Pour les étudiants qui préparent les concours d'entrée aux grandes écoles, le tour de France a déjà débuté. A peine ont-ils passé les écrits à Strasbourg qu'ils remontent en selle pour se présenter aux oraux à Paris, en passant par Toulouse. Et ce tour de France coûte cher.
Tenter sa chance à l'entrée des grandes écoles publiques, symbole de la méritocratie à la française, n'est pas à la portée de toutes les bourses, entre frais d'inscription aux concours, de déplacement et d'hôtel. Plusieurs établissements l'ont compris et tentent d'alléger les coûts en se regroupant pour organiser un concours commun.
Le concours Mines Ponts : 255 euros pour neuf écoles
L'Ecole nationale des ponts et chaussées a été pionnière en ce domaine, puisque depuis 1959, elle s'est lié à plusieurs écoles d'ingénieurs pour créer un concours commun. Cette année, huit écoles sont ainsi associées au concours Mines Ponts. Daniel Le Jeune est le secrétaire générale adjoint du concours Mines Ponts :
« Ce sont les mêmes candidats qui passent tous ces concours. Ça leur simplifie la vie et nous permet de faire des économies d'échelle sur la location de salle, la surveillance et la correction des copies. D'ailleurs, le concours Mines Ponts doit être le moins cher. C'est 20 euros pour les boursiers et 255 euros pour les autres, mais pour neuf écoles, cela coûte donc à peine 30 euros par établissement. »
L'Insa : 100 euros pour déposer un dossier
Les cinq Insa (Institut national des sciences appliquées de Lyon, Rennes, Rouen, Strasbourg, Toulouse) ont aussi une procédure d'entrée commune.
Néanmoins, sans même savoir si son dossier a une chance d'être sélectionné pour être convoqué aux examens oraux, un candidat à l'Insa doit payer 100 euros, 50 s'il est étranger et 30 s'il est boursier. Christine Boccingher, directrice du service commun d'admission aux Insa justifie :
« Certains candidats payent pour des étapes du concours qu'ils n'ont pas eu la chance de franchir mais permettent aux autres de bénéficier de davantage de prestations, comme par exemple, les commissions d'entretiens qui se déplacent à l'étranger. »
IEP de province : 180 euros pour six écoles
Depuis l'an dernier, six des huit Instituts d'Etudes Politiques de province (Aix-en-Provence, Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg, Toulouse) se sont aussi regroupés pour organiser un concours commun d'entrée en première année. Erik Neveu, directeur de Sciences Po Rennes, justifie la démarche :
« L'idée était de démocratiser, d'alléger les charges. Cela revient à très cher pour les candidats de faire l'équivalent du tournoi ATP à travers toute la France pour passer les concours. Nous avons fait le calcul, la simple existence du concours commun fait économiser entre 300 et 500 euros à chaque candidat qui passerait dans tous les cas trois concours d'IEP de province. »
Les frais d'inscription sont de 180 euros et 60 euros pour les boursiers. Erik Neveu explique :
« On pourrait rendre gratuite l'inscription des boursiers sans que cela engendre des grosses pertes, puisque dans les candidats, à peine 15% sont boursiers. Le prix est déjà divisé par trois pour eux et il faut bien payer les frais d'organisation. »
Et combien les IEP font-ils de bénéfices grâce aux concours ? Le directeur de l'IEP de Rennes lâche seulement :
« Un petit bénéfice, c'est tout ce que je dirai. Mais pour notre défense, les dotations globales de fonctionnement que l'Etat verse aux IEP n'ont évolué que de 3% depuis 1996, alors qu'à l'époque, le diplôme était donné au bout de trois ans d'étude, contre cinq maintenant. Nous devons financer deux années d'études supplémentaires avec quasiment le même budget. »




















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à drella
De Clad_fisher
étudiant | 00H58 | 22/06/2009 |
Ah oui pardon, je voulais parler de noms à particules et de prénoms composés…
Sinon en allant sur le site de l'ENS :
« Pour faciliter le séjour à Paris des candidats provinciaux admissibles, quelques chambres seront proposées à l'Internat de Montrouge situé 1 rue Maurice Arnoux 92 120 Montrouge.
