elles soient émises par des portables ou qu'elles soient filaires. Le but n'est pas de disposer de retranscription de telle ou telle conversation, mais d'identifier les « réseaux sociaux ». En d'autres termes, les téléphones sont des mouchards qui permettent de savoir avec qui une personne donnée est en relation. Partant de là, on peut espérer identifier les réseaux de résistance. Dans un second temps, les téléphones permettent de localiser les cibles identifiées, et de les « neutraliser ».
C'est pourquoi, en février 2008, les insurgés afghans ont ordonné aux divers opérateurs de stopper leur activité chaque jour de 17h à 03h, de manière à empêcher les Anglo-Saxons de suivre leurs déplacements. Les antennes-relais de ceux qui ont contrevenu à cet ordre ont été détruites [7].
À l'inverse, —hormis un central téléphonique touché par erreur—, les forces israéliennes se sont bien gardées de bombarder les relais téléphoniques à Gaza, lors de l'opération Plomb durci, en décembre 2008-janvier 2009. Il s'agit là d'un changement complet de stratégie chez les Occidentaux. Depuis la guerre du Golfe prévalait la « théorie des cinq cercles » du colonel John A. Warden : le bombardement des infrastructures de téléphonie était considéré comme un objectif stratégique à la fois pour plonger la population dans la confusion et pour couper les communications entre les centres de commandement et les combattants. Désormais, c'est le contraire, il faut protéger les infrastructures de télécommunications. Durant les bombardements de Gaza, l'opérateur Jawwal [8] a offert du crédit à ses abonnés, officiellement pour leur venir en aide, de facto dans l'intérêt des Israéliens.
Franchissant un pas, les services secrets anglo-saxons et israéliens ont développé des méthodes de guerre psychologique basées sur l'usage extensif des portables. En juillet 2008, après l'échange de prisonniers et dépouilles entre Israël et le Hezbollah, des robots ont lancé des dizaines de milliers d'appel vers des portables libanais. Une voix en arabe mettait en garde contre toute participation à la Résistance et dénigrait le Hezbollah. Le ministre libanais des télécom, Jibran Bassil [9], avait déposé une plainte à l'ONU contre cette flagrante violation de la souveraineté du pays [10].
Sur le même modèle des dizaines de milliers de Libanais et de Syriens ont reçu un appel automatique en octobre 2008 leur proposant 10 millions de dollars contre toute information qui permettrait de localiser et de délivrer des soldats israéliens prisonniers. Les personnes intéressées pour collaborer étaient invitées à joindre un numéro au Royaume-Uni [11].
Cette méthode vient d'être employée en Iran pour intoxiquer la population en répandant des nouvelles choquantes, et pour canaliser le mécontentement qu'elles suscitent.
En premier lieu, il s'est agit de répandre par SMS durant la nuit du dépouillement la nouvelle selon laquelle le Conseil des gardiens de la Constitution (équivalent de la Cour constitutionnelle) avaient informé Mir-Hossein Mousavi de sa victoire. Dès lors, l'annonce, plusieurs heures plus tard des résultats officiels —la réélection de Mahmoud Ahmadinejad avec 64 % des suffrages exprimés— paraissait un gigantesque trucage. Pourtant, trois jours plus tôt, M. Mousavi et ses amis considéraient la victoire massive de M. Ahmadinejad comme certaine et s'efforçaient de l'expliquer par des déséquilibres dans la campagne électorale. Ainsi l'ex-président Akbar Hashemi Rafsanjani détaillait ses griefs dans une lettre ouverte. Les instituts de sondage US en Iran pronostiquaient une avance de M. Ahmadinejad de 20 points sur M. Mousavi [12]. À aucun moment, la victoire de M. Mousavi n'a paru possible, même s'il est probable que des trucages ont accentué la marge entre les deux candidats.
Dans un second temps, des citoyens ont été sélectionnés ou se sont fait connaître sur internet pour converser sur Facebook ou s'abonner à des fils de dépêche Twitter. Ils ont alors reçu, toujours par SMS, des informations —vraies ou fausses— sur l'évolution de la crise politique et les manifestations en cours. Ce sont ces dépêches anonymes qui ont répandu les nouvelles de fusillades et de morts nombreux ; nouvelles à ce jour non confirmées. Par un malencontreux hasard de calendrier, la société Twitter devait suspendre son service durant une nuit, le temps nécessaire à la maintenance de ses installations. Mais le département d'État des États-Unis est intervenu pour lui demander de surseoir à cette opération [13]. Selon le New York Times, ces opérations contribuent à semer la défiance dans la population [14].
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Messages describing death threats, police bursting into homes, etc. sent by authors who cannot be indentified or located.
Simultanément, dans un effort nouveau la CIA mobilise les militants anti-iraniens aux USA et au Royaume-Uni pour ajouter au désordre. Un Guide pratique de la révolution en Iran leur a été distribué, il comprend plusieurs conseils pratiques, dont :
- régler les comptes Twitter sur le fuseau horaire de Téhéran ;
- centraliser les messages sur les comptes Twitter @stopAhmadi, #iranelection et #gr88 ;
- Ne pas attaquer les sites internet officiels de l'État iranien. « Laissez faire l'armée » US pour cela (sic).
Mis en application, ces conseils empêchent toute authentification des messages Twitter. On ne peut plus savoir s'ils sont envoyés par des témoins des manifestations à Téhéran ou par des agents de la CIA à Langley, et l'on ne peut plus distinguer le vrai du faux. Le but est de creer toujours plus de confusion et de pousser les Iraniens à se battre entre eux.
