« Une burqa ? Non, je ne sais pas où trouver ça »
A Paris, Rue89 n’a pas trouvé de boutiques vendant le voile dissimulant corps et visage qu’un groupe de députés veut interdire.

Deux femmes portant la burqa dans le nord de l’Afghanistan (Steve Evans/Wikimedia Commons)
Alors que la proposition du député communiste André Gerin de créer une commission parlementaire sur le port de la burqa ranime de vieux débats, Rue89 s’est posé la simple question de savoir où l’on peut se procurer le controversé vêtement.
Nous voilà donc partis à la recherche de cette longue tunique couvrant intégralement le corps, et dissimulant le visage derrière un fin grillage.
Première étape, les alentours du boulevard Barbès, où se concentre une importante communauté arabe. Rue de la Goutte-d’Or, plusieurs boutiques proposent des « vêtements orientaux ». De burqa, ici, nulle trace : aucun marchand n’en vend, aucun ne sait où l’on peut s’en procurer. Celui-ci nous détaille ses articles :
« J’ai des djellabah (30 euros), des hijab (le foulard islamique, à 3 euros)... des niqab aussi, ce sont des pièces de tissus que l’on met sur son visage. Ce sont plutôt les musulmanes du Golfe qui utilisent ça, beaucoup moins les Maghrébines. Quant à la burqa, c’est afghan, ça n’a rien à voir avec les Arabes. “
‘C’est un phénomène très marginal’
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Au juste, les critiques d’André Gerin visent aussi bien la burqa que le niqab. Ce dernier, un carré de tissu coûtant entre 4 et 15 euros selon le tissu, on peut se le procurer dans certaines boutiques.
Certains dissimulent tout le visage, d’autres laissent voir les yeux. S’en vend-il beaucoup ? Le vendeur n’en sait trop rien. Bien, mais où se fournissent les fameuses porteuses de burqa ?
‘On peut en faire venir directement d’Afghanistan ou du Pakistan. On en trouve aussi en Angleterre. Mais les musulmans de France, qui sont presque tous originaires du Maghreb, se gourrent complètement en portant ce vêtement qui est étranger à leurs traditions.
De toute façon, c’est un phénomène très marginal. On en voit peut-être un peu plus en banlieue, parce que là-bas les femmes sont plus repliées dans leur cadre de vie... mais pour beaucoup de filles, c’est aussi de la provocation, une réaction à l’exhibition des femmes.
Plus on fait des histoires sur le voile, plus elles seront nombreuses à le porter.’
‘Personne n’en vend ici’
La quête continue, mais c’est chou blanc également dans la boutique d’à côté :
‘Une burqa ? Non, je ne vois pas où trouver ça. De toute façon, nous n’avons aucune demande pour ce genre d’article. Peut-être vers Belleville...’
Rue Jean-Pierre Timbaut, plusieurs boutiques vendent pèle-mêle livres religieux, tabac pour narguilé, petits remèdes, vêtements et accessoires islamiques. Dans la première venue, notre demande laisse perplexe :
‘Des burqas ? Je n’en ai jamais vu, jamais. Personne n’en vend ici. La seule chose que nous ayions pour dissimuler le visage, ce sont les niqab.
Nous en vendons très peu, disons entre cinq et dix par mois : c’est peut-être un peu plus qu’avant, mais c’est aussi que les gens sortent plus de leur cachette. De toute façon, ça reste insignifiant par rapport aux ventes de foulards, par exemple.
Dites, écrivez bien que le port du niqab n’est pas obligatoire dans l’islam.’
Aurions-nous plus de chance en banlieue parisienne ?
‘Non, si aucun magasin ne l’a ici, je ne pense pas que vous le trouverez ailleurs. La burqa, ce n’est pas une obligation islamique, et ce n’est pas non plus une tradition arabe.’
On commence à désesperer de jamais trouver un magasin de burqa. Au reste, il semble que d’autres s’y soient essayé, sans beaucoup plus de succès...
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délinquante avérée
délinquante avérée
Je pense qu’il y a confusion entre burqa et nikab. Si effectivement, il n’y a pas ou très peu de porteuses de burqa, on rencontre de plus en plus de porteuses de nikab.
Les problèmes peuvent survenir pour l’établissement d’une pièce d’identité où doit figurer une photo « en cheveux », c’est à dire sans rien sur la tête.
Il y a même eu un problème lors d’un mariage où celui-ci n’a pu avoir lieu. Le futur refusant que sa future relève son voile, le maire a refusé la célébration argüant du fait qu’il ne pouvait être sûr de l’identité de la future.
C’est très consensuel d’accepter ces signes religieux extrémistes, mais ce n’est vraiment pas une aide pour toutes les femmes, en France et ailleurs, qui luttent pour la liberté de ne pas porter de voile.
Il y a quelques temps, une campagne internationale avait été initiée contre le porte du nikab ou de la burqa.
où en est-on ?




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