Les réservations nominatives de chambres devront être effectuées, obligatoirement en complétant le formulaire ci-dessous dans les meilleurs délais. Le prix de la nuitée est de 25 euros. »
Ça gagnerait à être généralisé
De Aust
Erasmus | 18H54 | 21/06/2009 |
Dans la même veine, des écoles de journalismes ont regroupés des épreuves. Mais pour celles-ci il faut encore payer les frais de scolarités souvent énormes derrière.
Une autre situation souvent oublié et que je vis cette année, c'est dans le cas d'études Erasmus. Pour passer les concours, aucun aménagement prévu au niveau des dates. Il faut donc revenir en étant prévenu au dernier moment si l'on est convoqué et à diverses reprises. Quand à espérer une aide des Relations Internationales,ce n'est même pas la peine d'y penser. Chaque concours me coûte donc de 300 à 500€ au final avec le trajet, logement, nourriture…Voyagez qu'ils disaient…
De Trente.Nerfs
chercheur en Île de France | 19H44 | 21/06/2009 |
Il me semble que le problème des écoles d'ingénieurs reste bien moindre que celui des écoles à coûts de scolarité bien plus élevés (écoles de commerce par exemple), et que même pour les écoles d'ingé, le prix des concours reste peu important par rapport aux déplacements/hébergements… Bref, il faut cibler de toute façon.
Je serais moi aussi bien plus inquiet de la généralisation des concours aux universités par exemple…
M.
De Adibou
19H55 | 21/06/2009 |
C'est marrant que l'article ne mentionne pas les concours aux écoles de journalisme, exorbitants !
Pour avoir tenté celui du CFJ (Centre de Formation des Journalistes) seul, cela m'a coûté presque 200€ !
De Rozenn Le Saint (auteur)
Etudiante en journalisme | 09H49 | 22/06/2009 |
Comme Adibou, vous avez été plusieurs à signaler que le budget « concours d'écoles de journalisme » n'est pas non plus négligeable (j'ai dépensé 1200 euros l'an dernier pour les passer), c'est vrai. Mais l'idée de l'article était de se pencher sur les concours des écoles PUBLIQUES, symboles de la méritocratie à la française (alors que certaines écoles de journalisme reconnues par la profession (ESJ Lille, CFJ Paris, IPJ Paris, école de journalisme de Toulouse) sont privées) et sur les moyens mis en place par certaines pour réduire les coûts.
De l.oiseau.lyre
citoyen du monde | 20H53 | 21/06/2009 |
Moi mes diplômes je les imprimes sur le net, c'est moins cher… Depuis hier, je suis chirurgien, demain j'imprime mon brevet de pilote… !
Vous dites que je n'ai pas ni l'expérience ni la connaissance ? Qu'importe, en France on s'en fou pas mal, tout ce qui compte, c'est nos sacro-sains diplômes… ! Alors, à vos imprimantes ! ! !
P.S : Jeudi soir, initiation à la réalisation de billets de 50, suivi d'une bouillabaisse, 15€ l'entrée… !
à l.oiseau.lyre
De Disciple ressucité
Tiens, il pleut. | 09H21 | 22/06/2009 |
Je paierai à la sortie du stage.
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 21H06 | 21/06/2009 |
Il en va de même dans un domaine que je connais d'assez près, qui est celui des concours d'entrée dans les écoles d'éducateurs spécialisés.
Il faut compter 80 euros pour s'inscrire et passer l'écrit, et même tarif pour l'oral après une première sélection.
Lorsque l'on sait que , comme cette année à l'IRTS Rennes , il y avait plus de 800 personnes de sélectionnées (après l'écrit) pour environ 80 places à la rentrée ( Rennes et Lorient compris) , il ne faut pas s'étonner de voir les candidats devoir se présenter à plusieurs concours à la fois , sur l'ensemble du territoire.
Il n'est pas rare que 4 ou 5 concours soient tentés la même année.
Je fais passer les examens et les concours depuis plusieurs années, et il est à noter un rajeunissement des candidats.
Il apparait que ceux qui peuvent se faire aider par leur famille, multiplient les chances de succès aux concours.
Transports , nourriture, hébergement , il faut un sacré budget pour batailler dans cette course.
De Clara
21H13 | 21/06/2009 |
Les mines, les IEP… et les concours de journalisme ?
Une véritable honte à mon sens..
