Copie à revoir pour le « palmarès des universités » de La Tribune
« Fini de confondre une pépite avec une poubelle. » C'est par cette amabilité que le quotidien économique La Tribune introduisait son « palmarès des universités », publié mercredi. But de l'opération : « permettre à tous les étudiants de choisir leur université en fonction de critères objectifs publiés dans des rapports officiels ». Noble intention, résultat contesté.
Où sont les facs ?
L'université française, constate la Tribune, est une « jungle de Bornéo » dans laquelle les étudiants ont bien du mal à trouver leur voie. Le journal propose donc de « découvrir les meilleures universités de France », avec un « top cinq » par filière : il utilise pour ce faire les travaux de l'AEF, agence d'info spécialisée dans l'éducation, qui a elle-même compilé les résultats d'évaluations menées par l'Aeres, agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur créée en 2006.
Premier problème, vite relevé par les internautes dans les commentaires : ce palmarès est très loin d'être exhaustif. Pour les licences, seules 12 universités sur 83 ont été évaluées ; pour les masters, 51. D'où de nombreuses absences, et pas des moindres, puisque des établissements aussi renommés que Paris-Dauphine manquent à l'appel.
Pourquoi une telle lacune ? Le site de la Tribune affirmait mercredi que les universités manquantes n'avaient pas souhaité être évaluées, avant de se reprendre le lendemain, affirmant que toutes n'avaient pas encore pu l'être. C'est un peu plus qu'une nuance. Comme l'explique Alain Menand, directeur de la section des formations et des diplômes à l'Aeres :
« Le ministère a divisé nos évaluations en quatre vagues. A l'heure actuelle, seules les vagues B et C ont été évaluées. Les résultats de la D seront connus cet été, ceux de la A pas avant un an. »
L'AEF avait réalisé une synthèse de ces premiers résultats, synthèse immédiatement reprise par La Tribune. Fallait-il, alors que le journal savait ces résultats très incomplets, vendre un grand palmarès sous le titre « Comment classer les universités françaises ? » Un journaliste parle de sujet « survendu » par la rédaction en chef. Dans son édition d'aujourd'hui, le journal précise qu'il ne s'agissait pas d'un « classement », mais plutôt d'une évaluation de la qualité des diplômes. Sophie Gherardi, directrice adjointe de la rédaction, reconnaît une « erreur de titraille », mais défend le « palmarès » :
« C'est la première tentative très approfondie
d'évaluation des diplômes. Même si toutes les universités n'y sont pas
présentes, nous pensons que tous les efforts de clarification sont bons
à prendre. »
Pour Alain Menand, il est de toute façon hasardeux de prétendre « classer » les différentes licences :
« On ne peut pas parler de classement : d'abord parce qu'un grand nombre d'universités, près de la moitié, n'ont pas été évaluées. Ensuite, parce qu'il faut comparer ce qui est comparable. Or, les universités présentent de grandes disparités en termes de localisation, de population... »
Une méthodologie contestable
Ce n'est pas le seul reproche adressé à ce palmarès. La méthodologie aussi pose question et en premier lieu les critères employés. Sur son blog consacré à l'enseignement supérieur, M. le Prof (pseudonyme d'un véritable professeur) remet ceux-ci en question :
« Ce qui intéresse les étudiants, d'après ce que j'entends sur les salons étudiants, c'est : quel est le salaire moyen annuel à la sortie du diplôme, le pourcentage de recrutement à la sortie, à six mois, à un an, les types de métiers proposés et surtout le niveau de responsabilité, ou la place dans la hiérarchie. »
Or, certaines catégories utilisées par le palmarès sont assez éloignées de ces préoccupations très pratiques : pas sûr que les notions de « Pilotage de l'université » ou « Périmètres et ressources » soient d'une grande aide aux futurs étudiants à la recherche de la licence idéale. Pourquoi les avoir malgré tout intégrées au calcul de la note finale ?
Le problème vient du fait que les données recueillies par l'Aeref sont d'abord destinées aux universités elles-mêmes, et pas aux étudiants, comme l'explique Alain Menand :
« Nos experts rendent leurs évaluations sur la base de dossiers fournis par les universités. Celles-ci font leurs observations, puis peuvent s'en servir pour cerner les progrès à accomplir. »
Résultat : des rapports assez techniques, pas franchement transparents pour le grand public ou le futur étudiant désorienté. Dont les critères n'avaient peut-être pas vocation à être repris dans un palmarès visant à améliorer la lisibilité des cursus universitaires. Bel effort, mais copie à revoir.
Photo : à la fac de Bordeaux en mars 2006 (Régis Duvignau/Reuters).
- Sur Rue89Réforme de l'université : une contestation exemplaire
- Sur over-blog.comLe blog d'un prof de fac
- Sur rue89.comRéforme de l'Université : pourquoi ça bloque ?
- 15802 visites
- 16 réactions
























...
...
Pour une licence les meilleurs critère pour choisir une université c'est
-Les master que propose l'université (par exemple si l'on veut faire de la chimie il vaut mieux éviter de faire une licence de Physique-Chimie dans une fac qui ne propose que des master de Physique)
-Si il y a des grandes écoles sur le même site se renseigné sur leurs réputation certains enseignant donne le même cours à la Fac et en école, de plus pour ceux qui voudrait une intégration sur dossier, le fait de savoir que l'équipe de l'école prend le café avec l'équipe de la Fac peut simplifier les choses (Pour avoir un avis sur un étudiant c'est plus simple d'attraper un collegue au café ou a la cantine plutot que de prendre le téléphonne/ Attention c'est à double tranchant)
-Les aspect pratique : Possibilité de logement et cout/distance (Un étudiant qui travaille a mis temps chez Mc-do pour payer l'appartemement qui lui permet d'avoir une fac un chouilla meilleure risque surtout de se planter)
-Les cours optionnel/stage/projets proposé soyons clair tous les étudiants de licence équivalente verront à peu près la même chose pour les cours fondamentaux par contre la possibilité de faire des stages ou des projets est un gros plus (attention projet = du boulot a la maison le soir Stage = un mois de vacance en moins)
-J'ajoute également il vaut mieux voir ce qu'il y a comme débouché à la sortie généralement il vaut mieux faire une Fac de droit ou d'informatique plutot qu'une Fac d'histoire de l'art, cependant attention à l'exces de spécialisation un master chimie des cosmétiques en partenariat avec les Laboratoires LABOTÉ n'est pas forcément une bonne idée si il y a 10 postes pour 100 étudiants ; )
-évidemment pouvoir discutter avec des étudiants est un plus pour savoir ou on va !




Partager