Les états-majors, partout dans le monde, suivent avec attention les événements à Téhéran. Chacun tente d'évaluer l'efficacité de cette nouvelle méthode de subversion dans le laboratoire iranien. À l'évidence, le processus de déstabilisation a fonctionné. Mais il n'est pas sûr que la CIA puisse canaliser les manifestants pour qu'ils fassent eux-mêmes ce que le Pentagone a renoncé à faire et qu'ils n'ont aucune envie de faire : changer le régime, clore la révolution islamique.
Et comme je sais que Meyssan donne des boutons à la plupart des personnes :
http://www.courrierinternational.com/article/2009/06/11/pourquoi-ahmadin…
Lorsqu'il s'agit de Mahmoud Ahmadinejad, il n'y a pas d'entre-deux : soit on l'aime, soit on le déteste. Ses partisans font grand cas de sa politique antioccidentale et anti-israélienne, ferme et souvent très énergique, tandis que ses opposants déplorent l'image négative de l'Iran qu'il donne en Occident, ainsi que ses mesures politiques, qui ont ruiné l'économie du pays, ou peu s'en faut. Et vous, vous sentez-vous prêts pour quatre nouvelles années d'Ahmadinejad ? En un sens, il vaudrait mieux que la réponse soit oui, puisque tout indique qu'à l'issue du duel électoral de juin, il sera « réélu » pour diriger le pays durant les quatre prochaines années.
La première raison de sa probable réélection est historique. En effet, depuis la naissance de la République islamique d'Iran il y a 30 ans, le pays a connu cinq présidents avant Ahmadinejad. Et parmi ceux qui se sont présentés à un second mandat, pas un n'a échoué. L'Iran a ainsi été présidé par Abolhassan Bani Sadr (destitué en 1981), Mohammad Ali Rajai (assassiné en 1981), Ali Khamenei (de 1981 à 1989), Ali Akbar Hachemi Rafsandjani (de 1989 à 1997), puis Mohammad Khatami (de 1997 à 2005). Les trois derniers présidents ont cumulé deux mandats consécutifs, comme le permet la constitution. A eux seuls, ils ont assuré la présidence de l'Iran durant 24 ans.
La deuxième raison est simplement économique. Tournons-nous un instant vers l'année 2005 et les dernières élections présidentielles. Un illustre inconnu, ancien maire de Téhéran, du nom d'Ahmadinejad, l'emporte haut la main (avec 62 % des voix) contre un adversaire renommé et puissant, Hashemi Rafsanjani. Les résultats des élections, qui tournent en ridicule les sondages et les analyses de la campagne, mettent en évidence ce point fondamental, au cœur de l'avenir du pays : l'Iranien moyen en a marre de la pauvreté, du chômage, de l'inflation, de la corruption et des autres maux de ce genre.
Or, Ahmadinejad, l'homme que l'Occident aime tant détester, a mené campagne sur des thèmes populistes, accusant les gouvernements précédents d'avoir creusé l'écart de revenu entre l'élite de Téhéran et la population pauvre des villes et des campagnes. Alors que l'opposition l'avait disqualifié comme n'étant rien de plus qu'un nouvel agent du régime, pendant sa campagne, il a promis d'améliorer la vie des classes pauvres et modestes en mettant « les revenus du pétrole sur la table du peuple ». Quant au slogan de sa campagne, il affirmait : « C'est possible, nous pouvons le faire ». D'une manière tout à fait compréhensible, le message d'Ahmadinejad a trouvé un écho auprès de l'Iranien moyen. Ahmadinejad se décrit lui-même comme un homme simple - et manifestement, la population a avalé cette version. Quoi que nous puissions penser ici, en Occident, là-bas, en Iran, les gens se préoccupent davantage de leur bien-être économique que de la société civile, des droits humains, de la liberté de la presse, etc. Aujourd'hui, près de quatre ans après son élection, même s'il est accusé d'être à l'origine de presque tous les fléaux qui se sont abattus sur l'Iran, Ahmadinejad peut réutiliser les mêmes arguments et mobiliser ses partisans de sorte à conserver son fauteuil. S'il n'a pas mis l'argent du pétrole sur la table du peuple, il a toutefois permis à de nombreux membres des Gardiens de la révolution [milice du régime] de s'enrichir. Ces alliés sont organisés, votent et peuvent pousser d'autres électeurs à aller voter.
La troisième raison pour laquelle je pense qu'Ahmadinejad sera réélu, c'est qu'en Iran, lorsqu'un nouveau régime est élu, tout le monde est instantanément, remplacé des ministres aux gouverneurs en passant par les maires. Ce serait un peu comme si après son investiture, Obama avait renvoyé tous les gouverneurs, maires, représentants et responsables locaux des Etats-Unis, de même que les présidents de l'ensemble des universités et écoles supérieures ! Chaque fois qu'un nouveau président est élu en Iran, cela prend entre 12 et 18 mois pour que tous les postes soient pourvus une première fois, puis une seconde fois, et que tout reparte à zéro. Ce phénomène, aussi stupide soit-il, a doté un segment de la société d'une nouvelle forme de pouvoir et de richesse. Et ces personnes feront tout leur possible pour qu'Ahmadinejad soit réélu.
De Anastaze
☺ | 19H51 | 20/06/2009 |
Twitter©, le Canada Dry® de la démocrassie !
De Bargeocrea
Création multimédia | 23H03 | 20/06/2009 |
Qu'il s'agisse des médias « officiels » ou des blogs, de nombreuses personnes mettent en doute les informations postées sur Twitter.
Cela reste malgré tout le seul média permettant aux iraniens de communiquer sur ce qu'ils vivent aujourd'hui.
Comme je l'expliquais dans un récent article, malgré la désinformation réelle pratiquée, entre autre, par le gouvernement iranien, il n'est pas si difficile de séparer le bon grain de l'ivraie.
glob.bargeo.fr