Le PEMEP (ESJ, CFJ, IPJ) plus de 550 euros de frais d'inscriptions, le Cuej à Strasbourg oblige là aussi de le billet de train et le logement.. L'IFP, le CELSA et Sciences Pon sont moins onéreux mais tout de même entre 70 et 150 euros l'inscriptions…
Il faut économiser pour avoir une chance d'intégrer une école digne de nom. Mais le plus terrible n'est pas là. Concours d'autant plus censitaires qu'ils ont fini par rentrer dans le très lucratif système qui s'est mis avec la floraison de nombreuses « prépas » aux concours.
Les épreuves sont devenues absolument impossible à réussir pour le profane, elles ne font que sanctionner le travail fourni grâce à ces prépas pas une n'est publique et qui coutent entre 2200 et 6700 euros…Résultats : à part quelques « journalistes nés » (oui oui ça existe, Julien Martin et pierre Haski en font partie parait-il), impossible de ne pas en passer par un soutien financier de papa maman…ou par un prêt étudiant !
Une véritable arnaque puisqu'au pire on n'en a aucune,au mieux on reste pigiste pendant deux ans ou on travaille pour une misère dans une rédaction stimulante mais pauvre comme celle de Rue 89 !
Et on s'étonne que les jeunes journalistes soient précaires
De intransigeante
agent administratif | 22H49 | 21/06/2009 |
dans le coût vous avez oublié de mentionner les billets de train,ma fille a fait « son tour de france “ et effectivement cela revient tres cher
De loufock
étudiant | 23H25 | 21/06/2009 |
Je suis moi même étudiant en classe préparatoire scientifique, j'ai du payé envrion 1000 euros de frais d'inscription au concours, on ajoute à cela deux ou trois aller retour paris province, plus quelques nuits d'hôtel. Quand je regarde le budget total, effectivement ça parait cher. Mais pour relativiser je divise ce cout sur 5 ans et là ça fait tout de suite moins mal.
Un petit bilan sur 5 ans :
Deux ans de classe préparatoire logé chez les parents (c'est l'avantage d'avoir un réseau de classe prépa qui couvre toute la france). Dans le pire des cas si on habite trop loin, on a droit à une place d'internat (si on compare par rapport aux prix de l'immobilier c'est pas très cher…). Au niveau des fournitures : à part trois livre de poche pour le français on a besoin d'aucun livre supplémentaire.
Au final ça coute pas plus cher que d'être lycéen.
Après pour les trois ans d'école : les écoles d'ingénieurs sont presque toutes publiques, les frais d'inscription s'élèvent en moyenne à 400€ par an.
400+frais de concours divisé par 5, ça fait pour un diplôme en 5 ans une moyenne de 600€ par an. (dans le cas des écoles d'ingénieur)
Pour les autres coûts il faut savoir que votre banquier si vous vous présentez à lui comme futur élève d'une « grande école » vous n'aurez pas trop de problème pour lui soutirer un emprunt.
A mon avis cette polémique sur les frais d'inscription au concours, elle vient plus d'un sentiment de départ anti-grande école que du réel cout.
C'est d'ailleurs un sentiment que je comprends pas : d'un coté on nous encense les universités américaines ou anglaise qui sont soit disant mieux classé que nos écoles dans les classements internationaux. D'un autre coté en France personne ne loue le fait que le cout des formations les plus prestigieuses est ridicule par rapport à celui des ces grandes universités étrangères.
Pour finir, de toute façon il est claire, qu'on a plus de chance de réussir d'un point de vue académique, quand on nait dans une famille qui l'argent, qui a facilement accès à la culture que quand on vient d'un milieu défavorisé. Il y aura toujours des inégalités. Mais je trouve dommage qu'on ne souligne pas accès en France que le système des grandes écoles/prépa est mis en place pour essayer de gommer les inégalités. Le problème de la faible présence de gens venant de milieu défavorisé dans les grandes écoles ne vient pas du manque d'argent mais du manque d'accès à la culture et au déficit d'information concernant les études de ces milieux.
à loufock
De Clad_fisher
étudiant | 00H47 | 22/06/2009 |
Merci !
à loufock
De Adibou
00H57 | 22/06/2009 |
Oui ou alors on peut ne pas se focaliser sur la différence d'acquis sociaux existant entre la France et admettons les Etats-Unis ou même la Grande Bretagne.
