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Ces si chers concours aux grandes écoles

Pour les étudiants qui préparent les concours d'entrée aux grandes écoles, le tour de France a déjà débuté. A peine ont-ils passé les écrits à Strasbourg qu'ils remontent en selle pour se présenter aux oraux à Paris, en passant par Toulouse. Et ce tour de France coûte cher.

Tenter sa chance à l'entrée des grandes écoles publiques, symbole de la méritocratie à la française, n'est pas à la portée de toutes les bourses, entre frais d'inscription aux concours, de déplacement et d'hôtel. Plusieurs établissements l'ont compris et tentent d'alléger les coûts en se regroupant pour organiser un concours commun.

Le concours Mines Ponts : 255 euros pour neuf écoles

L'Ecole nationale des ponts et chaussées a été pionnière en ce domaine, puisque depuis 1959, elle s'est lié à plusieurs écoles d'ingénieurs pour créer un concours commun. Cette année, huit écoles sont ainsi associées au concours Mines Ponts. Daniel Le Jeune est le secrétaire générale adjoint du concours Mines Ponts :

« Ce sont les mêmes candidats qui passent tous ces concours. Ça leur simplifie la vie et nous permet de faire des économies d'échelle sur la location de salle, la surveillance et la correction des copies. D'ailleurs, le concours Mines Ponts doit être le moins cher. C'est 20 euros pour les boursiers et 255 euros pour les autres, mais pour neuf écoles, cela coûte donc à peine 30 euros par établissement. »

L'Insa : 100 euros pour déposer un dossier

Les cinq Insa (Institut national des sciences appliquées de Lyon, Rennes, Rouen, Strasbourg, Toulouse) ont aussi une procédure d'entrée commune.

Néanmoins, sans même savoir si son dossier a une chance d'être sélectionné pour être convoqué aux examens oraux, un candidat à l'Insa doit payer 100 euros, 50 s'il est étranger et 30 s'il est boursier. Christine Boccingher, directrice du service commun d'admission aux Insa justifie :

« Certains candidats payent pour des étapes du concours qu'ils n'ont pas eu la chance de franchir mais permettent aux autres de bénéficier de davantage de prestations, comme par exemple, les commissions d'entretiens qui se déplacent à l'étranger. »

IEP de province : 180 euros pour six écoles

Depuis l'an dernier, six des huit Instituts d'Etudes Politiques de province (Aix-en-Provence, Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg, Toulouse) se sont aussi regroupés pour organiser un concours commun d'entrée en première année. Erik Neveu, directeur de Sciences Po Rennes, justifie la démarche :

« L'idée était de démocratiser, d'alléger les charges. Cela revient à très cher pour les candidats de faire l'équivalent du tournoi ATP à travers toute la France pour passer les concours. Nous avons fait le calcul, la simple existence du concours commun fait économiser entre 300 et 500 euros à chaque candidat qui passerait dans tous les cas trois concours d'IEP de province. »

Les frais d'inscription sont de 180 euros et 60 euros pour les boursiers. Erik Neveu explique :

« On pourrait rendre gratuite l'inscription des boursiers sans que cela engendre des grosses pertes, puisque dans les candidats, à peine 15% sont boursiers. Le prix est déjà divisé par trois pour eux et il faut bien payer les frais d'organisation. »

Et combien les IEP font-ils de bénéfices grâce aux concours ? Le directeur de l'IEP de Rennes lâche seulement :

« Un petit bénéfice, c'est tout ce que je dirai. Mais pour notre défense, les dotations globales de fonctionnement que l'Etat verse aux IEP n'ont évolué que de 3% depuis 1996, alors qu'à l'époque, le diplôme était donné au bout de trois ans d'étude, contre cinq maintenant. Nous devons financer deux années d'études supplémentaires avec quasiment le même budget. »

5 commentaires sélectionnés

Portrait de taviv44

De taviv44

Responsable d'Agence dans le BTP | 18H19 | 21/06/2009 | Permalien

« L'élite » serait elle proportionnelle au compte en banque des parents…. ? ! !

Portrait de DocteurSka

De DocteurSka

Etudiant | 18H25 | 21/06/2009 | Permalien

Au « capital culturel » aussi.
Un fils de prof est plus favorisé qu'un autre, à revenu égal. Parce qu'il aura eu l'occasion d'aller au théâtre, de s'intéresser à la littérature, parce qu'il aura été aidé par des parents qui connaissent bien le système éducatif et les différentes options post-bac…

Et de manière générale ce qui favorise un fils de cadre, c'est aussi le fait que ce qui est évalué aux concours, c'est l'assimilation de la culture de la classe dominante : niveau de langage, culture générale classique, maitrise des langues étrangères…
Toutes ces choses qui sont naturelles pour les plus favorisés, et qui ne le sont pas pour les strates « populaires ».

Portrait de Adibou

De Adibou

19H55 | 21/06/2009 | Permalien

C'est marrant que l'article ne mentionne pas les concours aux écoles de journalisme, exorbitants !

Pour avoir tenté celui du CFJ (Centre de Formation des Journalistes) seul, cela m'a coûté presque 200€ !

Portrait de Colas Géranton

De Colas Géranton

étudiant | 07H52 | 22/06/2009 | Permalien

Profitons-en pour rappeler l'inégalité d'accès à ces grandes écoles, pas seulement à cause de ces coûts :
- 50.8% des élèves de classe prépa sont fils et filles de professions libérales et cadres supérieures, contre 13.9% de professions intermédiaires et 14.7% d'employés ou ouvriers.
Comme les premiers 17.7% de la population, les seconds 22.1% et les derniers 45.3%, on en conclut que les fils et filles de « cadres sup et professions libérales » ont 8.5 fois plus de chances d'être en classes prépa que les fils et filles d'ouvriers ou employés.

Et après le concours, la sélection sociale est finie ? Bien sur que non !
- les fils et filles de « cadres sup » sont 59.4% de la population des écoles d'ingénieurs, et 67.5% de celles des écoles de commerce, contre 12.4% et 7.9% pour les fils et filles « d'ouvriers et employés ». Soit 12.5 fois plus de chances d'entrer en école d'ingénieur, et 21.5 fois plus d'entrer en école de commerce.

Et après on viendrait nous dire que les classes sociales sont une notion dépassée ? Heureusement, la journaliste nous rappelle que la méritocratie n'est qu'un principe, pas une réalité.

La question n'est pas de réduire les coûts d'inscriptions, de concours, mais d'augmenter les bourses ! Comment financer des études, même « gratuites », si l'on a pas d'argent ? En étant « étudiant-salarié » ? C'est ce que font bon nombre d'étudiant. Mais ce n'est pas possible dans les filières élitistes (prépas, grandes écoles), et difficile dans les autres filières sélectives (BTS, IUT).

Portrait de Rozenn Le Saint

De Rozenn Le Saint (auteur)

Etudiante en journalisme | 09H49 | 22/06/2009 | Permalien

Comme Adibou, vous avez été plusieurs à signaler que le budget « concours d'écoles de journalisme » n'est pas non plus négligeable (j'ai dépensé 1200 euros l'an dernier pour les passer), c'est vrai. Mais l'idée de l'article était de se pencher sur les concours des écoles PUBLIQUES, symboles de la méritocratie à la française (alors que certaines écoles de journalisme reconnues par la profession (ESJ Lille, CFJ Paris, IPJ Paris, école de journalisme de Toulouse) sont privées) et sur les moyens mis en place par certaines pour réduire les coûts.

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