Ce qui nous permettrait d'éviter de niveler par le bas nos exigences.
Non nous n'avons pas « la chance » d'avoir un système éducatif qui soit relativement peu cher par rapport à celui de nos voisins, nous nous sommes battus pour lui !
Il ne faut pas croire que ce système date de toute éternité et que l'édulcorer un peu serait plus juste pour nos voisins !
Au contraire, la dualité Universités / Grandes Ecoles nuit à la mobilité sociale. Pire, elle favorise la reproduction sociale. Les plus riches se payent les meilleures écoles, les classes moyennes et populaires envoient leurs rejetons à la fac.
C'est un brin caricatural mais c'est vrai.
Quant à l'argument des emprunts pour financer de meilleures études, je ne crois que cela soit la panacée !
Et d'ailleurs, sur quels critères se base-t-on pour hiérarchiser les formations universitaires ?
Peut-être a-t-on plus besoin d'ingénieurs que d'historiens mais on parle là en termes de quantités et non en termes de besoin intrinsèques.
Sans me lancer dans une tirade qui pourrait facilement faire des milliers de mots, toutes les formations universitaires ont leur importance et les voir appréciées par des banquiers me met mal à l'aise.
Je pense que l'Etat devrait remédier à cette dualité néfaste en réinvestissant massivement dans l'Enseignement Supérieur public. Et je dis public car actuellement, il investit plus d'argent pour un étudiant en Grande Ecole que pour étudiant universitaire.
Et en supprimant ces dernières.
Vive l'Université publique.
à loufock
De Manu de la bas
Altermondialiste light | 07H02 | 22/06/2009 |
Tcho !
Après pour les trois ans d'école : les écoles d'ingénieurs sont presque toutes publiques, les frais d'inscription s'élèvent en moyenne à 400€ par an.
400+frais de concours divisé par 5, ça fait pour un diplôme en 5 ans une moyenne de 600€ par an. (dans le cas des écoles d'ingénieur)
Ce que tu dis me semble particulièrement faux … Les écoles d'ingénieurs publiques (et peu chères) ne sont pas rares, mais les critères d'entrée sont particulièrement sélectifs. Concours et autres dossiers… en même temps c'est plutôt normal de sélectionner les meilleurs … un peu comme pour un emploi.
Après cette sélection … il reste une grande majorité d'étudiants qui se redirigent selon leur moyens, vers les écoles d'ingé privées ! ! et la, le coût n'est absolument pas le même ! ! ! 5000 €/année d'étude, ça peut calmer rapidement ! ! !
et effectivement, il vaut mieux être issu d'une famille plutôt favorisée pour pouvoir se payer des études sans difficultés, et d'un milieu social ouvert pour pouvoir atteindre ce niveau.
Cela étant, la société est inégale et c'est pas nouveau, et il sera toujours plus difficile pour quelqu'un venant de milieu peu aisé de faire ce qu'il veut ! et c'est valable pour tout et pas seulement pour les études. Ce qui y parviennent vous diront surement qu'ils ont lutté de toutes leurs forces et donné le meilleur pour y parvenir ! Respect à ceux la, qui restent des cas beaucoup trop rares !
Notez qu'il vaut mieux de toute façon subir ce système en France que de ne pas avoir le choix autre part !
à Manu de la bas
De loufock
étudiant | 11H51 | 22/06/2009 |
A propos des écoles privés, à 5000€/année. Au niveau des écoles d'ingénieurs il faut savoir que les écoles privés à quelques exceptions près ont une réputation beaucoup moins bonne que les écoles publiques.
Après la sélection du concours, si on a pas d'école publique (chose qui arrive environ à 35% d'élève environ (source : http://www.scei-concours.fr/statistiques/stat2008/psi.html ) soit on redouble la deuxième année, soit on va dans une école privé, soit à la fac. Et il faut savoir que vu de la prépa L3+master (en science du moins) c'est pas forcement un échec et c'est souvent même mieux qu'une école privé.
à Manu de la bas
De loufock
étudiant | 11H52 | 22/06/2009 |
dsl doublon
à Manu de la bas
De Adibou
17H20 | 22/06/2009 |
Pour info : Grande Ecole ne veut pas dire « Grande Ecole d'Ingénieurs ».
Il y a les Grandes Ecoles de Commerce, qui sont légions, privées et très chères. C'est plutôt à celles là que mon post faisait référence…
à loufock
De Colas Géranton
étudiant | 08H00 | 22/06/2009 |
Autant je suis d'accord avec presque l'intégralité du commentaire, autant c'est vraiment de la mauvaise fois que de prétendre que le système des grandes écoles soit mis en place pour permettre de réduire les inégalités sociales !
C'est un système élitiste par nature, avec un nombre de place limités, qui cause donc une rude concurrence, où tous les avantages sont importants. Et l'argent est un de ceux-là, il est impossible de l'empêcher. Sans argent, avec tous les désavantages sociaux, on va dans des moins bons lycées, on ne peut pas se payer des cours privés, ni de prépas privées, etc.
Comme par hasard, les filières où l'on retrouve le plus d'inégalités sociales sont celles qui sont sélectives ou élitistes ! (grandes écoles, puis classes prépa, puis fac de médecine).
Alors je pense qu'il est totalement absurde de prétendre réduire les inégalités sociales avec un système de grandes écoles. Au contraire elles les perpétuent.
La seule solution, c'est des universités bien financées et ouvertes à tous !
à Colas Géranton
De adrieng
Informaticien libre | 09H31 | 22/06/2009 |
C'est un système élitiste par nature, avec un nombre de place limités, qui cause donc une rude concurrence, où tous les avantages sont importants
Êtes-vous passé par la case prépa + école d'ingé ?
En 5 ans, je n'ai vu de rude concurrence uniquement aux concours… Le reste du temps c'est bien la solidarité qui prime : entre-aide pour les devoirs, aide financière en attendant le paiement tardif des bourses… solidarité qui me semblait beaucoup moins présente à la fac (grosse promo, pas de BDE…), mais ce n'est peut-être qu'une impression de ma part.
L'argent est un avantage, comme partout, c'est évident.
Mais en prépa si tu es bon, tu auras l'école que tu veux, que tu soit blanc et riche ou pauvre et noir.
De Kassandre
Etudiante jusqu'à plus soif | 23H30 | 21/06/2009 |
Je passe cette année les concours d'entrée aux écoles de journalisme. Il y 12 formations reconnues et comme une grande partie des candidats qui décident de se lancer dans le tour de France des concours, j'en passe 8.
J'ai calculé que cela me revenait environ à 1 000 € (voire plus), en comptant les frais d'inscription, de transport et de logement, alors que je dors dès que possible chez des amis sur place et choisis des hôtels vraiment pas chers.
Je dis « merci papa-maman » et je sais que certaines personnes de mon entourage passent moins de concours que moi car elles ne peuvent pas assumer tous ces frais. J'ai donc statistiquement plus de chances qu'eux d'être admise, ce qui est absolument dégueulasse.
Pourquoi les écoles n'organisent-elles pas des systèmes de logement commun (par exemple) pour les candidats ? Ou des accords avec la SNCF ?
De domino78
23H49 | 21/06/2009 |
L'étudiante en journalisme, qui a écrit cet article, a encore du travail à faire. En effet, cet article, sur un sujet intéressant, est incomplet et fait d'énormes impasses.
Seuls trois concours de types totalement différents sont mentionnés :
- Mines-Ponts qui recrute sur concours après une prépa scientifique (Bac+2). Il existe d'autres concours (Polytechnique, Centrales, Ensam, CCP, E3A, Archimède, banque PT, Agro-Véto ..). Chacun a ses spécificités et ses coûts différents.
- Insa qui recrute directement après le bac toujours dans le domaine scientifique
- les IEP qui recrutent dans le domaine littéraire
Toutes ces écoles ont en commun le fait d'être publiques donc gratuites au niveau de l'enseignement. N'importe qui peut y entrer. Certes il faut que le jeune ne soit pas trop « con », qu'il en veuille et accepte de « se sacrifier » (entre guillemets). Ce n'est pas pour rien que la prépa est appelée « la taupe ». Il faut également que les parents le soutiennent à tous les niveaux (ça c'est parfois moins évident).
Les grandes impasses que fait cet article concernent :
- les nombreuses écoles scientifiques (pour la plupart petites écoles) privées où il n'est pas rare que le coût annuel rien que pour recevoir l'enseignement dépasse les 7000 euros par an. Ce qui fait pour le cursus ingénieur (5 ans) : 35 000 euros. On ne me fera pas croire qu'à ce prix là on n'achète pas son diplôme.
- la totalité des écoles de commerce entièrement privées, à des coûts également très élevées. Ces écoles fourniront les gestionnaires des entreprises (les IEP formant principalement des fonctionnaires)
- la quasi totalité des écoles de journalismes également privés.
Tiens, c'est bizarre, la gestion des entreprises et l'information des citoyens seront effectuées par des personnes formées dans des écoles privées donc réservées à certaines catégories sociales.
En conclusion, ne tirez pas sur les écoles publiques, fussent elles « grandes », elles sont le garant d'une mixité sociale, certes, encore trop faible mais qui existe
à domino78
De Jaydi
Sûr de ne pas être certain | 01H45 | 22/06/2009 |
Oui comme vous le soulignez, il y a des solutions quand on est plus aisé.
Je prends l'exemple des écoles d'ingénieurs, où vous trouverez toujours une école privée qui acceptera de vous prendre si vous payez. Et une fois entré, j'aime autant vous dire que le diplôme est assuré. Quant à la valeur du diplôme…
Pour le coût des inscriptions aux concours, c'est à la fois cher et pas cher. C'est une grosse somme à envisager pour les étudiants, qu'il faut sortir en une fois. Compter les dépenses sur 5 ans est à mon sens absurde, car on passe bien à la caisse à la fin de la deuxième année (et de la troisième si on a un coup de malchance).
Mais il est aussi vrai qu'en regard de l'argent investi pour un élève en prépa (par l'état j'entends), ce n'est pas scandaleux non plus.
Par contre, les taupes ne sont que les élève de prépa scientifques (et pour être pointilleux, ce sont uniquement les élèves de sup').
à Jaydi
De psych0Dad
sociopathe | 04H55 | 22/06/2009 |
« Oui comme vous le soulignez, il y a des solutions quand on est plus aisé. Je prends l'exemple des écoles d'ingénieurs, où vous trouverez toujours une école privée qui acceptera de vous prendre si vous payez. Et une fois entré, j'aime autant vous dire que le diplôme est assuré. Quant à la valeur du diplôme… »
Ca existe peut etre mais il ne faut pas generaliser. Il y a des ecoles d'ingenieur privees potables. La commission des titres veille theoriquement au grain.
à psych0Dad
De psych0Dad
sociopathe | 16H56 | 22/06/2009 |
Je me reponds a moi-meme pour mentionner l'Institut Catholique des Arts et Metiers (ICAM) en exemple. C'est une ecole plus que centenaire. Les frais de scolarite sont consequents mais ce n'est pas une ecole qui a la reputation de « vendre » son diplome.
à domino78
De Utilisateur désinscrit à sa demande 2
nc | 01H46 | 22/06/2009 |
Trois catégories pour les grandes écoles d'ingénieur.
1) L'entrée de gamme, souvent privé et cher, avec prépa intégrée. Pour les bacheliers moyens qui ne sont pas pris en prépa, et aussi pour ceux qui jouent la sécurité en évitant l'épreuve des concours.
2) Le milieu et le haut de gamme. Public et pas cher, recrutant sur concours après prépa. Le taux d'échec est très faible car le rythme de travail en grande école est pépère comparé à la prépa. Ce qui est dur, c'est d'y entrer, pas d'en sortir.
3) Le top (ENS, X) : on est payé pendant la scolarité, et les années comptent pour la retraite.
En gros, on pourrait presque dire que pour les écoles d'ingénieur, plus le niveau est élevé, moins c'est cher…
C'est un système dit républicain qui nous vient de la Révolution et de l'Empire.
à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
De psych0Dad
sociopathe | 17H21 | 22/06/2009 |
Le probleme reste de savoir si la qualite de la formation scientifique et technique monte elle aussi en gamme avec.le prestige de l'ecole.
Il y a une quinzaine d'annees j'ai rencontre un recruteur France Telecom qui m'a fait comprendre qu'il n'etait pas interesse par mon diplome « bas de gamme » sans vraiment chercher a juger de mes competences reelles. Un peu plus tard j'ai candidate aupres d'une grosse multinationale qui embauchait massivement pour des posts de R et D aux Etats-Unis. Un groupe d'ingenieurs avait fait le deplacement a Paris et ils ont fait passer les candidats a la moulinette. Recrutement a l'americaine avec mise en situation et problemes techniques a resoudre. Pas de graphologie ou de questions « slips ou calecons ». Nous fumes 2 (sur 70) a etre embauches, et tous deux sortis d'ecoles « moyennes » au mieux. La responsable des RH qui avait organise le truc m'a par la suite raconte qu'ayant une connaissance limitee du systeme educatif francais elle avait pris conseil et la reponse avait ete « Centrale et Polytechnique ». Tous les candidats issus de ces deux ecoles se sont vautres en beaute (avec apparemment une prime pour les centraliens)
Alors je veux bien croire que pour devenir top manageur a Aeroports de Paris l'X constitue la seule voie, mais pour ceux qui veulent faire une vraie carriere scientifique ou technique, choisissez en fonction des enseignements et passez 3 ans a vous construire un bagage solide dans votre domaine de predilection. La marque de votre diplome n'est pas aussi determinante que ca.
à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
De Pseudo
Aimer la vie, aimer les fleurs, aim... | 16H32 | 22/06/2009 |
Il y a une autre possibilité. Un de mes cousins est passé par la fac de Montpellier pour une formation en alternance de 3 ans à l'issue de son BTS.
Il a d'ailleurs été embauché par l'entreprise où il a effectué sa formation.
De Clad_fisher
étudiant | 01H03 | 22/06/2009 |
Ça me rappelle une anecdote pendant la prépa, le prof de sciences sociales, avant le concours de l'ENS, nous demandait tous de mentir et de noter « agriculteurs » dans la case « professions des parents » afin de faire mentir les statistiques…
De Jean-Luc LUMEN
en invalidité | 01H58 | 22/06/2009 |
La sélection par le fric.
Rien de nouveau ….ou si ?
Pour faire démocratique, pour dire voyez il y a aussi des filles/fils d'ouvriers, ils « réservent » quelques places aux enfants de la populace.
Mais ne vous en faite pas, ces rares spécimens n'auront que rarement accès à des postes clés, de plus ils ne feront jamais partie intégrante de la famille des maîtres, sauf pour les basses besognes, ou pour aller à l'échafaud à la place du maître.
Conclusions : la classe dominante fera tout pour rester dominante.
Question aux riverains, à Rozenn Le Saint , à Rue 89.
Combien de sur-surdiplômés n'ont pas de boulot ?
Combien de sur-surdiplômés qui n'ont pas de job ont-ils des parents de la caste dominante.
Combien de sur-surdiplômés qui n'ont pas de job ont-ils des parents ouvriers/employés
Y a-t-il une ou des statistiques sur ce sujet ?
Quand je fustige ceux sortant des grandes écoles, je ne vise pas ceux qui font un boulot remarquable et qui restent avec les pieds sur Terre, qui ne représente malheureusement qu'une très petite minorité. Selon mon avis et selon les résultats plus que catastrophiques de la gestion de la France du à la majorité de ceux qui sortent de ces hautes écoles surtout de L'ENA (école national des ânes ou âneries)
En pourcentage :
10 -15 % compétent.
85/90 % incompétent, bon à rien et mauvais en tout.
Si non comment expliquer toutes les défaillances de nos administrations et des gestions plus que catastrophiques.
De grosluc
branleur de manchots | 07H00 | 22/06/2009 |
Ancien élève INSA, on s'était battus à l'époque pour protester contre l'augmentation des frais de scolarité (de l'ordre de 1000 F à l'époque la direction avait pour projet de les passer à 5000F). On avait gagné…temporairement car tous les 5 ans la totalité des élèves change.
Maintenant les frais de scolarité sont de 700 euros. Tiens donc. Ce qui est regrettable c'est qu'à l'INSA il y avait un vrai melting pot, des gens de tous horizons, de toute la france et d'ailleurs. Je ne sais pas ce qu'il en est maintenant avec des frais d'inscription aussi élevés, en tout cas ça va complètement à l'encontre de cette idée républicaine de donner sa chance à tout le monde. La gratuité des études est un mythe. C'est certes sans commune mesure avec d'autres pays comme les USA, mais ça reste un bon moyen de sélection, histoire que les gueux ne puissent pas s'instruire, continuent à s'abreuver de star ac », et surtout votent sarko.